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La nuit l'ombre est reine

Par Thomas Nouhaud

Œuvre publiée sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0

Date de publication sur Atramenta : 27 décembre 2017 à 16h03

Dernière modification : 3 janvier 2018 à 16h00

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Chapitre 16

Roussel allait retrouver ce lieu qu’il détestait désormais. Plus seulement pour son air filtré, mais pour ce qu’il avait peur de découvrir à l’intérieur.

Il ne prit pas le temps de se présenter à l’accueil et fila directement dans les bureaux. Il n’était encore jamais venu ici, il se contentait de l’accueil et de la salle de travail, il n’avait pas l’utilité de venir jusque dans les bureaux. Après quelques minutes de recherche à regarder les noms inscrits sur les différentes portes, il trouva celui qu’il cherchait.

La porte était fermée. Il prit une grande respiration comme s’il allait devoir plonger au fond de l’eau pour aller sauver quelqu’un puis il se lança. Il frappa la porte avec ses phalanges le plus naturellement possible. Il attendit quelques instants qu’une voix lui dise d’entrer mais rien ne se produisit. Il frappa à nouveau, toujours rien. Il tourna la poignée. Mais la porte demeura fermée. Soudain il entendit une voix familière au fond du couloir.

— Lieutenant Roussel, que me vaut le plaisir de cette visite à mon bureau ? Vous n’êtes jamais venu, ça doit être très important.

Roussel eut du mal à cacher son stress.

— Oui c’est important.

— Dites-moi tout, je vous écoute.

Le lieutenant n’était pas comme d’habitude, face aux autres suspects il n’était pas stressé il dominait la discussion, là c’est comme s’il était redevenu un enfant devant un adulte. Il ne savait pas quoi dire, il n’avait pas vraiment réfléchi à la manière d’aborder le sujet.

Il décida de se lancer.

— On a retrouvé votre ADN dans la maison de Franck Artois. Pouvez vous m’expliquez comment c’est possible ? Le rapport n’indique pas votre présence sur les lieux.

— Comment ça mon ADN ? Comment est-ce possible ? Je n’étais pas sur cette scène de crime c’est vrai.

— Alors expliquez-moi comment votre ADN s’est retrouvé là-bas, ordonna Roussel.

— Je n’en ai aucune idée lieutenant ! Vous pensez que j’ai tué votre homme ? C’est ridicule ! Laissez-moi rire lieutenant.

— Je n’ai pas dit ça, je veux juste comprendre.

— Venez dans mon bureau, on va discuter autour d’un café.

Le policier entra donc dans le bureau suivi de près par son hôte.

— Vous le prenez comment votre café ?

— Noir sans sucre, s’il vous plaît, répondit Roussel qui regardait les étagères remplis de livres en tous genres en attendant son café.

— J’ai toujours aimé lire, depuis ma tendre enfance, je lis au moins un livre par semaine, sans faute.

— C’est impressionnant, je n’ai jamais aimé lire personnellement.

— Tenez, votre café. Vous savez, quand on a une mère professeure de français et un père ingénieur dans l’aviation, difficile de ne pas lire. Je prenais toujours un livre, je voulais apprendre des choses.

— Merci.

Roussel avala son café d’une traite ce qui étonna son hôte.

— Eh bien, vous prenez pas le temps de profiter des choses vous !

— J’attends toujours la réponse à ma question, qu’est-ce que votre ADN faisait chez la victime ?

— Vous avez demandé à la scientifique s’ils étaient bien sûrs que c’était le mien ?

— Évidemment, ils en sont certain à 100 %. Aucune erreur possible.

— Eh bien il faut croire que l’erreur est toujours possible, car je vous le dis je n’ai jamais mis les pieds chez cet homme. Je ne sais même pas où il habite.

Roussel commençait à se sentir bizarre, un peu comme une sensation de vertige. Sa voix se fit moins assurée qu’il ne l’aurait voulu.

— Vous avez eu une liaison avec la victime ? articula-t-il difficilement.

— Non je ne le connaissais pas je vous dis.

Le lieutenant commençait à se sentir tout étourdi, puis comme une révélation il vit la tasse de café vide posée sur le bureau.

— Qu’est-ce que vous m’avez…

Il n’eut pas le temps de terminer qu’il tomba dans les pommes.

— Je vous ai donné une double dose, il fallait que vous dormiez le plus vite possible. D’ailleurs je ne pensais pas que vous alliez boire le café et là j’aurais été dans de sales draps. Je vais devoir vous tuer mon lieutenant, c’est dommage je vous aimais bien.

À l’entrée de l’établissement, le lieutenant Klein se précipita dans les bureaux, il était déjà venu dans cette partie pour rencontrer quelqu’un lors d’une précédente affaire.

Il trouva sans peine le bureau qu’il cherchait, la porte était ouverte et il vit le corps de son ami, étendu au sol. Au-dessus de lui se tenait le docteur Blanchard.

Elle fut étonnée de voir le lieutenant Klein.

— Venez m’aider il a fait un malaise, il faut l’aider.

Mais Klein ne bougea pas. Au contraire il se saisit de son arme pour mettre en joug le docteur.

— Éloignez-vous de lui ! Cria-t-il en pointant son arme dans la direction du docteur.

— Mais vous êtes fou ! Qu’est ce qui vous prend !?

— Je sais ce que vous avez fait à Artois ! Éloignez-vous de lui sinon je tire ! ordonna Klein.

— Calmez-vous ! J’essaie de l’aider, vous voulez qu’il meure c’est ça ?

Klein s’approcha du docteur l’arme toujours pointée vers elle.

— Tournez-vous ! Les mains sur la tête, vous êtes en état d’arrestation !

Le docteur Blanchard ne voyait pas d’issue à cette situation.

— D’accord vous avez gagné, allez-y arrêtez-moi.

— Allongez-vous au sol, gardez les mains sur la tête, ordonna Klein.

Le docteur Blanchard se laissa faire sans opposer de résistance.

— Vous avez fait quoi à Roussel ? Demanda Klein, très inquiet pour son ami.

— Il a goûté à ma drogue favorite, je dois avouer que j’y suis allée un peu fort sur la dose, ricana-t-elle.

— Espèce de petite salope ! J’espère qu’il va s’en sortir sinon vous n’allez pas arriver en prison, je vous le promets !

— Et vous irez en prison à votre tour mon cher lieutenant, pas très judicieux d’aller retrouver tous les individus que vous avez arrêtés.

Sans prêter attention à cette dernière phrase, Klein vérifia l’état de santé de son ami. Il trouva son pouls et regarda son ventre se soulever à chaque inspiration, c’était bon signe. Il se dépêcha d’appeler les secours.

Chapitre suivant : Chapitre 17

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Table des matières
  1. Chapitre 1
  2. Chapitre 2
  3. Chapitre 3
  4. Chapitre 4
  5. Chapitre 5
  6. Chapitre 6
  7. Chapitre 7
  8. Chapitre 8
  9. Chapitre 9
  10. Chapitre 10
  11. Chapitre 11
  12. Chapitre 12
  13. Chapitre 13
  14. Chapitre 14
  15. Chapitre 15
  16. Chapitre 16
  17. Chapitre 17
  18. Chapitre 18
  19. Chapitre 19
  20. Chapitre 20
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