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Brèves Philosophiques

Par Dominique Capo

Œuvre publiée sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0

Date de publication sur Atramenta : 10 avril 2016 à 20h09

Dernière modification : 9 septembre 2017 à 16h43

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Ages crépusculaires

Véritablement, encore une fois, la grande majorité des gens n’ont aucune conscience des événements qui se déroulent quotidiennement sous leurs yeux. Ils ne songent qu’à l’instant présent, sans se préoccuper – ou si peu – du monde qu’ils vont laisser à leurs enfants ou à leurs petits-enfants. Beaucoup, bien entendu, s’inquiètent des conséquences du réchauffement climatique généralisé. Ils ont peur des bouleversements écologiques dont nous observons actuellement les prémisses.

Chacun y va de sa petite action dans son coin afin d’enrayer ce mouvement inéluctable. C’est un fait à souligner, et qui est des plus honorables, il faut en convenir. Chacun se sent concerné par ce phénomène d’ampleur sans précédent, et agit du mieux qu’il le peut. Ces initiatives sont louables et respectables. Néanmoins, c’est tellement peu face à la catastrophe annoncée.

Car, en ne remontant pas très loin dans le temps, et sur une zone géographique limitée comme la France, nul ne peut contester que ces efforts s’avèrent dérisoires. Le Printemps dernier a été exceptionnellement pluvieux dans certaines régions de notre territoire national. Une fois encore, comme c’est systématiquement le cas chaque année désormais, au Printemps et à l’Automne, des villages entiers – peu importe qu’ils soient au Nord, au Sud, à l’Est, ou à l’Ouest – sont dévastés par des torrents d’eau en furie. Les dégâts, à chaque fois, se comptent en centaines de millions ou en milliards d’euros. Les agriculteurs maudissent le ciel parce que leurs récoltes sont noyées. En Été, ils sont ulcérés par la chaleur trop intense qui les appauvrit toujours davantage. Les citoyens lambda se plaignent parce que leurs habitations sont ravagées par les flots. Mais celles-ci ont été construites en dépit du bon sens sur des terrains que l’on savait, un jour, susceptibles d’être inondés. En Hiver, ils se plaignent de la neige lorsque celle-ci les bloque durant des jours parce qu’elle arrivé de manière subite et immodérée. Or, lorsqu’ils partent en vacances aux sports d’hiver, ils regrettent qu’il n’y en ait pas autant qu’ils le désireraient dans les stations de ski de basse altitude. En Été, comme aujourd’hui, ils ne supportent pas les fortes températures dépassant les quarante degrés. Mais dès que le Soleil disparaît quelques jours, les restaurateurs, les zones touristiques, etc. se désolent pour leur perte de chiffre d’affaires.

Ce que beaucoup oublient, c’est que le temps n’est pas un jouet. Nul ne le contrôle pour qu’il soit clément pour chacun en fonction de ses priorités du moment. Pire encore, ces quelques épiphénomènes que je viens brièvement de décrire ne sont rien comparé à ce qui nous attend dans un avenir plus ou moins proche.

Longtemps, l’Homme a supposé qu’il pouvait s’en affranchir grâce à la technologie dont il est le titulaire. Grace aux produits chimiques lui permettant d’obtenir de forts rendements agricoles. Et tant pis si ces procédés polluaient l’eau, l’air, nos organismes, notre santé. Le principal était les revenus qu’il pouvait en tirer. Longtemps, l’Homme a misé l’ensemble de son modèle de civilisation sur le pétrole et le nucléaire. On se rend compte désormais dans quelle impasse cette façon de procéder nous mène à plus ou moins brève échéance. Puisque, non seulement, les énergies fossiles sont excessivement énergivores, que tout les pays qui en ont besoin n’y ont pas accès aussi aisément que nous. Que des pays en voie de développement demandent, avec juste raison, aujourd’hui, leur part des bénéfices que celles-ci peuvent leur apporter. Et que, fatalement, leurs réserves se réduisent de plus en plus rapidement ; ou qu’il fallait aller les chercher en des lieux de plus en plus éloignés et difficiles d’accès.

Un jour viendra, tôt ou tard, où cette façon de produire, de consommer, ne sera plus qu’un lointain souvenir. Je sais que, pour l’instant, l’essence est toujours relativement bon marché. Que ce soit nos politiques, comme les simples citoyens lambda conne celui ou celle qui lit ces lignes, chacun espère – naïvement – que ces transformations en profondeur de notre modèle de société adviendra le plus tard possible.

Or, selon les prévisions les plus optimistes, au rythme ou la demande d’énergie de ce type grandit, nous en sommes à l’époque où leurs réserves ne sont plus suffisantes pour tout le monde. Certes, cela ne se distingue pas encore. Mais d’ici un quart de siècle, les conséquences de leur amenuisement se révéleront véritablement. Ainsi, notamment, si les américains ont envahi l’Irak en 2004, outre les raisons évoquées à l’époque, c’était aussi pour protéger les ressources en pétrole de cette région de la planète ; si vitales pour le maintien de leur mode de vie. Dans un autre registre, avec l’appauvrissement de la fertilité de certaines terres en Asie ou en Amérique, entraîne une course à l’achat de sol exploitables dans maintes contrées pauvres de la planète – et particulièrement en Afrique. Aux dépends des populations locales déjà sous-développées, qui se voient retirer leurs terres au profit de multinationales capables de tout pour perpétuer leurs hauts rendements. Avec, derrière elles, le plus souvent, des actionnaires pour qui la vie humaine là-bas n’est qu’une référence statistique négligeable au vu des profits qu’ils sont susceptibles d’en retirer à moyen terme.

Tous ces éléments sont les germes des guerres à venir. Tous ces éléments accélèrent la désagrégation de la civilisation telle que nous la connaissons aujourd’hui. Nous le savons tous ; cette façon de fonctionner nous mène tout droit dans le mur. Or, si ce n’est quelques actions sporadiques de la part de chacun ou chacune d’entre nous afin de nous donner bonne conscience, nous laissons les événements suivre leur cours. Ainsi, depuis une bonne quinzaine d’années désormais, les saisons sont totalement déréglées. Les alternances entre froid et chaud sont plus brusques et intenses. Il n’y a pratiquement plus d’intersaisons. Chaque année, en Été, les ressources en eau diminue de plus en plus dans certaines régions. En Hiver, le manque de neige est criant en basse altitude. Mais chacun se dit : « Ce n’est pas grave, cela ira mieux demain ; ce n’est qu’un mauvais moment à passer. ». Tout en sachant que demain sera pire qu’hier.

Car demain – c’est à dire d’ici une génération au plus tôt, ou d’ici la fin du siècle au plus tard -, il n’y aura, irrémédiablement plus de neige en basse altitude en Hiver. En Été, les canicules telles que celles auxquelles nous sommes confrontées régulièrement, ne seront que des températures moyennes. Les ressources en eau douce en diminueront d’autant. Les exploitations agricoles seront contraintes de modifier ce à quoi elles consacrent leurs récoltes. Afin de préserver au maximum les ressources en eau douce. Les moyens de locomotions à essence auront disparu… parce qu’il n’y aura plus de ressources pétrolières. Ou si peu que son prix atteindra des sommes faramineuses. Certains territoires, du fait de la fonte des glaciers en Arctique ou en Antarctique, auront été immergés. Des migrations de masse dont celles résultant de la guerre en Syrie et en Irak ne sont que très modestes par rapport à celles à venir, auront eu lieu. Des conflits liés à ces mêmes causes, se seront produits aux quatre coins de la planète. Et nulle nation sera susceptibles de les empêcher ou de les freiner puisque, comme pour Daesh, il en ira de la survie de dizaines, de centaines – davantage ? - de millions de personnes.

La déforestation en Amazonie – le poumon de la Terre – aura des conséquences incalculables sur le dérèglement climatique. L’appauvrissement des sols généralisé, la pollution galopante de la terre, de l’air, de l’eau. La résistance aux antibiotiques dont nous nous gavons dès le moindre petit « bobo ». La diminution en spermatozoïdes consécutives aux produits chimiques – conservateurs, plastiques, ou autres – qui se mêlent à nos aliments en sera un facteur aggravant. Je me demande même si la fécondation « in-vitro » ne deviendra pas la règle dans un futur pas si lointain que cela. Le vieillissement de la population occidentale -où les actifs seront moins nombreux que les « passifs ». La robotisation et l’informatisation de la société, transformant zones industrielles pour la production de biens de consommation courante en gigantesques usines automatisées et déshumanisées. Où, posséder un emploi – même temporaire – sera l’exception, et non la norme.

Tout cela, et bien d’autres aspects auxquelles je n’ai pas pensé en écrivant ces lignes, deviendront bientôt la réalité, qu’on le veuille, qu’on l’accepte, ou non. Chacun est susceptible de maudire la race humaine pour cette folie dont elle est l’unique responsable. Quand je songe que près de la moitié de la biodiversité s’est éteinte du fait de notre présence sur Terre, au cours des cinquante dernières années. Tout cela parce que nous nous sommes montré arrogants, fiers de notre supériorité, de notre intelligence, de notre capacité à dépasser les limites imposées par la Nature. Quelque part, je me dis que c’est un juste retour de bâton. C’est tout ce que nous méritons.

Nul doute cependant que l’Humanité survivra, d’une manière ou d’une autre, à ces Ages obscurs qui se profilent à l’horizon. Notre espèce a connue d’autres bouleversements de cet ampleur par le passé, et elle s’y est, à chaque fois, adaptée. Toutefois, il faut se dire que rien ne sera plus jamais comme avant. Nous assistons en ce moment aux ultimes jours où nous maîtrisons encore notre destinée. Et n’en déplaise aux Croyants convaincus, aucun « Sauveur », aucun « Messie » ne descendra du ciel pour leur venir en aide parce qu’ils ont la foi. Parce qu’ils s’accrochent désespérément à des textes religieux en totale inadéquation avec cet Ere crépusculaire sur le point de nous engloutir tous et toutes.

Je ne suis pas un fervent écologiste. Le retour à la nature tel que nous le propos certains défenseurs de l’environnement aussi fanatiques que les religieux de Daesh ne m’ont jamais séduits. Je constate tout simplement la mise en place progressive des pièces de ce puzzle gigantesque dont les contours se dessinent jour après jour, mois après mois, année après année. Et ce que j’observe n’est pas le monde idéal auquel l’Humanité aspire depuis l’Aube des Ages ; et auquel des religions qui en ont fait leur fond de commerce se raccrochent du bout des doigts. Ce que je sais, par contre, c’est que la seule issue qu’il nous reste est de tourner les yeux vers l’espace. C’est de mettre toute notre énergie, toutes nos capacités, toute notre intelligence, au service de l’exploration spatiale. Afin, un jour, peut-être, de découvrir ailleurs une autre planète susceptible d’accueillir nos lointains descendants. Ceux-la même qui nous condamneront pour leur avoir légué un monde agonisant et mortifère.

Il est, en effet, hautement vraisemblable qu’ils nous voient comme des monstres, des égoïstes, qui avons pensé uniquement à notre petit confort, à nos petits intérêts minables et sans objet. Et qui, sans doute, ne voudrons, en aucun cas, nous ressembler…

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Table des matières
  1. Ultime avertissement
  2. Amer constat
  3. Non, Dieu n’a pas voulu cela
  4. La Croisée des Chemins
  5. Dieu, quelle hypocrisie
  6. Mille ans
  7. La Théorie des Races
  8. Société Moribonde
  9. Ignorance, combien d’innocents ai-je assassiné en ton nom
  10. Religion, que n’ai-je pas imposé en ton nom
  11. L’Occident et ses contradictions
  12. Une autre Humanité
  13. Si Dieu existe
  14. Qu’est-ce-que la Vérité
  15. Migrants, tout ce que nous leur devons
  16. L’indifférence
  17. Et demain…
  18. Les dessous d’une migration de masse
  19. De l’eau sur Mars
  20. Crédule Humanité
  21. Pauvre Père
  22. Croire
  23. " Ma liberté de penser "
  24. Le diktat de la mode
  25. Internet, Facebook et propagande
  26. Les paradoxes du phénomène religieux
  27. Addendum à mon texte concernant le phénomène religieux
  28. Le statut de la femme en Religion
  29. Mardi 22 Mars 2016
  30. La Grande Menace
  31. Amalgames, aveuglements et simplifications
  32. Je zappe et je passe
  33. Tout cela n’est pas bien sérieux
  34. La fin des illusions
  35. A propos des rassemblements place de la République
  36. Ce que reflète le "Panama papers" de nos société
  37. De l’Education de nos enfants
  38. De l’imperfection de l’enseignement scolaire
  39. Conscience universelle
  40. De ce que je partage au travers de mes "Textes Philosophiques"
  41. Changement de Civilisation
  42. Le libre arbitre
  43. Aspirations philosophiques
  44. Plus d’essence
  45. Je rêve…
  46. Une seule vie
  47. Je suis furieux
  48. Juger et être jugé
  49. Perturbations météorologiques
  50. Concernant l’Euro 2016
  51. Le droit à la différence
  52. Pourquoi je ne "crois" pas
  53. Juste un grain de sable…
  54. humanité et religion
  55. Le début de la fin
  56. Mon humble avis
  57. Paradoxes, humanité, et universalité
  58. Vive le sport
  59. Jésus est mort, vive le Christianisme
  60. La foi et la sagesse
  61. Emotions exacerbée et raison muselée
  62. Sexe, hypocrisie et religion
  63. Ages crépusculaires
  64. La Dictature des Conscience
  65. Fatigué du prosélitysme
  66. Prosélytisme exacerbé
  67. L’Horreur de l’Extremisme Religieux face à la Lumière de la Connaissance
  68. Laisse nous pleurer "nos" morts en paix
  69. Dérives et conséquences
  70. A mes contradicteurs, à mes détracteurs, et à mes juges
  71. Instincts primaires
  72. Juste un rève
  73. Moi, Dominique, chercheur, historien, aide-bibliothécaire…
  74. Au regard des autres
  75. Je leur dis non
  76. De l’enfant à l’adulte
  77. Burkini, sexe et intolérance
  78. D’aujourd’hui à demain
  79. Cosmologie, Evolution, et Religion
  80. Le Devenir de la "Valeur Travail"
  81. Avant le Big Bang
  82. Coup de gueule :
  83. Ma vision de la philosophie
  84. Conséquences tragiques liées au harcèlement scolaire
  85. Analyse politique personnelle
  86. Les causes et les conséquences d’une juste colère
  87. Le racisme ordinaire
  88. L’heure du choix
  89. USA : Le retour "choc" de la droite conservatrice
  90. Ce que j’ai à dire
  91. Une dernière ptite chose, peut-être…
  92. Alea Jacta Est
  93. Une once d’humilité ne fait jamais de mal
  94. Des profondeurs de mon âme
  95. Vae Victis
  96. Liberté
  97. Quelle honte :
  98. Nos derniers instants :
  99. Le Noel des "autres" :
  100. Introspection littéraire
  101. Quête existentielle
  102. La chute de l’Empire Occidental
  103. A propos des Primaires de la Gauche
  104. Vers un changement de Civilisation
  105. Eveiller les consciences
  106. Donald Trump, Marine LePen, François Fillion, Benoit Hamon, et les autres…
  107. Etre journaliste en politique en 2017
  108. Médias et politique
  109. Cyber-attaque, géo-politique, et élections présidentielles de Mai 2017
  110. Emmanuel Macron, la Colonisation, et ses propos sur les Pieds-Noirs
  111. Les Racines du Front National
  112. Ce que le Front National ne veut pas que vous voyiez
  113. Une Troisième Guerre Mondiale qui ne dit pas son nom
  114. Ma vision du débat Marine LePen vs Emmanuel Macron :
  115. La Chute des Géants
  116. L’attentat de Manchester
  117. Suicide collectif
  118. Que de certitudes, regard sur le Premier Tour des législatives Françaises de 2017
  119. A propos du Second Tour des Elections Législatives
  120. Irma, José, etc
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