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Quelques nouvelles du NET

Par Fredleborgne

Œuvre publiée sous licence Licence Art Libre (LAL 1.3)

Date de publication sur Atramenta : 1 avril 2011 à 0h00

Dernière modification : 16 octobre 2013 à 1h07

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Survivre sur le Net


 
En trois volets, les découvertes d'un nouveau webmaster

 
Le Net, une jungle virtuelle

    Ce titre est un peu extrême. Mais il me semble d’actualité. Je découvre des problèmes nouveaux grâce à la mise en ligne de mon site. Désolé pour ceux qui les connaissent déjà.

    Actuellement, le nouveau problème que je rencontre tient en deux mots : notoriété et référencement.

    Un site non commercial comme le mien (pas de pub, pas de vente) n’a pas besoin de fonds pour survivre. C'est un site ouvert et proposé par plaisir. Mais mon nom de domaine, dont le prix est garanti deux ans, ne risque-t-il pas d’augmenter par la suite ? Après en avoir créé une «valeur», pour le garder, il faudra payer ou en être dépossédé.

    Bref, la gestion de ces « noms de domaine » devient bien un racket organisé encore sous prétexte de "gestion" et de "protection".

    Pour acquérir de la valeur, il ne suffit pas d’avoir un contenu. Il faut surtout être connu.

    On peut se signaler en étant référencé dans les moteurs de recherche. Ainsi, quelqu’un qui recherchera des sites anti-DADvSI pourra-t-il ainsi découvrir mes textes et leur façon d’exprimer mes idées anti-mercantilistes sur le Net.

    Las. Pour être aujourd’hui référencé gratuitement, il faut accepter la pub (un affreux bouton) sur un site de recensement payant (à partir de cinquante-cinq euros l’année : plus cher que mon nom de domaine et mon hébergement).

    C’est une honte que je refuse. Mais quelqu’un qui veut vivre de revenus sur le Net doit rentrer dans ce chantage, sinon il n’aura pas de clients.

    Si tout le monde est référencé, c’est celui qui paiera le plus qui aura une chance d’en gagner le plus (On peut même acheter, (et donc confisquer pour les autres) des mots-clés). Les autres (qui ont besoin de l’argent) n’auront qu’à disparaître.

    Dans un sens, je m’en foutrais, puisque moi, je ne cherche pas à gagner de l’argent. Au lieu d’avoir un "best téléchargé" numérique au bout de un mois, (ce qui aurait pu gonfler mon ego), je l’aurai peut-être au bout de deux ans, ou dix.

    M’enfin, il a fallu quand même que je fasse quelques concessions pour rentrer dans le moule comme vous pourrez le voir si vous retournez sur mon site.

    - Une page « Licence », pour ne pas abîmer le reste de mon site, avec le terme « creative common » afin d’éviter de se faire voler par des gens qui exploiteraient sans vergogne ce que d’autres offrent gratuitement...

    - Et supprimer l’accès direct au téléchargement de « la Guerre contre les majors ». Malgré tout, celui-ci reste gratuit et est expédié « sur demande » et sans aucune obligation (sauf faire la demande). Et pourquoi ?

    
Juste pour créer des pages que les lecteurs peuvent lire, et qui démontrent une fréquentation supérieure à deux minutes. Et juste parce que «ce qui est gratuit ne vaut rien.». Ce que je demande n’est pas de l’argent, mais un effort intellectuel. Après avoir un peu lu en ligne, il peut y avoir une envie de lecture hors ligne ou «sur papier ».

    Alors qu'un simple téléchargement ne me sert pas (au niveau "notoriété" et donc possibilité de nouveaux lecteurs), et que le fichier peut être effacé à l'arrivée dès la lecture des premières lignes.

    Car même s'il n’y a pas de pub, si je veux que des gens téléchargent « La guerre contre les majors », et donc luttent contre ce système de pub bulldozer, il faut que j’existe sur le Net.

    C’est donc un acte militant que d’aller sur mon site, comme sur Odebi.org, comme sur tousenpriso.info, comme sur tous les sites anti-DADvSI pour que le message passe. (Vous avez remarqué mon « acte vilain » : je me suis placé en premier sur ma liste d’énumération). Pour compenser, je fais de la pub pour les sites que j’aime, et je ne leur demande rien en échange.

    Car rien ne sert de boycotter les grands moteurs de recherche, les grands sites d’achats sur le Net (sauf les CD, DVD, HIFI et les marques qui font de la « propriété intellectuelle » une arme contre la petite concurrence et donc favorable au monopole des poids lourds). Il faut par contre avoir le sens critique et insister pour vraiment avoir "la meilleure affaire" du Net après quelques recherches croisées.

    Mais pour les sites que vous aimez (et pas spécialement le mien), faites-vous une page de favoris et allez les voir souvent. Faites-vous une page HTML et mettez-la dans un blog gratuit. (Encore bravo à la ligue Odebi pour tous les petits webmestres. Je comprends beaucoup mieux maintenant).

    N’attendez rien d’eux, sauf de la création gratuite pour vous.

    Ces sites, c’est le «vrai» Net, et c’est vraiment que «pour vous». Mais ils n’existeront que si vous les y aidez. Ce n’est pas vraiment d’argent dont ils ont besoin, mais de vous.

     Enfin, par expérience maintenant, je peux dire que c'est vraiment "excitant" de se monter son site. Alors je ne peux que vous encourager à le faire, car un site perso et anti-DADvSI, ce n'est pas un "concurrent" mais un camarade.

    Et ce sera toujours des "clics" de moins sur des sites pourris de pubs quand on viendra vous voir. Comme ils sont comptabilisés, ça fera "flipper" les "marchands" de constater que le monde du libre se porte bien, grâce aux vrais internautes de cœur.

    Bienvenue à la ferme de Blog, les blogueurs vaches à lait

    Je ne le savais pas. Ils l’ont déjà fait.

    Les blogs sauvages vont disparaître au profit des blogs domestiques. Ceux-ci, comme tout bon bétail se concentrent dans des pouponnières où ils sont préfabriqués, hébergés, référencés, publicitarisés et rentabilisés.

    En effet, le weblogueur touche des droits d’auteurs, payés par la publicité, au prorata des visites.
Ainsi, cette mutualisation des moyens, avant réservés aux FAI (qui ne versaient rien au blogueur) permet au «fermier » d'

    — encaisser la globalité des ressources publicitaires.

    — «estimer » son travail.

    — attirer avec ce qu’il va distribuer d’autres blogueurs en sachant que les revenus de la plupart ne seront pas en rapport avec le temps passé.

     En même temps, cela va lutter contre la concurrence des sites persos qui détournaient à eux de la publicité.
Cela détourne aussi les internautes des sites libres, qui seront de plus en plus noyés sous le référencement des sites fermiers. Un pôle d’attraction génère donc plus de clics avec ses sites collectivisés que la somme des clics du même nombre de sites indépendants.

    Cela va donc créer du contenu. Oui mais quel contenu ?

    À côté de certains poètes, musiciens, vidéo amateurs, photographes classiques, il y a une masse de sites de jeux, de voyages, de futilités, mais surtout de …X.

    Aucune chance qu’un internaute qui tombe sur la page d’accueil avec 40 000 blogs inscrits sorte de cette « enceinte ».

    Et le X est … affligeant. Certains sites n’ont qu’une dizaine de photos d’une vieille de 50 ans sans tête, avec des fesses à boutons, mais libres de droits, et des liens sur les 19999 autres sites X du coin.

     Ce qui est le plus dégoûtant, c’est le compteur de visite à plus de 20.000 en même temps . L’internaute ne fait que passer mais s’est bien fait avoir.

    Je pense alors à la répartition des bénéfices entre tous ses auteurs de blogs, au prorata des visites …

    Je pense aussi à cette mercantilisation des esprits des blogueurs.

    Le blogueur dès le départ va pouvoir se créer un site et gagner de l’argent. En fait, il peut créer le nombre de sites qu’il veut et qu’importe la qualité.

    Bien que je sois tombé sur deux bons sites catégorie poésies, je déclare la guerre aux nouvelles majors du Web qui sont en train de changer les blogueurs en prostituées scandinaves et les internautes en consommateurs de daube.

    Plus besoin d’artistes, c’est l’époque du blog reality…

    En effet, la publicité qui rétribue fermier et vaches à lait est soutirée aux entreprises qui font des campagnes de pub.

    Le prix du produit final s’en ressent. C’est donc le consommateur qui paye…pour une publicité de moins en moins efficace au niveau rendement, mais toujours plus présente, intensive et pernicieuse dans et pour les esprits.

    Par contre, les sites indépendants vont perdre leurs ressources publicitaires ou vont devoir soit s’affilier, soit vendre leur contenu aux fermiers.

    J’ai donc l’intention d’organiser la riposte en créant moi aussi un blog dans chaque ferme, blog qui pointera sur mon site indépendant pour sortir les internautes de la Matrice Pub et tenter de leur faire passer le message.

    Vous aussi, si vous êtes désintéressés, mais que surtout vous ne voulez pas être noyés dans une foule médiocre, faites de même…

Chasseur d’Internautes

    La guerre des sites se joue aujourd’hui en termes d’affluence et/ou de rentabilité. Un site purement marchand a besoin de « clients » qui achètent. Un site d’exploitation publicitaire a besoin de passage, afin de louer des encarts. Enfin, un site d’informations, dont la cible est le cerveau de l’internaute (il convient parfois d’être très précis) a lui aussi besoin de la présence de l’internaute et de sa disponibilité, intellectuelle comme temporelle.

    La chasse se fait à l’affût. Il faut appâter, conduire, convaincre. Le maillon le plus faible compromet la fiabilité de l’ensemble, donc les résultats.

    À part si un copain a donné l’info (bouche à bouche ...oreille ) à un internaute, taper l’URL pour tomber sur le site est la méthode la plus rare pour une visite, sauf si l’URL contient le mot souhaité, comme sexe.fr ou marque.com (voilà pourquoi certaines marques ont fait jouer sur le Net leur droit de récupérer certains noms de site en rendant leur marques déposées prioritaires dans toutes les futures extensions de nom de domaine (et sans supplément de prix encore). Ainsi milka.fr (milka, vous savez le prénom ?) pointe-t-il après redirection sur un site au nom bien différent, commercial et pas français, après un procès que le propriétaire de la marque de « quoi au fait ? » a gagné contre un particulier, alors que la procédure commune est premier arrivé, premier servi.

    C’est d’ailleurs bien le cas, les gros pouvant se permettre l’ « anticipation ».

    Le cas le plus fréquent est donc un clic sur une URL, surgie sur une page html, promettant monts et merveilles souhaitées par l’internaute.

    Tout site doit donc avoir de l’info désirée par celui-ci. Et il faut que cette info soit promise à l’internaute avant qu’il clique. Lorsque le site est présenté par un site ami, un petit commentaire va inciter le clic.

    Mais pour son premier site, l’internaute est roi. Il recherche quelque chose. Beaucoup de sites peuvent répondre à cette recherche.

    Soit l’internaute est sur un site catalogue de site, soit il est sur un site « moteur de recherche ».

    Dans le premier cas, il va choisir une catégorie, comme voyages, forums de discussion etc. etc. et il faut être bien placé au sein de votre catégorie pour être sélectionné, dans le deuxième cas, il va donc effectuer une requête, et le moteur de recherche va lui présenter une kyrielle de sites susceptibles de répondre à son attente.

    Dans le premier cas, il faut être référencé, dans le deuxième, il faut exploiter le fonctionnement d’un moteur de recherche et avoir été « analysé » par le robot-scanneur de ce même moteur.

    Le premier cas est pénible, et fait l’objet de controverses sans fin. Quel est l’intérêt d’exister dans chacun de ces annuaires, quand on sait qu’on peut ressortir à la millième page alors que l’internaute s’arrêtera à la dixième au maximum ? Même s'il y a des annuaires d’annuaires et des annuaires spécialisés, c’est trop.

    Tromper un moteur de recherche par l’abus de mots clés est aussi de moins en moins facile, surtout que le robot scanneur vous alloue une fiche qui comptabilise (voire enregistre) le nombre de liens entre votre site et les autres, synonyme de notoriété. (c'est même plus compliqué que ça car il "évalue" la qualité des liens selon leur type). Ainsi, la demande complexe de l’internaute sur la base des mots-clés est pondérée avec la notoriété pour déterminer votre « rang » au classement.

    Bref moins on est connu, plus on risque de rester inconnu. Et quand on vient de naître, on risque de mourir seul.

    Sur mon site, vous devez être quatre ou cinq à lire ce texte aujourd’hui. Il a quinze jours d’existence. Je mets aussi ce texte sur odebi.org car il s’agit d’un forum que j’aime bien et je peux avoir une « critique», constructive ou pas. Et si je ne fais rien, mon audience ne décollera pas, et tous mes efforts pour contrer les monopoles injustes comme intéresser des gens à mes écrits seront vains.

    Mais je ne veux pas me « faire référencer » contre de la pub, mendier des liens, créer une page « partenaire » avec des gens qui ne sont pas dans le même sujet que moi ...

    (et qui vont donc être « décalés » avec mon contenu…) Je ne veux pas non plus m’inscrire dans une ferme. Alors ?

    Alors, en plus de me faire connaître sur des forums, (je ne peux pas en fréquenter régulièrement plus de quatre, qui sont odebi.org, agoravox.fr, boycottons.eu et mc.web.info) sur lesquels je dois apporter une participation honnête qui permettra à leurs membres d’être intéressés par le contenu de ma signature, je vais «traquer» l’internaute dans les plates-bandes poubelles des majors.

    Car c’est surtout celui-là que je veux arracher au système marchand pour lui faire connaître le « libre d’esprit ».

    Pour cela, je dois :

    — glisser mon adresse sur les forums de sites marchands, dans une remarque pseudo-constructive qui justifie « l’invitation ».

    — glisser mon adresse sur les blogs des hommes politiques (section DADvSI)

    — « tromper » les moteurs de recherche.

    
  Déjà, être présent sur un maximum de sites, dont ceux des hommes politiques ou des partis, en espérant que les modos laissent passer le lien, c’est engranger un peu de «crédit » vis-à-vis des moteurs.

     Ensuite, il va falloir que je joue sur les mots clés de certains textes dans mes pages, ou dans les méta tags.

    Guerre et majors sont très mauvais. Tous les articles d’information parlant de guerre citent le mot état-majors et je dois être en dix-millionième position.

    Fredleborgne est unique. Chouette, mais à part si on m’a croisé sur un forum, personne ne tape ça en requête, sauf si l’équipe Disney crée un personnage ainsi nommé dans « Pirate des Caraïbes IV ou V »

    Ma chance est dans le fait que je m’attaque à des gens ou à des organismes connus. C’est donc eux qui vont me servir.

    Je vais donc dire « Merci » à la SACEM, la RIAA, l’INPI (et je le ferai certainement souvent) pour me donner matière à critiques et … pour me faire ressortir à côté d’eux dans une requête d’internaute les concernant.

    Ainsi, je viens de redécouvrir une loi qui consiste à dire qu’un prédateur ne peut exister sans sa proie, et qu’il me faut être le prédateur d’un existant.

    Néanmoins, je sens bien que ce sera encore insuffisant pour lutter contre le rouleau compresseur des majors du Web. Je vais donc créer des blogs débiles dans les «fermes», des « blogs coucous », qui sous un prétexte fallacieux pointeront sur mes sites, et surtout sur mon site contestataire.

    Les blogs coucous une fois constitués seront pris en charge par le fermier et ils intercepteront des internautes de passage chez le fermier, ou grâce à une requête « mise en avant » par le fermier. Ces pointages me serviront aussi pour « notoriéser » (ou "notoriser" ?) mon site (je sais, pas dans le dico mais peut-être un jour dans un dico-web) pour les moteurs de recherche.

    En attendant, je recherche un modèle amateur féminin pour faire une Vénus de Milo sans tête dans un futur site X…et je vous tiendrai au courant des résultats.

    
Il va sans dire qu'en aucun cas je n'ai mis en application les conseils de pourri que j'ai dispensés ci-dessus. Mais observez bien le Net. Vous y verrez tous les subterfuges de la vie (prédation, parasitisme, camouflage...) pour ne pas devenir une espèce disparue, totalement dépourvus de morale, mais efficaces...

    

Chapitre suivant : Mégalo Maniaque

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Table des matières
  1. Préface
  2. Ad Vitam et Æternam
  3. Drapeau Noir
  4. Le forum Maléfique
  5. Nuit d'angoisse
  6. Fibre artistique
  7. Masques et Mascarades
  8. Virtuellement sien
  9. Sentimental Blog
  10. Résopolis
  11. Jackpot
  12. L'ascète prophète du Net
  13. Paris au mois d' Août
  14. Inspiration
  15. Le Sujet délire (pas très Net)
  16. Nipponne
  17. Survivre sur le Net
  18. Mégalo Maniaque
  19. Fil noir
  20. Grand Foutoir
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