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Journal de Brawne Edwards - 6 - De Lausanne à Berne

Par Aquilegia Nox

Œuvre publiée sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0

Date de publication sur Atramenta : 16 septembre 2013 à 16h27

Dernière modification : 16 septembre 2013 à 16h37

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27 février 2010

18h. Il ne nous reste qu’une personne à interroger, l’« ami » Jules. Pardon, Verne. Sa salle est plus petite que les autres, mais il a une assistante qui aujourd’hui se chargera de donner le cours, car nous avons décidé d’aborder le sujet de front. Au moment de notre arrivée, un jeune homme a apporté à Verne un gros paquet de sous, hautement suspect. Direction le bureau du chef, et en avant les louloups, montrez les crocs.

 

19h30. Ben voilà, comme quoi, parfois, il suffit de demander. Avec un 9mm comme point d’interrogation, ça marche parfaitement bien.

Bilan : Verne devait s’assurer que Elias et Frat, l’ami de Shaerk, meurent dans l’attentat du Lézard Bleu. C’est pour cela que Tom a apporté l’argent à Verne. Les deux travaillent pour Thyerne.

Nous avons laissé la vie sauve à Verne. Mais maintenant, nous savons qui était le commanditaire de l’attentat.

 

20h. Impossible de joindre Elias, ni le sire de Sven. Kaleb essaie d’appeler les hunters, via un numéro qu’on lui avait donné.

« Numéro inconnu.

– Putain, mais qu’est-ce qui se passe ? »

Mon téléphone sonne.

« Brawne, c’est Mina !

– Mina, que se passe-t-il ?

– Le repaire est attaqué !

– Elias est avec toi ?

– Il se bat ! J’ai réussi à me cacher mais… »

Ça coupe. Merdemerdemerdemerde !

« On fait quoi ? On y va ?

– Bien sûr, quoi d’autre ? On n’a pas d’autre allié !

– On appelle quelqu’un à l’aide ?

– Qui ? Fratin ? C’est peut-être lui qui est derrière tout ça !

– Moi, je peux appeler mes amis. »

Kaleb, un jour, il faudra que tu nous dises qui sont tes mystérieux amis.

 

20h40. Payerne, retraite des hunters. Ça tire partout, ça bouge trop vite pour être humain. Ce sont des vampires qui attaquent ?

Des gars en costard cravate encerclent plus ou moins le lieu. Les copains de Kaleb ? OK, on va éviter de les blesser jusqu’à avoir confirmation.

 

Je m’embusque pour tirer. Je blesse un des assaillants. Les autres ouvrent un petit passage. Gauche, droite, esquive ! Kaleb et moi entrons dans un couloir du repaire.

À l’intérieur, tout est ravagé. Ça brûle, ça a explosé, il y a des morts partout… Nous descendons plusieurs étages sans rencontrer âme qui vive, bien que nous ayons l’impression permanente d’être observés. Ombres, glissements, formes absurdes perçues du coin de l’œil..

Et puis, tout à coup, Mina passe une tête épouvantable par une porte. Sang et larmes. Elle passe la surprise et me fait signe de la suivre dans une espèce de petit cagibi. Je jette un coup d’œil à Kaleb. Merde, il est au sol ! Je jette un « je reviens ! » à Mina et je cours vers Kaleb.

 

À peine deux pas me séparent de son corps au sol qu’une énorme créature me barre la route. Jamais je n’ai vu pareille abomination, on dirait un golem de chair constitué d’une multitude de corps cousus ! Il pousse un hurlement que je jurerais de douleur – comment lui en vouloir ? Et explose. Littéralement. Laissant une ligne de feu sur son passage. Il faut que j’aide Kaleb !

Je scrute l’endroit où il se trouvait. Il faudrait enjamber le rideau de feu mais… Derrière les flammes, il me semble qu’il se relève.

« Ça va ?

– Oui oui, c’est bon ! J’arrive ! »

Je cours rejoindre Mina.

 

Dans son petit cagibi, elle tient toujours serré contre elle son petit couteau poisseux de sang.

« T’en a tué combien ?

– Je sais pas… Beaucoup !

– C’étaient tous des ennemis j’espère ?

– Moi aussi ! »

Je l’aide à se relever. Elle n’est blessée que superficiellement.

On file. Kaleb ouvre la marche, je soutiens Mina. On avance dans le chaos, progressivement.

 

Aouch ! Le monde bascule. Que… ?

Mina, au-dessus de moi, tient encore le couteau qu’elle a planté dans mon pauvre cœur. Je ne peux plus bouger.

Elle ramasse un morceau de verre et… Brusquement, une main sort de sa poitrine. La main d’Élias. Le corps de Mina se désagrège en une multitude de bijoux gothiques. Quelle est cette blague sinistre ?

« Ça va piquer un peu. »

Elias arrache brusquement le couteau. Je crie. Il me tend la main. Je me sens vidée d’énergie.

« Ça va ? »

J’adresse un hochement de tête à Kaleb.

Un groupe de trois hunters, dont Andrea, surgit en courant, au détour d’un couloir croulant.

« Venez là, ça va s’auto-détruire ! »

Elias me porte sur son épaule pour les rejoindre à toute vitesse. Il me repose. On remonte. L’’équipe restante des hunters nous aide à nous engouffrer dans une voiture pour quitte les lieux. Le prof est aussi dedans, avec quelques autres rescapés.

 

Mina était la taupe qui a indiqué le repaire des hunters. Nous ne savons toujours pas qui était la taupe qui a permis l’explosion du Lézard Bleu. Il y a quand même encore plein de questions à poser.

 

Par la fenêtre, je vois la longue file de camions et voitures qui s’extrait des montagnes pour échapper à la destruction totale. La CB fonctionne à plein régime.

Et puis, la caravane s’éclate. Notre voiture et celle où se trouvent Sven et Phobos prennent la direction de Genève. Après plusieurs dizaines de minutes, on nous arrête dans une petite maison au bord du Léman, vers Vevey. Ce sera notre planque pour la journée.

 

Elias s’installe dans un petit salon pour passer de nombreux coups de fils. Il a l’air vraiment tendu, sans cette couche policée qui lui sert d’habitude à recouvrir ses faits et geste. Il ouvre un petit laptop. Je me penche vers lui.

« Je peux t’aider à quelque chose ? »

Il pince les lèvres.

 

« Je sais ce que tu veux. »

Il referme l’ordinateur, grimace.

« Je suis désolé pour Mina.

– C’était quoi cette chose ? Où est la vraie Mina ?

– Je ne sais pas. Ne me regarde pas comme ça, je ne sais vraiment pas. La chose qui t’a poignardée était un pantin. Un genre de poupée qui a leurré tout le monde. C’est probablement une créature féérique qui l’a mise en place.

– Quoi ? Elle aurait été remplacée ? Depuis quand ?

– Je ne sais pas. Peut-être depuis le début. Peut-être depuis une heure avant l’attaque. Qui sait ?

– Remplacée ? Mais c’est quoi cette merde ?

– C’est comme ça qu’ils font. Ils enlèvent des humains et les remplacent par des poupées pour que personne ne se rende compte de leur petit commerce.

– Mais c’est horrible ! Comment on la retrouve ?

– On ne la retrouve pas. Si elle est en Faërie, il faut attendre qu’elle arrive à s’enfuir.

– Tu te fous de ma gueule ?

– Non. Sincèrement, j’ai jamais entendu parler de quelqu’un qui réussisse à reprendre un esclave des fées. Même si on la retrouve, elle ne ressemblera plus à la Mina que tu connais, elle sera transformée, traumatisée, Changeling. On ne sait même pas à quelle vitesse le temps passe en Faërie, peut-être que pour elle un siècle s’est écoulé. Je suis désolé. Elle est perdue. On ne peut rien faire. »

Je me passe une main sur le visage. Je tourne les talons. Je ne veux pas qu’il me voie pleurer.

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Table des matières
  1. Préambule
  2. 07 février 2010
  3. 08 février 2010
  4. 10 février 2010
  5. 11 février 2010
  6. 12 février 2010
  7. 13 février 2010
  8. 14 février 2010
  9. 15 février 2010
  10. 16 février 2010
  11. 17 février 2010
  12. 18 février 2010
  13. 19 février 2010
  14. 20 février 2010
  15. 21 février 2010
  16. 22 février 2010
  17. 23 février 2010
  18. 24 février 2010
  19. 25 février 2010
  20. 26 février 2010
  21. 27 février 2010
  22. 28 février 2010
  23. 1er mars 2010
  24. 2 mars 2010
  25. 3 mars 2010
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