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C'est long une vie pour se souvenir de tout

Par Jean-Pierre Duhard

Œuvre publiée sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0

Date de publication sur Atramenta : 30 mars 2014 à 16h54

Dernière modification : 17 avril 2015 à 16h45

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Le deuxième conflit mondial

 

Le fascisme : Mussolini, le "Duce"  italien, et Hitler, le "Führer" Allemand

 

Les survivants, éclopés, veuves, orphelins, ceux qui avaient vécu la dernière guerre de 1914-1918, ne suivaient pas sans inquiétude les événements politiques en Allemagne. Même les astrologues annonçaient de probables troubles : « À l’est, le pays des couleurs brunes s’agite quelque peu ; ses voisins les plus confiants feront bien de se tenir sur leurs gardes et de préparer les éventualités futures. Attention aux excès de générosité », lit-on dans l’Almanach Hachette 1936, illustrant cette prédiction du cliché d’un défilé d’allure militaire sous des drapeaux arborant la croix gammée. Et, un peu plus loin et comme pour donner de la consistance à ce présage, un article intitulé « Alerte aux gaz ! », expose sur deux pages les principaux conseils du service de la Défense passive en cas d’attaque aérienne, détaillant les différentes éventualités : explosifs, bombes incendiaires, gaz, et enjoignant tout un chacun d’organiser « dès maintenant (…) la protection sur place », même pour ceux qui pourront partir « avec quelques vivres et les effets indispensables. » Cela ne donne pas l’impression d’une ambiance véritablement sereine.

Déjà, l’année précédente, l’Allemagne avait « exécuté pour la première fois des grandes manœuvres aériennes dans la région de Bunswick, tandis que, dans la région de Celle-en-Hanovre, se déroulaient les manœuvres du 4e corps d’armée », rendait compte Paluel-Marmont dans Miroir du Monde (n° 289, sept. 1935). Avec prémonition, il soulignait « le silence dont ces manœuvres ont été entourées nous porte (…) à imaginer qu’il résulte de la volonté de conserver secrets les expériences réalisées et leurs enseignements. » 

***

Ceux qui avaient pris la peine de lire Mein Kampf, Eine Abrechnung (Mon combat, un bilan) publié en 1925/26 ne manquaient pas d’être inquiets, car Hitler y exposait sans ambiguïté ses objectifs : créer le grand Reich allemand (der große deutsche Reich) en rattachant l’Autriche et les minorités allemandes de Pologne et de Tchécoslovaquie ; conquérir par l’épée le sol où la charrue allemande fera pousser le blé pour le pain quotidien de la Nation ; réarmer le pays et occuper la France.

 

Un uniforme de sinistre mémoire 

pour ceux qui ont vécu la période noire de 1939-1945

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La veille de la déclaration de guerre, Roger, alors adjoint au maire de Saint-Aigulin, Jean Martin, et qui était de la réserve (n° matricule 1607), reçut son ordre de mobilisation « sur pied de guerre. » Ses deux frères par contre y échappèrent, René étant déclaré définitivement inapte après sa blessure de 1917, et Régis ayant la charge d’une famille de quatre enfants. Marcel Ligier, également mobilisé, fut affecté au IVe bataillon du 344° régiment d’infanterie et Roger nommé dans sa compagnie. Ce régiment, constitué en 1914 et s’étant illustré à Verdun et dans la Somme, était devenu une unité de réserve de la 18e région militaire, celle de Bordeaux, et dont la devise était « Grogne, mais marche. »

Marie Ligier précisait : « Marcel et Roger ont été mobilisés à Laleu. Mon mari n’aurait pas dû l’être, car nous avions quatre enfants, mais il était officier de réserve, et il est même parti huit jours avant les autres. » Roger n’aurait pas dû l’être non plus, étant un engagé de la précédente guerre et ayant dépassé 39 ans ; mais, comme dans d’autres circonstances de sa vie, les événements décidaient pour lui et l’amitié le détermina à rester sous les armes.

 

C’est encore la "drôle de guerre",

où l’on compte sur les fortifications de la ligne Maginot

 

    Roger aurait dû être versé dans la cavalerie, mais, grâce à l’entremise de son ami Ligier fut nommé dans sa Compagnie, en qualité de maréchal des logis artificier. L’ancien cavalier devenait artilleur, chargé d’une pièce de 75 mm traînée par des chevaux, et bénéficiait lui-même d’une monture, de même que l’adjudant et les brigadiers. Car il y avait beaucoup de chevaux à opposer aux chars hitlériens, et l’on vit des spahis, dragons et autres hussards défiler botte à botte en ordre impeccable avant de lancer leurs montures de chair à l’assaut des forteresses de métal.

Que de belles et inutiles pages écrites de leur sang par ces hommes voués à l’extermination, s’esclaffait plus tard Ligier ! Les deux amis y apprirent, s’ils ne la savaient déjà, l’inutilité du sacrifice pour la patrie et, la guerre finie et venue leur libération, seront déterminés à savourer désormais la moindre joie, « ainsi qu’un dessert dont on est privé », comme écrivait Roland Dorgelès dans Les croix de bois.  (…)

***

Un interlude paisible dans une ferme pour se ravitailler en juin 1940, alors que la retraite a commencé

 

Pendant ce temps, dans le reste de la France, l’imminence de l’affrontement, qui n’avait pas encore véritablement commencé, en partie pour raisons d’intempéries, n’empêchait pas la vie littéraire ou sportive de continuer. Jusqu’alors, il n’y avait pas eu d’engagement véritable : dans cette drôle de guerre, les ennemis s’étaient surtout épiés, chacun retranché derrière sa ligne, conçue pour être infranchissable. Mais les Allemands, se préparant à une attaque massive, y mettront les moyens nécessaires.

Le 14 avril, Soffietti remportait la course Le Mans Paris, ayant remplacé le classique Paris Roubaix. Le 1er mai, le Racing Club de Paris gagnait en finale de la Coupe de France en battant par 2 buts à 1 l’Olympique de Marseille. Le 8 mai était créé à Paris Médée de Darius Milhaud dans une mise en scène de Charles Dullin. Le 10 mai 1940, ce fut une autre musique : les Allemands déclenchèrent leur offensive sur le front de l’Ouest et cinq jours plus tard franchirent la Meuse à Sedan. Dans la nuit du 9 au 10 mai 1940, date mémorable, les Allemands envahissaient la Belgique prenant Liège le 11, et obtenant la capitulation du roi Léopold III le 28. Dès le 13 mai, les blindés allemands franchissaient la Meuse à Dinant, Monthermé et Sedan et, entre le 20 et le 25 mai, s’emparaient d’Abbeville, Arras, Boulogne et Calais. Une contre-attaque, lancée le 20 mai par le général Weygand nouveau chef des armées, accueilli avec espoir, échoua malgré ses exhortations : « Accrochez-vous au sol de France, ne regardez qu’en avant ! »

Et ce fut le début de l’effondrement de l’armée française dans cette calamiteuse bataille de France. (…)

 

Escadre de Messerchmidt survolant Paris

Citation de Roger Duhard avec attribution d’une 2e Croix de guerre

 

Tondu de la tête aux pieds, photographié et immatriculé, le nouveau prisonnier de guerre n’est plus qu’un numéro dans une liste de centaines

de milliers de noms

***

Réfugié à Londres, un "général félon" avait refusé la défaite

et organisait la revanche avec le Premier ministre britannique

 

Dans Bordeaux occupé, défile la fanfare militaire des ennemis

 

Des souvenirs de l’Occupation : les tickets de rationnement

et les Ausweise pour circuler

***

 

Le rapatriement sanitaire, l’installation au "Château" des Peupliers

et la vie de famille pour l’ex-KG

***

 

Les gestapistes nord-africains à Périgueux en 1944 (arch. départementales)

 

Nicolas Lacave, associé de mon père, 

victime de l’épuration communiste à la libération de la Dordogne  

***

À  À la Une de tous les journaux !

Les décorations de Roger Duhard (dont 2 Croix de guerre en 1922 et en 1940, et la Croix de chevalier de la Légion d’honneur)

 

Un de ces soldats français morts pour la Patrie

Une mort inutile ?

Oradour-sur-Glane, un des ces villages martyrs

***

*** Fin***

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Table des matières
  1. Prologue
  2. Né avant le siècle (Roger 1900-1914)
  3. La Grande Guerre (1914-1918)
  4. Roger, le civil entre deux guerres (1923-1935)
  5. Une famille modeste (Germaine 1916-1936)
  6. Germaine, l’école de la vie
  7. Le temps des fiançailles (Roger et Germaine)
  8. Le deuxième conflit mondial
  9. Notre enfance à l’Usine de Soubie
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