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La nuit l'ombre est reine

Par Thomas Nouhaud

Œuvre publiée sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0

Date de publication sur Atramenta : 27 décembre 2017 à 16h03

Dernière modification : 3 janvier 2018 à 16h00

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Chapitre 5

Le lendemain matin Klein arriva en premier au poste avec une petite mine, les traits tirés. Nul doute que la nuit fut courte.

Il trouva sur le bureau de Roussel le dossier de la scientifique sur l’affaire Artois. Des analyses ayant été menées durant la nuit. Il attrapa le dossier et commença la lecture.

Sans réfléchir il attrapa son téléphone portable pour appeler son collègue et le prévenir de l’information découverte par les équipes scientifiques.

Roussel décrocha à la cinquième sonnerie et les sons qui sortaient de sa bouche ne laissèrent aucun doute à Klein, il dormait comme un bébé lorsque le téléphone avait sonné. Il lut difficilement le nom de son correspondant les yeux encore embués.

— Allô, tu as intérêt à avoir une info solide.

— Très solide même !

— Accouche bordel où je raccroche, s’impatienta Roussel.

— On a de l’ADN sur le corps d’Artois. Celui de Gaëtan Deslauriers.

— Deslauriers, comme la femme qui s’est faite planter l’an dernier ? s’étonna Roussel.

— Exactement.

— Comment on a eu son ADN ?

— Les gars ont trouvé une fibre textile avec l’ADN de Deslauriers dessus.

— Tu peux répéter ? demanda Roussel, surpris.

— Une fibre textile…

Roussel le coupa avant qu’il n’ait eu le temps de terminer sa phrase.

— C’est exactement comme ça qu’Artois a été suspecté du meurtre de la fille.

— Ça pour une coïncidence, c’en est une.

— J’arrive, on va avoir une petite discussion avec ce monsieur.

 

 Les deux policiers arrivèrent devant chez l’homme. Il n’habitait plus dans le même appartement depuis la mort de sa femme. Il avait trop de souvenirs avec elle dans ces lieux. La reconstruction avait été longue et désormais il semblait aller mieux. Après une dépression de plusieurs mois lui valant un séjour à l’hôpital. Deslauriers habitait désormais dans une maison en banlieue de Bordeaux. Sa voiture était garée devant chez lui.

Klein sonna à la porte.

— Monsieur Deslauriers, c’est la police. Ouvrez s’il vous plaît c’est au sujet du meurtre de votre femme, mentit Roussel.

Derrière la porte Deslauriers restait immobile. Entendre ces mots ne lui plaisait pas. Après quelques secondes, il ouvrit enfin la porte. Elle dévoila aux deux policiers un homme d’une carrure impressionnante. L’homme devait dépasser les deux mètres et être inscrit à la salle de musculation du coin.

— Bonjour Monsieur, désolés de vous déranger, lieutenants Roussel et Klein.

— Bonjour, répondit Deslauriers, visiblement réveillé depuis peu.

— Pouvons nous entrer ? Demanda Roussel.

— Bien sur allez-y, désolé pour le désordre, je travaille beaucoup en ce moment, se justifia Deslauriers.

— Pas de problème, nous n’en avons pas pour longtemps ici, répondit Klein.

— Vous êtes là pour ma femme ? Vous avez trouvé le tueur ? Demanda Deslauriers intrigué. Ça fait longtemps que des flics sont pas venus me tenir au courant de l’enquête. Je commence à perdre espoir…

Brusquement, Roussel interrompit Deslauriers.

— Vous étiez où hier entre 15 h et 18 h ?

Ceci avait pour but de désarçonner Deslauriers. Cependant c’était une stratégie risquée.

— Pardon !? Quel est le rapport avec ma femme ? J’exige des explications tout de suite ! Répondit Deslauriers.

— Où étiez vous hier entre 15 h et…

— Sortez de chez moi ou dites-moi pourquoi vous voulez savoir où j’étais !

— Ici c’est nous qui posons les questions Monsieur Deslauriers. Si vous ne nous répondez pas, nous allons devoir vous embarquer au poste. Peut-être que vous ne voulez pas en arriver jusque-là.

— C’est scandaleux de prétexter de vouloir me parler au sujet du meurtre de ma femme !

— Vous avez quelque chose à nous cacher ? Demanda Klein. Si vous nous répondez on vous expliquera.

Deslauriers était passablement énervé contre ces deux policiers qui utilisait la mort de sa femme pour… pourquoi d’ailleurs, pourquoi prétexter venir parler de la mort de sa femme se demandait-il.

— De quoi vous m’accusez ? Je suis la victime ici ! C’est ma femme qui est morte ! Là aussi vous allez m’accuser ? s’emporta Deslauriers.

— Pour ce meurtre vous êtes hors de cause c’est certain.

— Comment ça pour ce meurtre ? Vous m’accusez d’un meurtre ?

— Où étiez vous hier entre 15 h et 18 h ?

— OK OK je vais vous le dire, j’étais à mon magasin.

— Votre magasin ? Demanda Roussel.

— Oui mon magasin à Bordeaux, je vends des ordinateurs, smartphones entre autres.

— Des témoins peuvent nous le confirmer ?

— Non j’étais fermé.

— Que faisiez vous à votre magasin si vous étiez fermé ?

— Je répare des ordinateurs, j’ai reçu plusieurs ordinateurs d’une grosse société qui me paye une belle somme pour réparer ces appareils le plus vite possible. J’ai fermé le magasin l’après midi pour ne pas être dérangé pendant que je travaillais.

— Vous avez une caméra de surveillance pour confirmer ? Demanda Roussel.

— Oui bien sur, quand on vend des téléphones à 1000 €, la moindre des choses c’est de sécuriser le magasin au maximum.

— On a besoin de voir cet enregistrement pour vous écarter de l’enquête.

— Je vais vous l’envoyer dès que j’arrive au magasin.

— Non, nous allons le récupérer avec vous tout à l’heure, objecta Roussel.

— Est-ce que vous connaissez un certain Franck Artois ? Demanda Klein d’une voix calme.

— C’est une blague ? S’étonna Deslauriers.

Roussel remarqua qu’il parut réellement étonné de réentendre ce nom plusieurs mois après l’avoir découvert.

— Évidemment que je le connais, vous l’avez suspecté du meurtre de ma femme, répondit Deslauriers.

— Il s’agit de notre victime, il est décédé hier, nous pensons que c’est un meurtre, précisa Klein.

— Et vous pensez que je l’ai tué !?

— Monsieur Deslauriers, nous devons approfondir toutes les pistes, c’est une enquête classique.

— Pourquoi je l’aurais tué, quel serait mon mobile d’après vous ?

— Par vengeance tout simplement, répondit Roussel.

— Mais pour quelle raison ?

— Vous pensez qu’il a tué votre femme, que la police a mal fait son travail, qu’elle a laissé partir le tueur et vous décidez de vous faire justice vous-même, ça ne serait pas la première fois que ça arrive ni la dernière.

— J’aurais attendu plus d’un an pour me venger ? C’est un peu long vous ne trouvez pas ?

— Peut-être qu’il vous fallait trouver le courage de le faire, tuer un homme ce n’est pas quelque chose de facile, répondit Roussel.

— Où vous avez passé tout ce temps à élaborer un plan pour le tuer sans vous faire prendre, ajouta Klein.

Deslauriers écouta amusé les réponses des policiers, il savait qu’il n’avait rien à craindre d’eux.

— Eh bien, vous en avez de l’imagination messieurs, puisque rien de tout ça n’est arrivé. Je fais confiance à la police pour trouver l’assassin de ma femme, même si ça prend trop de temps.

— L’enquête est toujours ouverte, ce qui signifie qu’on recherche toujours le meurtrier, ne vous inquiétez pas là-dessus, précisa Roussel.

— Plus le temps passe et moins j’y crois quand-même, avoua Deslauriers.

— Il ne faut pas perdre espoir, ajouta Klein.

— Nous vous accompagnons à votre magasin pour voir cette vidéo surveillance, termina Roussel.

Ils montèrent tous les trois dans la voiture banalisée, qui n’avait toujours pas de climatisation. Même à cette heure plutôt matinale, la chaleur commençait à grimper en flèche. Cette chaude journée allait mettre les corps à rude épreuve.

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Table des matières
  1. Chapitre 1
  2. Chapitre 2
  3. Chapitre 3
  4. Chapitre 4
  5. Chapitre 5
  6. Chapitre 6
  7. Chapitre 7
  8. Chapitre 8
  9. Chapitre 9
  10. Chapitre 10
  11. Chapitre 11
  12. Chapitre 12
  13. Chapitre 13
  14. Chapitre 14
  15. Chapitre 15
  16. Chapitre 16
  17. Chapitre 17
  18. Chapitre 18
  19. Chapitre 19
  20. Chapitre 20
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