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Journal de Brawne Edwards - 6 - De Lausanne à Berne

Par Aquilegia Nox

Œuvre publiée sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0

Date de publication sur Atramenta : 16 septembre 2013 à 16h27

Dernière modification : 16 septembre 2013 à 16h37

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20 février 2010

J’ai soif ! La soif m’obscurcit la vue.

Où suis-je ? Fuck, j’ai l’impression de me réveiller d’une méga cuite de la mort. Et d’abord, je suis où ? Je pousse le couvercle d’un cercueil de voyage.

À côté de moi, Sven s’assoit dans le sien. Il a une super coiffure vent d’ouest et roule des yeux caves enfoncés dans des orbites creuses. La grande forme.

Nous sommes dans une chambre, plutôt grand confort, sans fenêtre. Par contre, il y a des barreaux à la porte. Et derrière la porte, un gus en gilet pare-balle. Sur sa manche, un phénix brodé. Il nous regarde et s’adresse à nous.

« S’il vous plaît… »

J’inspire un grand coup pour un peu de fraîcheur, me lève en enjambant le bord du cercueil et avance vers lui. Je pose la main sur une barre de fer. C’est froid. J’aime pas discuter avec des gens quand je suis derrière des barreaux.

« Je ne vous veux aucun mal, il y a des poches de sang dans le frigo. Je veux juste éviter que vous me sautiez dessus par soif. »

L’a pas tort, le con, j’ai eu singulièrement du mal à me concentrer sur ses paroles tant le battement de sa jugulaire était hypnotique. Je partage le sang avec Sven. Et puis notre geôlier ouvre la porte.

 

« Où sommes-nous, où sont les autres ?

– Il y a eu de gros problèmes, le Lézard Bleu a explosé.

– Quoi ?

– Elias vous a envoyé chercher.

– Et où sont nos amis ?

Vous pourrez poser la question directement à Elias, il vous attend. »

 

Alors là, je n’y comprends rien. Où sont les autres, bordel ?

Notre guide nous conduit dans ce qui semble une base militaire improvisée. Partout, des gros bras en train d’astiquer des armes, des gens pressés… Et au bout du couloir, une salle ovale pleine d’installations informatiques, un mini pentagone du pauvre avec Elias et le Sire de Sven au milieu.

« Qu’est-ce qui s’est passé ? »

 

18h30. Alors là. C’est le gros délire. Fred le loup SDF a sauvé la moitié des vampires du Lézard Bleu en les prévenant de l’attentat, puis a disparu. Il semble qu’on ait remué pas mal de merde avec nos enquêtes, particulièrement en récupérant l’artefact avec les médaillons (sans médaillons). À moins que ce soit en privant certains pontes de leur drogue à base de lotophages. Elias m’a aussi parlé d’une « prédiction faite sur des photos de certaines personnes » qui aurait laissé apparaître le chiffre 7. Ce qui les laisse penser qu’un groupe de vampires nommé « les septs », bien qu’on ne sache pas combien ils sont en réalité, puisse être derrière tout ça. Ça, ça me paraît méga faible, comme indice, pour ne pas dire risible. Mais comme Elias refuse d’entrer dans les détails et n’accepte de donner les informations qu’au compte-goutte et partiellement (« pour te protéger, ma chère »), comment y voir clair ?

Ce qui est clair, par contre, c’est qu’il y avait des taupes parmi nous. Qui ? Aucune idée. Peut-être un des membres de ma coterie ? Kaleb me semble le plus indiqué, d’autant que ce loustic qui prétendait être là pour retrouver un membre de sa famille absent d’une fête a finalement pu nous dégotter un avion militaire équipé de personnel en quelques coups de téléphone. Je me demande ce qu’il entend exactement par « famille ».

 

Bref, Elias a orchestré notre enlèvement, et il n’a pas pris les louloups parce qu’il voulait savoir si l’un d’eux est une taupe, en les surveillant de loin après les avoir « neutralisés » à coup d’argent pour les empêcher de se transformer. Je lui ai fait remarquer que c’est lui qui nous a demandé d’intégrer Kaleb bien que nous n’ayons jamais rien su de lui. Mina ? Aucune trace d’elle. J’ai essayé de l’appeler, c’est un inconnu qui a répondu. Impossible de localiser l’appareil.

 

20h. Après avoir claqué la porte au nez d’Elias pour la deuxième fois, lasse de devoir lui tirer les vers du nez pour qu’il consente à me délivrer des miettes d’info, je m’installe pour potasser les Stances de Dzyan. À peine ai-je tourné la première page que la porte s’ouvre de nouveau.

 

Phobos, Sven et Kaleb entrent dans la pièce. Enfin les voilà. Je ne pensais pas que je serais si soulagée de les revoir.

Les loups ont les traits tirés, leurs vêtements sont sales et chiffonnés, déchirés, ils puent la sueur et la crasse. Phobos s’assoit dans un fauteuil avec un gros soupir et ferme les yeux quelques secondes avant de s’adresser à nous.

« Que vous est-il arrivé ?

– Hum… En fait, c’est plutôt à nous de vous poser la question… Bien qu’on le sache déjà en partie… Je ne sais pas si je vous dois des excuses ou pas… Bien que le responsable ne soit pas moi, mais plutôt mon sire…

– What ? »

Phobos se lève d’un bond. La fatigue a fait place à la colère. Il se penche vers moi.

« Et pourquoi ? »

En essayant de bien choisir les mots, j’explique.

« Et ce sont les loups qui sont soupçonnés d’être des taupes, c’est ça ?

– Vous êtes là, maintenant. Et sinon, il leur était plus difficile de soupçonner directement leurs propres infants.

– Il y a l’humaine aussi…

– Justement, que s’est-il passé ?

– L’avion a atterri, et immédiatement, trois jeeps sont arrivées en nous tirant dessus. On a eu du mal à sauver nos peaux, on n’a pas pu vous récupérer et on ne sait pas ce qui est arrivé à Mina.

– Vous l’avez abandonnée, quoi…

– Tu n’y étais pas, on a vraiment fait tout ce qu’on a pu, mais contre des balles en argent, que voulais-tu faire ? Déjà beau qu’on s’en soit sorti ! Mais ça ne pourrait pas être elle, la taupe ?

– Je ne sais pas. Je ne pense pas… Je la connais depuis quelque temps, on a vécu pas mal de choses ensemble… Mais je sais qu’elle a été en contact avec de nombreux vampires, peut-être encore d’autres personnes. Qui sait par qui elle aurait pu être manipulée ? Y compris à son insu, d’ailleurs ? Peut-être qu’elle a été traumatisée de nous voir attaquer des humains dans le parking ? Je n’en sais rien. Il faut penser à toutes les possibilités. Mais il y a quelque chose d’autre. Kaleb, d’où venait l’avion qui nous a récupérés ?

– Euh… de Londres…

– Certes. Mais plus spécifiquement ? »

Le loup-garou baisse la tête. Sa peau mate nous empêche de voir s’il rougit.

« C’étaient… des amis.

– Ils étaient aussi invités au mariage ?

– Euh… Enfin… je… Le truc c’est que ce sont des amis qui connaissent le monde des lycans et des vampires, que j’ai rencontrés à l’armée… Ce sont des humains, mais pas des hunters à proprement parler… Ils collectent des informations.

– Mais tu bosses pour eux ?

– Bon. Alors… Il y a deux mois, je me suis réveillé, j’avais ce collier… »

Il ouvre le premier bouton de sa chemise et dévoile un collier lisse, sans ouverture, noir opaque.

« Je ne sais pas d’où ça vient, et j’avais aussi des médicaments… Si je ne les prends pas…

– Que se passe-t-il ?

– Hum… Dans la forêt, on a vu ce qui risquait de se passer…

– Si vous pouvez en faire des génériques, moi je veux bien ! »

Phobos plisse les yeux d’un air concentré en tendant le cou vers le collier.

« Je peux jeter un œil si tu veux. »

Kaleb hoche lentement la tête et ouvre plus largement sa chemise. Sur le côté gauche, on devine un bout de bandage sommaire. Phobos et moi nous approchons. Le collier est d’une matière lisse noire et homogène. Je glisse très doucement la lame d’un couteau entre l’objet et la peau du loup-garou qui frémit.

« Et quand tu te transformes ?

– Ça s’adapte…

– Tu réalises que si cette organisation est mal intentionnée, elle a pu t’utiliser, même à ton insu, pour récupérer des infos…

– Oui… Mais je n’ai pas vraiment le choix… Et si le collier enregistre ce que je dis, alors ils sauront que vous savez.

– C’est vrai… Tu aurais pu l’écrire ?

– Pas faux…

– Tu aurais pu nous le dire… écrire, plus tôt, aussi…

– On ne se connaît que depuis deux semaines… La confiance, ça marche des deux côtés. »

Que répondre à ça ?

Rien à faire, le collier semble invulnérable, on ne peut pas y faire la moindre coupure, ni l’altérer d’aucune manière. Peut-être qu’Élias, avec toute son équipe, pourrait faire quelque chose ? Avec l’accord des autres, je l’appelle sur son portable. Une minute et il passe la porte que je lui avais claquée au nez, accompagné de l’imposant sire de Sven, Sergeï l’ours en manteau.

« Que ce passe-t-il ? »

J’échange un bref regard avec les autres, et puis je lui raconte toute l’histoire, les doutes, les suspicions…

Quand j’achève mon récit, Sergeï prend la parole, en roulant tellement les r qu’il est difficile de suivre ses mots.

« Nous nous porrrtons garrrrants de Kaleb, et les perrrrsonnes dont il est question ne sont pas en cause dans l’attentat du Lézarrrrd Bleu. Je ne pense pas qu’il soit essentiel de s’occuper de ce collier. C’est moi qui ai posé ce collier. »

Élias intervient.

« Bon, évidemment, dit comme ça semble prêter à confusion… Kaleb, tu te souviens de l’attaque sur les puits de pétrole, et quand tu es mort ?

– Euh… Je ne me souviens pas être mort…

– Tu veux dire que les âmes existent ?

– Euh, tu sais que les Loups sont en contact avec les « esprits »… »

Phobos m’adresse un clin d’œil :

« Moi j’en ai une et pas toi ! »

Je me retourne vers Élias. Il soupire.

« C’est une organisation « humaniste »… Et les hunters qui nous ont protégés sont à la charge de l’organisation.

– Ces mecs nous ont protégés ? Ce ne sont pas des hunters alors… Les hunters, ce sont de foutus humains qui pensent avec leurs putains de flingues et ne les poseront que quand tout ce qu’ils ne comprennent pas, nous, les loup-garous, les goules, les tout ce que tu veux qui défient les lois de la biologie et de la physique, serons morts ! Les hunters, on les appelle « exterminateurs » par ici !

– Les hunters chassent ceux qui foutent la merde et posent des problèmes. Vous, vous les résolvez. Si vous vous mettez à chasser les humains, par exemple, ils vous chasseront aussi. »

Elias soupire de nouveau.

« Donc, voilà un mystère résolu… »

Il se tourne vers Phobos.

« Par contre, je suis désolé pour ta cheffe de tribu à Chicago…

– Ça va mal, comment ça ?

– Tu risques d’avoir bientôt des points communs avec Celeste. »

Phobos recule légèrement. Il serre les mâchoires pour encaisser le coup, puis fronce les sourcils, se lève, tourne les talons et quitte la pièce. Quelle merde.

Elias soupire une dernière fois. Kaleb reprend, avec un pauvre sourire :

« Bon, maintenant, vous savez qu’il n’y avait pas de mariage…

– On le savait depuis le début, on ne savait juste pas ce qu’il fallait mettre à la place… Donc tu bossais sur les meurtres de loups-garous pour le compte de cette organisation ?

– Voilà. »

Sergeï se tourne vers Sven.

« J’ai besoin de te parler. Viens avec moi. »

Il n’y a bientôt plus que Kaleb, les Stances de Dziane et moi dans la pièce.

« On va peut-être voir où est Phobos ? »

 

Des gardes dans les couloirs sombres nous indiquent où est sorti le loup. Une lourde porte blindée s’ouvre finalement vers le froid, un paysage de nuit noire, où l’on ne distingue absolument rien à part quelques silhouettes de pin. Phobos, sous l’œil d’un autre garde sorti avec lui, fume pensivement, tourné vers la nuit. Je m’approche et pose la main sur son épaule. Il ne bouge pas.

De toutes façons, il n’y a rien à dire.

 

Au bout de quelques minutes, la lourde porte s’ouvre de nouveau. C’est Sven. Il avance vers nous. C’est curieux de voir l’absence de souffle du vampire, contrairement aux loups garous environnés de la buée de leur respiration dans l’air glacé.

Sven s’approche.

 

« Concernant les Sept, on m’a suggéré d’aller inspecter le Lézard Bleu. On a des communications cryptées, qu’il faudrait écouter… Alors, vous pensez faire quoi ? Tu veux aller à Chicago Phobos ?

– Ben, on est un peu responsables de Mina…

– Non, elle est adulte, c’est elle qui a choisi de venir… On n’est pas responsable. J’ai pris la responsabilité de la prendre dans l’avion, sinon elle aurait crevé, mais on n’est pas responsables de l’ensemble de ses actes.

– Bon. Et toi, Brawne, tu en penses quoi ?

– Moi, je me sens un peu responsable de Mina. C’est moi qui l’ai initiée au monde occulte tel qu’on le connaît, qui suis allée la voir… Et puis on a vécu pas mal d’aventures ensemble.

– On peut peut-être faire deux groupes ?

– Non, s’ils ont réussi à nous avoir à quatre, ils vous auront à deux. On peut aller à Chicago dans quelques jours…

– Oui, et puis ça ne serait pas prudent qu’il aille à Chicago tout seul, ceux qui ont tué sa tribu n’attendent probablement que ça.

– Sergeï mon sire pense que Mina a été enlevée. Enquêter sur l’explosion du Lézard Bleu pourrait nous aider à la retrouver.

– OK. Faisons ça, et si ça ne donne rien, j’irai quand même à Chicago. »

 

Nous retournons à l’intérieur.

Je regarde les Stances, pendant que les loups se décrassent et se soignent et que Sven écoute les conversations téléphoniques décryptées. Évidemment, je ne trouve rien sur notre putain de coffret.

De son côté, Sven a identifié plusieurs protagonistes liés au Lézard Bleu.

Fratin : il tient un bar échangiste

Schaerk : armurier

Ramos

Pascal

Terry

Ruan : travaillerait pour Ramos

 

Une fois lavés brossés, restaurés, le poil brillant et la truffe humide, nos loups-garous ont bien meilleure mine, même si douze heures de sommeil leur seraient aussi probablement profitable. On nous apporte de nouvelles cartes d’identité, à de faux noms – je suis maintenant Enée Keats. Avec les fausses cartes de police fabriquées par Phobos, on devrait pouvoir passer un peu n’importe où. Notre base n’est pas très loin de Lausanne, en voiture. On nous accorde un petit véhicule qui fera parfaitement l’affaire pour arpenter les routes suisses.

 

23h. Le Lézard Bleu a morflé. Grave. L’explosion est partie du mini salon près du comptoir, a touché une ou deux conduites et tout a pété. Ce n’était pas destiné à tuer une personne mais à décimer le plus de monde possible. Heureusement, les corps ont déjà été retirés.

Phobos trouve un petit médaillon brûlé et replié en forme de tête de loup avec une queue qui se termine en serpent. Il porte le numéro trente-cinq, en chiffres romains.

Phobos le prend.

« Ça t’ennuie si je le garde ?

– Tu connais ?

– Ouais, un peu… Tu te souviens, il y a quelque temps, j’avais reçu ce truc où l’on voyait deux personnes qui disaient qu’ils allaient me retrouver… Peut-être mon fils que je croyais mort… Bref. Derrière eux on voyait un vieil homme posé sur un trône, mon père, avec une tenture derrière lui pourtant ce symbole. C’est le symbole de la fraternité du Dieu-Loup, un culte violent prônant le chaos, qui aurait disparu il y a une vingtaine d’années. Le Dieu-Loup est une divinité primaire qui n’était plus adulé jusqu’à ce qu’une secte le remette au goût du jour. La philo repose sur une idée comme quoi un élu pourrait ressusciter le Dieu-Loup. Ce sont de gros malades. »

Eh ben si son fils est devenu un loup-garou fanatique dressé par son grand-père… On n’est pas sorti. Par contre, s’ils sont liés à l’explosion du Lézard Bleu, les traquer reviendrait à enquêter résoudre deux enquêtes d’un coup.

 

Maintenant, il s’agirait de voir s’il reste des vivants parmi les personnes qui ont été plus ou moins identifiées par les écoutes téléphoniques. Le problème c’est qu’on n’a que des noms (prénom ou nom ?) et des activités, mais pas d’adresse. Bon, quoi qu’il en soit, je vote pour aller au club échangiste.

 

Minuit. Il y a deux saunas et un club échangistes à Lausanne. Et pas mal d’armureries aussi.

Phobos et moi nous chargerons au bar. Miam.

 

Minuit et demie. Le Velvet a une ambiance tamisée et pas franchement exotique. Velours rouges et bar noir luisant. Phobos va au bar et commande des boissons. Sauf que ce n’est pas le bon, le barman ne connaît pas de Fratin. Par contre, il semble qu’il y ait deux clubs plus secrets et plus « huppés », mais dont il ne connaît pas les noms ni les adresses… Mais il nous indique deux gars assis dans un coin, et susceptibles de convenir.

 

Minuit quarante-cinq. Ok, ils sont bourrés, ils sont lourds, ils sont cons. Même pas envie de rester pour pêcher un truc. Mais j’ai réussi à leur piquer un portefeuille. Celui du débile qui a avoué tenir l’adresse de son papa, peut-être mieux informé que son rejeton sur les lieux chauds du coin. Coup de pot, il semble qu’il n’y ait pas quarante Yémélef dans les environs. On va peut-être aller à la source directement. Surtout si le fils habite chez son père.

 

2h30. Bien. Il nous aura fallut une heure de discussions (en voiture heureusement) pour accoucher d’un simili-plan moisi. Je vais donc aller jouer le rôle de la pauvre pouffe éplorée d’avoir pété son phare de voiture sur un arbre (sang sur le visage à l’appui) qui n’a pas de téléphone et doit sonner chez l’habitant pour appeler des secours.

 

Par contre, la baraque est immense, dans un quartier d’autres baraques immenses aux jardins interminables. Il y a des caméras, à tous les coups il y a des gardes avec une maison des gardes et j’entrerai jamais dans la bicoque…

Bref, faut essayer quand même. Cheveu en bataille, sang sur le visage, décolleté plongeant… Phobos utilise son pouvoir d’éteindre les appareils électriques à distance sur les cameras, je donne un coup sur un phare pour faire comme si et… je sonne.

Phobos part en courant, et deux gardes viennent m’ouvrir, comme prévu.

 

« S’il vous plaît monsieur, j’ai eu un accident devant chez vous et j’ai pas de téléphone (sanglot), est-ce que (sanglot sanglot) je pourrais téléphoner chez vous ? Je sais qu’il est tard mais… »

Putain, je me décernerais un oscar à moi toute seule. Par contre, eux n’ont pas été tellement émus, puisqu’ils me tendent un portable au travers de la grille d’entrée.

« Tenez, vous pouvez appeler avec ça…

– Oh merci merci merci ! »

Merde. Que faire ? Bon, j’appelle Phohos en priant qu’il ait eu le bon sens de partir assez loin pour qu’on n’entende pas son téléphone sonner.

« Allo, chéri ? J’ai eu (sanglot) un problème avec la voiture… Oui… Tu peux venir me chercher ? Pas avant une heure ? »

J’adresse un regard suppliant au garde :

« Il ne peut pas être là tout de suite, est-ce que je pourrais rester ici s’il vous plaît ? »

 

4h. Et voilà le travail. J’ai pas pu rentrer dans la maison, ni rencontrer le maître des lieux, mais par contre, j’ai un peu sympathisé avec les gardes (ceux qui pensent que le fils du proprio est un con ne peuvent être foncièrement mauvais), et en me faisant passer pour une accro à l’échangisme, ai réussi à obtenir un tuyau. Donc, pour entrer dans une soirée privée méga hot, il faut connaître un certain monsieur Haerick. Il travaille au tribunal cantonal, un juge ou « un truc comme ça ». Effectivement, c’est confirmé par mon pote internet.

Maintenant, il est temps de rentrer, après avoir réussi à récupérer les autres.

 

4h10. Les apprentis armuriers ont réussi à récupérer l’adresse du gars qu’ils cherchaient. L’un de ceux encore en exercice chez qui ils sont allés leur a dit que le gars en question avait trempé dans des affaires assez louches. Nous tenons probablement une piste. Mais notre enquête à nous sera probablement plus fun.

 

5h. Retour à la base des hunters. Quelle ironie…

Sven et moi dormons dans la même pièce, celle où nous nous sommes réveillés hier. Avant de se coucher, Sven semble sniffer dans de petites fioles.

« Qu’est-ce que tu fais ?

– C’est pour améliorer son « Auspex ». Il faut entraîner ses cinq sens un par un pour augmenter leur capacité. Par exemple, tu peux prendre un salon comme celui qu’on avait dans notre hôtel à Lausanne, tu mets un réveil dans les pièces attenantes et tu essayes de les entendre…

– Et les fioles ?

– C’est pour l’odorat. C’est un exercice que je fais avec mon sire. Je dois trouver l’odeur. Je peux lui demander si je peux te les prêter si tu veux ? »

Chapitre suivant : 21 février 2010

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Table des matières
  1. Préambule
  2. 07 février 2010
  3. 08 février 2010
  4. 10 février 2010
  5. 11 février 2010
  6. 12 février 2010
  7. 13 février 2010
  8. 14 février 2010
  9. 15 février 2010
  10. 16 février 2010
  11. 17 février 2010
  12. 18 février 2010
  13. 19 février 2010
  14. 20 février 2010
  15. 21 février 2010
  16. 22 février 2010
  17. 23 février 2010
  18. 24 février 2010
  19. 25 février 2010
  20. 26 février 2010
  21. 27 février 2010
  22. 28 février 2010
  23. 1er mars 2010
  24. 2 mars 2010
  25. 3 mars 2010
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