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Kaya

Par Ally F Rose

Œuvre publiée sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0

Date de publication sur Atramenta : 17 mai 2014 à 0h07

Dernière modification : 26 juillet 2016 à 7h11

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17- Kaya

Il n’y a pas de plus dangereuse illusion que la notion par laquelle les gens s’imaginent éviter l’illusion, Fénelon

— Un an plus tard —

 

L’extérieur calme de Rham n’est que façade. Il est colérique, impatient, jaloux et autoritaire. Les débuts de notre relation ont été difficiles. En bon produit d’une société qui donne tout pouvoir aux hommes et place la femme, un pas derrière son conjoint, il donnait des ordres et s’énervait de ne pas me voir les exécuter. Je voulais que nous discutions et décidions ensemble. Il voulait me commander. Nous nous fréquentions depuis un mois quand il m’a demandé de licencier Hernvy. Il est parvenu à me convaincre que mon ex n’avait pas sa place dans ma vie et que notre proximité était non seulement malsaine et suspecte, mais également un manque de respect à son égard. J’ai licencié Hernvy pour lui faire plaisir. J’ai presque aussitôt regretté ma décision et l’ai réembauché à l’insu de Rham. Hernvy en a profité pour demander une augmentation de salaire auquel j’ai consenti pour me faire pardonner.

 

Rham m’a ensuite ordonné de réduire mes horaires, puis, de vendre mon bar. Cette dernière demande m’a enfin fait comprendre qu’il essayait de me changer, de me repousser derrière les limites de ma condition de sexe faible que j’avais dépassées au prix de nombreux sacrifices. Il était hors de question que je revienne en arrière.

 

“Que ferais-je de mes journées ?” Ai-je demandé.

 

“De tes soirées, tu veux dire ?” M’a-t-il repris.

 

“Tu m’as comprise. Réponds à la question.”

 

“Tu pourrais trouver un travail plus respectable ou— ”

 

“Te laisser m’entretenir ?” Ai-je complété, en le voyant venir. “Tu veux que je passe mes journées dans ces quatre murs à attendre que tu finisses de travailler pour qu’on joue à la parfaite petite famille !?” Ai-je ajouté avec dérision.

 

“Oui ! Tu travailles tous les soirs, tu rentres à des heures impossibles. On se voit à peine, on fait précipitamment l’amour parce que tu es fatiguée. J’en ai marre. Je veux que notre relation soit ta priorité. Qu’y a-t-il de mal à cela ?”

 

“Tout.”

 

“Je ne veux plus que tu travailles dans ce foutu bar. Fin de la discussion !”

 

“Non !”

 

“N’as-tu pas conscience des dangers ? Les arcades sont dangereuses la nuit. Il n’y a pas de système de sécurité installé dans ton bar, il est de notoriété publique que tu gardes l’argent sur place. Tes clients sont des alcooliques et des drogués. C’est un contexte explosif où tout peut arriver. Tu n’es pas en sécurité et je refuse de monter la garde, tous les soirs, pour m’assurer que tu vas bien.”

 

“Je m’en sors très bien !! Je n’ai pas besoin d’un chaperon.”

 

“Tu as eu de la chance, c’est tout. Je veux que tu le vendes.”

 

“Non !! Si tu ne peux pas l’accepter, nous n’avons rien à faire ensemble.”

 

Il est parti en claquant la porte et m’a infligé le traitement du silence. Deux semaines plus tard, je l’ai retrouvé devant ma porte à la fermeture du bar. “Salut,” ai-je dit avec hésitation. Sans répondre, il a déposé un rapide baiser sur mon front, puis, s’est éloigné pour commencer à remonter l’arcade.

 

“Attends,” m’écrié-je, en lui prenant le bras. “Je suis désolée—”

 

“L’incident est clos. Tu peux garder ton bar puisque tu juges qu’il a plus de valeur que ta vie.”

 

“Rham—”

 

“Ça suffit, Kaya !” M’a-t-il sèchement coupé.

 

Vexée de m’être fait rabrouer, j’ai traîné des pieds et nous sommes rentrés à mon appartement, chacun de son côté. Malgré la colère et la frustration ou à cause d’elles, nous nous sommes jetés l’un sur l’autre aussitôt la porte fermée et avons fait l’amour un peu comme des sauvages. Il a été brutal et mesquin, m’a amené au bord de l’orgasme à plusieurs reprises sans me laisser basculer dans l’extase. Il m’a fallu supplier, quémander. Ce fut cru, passionné, animal, mais l’intense plaisir que nous en avons retiré, ne nous a pas réconcilié. Nous avons dormi chacun de son côté et notre relation est restée tendue jusqu’à ce que Rham pleure dans son sommeil en murmurant des propos confus. Je ne lui ai jamais parlé de ces “épisodes” pour préserver son ego, mais j’ai compris que son inquiétude était sincère et qu’il n’essayait pas de me manipuler. Son métier lui en fait voir de toutes les couleurs. Les corps qu’il ramasse chaque nuit sur les arcades de la cité l’ont rendu brutalement honnête. Il n’enjolive pas la réalité parce qu’il est, tous les jours, en contact avec elle. Il voit ses ravages, il est aux premières loges pour constater ses dégâts, les morts souvent très jeunes, trop jeunes et leurs familles dévastées à jamais. Il dit qu’il s’en fiche, mais il se réveille la nuit en hurlant, après des soirées particulièrement difficiles et pleure dans son sommeil. J’ai développé un nouveau respect pour les “gardiens” à cause de lui. Ce travail demande beaucoup d’humilité et de résilience. J’ai donc fait un pas vers Rham en confiant la responsabilité du bar à Hernvy deux soirs par semaine.

 

**********

 

J’étais impatiente de rencontrer Arcadas. Je n’en ai jamais eu l’opportunité et ai toujours été curieuse de voir à quoi il ressemblait. J’étais aussi pressée de me présenter sous mon meilleur jour pour qu’il approuve ma relation avec Rham. Plus tard, quand j’ai réalisé que cette entrevue serait aussi l’occasion rêvée de corroborer les propos de mon amant, je n’ai plus contenu mon excitation. Malheureusement, Rham m’a annoncé deux semaines après notre discussion qu’Arcadas l’avait libéré de tout engagement et qu’une rencontre n’était plus à l’ordre du jour. Suspicieuse et déçue de cette chance avortée, j’ai insisté pour qu’il maintienne les présentations. Il a promis d’organiser un rendez-vous avant de se rétracter. Il m’a alors avoué qu’Arcadas avait refusé net et qu’il serait mission impossible de lui faire changer d’avis. “Il agit par souci de revanche. Nous l’avons mis en mauvaise posture. Ça lui passera,” m’a dit Rham, six mois plus tôt. Depuis, il n’a pas levé le petit doigt pour ramener Arcadas à de meilleurs sentiments.

 

Qu’Arcadas me juge aussi sévèrement m’a profondément ennuyé. Que la version de Rham soit la seule à laquelle je pouvais prétendre m’a frustré, car j’étais obligée de le croire sur parole quand j’étais intimement convaincue qu’une seule version de l’histoire ne suffit pas à établir la vérité. Cette frustration dont je peinais à me défaire a été à l’origine de nombreuses disputes qui ont fragilisé ma confiance en lui. Je voulais que nous discutions de l’impasse dans laquelle nous nous trouvions afin de trouver une solution qui nous satisferait tous les deux. Il exigeait que je lui fasse une confiance aveugle. J’en avais assez du flou dans lequel notre relation évoluait. Je m’étais sortie la tête du sable et refusais de rester dans l’ignorance pour lui faire plaisir.

 

J’ai commencé à le questionner, sur Arcadas, sur ses activités et plus tard parce que j’étais devenue paranoïaque, sur sa vie en général quand il n’était pas avec moi. Il répondait du bout des lèvres, me donnait de vagues réponses ou essayait de changer le sujet de la conversation. J’ai proposé que nous mettions Arcadas devant le fait accompli en nous rendant au palais pour tenter de lui forcer la main, il a refusé. J’ai insisté pendant quatre longs mois. Il s’est petit à petit braqué et a espacé ses visites pour me punir. Pour la première fois, je n’ai pas lâché prise.

 

“Ça n’a pas d’importance !” a-t-il hurlé quand j’ai essayé d’aborder le sujet quelques jours plus tôt. “Arcadas a accepté ma décision. Il nous laisse libre de poursuivre notre relation. Le sujet est clos,” a-t-il conclu sur un ton décisif.

 

“Très bien. Si Arcadas est d’accord, pourquoi devons-nous continuer à nous cacher ? Nous ne quittons jamais mon appartement, ne faisons rien ensemble à l’extérieur. Quand je te croise sur les arcades, tu m’ignores. Tu arrives et pars à des heures incongrues, toujours de nuit. Je ne connais ni ta famille ni tes amis.” Il me disait qu’il ne voulait pas me partager, mais qu’ils étaient tous au courant de mon existence et de la place que j’occupais dans sa vie. Il n’y a pas pire que celui qui refuse de voir. “J’ai organisé plusieurs diners pour te présenter mes amis, tu as annulé à la dernière minute avec la même excuse, le boulot. Je ne sais rien de toi quand je suis un livre ouvert parce que tu obtiens toujours les réponses que tu souhaites que je veuille te les donner ou non. Tu me fais suivre, fourres ton nez ou fouilles dans mes affaires, tandis que tu dresses un mur pour protéger ses secrets. Pourquoi ? Qu’attends-tu de moi ? De notre relation ?” Hurlé-je, horrifiée par tout ce que j’ai accepté en m’entendant les énoncer à voix haute pour la première fois. Il a poussé un grognement de frustration avant de jeter son verre contre le mur. Son geste et son silence ont été une révélation. Il ne s’est jamais projeté dans le futur avec moi. Il se contente de vivre l’instant présent. Il attend simplement d’en avoir marre ou de trouver mieux pour passer à autre chose. Cette première réalisation a révélé une deuxième. Je suis bêtement tombée amoureuse et souhaitais fonder une famille avec lui. Quand ce désir s’est-il insinué en moi ? Je ne saurais le dire. Je n’ai jamais rêvé de me marier ni d’avoir des enfants, les statuts de mère et d’épouse n’ont jamais été des objectifs ni des composantes majeures de l’idée que je me faisais de mon bonheur, mais j’ai changé et ai envie de toutes ces choses avec lui.

 

J’ai enfin compris que nous n’étions pas sur la même longueur d’onde, qu’en réalité, nous ne l’avions jamais été. Il est parti en claquant la porte sans ajouter le moindre mot et a recommencé à utiliser le silence pour me punir.

 

**********

 

Six mois après le mariage de Donp auquel je n’ai pas été conviée, j’ai été invitée à la célébration qu’il est de coutume d’organiser à cette période après la “cérémonie du lien”. J’ai reçu très peu d’invitations depuis la mort de mes parents. J’ai décliné chacune d’elles pour ne pas subir les critiques, les regards dédaigneux, les commentaires blessants lancés, sans avoir l’air d’y toucher, aux détours d’une phrase, par ceux qui ne me considèrent plus comme une des leurs. Après une courte réflexion, j’ai décidé d’accepter celle de Donp parce que j’ai besoin de me changer les idées et que Sibha et Rhyoa y allaient également.

 

**********

 

Je porte une grande attention à ma présentation pour envoyer un message à tous ceux qui me pensent désormais sans le sou ou en proie aux affres d’une quelconque addiction.

 

À notre arrivée, nous saluons le couple à l’honneur. Donp m’accueille avec la distante courtoisie mêlée d’indifférence qu’on réserve aux inconnus. Le regard froid et méprisant de sa femme, me fait comprendre que je ne suis pas la bienvenue. Je ne m’attarde pas en leur compagnie et essaye de me remettre de mon malaise en buvant quelques verres. L’alcool me redonne du courage. Je me mêle aux invités en essayant d’oublier les jugements qu’ils doivent porter à mon égard. Je retrouve un ancien camarade d’université, Thieeb dont j’ai perdu la trace après son déménagement à Encara, l’une des six cités voisines de Tora et m’accroche à lui, comme un condamné à son dernier souffle. Nous refaisons connaissance depuis une demi-heure quand Rham fait son entrée. Son imposante présence, sa démarche assurée, sa stature, ses ailes, leur couleur unique ainsi que la cour qui le suit, tout, nous forcent à le suivre du regard. Il commande la pièce et demande notre attention. Sa présence est une vraie surprise. Il est rare qu’un “gardien” soit convié à un évènement mondain de cette importance. Les parents de Donp s’empressent autour de lui, Donp et sa femme se précipitent également pour l’accueillir, en fait, tout le monde s’agite autour de lui. Cette fébrilité est anormale. Je ne parviens pas à détacher le regard de la scène qui se joue sous mes yeux. J’ai l’impression qu’un important message que je peine à comprendre m’est adressé.

 

“Qui est-ce ?” Demandé-je à Thieeb.

 

“Seulement le roi de la cité ? Où étais-tu ces dernières années ?” Répond-il, en éclatant de rire.

 

“Je me le demande,” observé-je avec amertume. Je savais qu’il cachait quelque chose, mais ne m’attendais pas à un secret de ce calibre. La colère m’enflamme brusquement. Elle gronde, mais je parviens à la dissimuler à mon interlocuteur en luttant discrètement contre le flot de sentiments qui me percutent et menacent de me faire entrer dans l’une de ces rages folles qui ont construit ma mauvaise réputation. J’inspire et j’expire pour me calmer. J’ai grandi, j’ai appris à canaliser mes pulsions. Je ne vais pas provoquer une scène dont je sortirai honteuse, même si Rham mériterait que je le mette dans une vilaine posture.

 

“Vite ! Allons présenter nos respects avant que les lèches-culs ne rendent cette tâche impossible,” dit-il, en m’entraînant à sa suite vers la file qui a commencé à se former.

 

“Quand ?”

 

“Quand quoi ?”

 

“Quand est-il devenu roi ?”

 

“Sérieux Kaya, où étais-tu !? Je vis à Encara et j’en sais plus que toi. Tu sais au moins que Rham est le premier né d’Arcadas !?”

 

“Non. Quel âge a-t-il ?”

 

“Je n’en sais rien. Je sais, en revanche, qu’il dirige la cité depuis trois mois. Il y a six mois, Arcadas l’a désigné comme successeur quand son immortalité lui a été retirée par les dieux. Certains disent qu’il l’a perdu à sa demande, d’autres qu’il a été désavoué et puni. Dans tous les cas, il a entrepris peu après le voyage des cent jours. Le dernier jour Rham a été révélé par les dieux à la sphère régnante de Tora et Arcadas a rejoint la ‘contrée céleste’.”

 

“Je croyais qu’il était un ‘gardien’,” murmuré-je.

 

“Rien d’étonnant. Tous les fils d’Arcadas exercent ce métier. Ils sont les mieux placés pour tenir ce rôle. Ils sont loyaux, déterminés à protéger la cité, l’héritage et les intérêts de leur père. Rham a cessé cette activité dès qu’il est devenu roi. Il doit cesser d’apparaître en public pour devenir une légende. Je suis vraiment surpris que tu n’en saches rien—”

 

“Comment l’aurais-je su ? Je ne fréquente pas le palais. Pour l’instant, rien n’a été publiquement annoncé—”

 

“Oui, mais tu fréquentes l’élite qui sait, si mes souvenirs sont exacts. Donp ne t’a-t-il donc rien dit ?”

 

“Non,” dis-je sèchement sans entrer dans les détails.

 

“Son règne sera officialisé très prochainement. La transition devrait s’achever dans les prochains jours. Il se dit qu’il a très vite prouvé sa valeur aux dieux.”

 

Ma colère exacerbée par les propos de Thieeb et la proximité de Rham, qui se trouve désormais à quelques pas, menace d’exploser. Je fulmine littéralement et commence à transpirer. Mes muscles se contractent involontairement et respirer profondément ne suffit plus à me calmer. Mon masque commence à se fissurer et je fantasme sur la gifle que je lui flanquerai quand il sera en face de moi.

 

“Kaya, Kaya,” dit Thieeb en me secouant le bras. Je le regarde, mais ne le vois pas. Je l’entends, mais ne comprends rien.

 

“Excuse-moi,” soufflé-je avant de m’éloigner précipitamment en direction des toilettes. Je claque la porte derrière moi et passe ma colère sur une poubelle. J’enrage à cause de ses mensonges, de ma propre stupidité, parce que mes parents sont morts, parce que mon frère est mort, parce qu’ils n’auraient pas dû, parce que la peine ne s’atténue pas en dépit des jours, des mois, des années, parce que ma vie tourne en rond, parce que je vois s’envoler la famille dont je rêvais, parce que je sais que je n’aimerai personne autant que lui, parce que je m’en veux d’y avoir cru, d’avoir cru que je pouvais être heureuse. “Stupide, pathétique, stupide, pathétique…” Répété-je à chaque coup de pied qui atterrit sur cette satanée poubelle.

 

Quand je me suis un peu calmée, je me passe de l’eau froide sur le visage, rafraîchis mon maquillage et sors. J’ignore les visages éberlués et les regards surpris, de celles qui en patientant pour utiliser les commodités, n’ont rien manqué de mon moment de folie et pars à la recherche de Sibha et Rhyoa. J’interromps sa conversation et l’informe que je pars.

 

“Que se passe-t-il ? Tu n’as pas l’air bien,” dit-elle, en m’arrêtant.

 

“Profite de la soirée,” rétorqué-je, en lui faisant la bise avant de me diriger vers la sortie.

 

La soirée se tient dans la propriété des grands-parents de Donp, située à quelques kilomètres du palais. Je suis dans les splendides jardins qui entourent la somptueuse demeure quand je suis arrêtée par deux “gardiens” chargés de la sécurité.

 

“Le roi requiert votre présence.”

 

“Non,” objecté-je en essayant de les contourner. L’ange à ma droite se décale prestement pour me bloquer le passage. Je tente ma chance par la gauche pour arriver au même résultat.

 

“Non,” répété-je.

 

“Veuillez nous suivre, s’il vous plaît.”

 

Je les défis du regard à tour de rôle. Quand l’un d’eux s’avance et fait mine de vouloir me porter, je recule d’un pas et lève les mains en signe de capitulation.

 

“Montrez le chemin,” dis-je sèchement.

 

Ils m’entraînent dans les jardins. Nous marchons en file indienne dans un silence gênant et désagréable. Enfin, nous débouchons sur un cours d’eau dont les berges ont été savamment aménagées au cœur d’une végétation verdoyante. Une rangée de petits bateaux clapote dans l’eau, les feuilles dansent sous la brise, un pont en pierre donne accès à l’autre rive et des balançoires sont cachées dans les arbres. La star de cette scène de tranquillité rurale est une vaste tonnelle en bois peinte en blanc dont l’éclairage tamisé et le mobilier somptueux de couleur rouge appellent à la fois, à la décadence et à la détente. J’enregistre la beauté de l’endroit avec détachement, un autre soir j’aurais sûrement plus apprécié le romantisme du lieu. Je prends place sur l’un des canapés pour patienter, tandis que mon escorte attend en bas des marches. Rham ne tarde pas à nous rejoindre. Il s’avance et s’arrête après avoir monté les quelques marches qui donnent accès à la tonnelle.

 

“Kaya,” dit-il.

 

Je détourne la tête, pose les yeux sur mes mains, inspire l’air pur aux senteurs quelques peu enivrantes et apprécie enfin, à sa juste valeur, la majesté du lieu, puis, je pose les yeux sur Rham.

 

L’amour aussi a ses limites. Il est temps de tourner la page.

Chapitre suivant : 18- Rham

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Table des matières
  1. À propos du roman
  2. 1- Kaya
  3. 2- Kaya
  4. 3- Kaya
  5. 4- Kaya
  6. 5- Rham
  7. 6- Kaya
  8. 7- Kaya
  9. 8- Kaya
  10. 9- Kaya
  11. 10- Kaya
  12. 11- Rham
  13. 12- Kaya
  14. 13- Kaya
  15. 14- Kaya
  16. 15- Rham
  17. 16- Kaya
  18. 17- Kaya
  19. 18- Rham
  20. 19- Kaya
  21. 20- Kaya
  22. 21- La légende de Toraisac
  23. 22- Kaya
  24. 23- Kaya
  25. 24- Kaya
  26. 25- Kaya
  27. 26- Kaya
  28. 27- Kaya
  29. 28- Kaya
  30. 29- Kaya
  31. 30- Rham
  32. 31- Kaya
  33. 32- Rham
  34. 33- Kaya
  35. 34- Kaya
  36. 35- Kaya
  37. 36- Kaya
  38. 37- Kaya
  39. 38- Kaya
  40. 39- Kaya
  41. 40- Kaya
  42. 41- Rham
  43. 42- Kaya
  44. 43- Kaya
  45. 44- Kaya
  46. Épilogue
Que pensez vous de cette oeuvre ?