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La grande mutation

Par Santiago Z

Œuvre publiée sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0

Date de publication sur Atramenta : 2 juin 2018 à 14h30

Dernière modification : 16 juin 2018 à 0h44

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Que sommes-nous devenus ? (extraits)

Vie martienne des espèces dérivées d’Homo sapiens

 

« Sur Mars, on croit tout savoir de la grande catastrophe terrienne de 2050 due à la surpopulation et au cours de laquelle les dix milliards d’humains furent atteints. On sait que la terre n’était pas faite pour supporter dix milliards de terriens. On se l’est répété, depuis des siècles, des millions de fois. Le réchauffement a, pense-t-on, provoqué la disparition de l’Homo sapiens de l’espace terrestre. Nos philosophes terriens de Mars ont déconstruit les pratiques funestes de la reproduction. Ils ont établi l’équivalent martien du nombre d’or des terriens et souhaitent s’y tenir fermement. Les nouvelles religions, puis les lois martiennes, ont le culte de l’orgasme, alors que la procréation est taboue. À partir de l’Homo sapiens, la nature a sélectionné, au fil des siècles, deux espèces, sensiblement différentes par leurs morphologies et leurs modes de vie. »

….

« L’Homo fellatio et l’Homo orgasmos sont des espèces dominantes très semblables et peuplent maintenant les villes de Mars et les plaines fertiles. Le clitoris de la femelle s’est étonnamment développé. Le mâle passe son temps à lécher. La femelle aussi. La loi estime qu’un mariage est consommé lorsqu’un orgasme partagé survient par des pratiques purement labiales. »

« Homo penetrans et Homo procreans sont des espèces minoritaires dont le dénombrement est interdit (moins de 10%) et qui vivent dans les montagnes, selon un mode familial patriarcal. Dans ces espèces, les organes sexuels des premiers hommes et des premières femmes sont inchangés. Les familles sont souvent nombreuses et pratiquent radicalement des religions anciennes d’origine terrienne. La loi accepte cette exception des montagnes. Lorsque trop de femmes ont leurs règles en même temps ou que les femmes sont infectées par des maladies vénériennes contagieuses, il arrive, pendant les grandes épidémies, que des hordes de mâles envahissent les villes et y fécondent les femelles, qui redécouvrent alors la sexualité primitive. »

« Les accouplements sont souvent douloureux pour les femelles de l’Homo fellatio et de l’Homo orgasmos. Les fruits de ces métissages sont des individus hybrides dont seuls les mâles sont féconds. »

« Toutes les femelles ne sont pas aptes à la fécondation. Beaucoup n’ont plus d’utérus et quelques-unes sont maintenant sans vagin. Seul le clitoris s’est développé, à un point tel que la fellation concerne de façon égale mâles et femelles. Les extrémistes féminines militent pour la sodomie des mâles par les femelles. »

« Le clou, le poteau et tout objet évoquant la pénétration est tabou et qualifié de satanique par les érudits. Les mets les plus prisés sont les coquillages bivalves. Les plats cuisinés sont servis en assiettes plates ou en assiettes bivalves que lapent l’Homo fellatio et l’Homo orgasmos. »

« Tous les médicaments provoquant l’érection ont été retirés du marché martien et leur usage est sévèrement puni de prison. Les médicaments de l’extase et les pro-orgasmiques sont pris en charge par la collectivité. »

« Les mâles et les femelles ont des habitats individuels (dits studios). Les jours impairs, ils doivent une heure de travail obligatoire à la collectivité. Pendant le reste de leur temps, ils accueillent leur compagne ou leur compagnon du moment pour échanger l’orgasme. Le reste de leur temps libre, ils se masturbent devant Internet. Ils peuvent voyager et sont adeptes du tourisme sexuel. »

« Dans les villes martiennes, se multiplient les maisons du sexe dites Cinna Massa où se pratique la sexualité individuelle. La sexualité collective est réservée aux temples Libertina, Egalita et Fraternita, subventionnés par le ministère de la démagogie publique. Les sexi toyi y sont distribués gratuitement. »

« Le développement morphologique de L’Homo fellatio et celui de l’Homo orgasmos devient similaire à celui du modèle de l’homonculus sensitif établi par le terrien Wilder Penfield en 1950. Les mains, la langue et les lèvres se sont développés démesurément. La dimension des organes génitaux régresse fortement à l’exception du clitoris. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Homonculus_sensitif

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Table des matières
  1. Introduction
  2. Vie terrestre de l’Homo sapiens (extraits)
  3. Que sommes-nous devenus ? (extraits)
  4. Conséquences de l’expédition terrienne (extraits)
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