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Journal de Brawne Edwards - 6 - De Lausanne à Berne

Par Aquilegia Nox

Œuvre publiée sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0

Date de publication sur Atramenta : 16 septembre 2013 à 16h27

Dernière modification : 16 septembre 2013 à 16h37

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26 février 2010

17h. Je me lève le sourire aux lèvres, au souvenir de la nuit d’hier. Voilà des heures comme j’aimerais en vivre plus souvent. Il est temps d’aller retrouver Fratin au rendez-vous prévu. Phobos me rejoint dans le grand hall. Il a l’air complètement décalqué. Il sort manifestement de la douche, cheveux encore mouillés. Des cernes noirs soulignent encore plus que d’habitude son visage anguleux. Qu’avait dit Fratin, déjà ? Un bar à dix minutes de chez lui… J’envoie un texto à Kaleb et Sven.

 

17h15. En voyant Fratin, très digne, s’installer à notre table, je ne peux m’empêcher de sourire. Il me serre la main avec un petit sourire en coin également.

Mais ne t’inquiète pas mon vieux, je sais très bien que derrière tes airs de révolté contre les instigateurs de l’attentat, tu peux être le dernier des menteurs et chercher à nous mener en bateau.

Il prend la parole en premier.

« Pour moi, il y a une personne qui a quitté la salle très rapidement avant l’explosion, c’est une personne qui travaille pour Ramos, nommé Ruan, à un des clubs de danse dont il est le président, Le Lausanne Danse. Sous la couverture de son club, Ramos recrute goules et infants. »

Ramos est le président général et s’occupe de dans variée. Sous sa coupe, il y a plusieurs petits clubs. Ruan s’occupe du club de danse latine. Il y a aussi un club de danse afro, un autre de capoeira – c’est pas une danse, pourtant. Pour finir, un dénommé Verne s’occupe d’un quatrième style.

Dernier suspect, un autre vampire, Thyerne, récemment arrivé serait un potentiel suspect, en tant que chef d’un groupe indépendant. Un des lieutenants de Ramos serait en contact avec lui.

« Et vous, qu’avez-vous trouvé ? »

Je lui décrit brièvement le cheminement de nos fausses pistes et termine par la conclusion ultime :

« Le groupe Sept serait peut-être impliqué. »

Fratin se raidit. Curieusement, un frisson me parcourt, en souvenir de la nuit dernière.

« Alors il se peut que ce soit encore plus grave que prévu. »

 

Après le départ de Fratin, les deux autres nous rejoignent.

« De jeunes danseurs et danseuses, c’est pas mal pour planter des fleurs. » remarque Kaleb.

Un tour sur internet nous informe que les cours commencent à 19h.

« On n’a pas besoin d’y aller tous ensemble… Phobos et moi n’avons qu’à y aller, les autres vous allez chez Ruan ? »

 

18h45. Le club de Ramos est assez chic. Des gens attendent le début du cours. C’est assez huppé, avec un tas de petites nénettes en fringues de marque. Renseignements pris, il s’agirait de la présélection pour un concours de danse. Nous sommes un peu en avance, alors je vais essayer de voir ce que je peux atteindre comme ordi à proximité.

 

19h. Aucun, faut dire qu’en dix minutes, c’était tendu.

Ramos est un type assez gracieux bien que bien en chair, un peu efféminé, les cheveux gominés tirés en arrière. Toréador ? Humm… Pas sûr.

Nous nous présentons comme touristes venant découvrir les cours. On nous invite à assister au cours, participer à l’échauffement.

« Mais qui vous a indiqué le club ?

– Nous venons régulièrement à Lausanne, et des amis nous ont parlé d’ici, il paraît que c’est le meilleur club de danse de la ville. Si vous voulez, on peut prendre un café après le cours pour que vous nous expliquiez les tarifs ? Au Lézard Bleu par exemple ?

– Merci pour ces compliments, mais… vous êtes arrivés depuis longtemps en Suisse ?

– Euh, deux jours.

– Ah. Le Lézard Bleu a brûlé.

– Quoi ? Que s’est-il passé ?

– J’étais au Lézard Bleu cette nuit là. Un ami à moi était là aussi, et s’est senti mal. Le temps de sortir et d’arriver chez moi, le bar avait brûlé.

– Oh, j’espère que votre ami n’était pas trop malade.

– Non, il n’a pas supporté une boisson euh… Un peu spéciale.

– Ah ?

– AB négatif. » fait-il en me regardant en levant un sourcil.

« Maintenant, il faut que je fasse cours. »

 

C’est assez rigolo de voir l’absence de souplesse de notre toutou blanc, mais notre enquête n’avance pas beaucoup. À la fin de la leçon, Ramos vient nous voir :

« Je dois encore discuter avec deux élèves, retrouvons-nous dans le café à côté, je vous rejoins. »

Mouais, à voir leurs gueules serviles, aux empaffés en collants, je parierais que ce sont des goules. Je laisse mon portable, soigneusement verrouillé en mode d’enregistrement, dans un coin de la salle.

 

19h30. Kaleb et Sven, chez Ruan, n’ont rien appris de plus que nous. Ils vont rester en couverture pendant notre rendez-vous avec Ramos. L’attente ne dure pas longtemps. Douché, mais encore plus pâle que tout à l’heure, Ramos nous rejoints. Quelques gorgées de café plus tard, tout ce que nous avons appris, c’est que l’inscription coûte 240€ pour trois mois.

« Et sinon, vous avez une idée de ce qui s’est passé au Lézard Bleu ?

– Tout ce que je sais, c’est que j’ai eu beaucoup de chance. Si mon ami Verne n’avait pas été malade… Mais si vous voulez en savoir plus, peut-être qu’une enquête a été menée par la police… »

Bon, rien de nouveau. Il n’est pas moins crédible que Fratin… Comment savoir ? Ah je dois récupérer mon portable.

« Excusez-moi, il semblerait que j’aie oublié mon téléphone au club, seriez-vous assez aimable pour m’aider à le retrouver ? »

 

20h. Mon enregistrement par portable n’a rien révélé d’intéressant, si ce n’est que mes supposées goules en étaient bien, et se sont nourries sur leur maître. Phobos et moi sommes suivis. Petit coup de fil, nos deux comparses, en couverture depuis un toit avoisinant, vont tenter de le prendre à revers tandis que nous tournons dans une rue perpendiculaire. Notre fileur s’arrête et passe un coup de fil. Il ne se laisse pas coincer par l’embuscade. Flûte. Sven décide de le laisser partir, Kaleb le prend en filature à son tour.

Sven redescend de son perchoir.

« J’ai capté sa conversation, mais je n’ai pas compris, c’était en français. Par contre, j’ai reconnu la voix de Fratin. »

Retour à Payerne. J’ai un duel de hacking qui m’attend.

 

21h. Je toque à la porte d’Andréa. Il sourit et se balance en arrière sur son siège.

« Tiens, Brawne ! Vous avez besoin de mon aide ?

– Je me souviens que vous m’avez proposé un petit jeu…

– Ah oui ! »

Il m’indique la place à côté de lui, toujours aussi encombrée :

« Faites-vous de la place, vous connaissez la maison ! »

 

3h. Et voilà, c’est cracké. Une rose ASCII s’affiche à l’écran. C’est meugnon tout plein J’adresse un clin d’œil à Andrea.

« Je te paye un café pour compenser ?

– Mais avec plaisir… »

 

4h. Je rejoins le prof dans sa chambre. C’est incroyable, il lui a fallut un temps record pour transformer un modeste placard – qui ferait passer une chambre d’étudiant pour un palace – en antre de bibliothécaire. Partout, des bouquins ouverts, fermés, empilés. Sur son lit, ceux que Sylvie m’a prêtés. Il reste peu de temps avant l’aube, mais quoi de mieux pour favoriser l’endormissement que de l’indigeste littérature occulte sur les enchantements protecteurs utilisables sur les ordinateurs ?

Chapitre suivant : 27 février 2010

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Table des matières
  1. Préambule
  2. 07 février 2010
  3. 08 février 2010
  4. 10 février 2010
  5. 11 février 2010
  6. 12 février 2010
  7. 13 février 2010
  8. 14 février 2010
  9. 15 février 2010
  10. 16 février 2010
  11. 17 février 2010
  12. 18 février 2010
  13. 19 février 2010
  14. 20 février 2010
  15. 21 février 2010
  16. 22 février 2010
  17. 23 février 2010
  18. 24 février 2010
  19. 25 février 2010
  20. 26 février 2010
  21. 27 février 2010
  22. 28 février 2010
  23. 1er mars 2010
  24. 2 mars 2010
  25. 3 mars 2010
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