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La nuit l'ombre est reine

Par Thomas Nouhaud

Œuvre publiée sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0

Date de publication sur Atramenta : 27 décembre 2017 à 16h03

Dernière modification : 3 janvier 2018 à 16h00

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Chapitre 2

Bordeaux, Hôtel de police, 3 juillet 2016

 

L’été était particulièrement chaud cette année. Le moindre mouvement faisait suer tout le monde. L’air donnait l’impression de ne plus contenir assez d’oxygène pour respirer. Dans cette atmosphère-là, le lieutenant Roussel et son adjoint Klein attendait d’avoir une nouvelle affaire à traiter.

— Y’en a marre de cette foutue clim, il fait plus chaud dedans que dehors ! C’est pire qu’en enfer !

—  Roussel arrête de te plaindre, on a un client qui n’aura plus la possibilité de le faire. Un macchabée, apparemment un suicide d’après les premières constatations des collègues arrivés sur place en premier sur les lieux.

— Au moins on aura la clim dans la bagnole.

Toujours aussi classe le Roussel se dit Klein.

Les deux policiers arrivèrent sur place 30 minutes après être partis de l’Hôtel de police, après de longues minutes dans les embouteillages. À 17 h, les embouteillages sont monnaies courantes dans l’agglomération. Roussel refusa d’utiliser la sirène et le gyrophare pour se frayer un chemin au milieu de ces voitures à touche touche. Ceci pour profiter au maximum de la climatisation.

— On a le temps, il bougera pas notre gars.

— Certes, mais j’ai des projets pour ce soir avec Madame Klein, donc j’aimerais pas trop traîner.

— Je veux pas en savoir plus, tes projets coquins ne me regardent pas.

— T’inquiète pas tu sauras rien. D’ailleurs à quand une Madame Roussel ?

— Je ne vois pas de quoi tu veux parler, répondit Roussel avec un sourire à son collègue.

Sur place le gardien de la paix arrivé en premier accueillit ses collègues.

Comme à son habitude Roussel oublia les politesses d’usages et entra dans le vif du sujet.

— On a quoi ?

— Un cadavre, le propriétaire des lieux d’après ses papiers d’identité. Un certain Franck Artois, 34 ans. Directeur d’une agence de communication. Il est assis sur une chaise de la salle à manger. Une balle dans la tête. L’arme est dans sa main. Un Glock 17, comme les nôtres.

— Qui a découvert la victime ? demanda Roussel.

— C’est sa sœur, Sophie Artois. Elle était prostrée sur le trottoir quand on est arrivés. Elle a fait un malaise, on a dû l’envoyer voir un médecin pour s’assurer que ça irait bien pour elle.

— Avec un frère mort, pas sûr que tout aille bien tout de suite pour elle, précisa Klein.

— C’est peut-être elle qui l’a tué, ajouta Roussel.

— Possible, mais ça c’est votre boulot maintenant, lâcha le gardien de la paix.

— Merci de cette précision lumineuse, vous pouvez retourner à vos occupations, lança Roussel.

L’officier les salua et quitta la maison pour reprendre ses patrouilles habituelles.

Klein entra en premier dans la maison et se dirigea vers la salle à manger. Il découvrit l’homme la tête posée sur la table. Un trou béant à la place de sa tempe gauche laissait échapper de la matière, le cerveau de la victime était en bouillie. Bien qu’il sut ce qui l’attendait, cette vision lui souleva l’estomac. La cuisine semblait être un endroit plus tranquille loin de cette vision d’horreur.

Klein examina dans la cuisine, un sac de courses encore plein posé sur la table.

— Viens voir j’ai quelque chose d’intéressant !

Roussel était toujours à proximité du corps, prenant des notes pour l’enquête.

— Qu’est-ce que tu as trouvé ?

— J’ai un ticket de caisse du supermarché d’à côté.

Avant que Klein ne poursuive, Roussel le coupa.

— On pourra pas le coffrer pour vol, dommage.

— Tu sais que tu n’es pas fait pour l’humour, n’essaye pas d’en faire, c’est peut être pour ça que tu n’as pas de succès avec les femmes.

— Tu sais ce que je pense sur les relations amoureuses, ça n’a pas de rapport avec mon humour. Je suis très bien tout seul, au moins je ne suis pas déçu.

— Tu vas finir avec des chats mon pauvre.

— C’est pas le lieu ni le moment de parler de ça, tu n’avais pas fait une découverte toi.

— Avant que tu me coupes si.

Roussel ne releva pas la pique de son ami et attendit la suite.

— Je disais, j’ai un ticket de caisse, daté de ce matin, avec des fruits, du saucisson, du pâté, des pâtes, des produits ménagers. Tu trouves pas ça étonnant pour un type qui va se faire sauter le caisson quelques heures après ?

Roussel acquiesça sans ouvrir la bouche. Mais déjà la thèse du suicide paraissait s’éloigner.

Il fouilla un tiroir et en sortit une enveloppe.

— Regarde ce qu’on a ici. Un billet d’avion pour Berlin. Départ dans deux semaines. J’ai la réservation pour l’Hôtel aussi pour trois nuits avec un programme de lieux à visiter, Porte de Brandebourg, Palais du Reichstag, Alexanderplatz, Mur de Berlin pas mal comme planning.

— Il parait que les Allemandes sont froides, lança Klein.

— Pardon ? Quel est le rapport avec notre mort ?

— Absolument aucun, j’avais juste envie de le signaler.

— Tu peux les garder pour toi ces remarques et les Allemandes sont très bien.

— J’en déduis qu’il y a eu une demoiselle allemande dans la vie de notre cher lieutenant, ça c’est une découverte ! L’homme au cœur de pierre n’est qu’une façade !

— Ta gueule, bosse au lieu de dire des conneries, s’énerva Roussel.

Klein était amusé par cette situation, il savait que son ami n’était pas énervé, il n’aimait pas réellement qu’on s’intéresse à lui. Roussel entretenait le mystère.

— Le ticket de caisse et le voyage à Berlin, ça commence à faire beaucoup pour un suicide, analysa Klein.

— Tu vas pas faire tes courses le matin pour te flinguer l’après midi.

— Je suis bien d’accord.

— Mais pour l’instant ce ne sont que des suppositions, on n’a encore rien de concret qui nous permette d’affirmer que ce n’est pas un suicide. L’arme est à lui ?

— On ne sait pas encore, on va vérifier ça au poste.

— Ce n’est pas courant d’avoir un 9 mm, on n’est pas chez l’Oncle Sam.

Sur le calendrier accroché au mur dans la cuisine, Klein remarqua quelque chose.

— Il avait une femme de ménage apparemment, c’est écrit « ménage Mme Duplanty », toutes les semaines. Il faudra aller l’interroger demain.

— Bon on va laisser l’équipe scientifique faire son boulot, on retourne au poste pour les vérifications et on reprendra demain matin.

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Table des matières
  1. Chapitre 1
  2. Chapitre 2
  3. Chapitre 3
  4. Chapitre 4
  5. Chapitre 5
  6. Chapitre 6
  7. Chapitre 7
  8. Chapitre 8
  9. Chapitre 9
  10. Chapitre 10
  11. Chapitre 11
  12. Chapitre 12
  13. Chapitre 13
  14. Chapitre 14
  15. Chapitre 15
  16. Chapitre 16
  17. Chapitre 17
  18. Chapitre 18
  19. Chapitre 19
  20. Chapitre 20
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