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L'homme est-il le "serial killer" du monde vivant ?

Par Roger Lamouline

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Date de publication sur Atramenta : 18 février 2016 à 20h40

Dernière modification : 20 mai 2017 à 15h20

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L’homme est-il le "serial killer" du monde vivant ?

 

L’HOMME EST-IL LE "SERIAL KILLER" DU MONDE VIVANT ?

 

                                              Prologue

 

Ce titre, je ne l’ai pas inventé. Je l’ai bêtement copié-collé d’une revue écolo bon teint.

 

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En fait, je compte ici faire de mon mieux pour montrer que la disparition de certaines espèces, ce que l’on nomme pompeusement la "perte de la biodiversité", est, à sa manière, un mythe religieux primitif entretenu par les media et de puissants groupes de pression.  

Une question : étant donné le nombre de problèmes très graves auquel les hommes doivent faire face aujourd’hui dans le monde, une certaine érosion du nombre d’espèces sauvages est-elle au fond un problème important pour notre avenir ?  Selon certains idéologues, c’est évident!

Lisons ce qu’on en dit, quasi officiellement :   

"Une espèce est réputée disparue quand le dernier membre de cette espèce est mort. Si l’on considère la fourchette d’une évaluation prospective (36.000 espèces disparaissant par an vers 2010-2014), la 6ième extinction (75% des espèces auraient alors disparu) pourrait advenir vers 2.200, si rien de plus n’est fait pour l’éviter". 

                                                Encyclopédie en ligne Wikipedia.

 

Heureusement, ceci est parfaitement faux et même absurde, comme j’espère le démontrer. 

 

          1. LES PROPHÈTES DE LA PERTE DES ESPÈCES  

 

 Ainsi, si l’on en croit le site Wikipedia, qui a tendance à faire autorité dans le monde, de l’ordre de 36.000 espèces disparaissent chaque année.   

Tiens, mais pourquoi ce chiffre glaçant de 36.000 ? Pour comprendre, il faut remonter aux sources car, comme chacun sait, seule l’histoire permet d’éclairer le présent.

 

                         L’arche de Noé en perdition

 

En 1979, paraissait un ouvrage du scientifique anglais Norman Myers, The Sinking Ark, l’arche de Noé en train de couler, si je traduis bien.

 

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Dans sa préface, Myers nous disait : "Nous nous intéressons à toutes les espèces sur terre, 5 à 10 millions. Je propose qu’il est établi que nous en perdrons au moins un million pour la fin du siècle et plusieurs autres millions en seulement quelques décennies".

Myers prophétisait donc une perte minimum de 1 millions d’espèces en 21 ans, disons 50.000 par an.

Interrogé bien plus tard sur ses sources, Myers reconnaissait que le chiffre qu’il avait cité n’était là que pour frapper l’imagination, mais qu’il avait tout de même raison.  http://grist.org/article/specious/    

Soit, mais le mouvement était lancé.

 

               The Global 2000 Report to the President

 

L’année suivante, en 1980, le département d’état américain édite en 9 langues et plus de 15 millions d’exemplaires un rapport alarmiste au président Carter sur le futur état global du monde en l’an 2000, le célèbre Global 2000 Report to the President

 

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On peut y lire : "Entre un demi million et deux millions d’espèces, 15 à 20% de toutes les espèces sur terre, pourraient être éteintes pour l’an 2000, essentiellement par la perte de leur habitat sauvage et aussi en partie à cause de la pollution".

 Ceci était écrit après des études sérieuses, on peut le supposer, par les meilleurs experts américains de l’époque, mais je n’ai pas pu trouver par qui.

Relisons cette phrase du rapport ! On nous affirmait que de l’an 1980 à l’an 2000, autrement dit en 20 ans, disons 1 million d’espèces auraient "peut-être" disparu, ce qui fait de l’ordre de 50.000 par an, comme par hasard le même chiffre que le prophète Myers.

Comme nous le verrons, cette annonce était complètement erronée mais elle fut prise très au sérieux car de nature très officielle et reste un fond de commerce pour les écologistes. En ce qui concerne le sérieux des rapports "officiels", rappelons-nous les mensonges au plus haut niveau concernant en 2003 les armes de destruction massives de l’Irak.

 

Les auteurs du rapport de 1980 remettent cela en 1993 sous la forme  d’un nouveau rapport alarmiste :  "Global 2.000 revisited : What Shall We Do?".

 

 

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Ils affirment : "En ce moment, nous provoquons 30 à 40 extinctions (d’espèces) par jour et, dès le début du 21 ième siècle, nous détruirons définitivement les espèces à une vitesse de centaines par jour."  

On y trouve à l’appui de ces supputation, la courbe suivante plutôt effrayante.

 

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Nous sommes en 2017. En ne comptant que 100 disparitions par jour, cela donne 36.000 disparitions par an.

 

                 La planète selon le professeur E.Wilson

 

Le professeur émérite de Harvard, Edward Wilson, est un spécialiste renommé des fourmis, le créateur de la sociobiologie et le propagateur du mot "biodiversité". Ce monsieur n’est pas n’importe qui. Il trouve, en se basant sur des modèles mathématiques, 27.000 disparitions d’espèces par an, ce qui est à peine inférieur aux chiffres précédents (36.000 à 50.000).

Les chiffres de E. Wilson sont basés sur une loi qui dit que plus une surface est étendue, plus on y trouve d’espèces, ce qui semble raisonnable. Seulement, Wilson, pour des raisons personnelles, inverse cette loi en prétendant que le nombre d’espèces diminue lorsque l’espace est morcelé.

Tout démontre que cette loi est fausse, comme le montre le très faible taux de disparition des espèces "continentales" comparé aux espèces "insulaires". Cela est conforme au bon sens qui nous dit que des organismes menacés peuvent se déplacer si la surface le permet ce qui n’est pas vraiment le cas dans les îles.

 Il faut bien se rendre compte que la perte de biodiversité n’est un phénomène ni récent ni général.  Avant que les hommes se mettent à voyager, les îles avaient leurs propres populations, parfaitement protégées par de vastes océans ; à cet égard, l’Australie peut être considérée comme une île.

  L’exemple souvent cité est celui des populations polynésiennes qui ont éliminés une bonne partie des oiseaux des îles qu’elles ont peuplées soit volontairement pour se nourrir soit par distraction en important leurs chats, leurs porcs, leurs rats et autres indésirables. 

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Plus tard, les Européens firent de même avec les mêmes résultats. L’exemple inoxydable est bien entendu le fameux Dodo (Raphus cucullatus) de l’Ile Maurice, un gros oiseau incapable de voler, nichant au sol, laid, mais appétissant . 

 

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Il faut savoir que 95% des disparitions d’espèces d’oiseaux et de mammifères le sont dans les îles. Contrairement à ce que l’on raconte, il ne s’agit donc nullement d’un phénomène universel dû par exemple à la déforestration et au morcellement du territoire.    

Exemple : Six oiseaux continentaux et trois mammifères continentaux sont considérés comme éteints depuis 1500 comparés à 122 espèces d’oiseaux et 58 espèces de mammifères vivant dans les îles. Les forêts de l’Est des États-Unis ont été réduites de près de 99 % de leur surface primitive avec seulement la perte d’un seul oiseau.   

Dans un interview, Wilson affirme : "Ce n’est pas exagéré de dire que la crise actuelle de la biodiversité à des proportions apocalyptiques ".

Dans son ouvrage, "La création: un appel pour sauver la vie sur terre", paru en 2006, il livre le fond de sa pensée en demandant aux chrétiens, je cite:" une alliance pour faire quelque chose que les deux forces sociales les plus puissantes au monde, la religion et la science, sont particulièrement préparées à faire : sauver la Création".

 

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Lorsqu’on lui demande ce qu’il entend par Création, il répond : "Il n’est pas besoin d’adhérer à une religion traditionnelle pour avoir une conception spirituelle de l’environnement. Appeler la biodiversité la Création se réfère à ce sentiment". 

Il est clair que l’éducation baptiste de Wilson transparaît dans ses allusions à la création et à l’apocalypse. Il s’agit clairement d’une affirmation à base religieuse.

Cela n’empêche pas Wilson de faire valoir le point de vue utilitaire lorsque cela lui convient : "Un coléoptère rare vivant sur une orchidée dans une lointaine vallée des Andes secrète peut-être une substance qui pourrait guérir le cancer du pancréas", dit-il. Cela n’engage à rien.

                             

                              La planète selon Al Gore.

 

Terminons la liste des prophètes les plus connus en lisant ce qu’écrit le grand gourou médiatique Al Gore, nommé, Dieu sait pourquoi, prix Nobel de la paix. Dans l’édition de 2007 de son ouvrage "Earth in the Balance", il s’explique :

"Dans ma propre expérience religieuse, je suis baptiste, le devoir de prendre soin de la terre est enraciné dans la relation fondamentale entre Dieu, la création et l’humanité. Dans le livre de la Genèse, le judaïsme nous apprend qu’après que Dieu ait créé la terre, il vit que c’était bon. Dans le 24 ième psaume, nous apprenons que la terre appartient à l’Éternel, et ce qu’elle renferme, le monde et ceux qui l’habitent. En d’autres mots, Dieu est satisfait de sa création. » Fin de citation.  

Autrement dit, si je comprend bien, s’en prendre à la création en la modifiant s’apparente à un sacrilège. 

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Ce texte est fort éclairant car, comme chez les "spécialistes" précédents, il montre l’aspect religieux du respect absolu de l’environnement.

On trouve dans le même ouvrage, une courbe étonnante montrant le nombre des espèces qui disparaissent chaque année. Al Gore qui utilise, sans doute par distraction, une échelle logarithmique, prédit rien que pour notre année 2017, à moins qu’il n’ait changé d’avis, la disparition de pas moins de 100.000 espèces.

 

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Voila le genre de littérature que l’on peut lire à propos de la perte de biodiversité et que l’on évoque sûrement sans états d’âmes dans diverses conférences internationales soit-disant scientifiques, style COP 21. 

Contentons nous de retenir que les prophètes de la perte des espèces citent en moyenne 50.000 disparitions par an. En fait, il est manifeste qu’ils se copient l’un l’autre. De toutes façons, leurs chiffres sont totalement  indémontrable, comme nous allons le voir.

 

                         2.LA SIXIEME EXTINCTION !

 

C’est quoi, au fond, cette sixième extinction de masse des êtres vivants dont parle Wikipedia ?

 

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Il est un fait qu’au cours de ces 600 derniers millions d’années, le nombre de familles d’êtres vivants a pas mal fluctué. Il s’agit bien de familles et non d’espèces, les paléontologues étant totalement incapables d’évaluer le nombre de ces dernières, on les comprend fort bien. On distingue, avec un peu de bonne volonté, 5 périodes où l’on constate une réduction significative du nombre de familles et cela pour des raisons fort diverses et discutées.   

 

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La dernière de ces extinctions (toute relative), lors de la transition crétacé-tertiaire, est bien entendu celle de nos chers dinosaures, comme le savent tous les enfants.  

Bien entendu, parler de sixième extinction à notre époque, où aucune famille ne s’est éteinte n’est que de la propagande.

Certains prétendent qu’à cause de l’homme la perte de diversité  est entre 100 et 1.000 fois plus forte que la perte "normale" due à des causes naturelles. C’est bien possible, mais ces chiffres sont évidemment impossible à prouver.

L’idée est en réalité de faire circuler une mentalité biblique typiquement américaine qui évoque l’apocalypse de Saint Jean, le monde vivant étant détruit en fin de compte à cause de la mauvaise conduite de l’homme et sa désobéissance à Dieu.

 

                        3. UN PEU DE MÉTHODE !

 

Essayons de comprendre les faits. 

Pour cela, il me semble évident de poser quelques questions simplistes concernant ces espèces qui, selon ces messieurs, disparaissent rapidement et inexorablement, à savoir :

1. C’est quoi une espèce ? 

2. Combien y a-il d’espèces  connues ?

3. Combien d’espèces y a-t-il réellement sur terre ?

4. Comment savoir si une espèce a disparu ?

5. Comment trouver une information fiable ?

 

A mon avis, ce n’est qu’armé de la réponse, même approximative, à ces questions que l’on a une chance de pouvoir réfléchir utilement sur la réalité du problème de la disparition des espèces. Tout le reste n’est que lavage de cerveaux. D’ailleurs, le simple fait de se préoccuper du nombre d’espèces, sans trop se demander de quoi on parle, laisse pointer une attitude philosophique qu’il faut explorer. 

                         

                     4. C’EST QUOI UNE ESPÈCE ? 

 

Il faut savoir que la notion d’espèce est parfaitement floue.

En son temps, Darwin écrivait déjà : "Nous devrons traiter les espèces (…) comme de simples  combinaisons artificielles inventées par commodité. Ce n’est peut-être pas une perspective  enthousiasmante ; au moins nous délivre-t-elle  de la vaine recherche de l’essence inconnue et inconnaissable du terme espèce".

Pourtant, cela ne l’empêcha pas de décrire minutieusement un nombre considérables d’espèces et son ouvrage essentiel porte bien pour titre : "The Origin of Species by means of Natural Selection".

 De son côté, Lamark disait : "En vain les naturalistes passent leur temps à décrire de nouvelles espèces en s’emparant de chaque nuance et de chaque légère particularité pour allonger l’immense liste des espèces décrites".  

 

Si l’on tient absolument à croire les dictionnaires, on peut dire que les espèces sont des groupes d’êtres vivants qui ont la coutume de s’accoupler entre eux et de donner une descendance féconde.  

Exemple classique : le cheval et l’âne sont deux espèces différentes de mammifères. En effet, s’ils s’accouplent, ils donnent naissance à un mulet (ou un bardot),  mais ces derniers ne peuvent donner de descendance.  Au fond, la structure génétique du cheval et de l’âne sont assez proches pour leur permettre d’avoir des enfants, mais vraiment trop éloignée pour autoriser des petits enfants. Prouver ce genre de chose chez un moustique rare du fond de l’Amazonie me semble fort difficile. J’ai comme un doute.  

 A vrai dire, cette définition ne convient qu’aux espèces animales et encore. En ce qui concerne les plantes, la définition ne fonctionne pas puisqu’il n’est pas difficile d’hybrider les plantes à fleurs comme le sait n’importe quel horticulteur.  

Il y a cependant moyen d’en sortir, moyennant une petite astuce.  

Depuis Linné, le célèbre naturaliste suédois, la coutume veut, chez les scientifiques et les horticulteurs, de désigner chaque espèce par deux mots latins. Le premier mot désigne la famille réduite à laquelle est censée appartenir l’être vivant en question, il s’agit du genre. C’est ainsi que nous appartenons au genre homo ; le cheval, l’âne et le zèbre au genre equus et le géranium des jardins au genre geranium (ou pelargonium, s’il se trouve sur un balcon).

Le deuxième mot est un qualificatif aussi clair que possible. C’est ainsi que nous appartenons orgueilleusement à l’espèce homo sapiens et tous nos braves chiens à l’espèce Canis lupus, en hommage à leur ancêtre supposé. 

 Cela permet aux spécialistes de la biodiversité de se limiter, pour se simplifier la vie, à parler uniquement des espèces et non des sous-espèces, races ou variétés, bien que Darwin en son temps ait déjà insisté lourdement sur la difficulté de faire la différence.   

Ce qui montre, à mon avis, l’aspect religieux de toute cette affaire, c’est que la diversité des êtres vivants sauvages est vantée tandis que la diversité de ce que produit l’homme, de préférence occidental, non seulement n’est pas remarquée, mais est niée.   

Vous aurez remarqué que les animaux domestiques sont même accusés de tous les maux. On leur donne à manger, ce qui serait soit-disant, utile à d’autres hommes. Ils ont le culot de faire leurs besoins, ce qui augmente affreusement le taux de nitrates dans l’eau. Ils poussent le vice jusqu’à roter et faire des pets, dégageant du méthane, un de ces affreux gaz à effet de serre qui soit-disant empoisonnent notre atmosphère et la fait surchauffer.  

 

       5. COMBIEN Y A T-IL D’ESPÈCES CONNUES ? 

 

 Pour répondre à la question, il faut se tourner vers le seul organisme sérieux qui existe  au monde à savoir l’IUCN, l’International Union for the Conservation of the Nature.  Cette  vaste organisation n’est nullement neutre puisqu’elle n’existe que pour défendre la nature, mais ses chiffres ont le mérite d’être précis.  

Les biologistes qui collaborent à cette organisation prétendent avoir répertorié 1,7 millions d’espèces d’êtres vivants, que l’on trouve dans leur documentation affublées de leur deux noms latins, comme le veut la coutume.

Notons que parmi ces espèces:

1 million sont des insectes

100.000 des araignées

270.000 des plantes à fleurs 

10.100 des oiseaux 

 5.500 des mammifères.  

 

C’est ce qui est représenté avec un certain luxe de détails dans le tableau ci-dessous. 

 

On trouve aussi, dans la colonne de droite, le nombre d’espèces réellement étudiées (evaluated) par ce même organisme dans le but louable d’indiquer aux décideurs les espèces en danger de disparition (70.289 en 2013) . On remarque que les 5.500 mammifères (mammals) et les 10.100 oiseaux (birds) sont tous évalués et que les amphibiens le sont presque.  

Pour le folklore, notons que l’espèce Homo sapiens n’est pas reprise dans la liste, la probabilité qu’elle disparaisse étant nulle. Bien que les bactéries soient les êtres vivants les plus importants, elle ne font pas partie de cette liste. On le comprend, il faut faire des choix! 

On dit qu’il y a un million d’espèces d’insectes enregistrées! Regardez ces deux espèces de papillons d’Europe. On les distingue parait-il par leurs organes sexuels. Je veux bien, mais en repérer comme cela un million? Je suis un peu sceptique, pour ne pas dire plus.

 

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     6. COMBIEN D’ESPÈCES IL Y A-T-IL RÉELLEMENT

                                      SUR TERRE ?

 

Concernant ce nombre, les sites internet ne craignent pas le ridicule et s’en donnent à coeur joie. L’un d’eux nous dit, par exemple, qu’il existe entre 3 et 100 millions d’espèces, tout en trouvant "raisonnable" un nombre de 13 à 15 millions (au lieu des 1,7 millions répertoriés actuellement).

Une étude récente nous parle de 8,7 millions, à 1 million près, (on admirera la précision). De telles études ne sont évidemment basées que sur des études statistiques discutables et discutées.

Cela n’empêche,  dans cette optique, il est évident que beaucoup d’espèces disparaîtront bien avant même d’être découvertes. Faut-il pleurer la disparition d’espèces (essentiellement des insectes) que nous ne connaissons même pas et que nous ne trouverons probablement jamais? Poser la question, c’est y répondre, à part pour certains idéologues qui pleureront de toutes façons.

 

    7.COMMENT SAVOIR SI UNE ESPÈCE A DISPARU ?

 

Soyons sérieux. Pour se faire une opinion sur la perte réelle de biodiversité, il faut d’abord savoir qu’il est très difficile de prouver la disparition d’une espèce répertoriée. 

Je suis botaniste amateur depuis mes 13 ans, je crois. J’ai observé pendant une partie de ma vie les plantes qui poussent chez nous avec comme bréviaire ma flore du Nord de la France et de la Belgique de Gaston Bonnier. Je peut vous garantir que trouver la différence entre deux espèces n’est pas une sinécure ; prétendre qu’une espèce a disparu est autant dire impossible, à part pour des êtres bien visibles vivant dans un habitat réduit et accessible, les oiseaux d’une petite île par exemple. 

On ne me fera jamais croire que les océans et les immenses zones tropicales humides, ainsi que l’Australie, qui contiennent l’essentiel des espèces vivantes, sont sillonnées par des milliers de diplômés en taxonomie. C’est d’ailleurs l’opinion du CREO (Commite on Recently Extinct Organims), dont je vais reparler :

"Une espèce qui n’a pas été collectée ou vue pendant longtemps peut être éteinte ou a pu simplement échapper à la détection. Il est difficile, si pas impossible, de prouver que l’absence d’une espèce (dans les temps récents) est équivalente à son extinction.

La meilleur approche est d’accumuler (compile) toutes les preuves disponibles que cette espèce est absente et puis décider si le poids de cette preuve est suffisante pour assurer que cette extinction s’est produite".

 

               8.UN COUP D’OEIL SUR LES LISTES ROUGES  

 

Dans ce qui suit, je vais me baser, non sur des supputations, mais sur les constatations de l’UICN évoqué plus haut. Cette organisation se fait connaître essentiellement en publiant quatre listes, dites rouges, comprenant les espèces éteintesen danger critique d’extinctionen danger ou simplement vulnérables.  L’élaboration de ces listes n’est pas aisée car elle répond à des critères très précis, mais aussi très discutables.

La somme des espèces contenues dans ces quatre listes forme la catégorie des espèces menacées (Threated species). On peut éventuellement ajouter, si on aime, la catégorie "Presque menacée" (Near Threated, NT). 

Pour les détails, voir : http://www.iucnredlist.org/

Dans une importante déclaration aux medias, l’UICN nous fait savoir que de l’an 1.500 à nos jours, 800 espèces se sont éteintes parmi les 70.000 qui ont pu être évaluées, dont 80 mammifères (sur 5.500).    

De plus, en additionnant allègrement les listes rouges des organismes en danger critique d’extinction, en danger ou seulement vulnérables, cette organisation publie dans tous les médias la phrase suivante, répétée partout avec peu de variantes sur Internet : 

« Un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers de tous les amphibiens et 70 % de toutes les plantes évaluées sont en péril ». 

C’est ainsi que les médias confondent souvent volontairement (ou par distraction) le fait d’être vulnérable (ou en danger) et celui d’être réellement éteint ou en train de s’éteindre. Voyons plus loin.

 

                                   LES MAMMIFÈRES 

  

 A lire les médias, on constate que la fameuse perte de diversité touche surtout les mammifères et parmi eux les plus gros, ceux qu’aiment les enfants, et plus précisément la baleine (le plus grand des animaux), l’éléphant (le plus grand mammifère terrestre) et l’ours polaire (le plus grand des carnassiers).

Si on ajoute la girafe, le lion et les nounours de toutes couleurs, il s’agit au fond du monde de Walt Disney ou des pauvres animaux étroitement enfermés en leur temps dans l’arche de Noë.

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Comme le lecteur, même adulte, s’intéresse moins aux espèces de moustiques et de vers de terre qu’aux mammifères, contentons nous de regarder ces derniers de plus près.

Il existe à cet égard  une liste sérieuse établie par le département des mammifères du Musée Américain d’Histoire Naturelle ou plus exactement par son  Commitee of Recently Disappeared Organisms (CREO). Ce groupe de travail limite volontairement ses recherches aux mammifères et poissons disparus depuis 1500, autrement dit depuis l’invasion du monde par les conquistadors.

                    http://creo.amnh.org/pdi.html 

               http://creo.amnh.org/creodata.html

 

Cette liste contient 60 mammifères disparus depuis 1500, ce qui est comparable aux 80 de la liste du IUCI. !

Si l’on prend (à titre d’exercice seulement!) la moyenne du nombre des mammifères disparus, on en trouve disons 60 en 517 ans soit une perte de 1 mammifère tous les dix ans.

 Aucun rapport avec les chiffres avancés par les prophètes  Myers, Wilson et Al Gore! 

 

 

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Le graphique ci-dessus montre l’évolution du nombre de mammifères (et d’oiseaux) disparus depuis 1500. On voit que le maximum s’est produit vers 1900 et nullement de nos jours comme le prétendent les prophètes écologistes.

Un coup d’œil à la liste des 6.217 mammifères répertoriés par le CREO est édifiant.

 

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On y remarque que ces derniers sont en réalité à près de 80 % ce que nous nommons des rats et des souris (Rodentia), des chauve-souris (Chiroptera), des taupes, hérissons et musaraignes (Insectivora) et de très petits primates. En ce qui concerne les rats et les souris (rodentia), bon débarras! Malheureusement, une réduction du nombre d’espèces de ces rongeurs ne signifie pas une réduction de leur nombre, qui est un des fléaux de l’humanité.

Il existe un site très complet et fort bien fait qui se préoccupe exclusivement du sort des mammifères. Nous le conseillons aux coeurs sensibles. 

              http://www.planet-mammiferes.org/  

 

    Le gentil Panda chinois

 

Donnons un exemple de mammifère connu de tous : le Grand Panda (Ailuropoda melanoleuca). 

Cette sorte d’ours, classé en danger par l’UICN, creuse depuis très longtemps sa tombe avec ses dents. En effet, l’évolution l’a rendu incapable de manger pratiquement autre chose que d’énormes quantités de pousses de bambou. Pas de chance,  les bambous périssent régulièrement et naturellement tous les 60 ans, après avoir fleuri. Cet imbécile de Panda a donc choisi comme nourriture exclusive un végétal lui même en bout de course. Pour faire bonne mesure, il ne peut faire qu’un jeune tous les deux ans. L’on prétend que le morcellement du territoire réduit ses réserves de bambous ce qui est possible, mais nullement démontré.

Pour des raisons politiques, les autorités chinoises, dont on connaît le mépris pour l’homme, ont créé des vastes réserves pour ces pauvres bêtes. 

Selon les organisations écologistes, il reste actuellement à l’état sauvage 1.864 pandas au milieu des montagnes chinoises (admirez la précision du comptage) et de l’ordre de 300 en captivité.  Le Panda est un animal rare, mais est-il menacé par l’homme? N’insistons pas de peur de faire pleurer les enfants.  

  

                                     LES PLANTES

 

Le tableau ci dessous est d’un grand intérêt.  Il nous dit d’abord qu’il  existe pour l’IUCN , comme déjà mentionné, près de 270.000 espèces de plantes à fleurs et un millier de Gymnospermes (pins, sapins, etc..).

 

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On remarque que seulement 13.000 espèces de plantes à fleurs sont évaluées pour voir si elles disparaissent, autrement dit 5% d’entre elles. Sont elles choisies au hasard? Nullement, il s’agit de celles qui sont signalées à l’IUCN comme probablement en péril, ce qui est normal puisque c’est le but de cet organisme. Cela explique que, sur ces 13.000 espèces, 8.500 sont en difficulté soit 65 %.

De même tous les Gymnospermes sont pratiquement évalués. Sur le millier, 380 sont en péril soit 38%.

 

                         Les pauvres gymnospermes

 

Comme les gymnospermes semblent particulièrement en danger  examinons deux d’entre eux, les plus emblématiques.  

 

Le Cyca.  

 

Le Cyca est en fait une fougère très ancienne et particulière qui ressemble à un palmier (d’ou son nom). Selon la liste rouge, près de 80 % des cycas (et apparentés) sont en danger (ou presque en danger)  ce qui est énorme!

 

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Voyons de près. Il existe de l’ordre de 300 espèces de Cycas (nombre très variable selon l’humeur des très rares spécialistes). Soyons raisonnables ! Presque personne au monde n’est capable de les distinguer entre elles. Le lecteur est-il prêt à frémir d’angoisse devant la disparition de ces espèces quasi indécelables?  En ce qui me concerne, la disparition de l’une ou l’autre espèce de Cyca me laisse de marbre.

Ce n’est pas l’avis des autorités écolo-sensibles. En Afrique du Sud, trois braconniers  viennent d’être condamnés à 5 ans de prison (l’un récidiviste à 10 ans), pour avoir essayé, non de détruire, mais d’enlever un certain nombre ces fameux cycas "rares" (pour le revendre à un amateur qui les aurait soigneusement replanté).

http://www.iucnredlist.org/news/cycad-poacher-sentenced-to-10-years-of-prison  

Il faut dire que ce Cyca est fort beau. Son nom: le Karoo Cycad (Encephalartos lehmannii).

 

 

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 Ceci montre tout de même le régime écolo-policier qui pourrait être instauré pour protéger les espèces rares.

Par contre, une de ces espèces, le Cyca revoluta ou Cyca du Japon est très largement cultivé et on en trouve absolument partout car, bien que n’étant pas du tout un palmier, il donne une touche d’exotisme.  

 

 Le Ginkgo.  

 

La liste des gymnospermes contient le Ginkgo biloba, espèce au contraire unique et aussi considérée comme en danger. En fait, à l’état sauvage, dans une petite région de la Chine, elle n’existe presque plus et certains la considère même comme éteinte. L’homme n’y est pour rien : il s’agit d’un végétal extrêmement ancien en bout d’évolution qui a d’ailleurs survécu grâce à des moines bouddhistes qui l’ont cultivé pour des raisons rituelles. Par contre, on en cultive aujourd’hui partout en très grandes quantités, surtout au Japon.  

Voir, sur Atramenta, mon essai Mon Ginkgo est-il immortel.

Alors: le Ginkgo est-il en danger ou très abondant? Il faudrait savoir. On voit bien une fois de plus que seules les espèces sauvages sont considérées. 

  

                      LES SYNONYMES: UNE PLAIE !

 

Pour ceux qui essayent de classer les espèces et de les compter (toujours en espérant prouver qu’elles disparaissent), les synonymes sont une plaie. Cela tient au fait qu’au  fil du temps de nombreux botanistes ont donné des noms différents à la même plante. Rien d’étonnant à cela. On se trouve en tous cas face à un nombre énorme de synonymes. Pour trouver le nombre "acceptable" d’espèces, il faut donc laborieusement éliminer ces derniers.

Il faut savoir que dans la nomenclature moderne de Linné, comportant un genre et un adjectif caractérisant l’espèce, s’est ajouté au fil du temps le nom du botaniste ayant nommé l’espèce en question et l’ayant décrite le premier. 

On dit par exemple Geranium zonatum. L , le L rappelant que c’est Linné qui l’a nommé le premier. Cette "Plant List" existe, mais seulement depuis quelques années.

Voir http://www.theplantlist.org/ 

 

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Elle comprend un million de noms d’espèces de plantes dont seulement 350.000 sont "acceptées" (en excluant simplement les synonymes!). Rappelons que l’UICN en compte 270.000. Ces chiffres sont comparables.

Plus de 240.000 sont "en suspend" (plus ou moins définitivement?). 

Cela signifie qu’il est impossible de connaître sérieusement toutes ces espèces et encore moins de savoir si elles disparaissent, comme le prétendent les partisans de la perte apocalyptique de la biodiversité.  

  On voit, qu’ici, les choses se compliquent car des tas de biologistes passent leur temps à créer des espèces en partant de sous-espèces.  L’opération contraire  fait disparaître des espèces sans que rien ne se soit passé, nous sommes dans le joyeux domaine  réservé de la taxonomie.  

Pour rire. Il suffit qu’un comité ad-hoc vote pour faire passer quelques espèces de la catégorie "Unresolved" à la catégorie "Accepted" pour que le nombre d’espèces augmente, comme par miracle.   

 

      LE NOMBRE D’ESPÈCES  PEUT-IL AUGMENTER?

 

Si l’on veut bien voir les choses de façon plus optimiste, il faut constater que la biodiversité des espèces sauvages peut effectivement augmenter.   

 

Les découvertes d’espèces

 

C’est  sans étonnement que l’on trouve tous les ans  des  milliers d’espèces nouvelles qui tardent à être évalués car les spécialistes sont fort peu nombreux. Il s’agit bien entendu surtout d’insectes, mais aussi parfois de quelques oiseaux et mammifères. Logiquement, mais paradoxalement, les espèces nouvellement découvertes, à cause évidemment de leur rareté, sont immédiatement classées dans la liste rouge "en danger critique d’extinction". Au fond, plus le nombre d’espèces découvertes augmente, plus la situation est grave!

Les découvertes se font généralement dans les "hot spots" autrement dit les zones à très forte diversité comme certaines zones tropicales.

 

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Il est intéressant de remarquer que le nombre des espèces récemment découvertes est impossible à évaluer. En fait lorsqu’une expédition découvre de nouvelles espèces, cela est annoncé à grand renfort de publicité mais le nombre total dans le monde n’est jamais  publié.

Exemple:   Capture d e cran 2015 07 17 a 11 18 18 1 

 Notons qu’il n’est pas indispensable de se promener dans la forêt tropicale, en Europe plus de 5.000 nouvelles espèces animales ont été découvertes entre 1998 et 2007, à 60% par des amateurs.  

Pour les détails, voir : 

http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/article-biodiversite-l-europe-regorge-de-nouvelles-especes-animales-107742759.html

 L’étude des spécimens est devenue longue et coûteuse car on emploie toutes les ressources de la génétique pour savoir si une espèce est vraiment nouvelle. 

Les spécialistes des mammifères comptent eux de l’ordre de 60 nouvelles espèces et sous espèces par an. Rappelons que la perte en espèces de mammifères est sans doute de 1 tous les dix ans.

Alors, perte ou gain? Personne ne le sait! 

        

                    L’EMPREINTE DE L’HOMME

 

Comme déjà mentionné, mais c’est important, lorsque les écologistes se lamentent sur la perte de biodiversité, ils ne visent en réalité que les animaux et les plantes sauvages. 

Pourtant, l’homme au fil de son histoire a toujours été un fabricant actif de biodiversité non pas au niveau des espèces, mais à celui des variétés. (ou sous-espèces). Il suffit de se rappeler que nos différentes races de chiens ne sont que des variantes de l’espèce Canis Lupus. L’on se plaint que l’homme réduise la diversité, mais pas un mot quand il l’augmente à l’évidence.  

Par sélection génétique et hybridation, l’homme a surtout créé cette énorme diversité de plantes alimentaires dont nous dépendons tous pour vivre.

Pour compenser un oubli de la Création, on espère aujourd’hui former par trans-genèse des variétés ou espèces nouvelles qui supporteraient, par exemple, la sécheresse ou l’eau salée. Même s’il s’agit d’un rêve, ce serait en tous cas autre chose pour l’humanité que de pleurer sur la disparition imaginaire de notre cher ours polaire ; mais ne parlons pas d’OGM, c’est un tabou!

 

                                    CONCLUSION

 

J’aime bien les éléphants. Si le dernier éléphant en liberté disparaissait, je serais un peu triste. Ce serait surtout dommage pour les gardiens de parcs à safari photos mis au chômage et les Chinois fortunés amateurs d’ivoire.  

A vrai dire, lorsqu’on parle de perte de biodiversité, ce n’est pas du tout de cela qu’il s’agit. Rappelons que certains prétendent que 36.000 espèces en tous genres s’éteignent tous les ans, qu’un quart des mammifères sont "en péril", qu’il s’agit de la dernière extinction d’êtres vivants de l’histoire de la terre, extinction provoquée par l’homme, etc.  Nous avons vu ce que l’on peut raisonnablement en penser. 

Je crois surtout avoir reconnu, derrière cette mentalité, un avatar, chez nous, mais surtout aux États-Unis, du respect inconditionnel dû à la création et d’un complexe de culpabilité typiquement  judéo-chrétien.

Si le lecteur ne me crois pas, je le regretterai, mais je m’en remettrai.  

 

 

 

 

 

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