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La nuit l'ombre est reine

Par Thomas Nouhaud

Œuvre publiée sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0

Date de publication sur Atramenta : 27 décembre 2017 à 16h03

Dernière modification : 3 janvier 2018 à 16h00

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Chapitre 18

À son arrivée, Roussel était toujours dans son lit, en train de récupérer.

— Comment ça va ? Demanda Klein.

— Dis-moi ce qu’il s’est passé, répondit Roussel en ignorant la question de son ami.

— Tu te rappelles de rien ?

Klein prit place dans le fauteuil à côté du lit.

— J’allais voir le docteur Blanchard et puis plus rien.

— Elle t’a drogué, elle me l’a dit quand je suis arrivé.

— Tu m’as suivi ? s’étonna Roussel.

— Tu pourrais me dire merci, je t’ai sauvé. Je sentais bien que l’idée d’aller voir seul le docteur était moyenne. Et je ne t’ai pas suivi, je savais où tu allais je te rappelle.

— Et donc il s’est passé quoi ?

— Quand je suis arrivé tu étais allongé par terre. Elle était au-dessus de toi, va savoir ce qu’elle allait te faire, résuma Klein.

— Elle est au poste maintenant ? Demanda Roussel.

— En garde à vue oui.

— Je dois aller lui parler, affirma Roussel.

Il commençait à sortir du lit, avant que Klein n’intervienne.

— Où tu vas toi ? Reste dans ton lit tu dois te reposer encore.

— Je vais bien, si je suis réveillé c’est que ça va, donne-moi mes affaires, ordonna-t-il à Klein, qui s’exécuta.

— Je viens de lui parler, cela ne s’est pas très bien passé. C’est plus la même personne, elle a changé ou plutôt là c’est la vraie Charlotte Blanchard. Tu aurais vu ses yeux, ça me faisait froid dans le dos. Je pense que ça ne sert à rien de lui parler maintenant on devrait aller fouiller chez elle pour voir si on trouve des preuves.

Roussel ne répondit pas mais acquiesça d’un geste de la tête.

 

Ils arrivèrent au domicile du docteur, une maison en banlieue, tout ce qu’il y a de plus classique. Avant de sortir de la voiture, Roussel donna ses consignes pour la fouille.

— On fouille tout, on ne repart pas sans quelque chose, on casse les murs si on a besoin.

Roussel n’imaginait pas entrer chez le docteur pour la première fois dans ces circonstances.

Les deux hommes passèrent par-dessus le portail fermé à clé. Sur le trousseau récupéré par Klein juste avant de partir, la clé du portail n’y figurait pas. Ils n’eurent pas besoin de défoncer la porte pour entrer.

Ils découvrirent l’entrée de la maison, rien ne semblait bizarre. Comme pour l’extérieur, une maison classique.

— Je prends le salon et la chambre, tu fais la cuisine et la salle de bain, ordonna Roussel.

Klein se dirigea donc dans la cuisine, qui n’avait pas de délimitation très nette avec le salon, si ce n’est la couleur du mur qui était différente. Du beige pour le salon et du gris clair pour la cuisine.

Il commença à fouiller dans les tiroirs pour voir si quelque chose d’intéressant était présent. Il n’y avait que quelques-uns, la cuisine était petite. L’inspecteur passa en revue les différents compartiments des meubles, visiblement tous achetés chez Ikea, mais rien d’intéressant pour l’enquête.

De son côté, Roussel débuta sa recherche par le salon. Il détourna tout ce qu’il trouva, sans grand succès. Il eut même l’impression que tout était soigneusement rangé, à sa place.

Dans le même temps Klein passa à la salle de bain. Là aussi, la même sensation de rangement, à la limite du compulsif. Il se dirigea tout de suite vers l’armoire à pharmacie posée sur le meuble à côté de la douche et découvrit plusieurs boites de médicaments. Il examina les boîtes et trouva du Zyprexa, une recherche internet lui permit de trouver que ce médicament était un antipsychotique pour traiter la bipolarité. Mais aussi du Buspar, du Lorazépam, des anxiolytiques, mais aussi du Prozac, un antidépresseur. Mais également d’autres pilules dans des boîtes sans indications.

Klein alla informer Roussel de sa découverte.

— Un sacré cocktail si tu prends ça en même temps !

— Je ne suis pas médecin mais c’est pas une bonne idée de mélanger toutes ces substances, affirma Roussel.

— Tu as trouvé des trucs dans le salon ?

— Non rien qui pourrait nous aider, mais si on doit trouver quelque chose, ce sera probablement caché.

— On va faire la chambre tous les deux, proposa Klein.

Les deux hommes pénétrèrent dans la chambre du docteur Blanchard, tout aussi bien rangée que le reste de la maison. Le lieutenant Roussel ouvrit la commode placée en face du lit. Mais il n’y trouva que des vêtements et la lingerie du docteur. Il allait refermer le compartiment lorsqu’il vit un morceau de scotch dépasser au fond du tiroir.

— J’ai peut-être trouvé quelque chose d’intéressant, annonça-t-il.

Klein arrêta de fouiller le lit pour s’approcher de son collègue et lui demanda ce qu’il avait trouvé.

— J’ai vu un morceau de scotch au fond du tiroir, c’est curieux.

Roussel tira sur l’adhésif scotché et une petite clé sans inscription tomba.

— Maintenant il faut trouver ce que ça ouvre, précisa Klein.

— En espérant que ça soit utile.

Les deux hommes continuèrent à chercher dans la chambre lorsque Klein remarqua quelque chose dans l’armoire sur le côté du lit.

— Regarde, il y a une petite avancée dans le mur, on dirait une boite. Je ne vois pas d’ouverture ou de serrure.

Il s’approcha pour mieux distinguer l’objet encastré dans le mur.

— Ah si ! Je vois une serrure, mais elle est en dessous, je pensais qu’elle serait sur le dessus. Fais voir ta clé.

Roussel s’approcha et lui tendit la clé, que son collègue inséra à l’intérieur de la serrure, un petit clic sortit de la boîte et celle-ci s’ouvrit.

— Alors qu’est-ce qu’on a de beau dans cette cachette, dit Klein, plus pour évacuer son stress que de peur de trouver quelque chose d’horrible.

Et ce qui se trouva à l’intérieur de cette boîte fut un choc pour les deux policiers. La réaction de Roussel fut sans équivoque.

— Nom de dieu ! Qu’est-ce que c’est ce bordel !?

— C’est quoi ce merdier, renchérit Klein.

Le lieutenant tenait 6 photos d’individus étendus au sol dans une mare d’hémoglobine. Chaque image glaça le sang des deux policiers. On y voyait les victimes de 6 meurtres. Le visage de la dernière victime n’était pas inconnu des deux hommes. Il s’agissait de Ludivine Deslauriers.

Ils éprouvèrent le besoin de s’asseoir quelques secondes sur le lit pour digérer cette découverte. Tous deux restèrent muets, sous le choc.

Roussel brisa le silence.

— Je crois qu’on a tout ce qu’il nous faut, dit-il dépité.

— On va aller lui parler tout de suite, elle va peut-être nous donner les raisons ajouta Klein.

 

Ils quittèrent la maison sans un mot, le trajet jusqu’au poste de police s’effectua également dans le silence.

Chapitre suivant : Chapitre 19

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Table des matières
  1. Chapitre 1
  2. Chapitre 2
  3. Chapitre 3
  4. Chapitre 4
  5. Chapitre 5
  6. Chapitre 6
  7. Chapitre 7
  8. Chapitre 8
  9. Chapitre 9
  10. Chapitre 10
  11. Chapitre 11
  12. Chapitre 12
  13. Chapitre 13
  14. Chapitre 14
  15. Chapitre 15
  16. Chapitre 16
  17. Chapitre 17
  18. Chapitre 18
  19. Chapitre 19
  20. Chapitre 20
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