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Guerre contre les Majors V 1.9913

Par Fredleborgne

Œuvre publiée sous licence Licence Art Libre (LAL 1.3)

Date de publication sur Atramenta : 25 février 2013 à 21h02

Dernière modification : 7 avril 2013 à 20h23

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Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Commando malgré lui

26/05/2006, 18:18

Franck pousse devant lui le radeau gonflable contenant son matériel. Il s’agit d’une enveloppe profilée gonflée grâce à une petite bombe à air, avec un compartiment si étanche qu’il faut l’ouvrir au couteau. À l’intérieur, il y a une arme, un détecteur, et quelques gadgets…

Ce radeau le rassure, lui qui ne sait pas nager. Pascal lui a expliqué le palmage silencieux. Sa combinaison lui évite l’hypothermie. Il nage sans trop d’efforts depuis trois kilomètres, et il commence à voir sa plage d’arrivée…

Une fois arrivé chez Pascal avec la voiture des deux prisonniers, celui-ci lui a montré ce qu’il devait savoir et l’a aidé à s’équiper. Son équipe est ensuite arrivée. Quatre jeunes comme lui, qui vont allumer différents feux aux abords de la base à son signal. Et un sous-officier de réserve, pour gérer la mise en place, le repli et les liaisons entre tous. Il est aussi là pour éviter les erreurs dues au stress et il a la responsabilité de « ramener tout le monde‭ ».

Pascal est très ferme. Pas d’actes héroïques inutiles, donc pas d’armes. Ils sont « officiellement‭ » de jeunes excités antiaméricains enthousiastes et inexpérimentés qui ont voulu faire « une action d’éclat‭ ». (Version à raconter en cas de capture). C’est un mystérieux chef qui les a envoyés ce soir au dernier moment. Ils ne sont au courant de rien.

Ils doivent donc se rendre au lieu de se faire tuer en fuyant s’ils sont repérés. Franck constate qu’ils n’auront pas beaucoup à se forcer pour jouer le rôle.

Par contre lui, s’il se fait prendre, il perd gros. Véra bien sûr. Mais avec son équipement, il ne passera pas pour un touriste effectuant un bain de minuit. Les interrogatoires seront musclés et il n’aura pas le choix d’un scénario facile.

Il est donc condamné à réussir.

Il déclenche le signal radio pour l’allumage des feux. Il doit attendre que ceux-ci deviennent le souci de la garde. Cette diversion doit lui faciliter la tâche.

Dix minutes plus tard, il se dissimule dans les buissons de bruyères, de brandes et de genêts (aie, il y a une espèce qui pique bien). Après s’être extirpé de sa combinaison de plongée, il passe une fine tenue noire d’infiltration. Bien que fine, elle est thermo-active et résistante. Si elle ne fait pas gilet pare-balle, elle est indéchirable et extensible jusqu’à un certain point. Une balle qui le traverserait complètement n’y ferait un trou qu’après lui avoir traversé le corps de part en part et effectué une vingtaine de cm. à l’extérieur. Mais une autre, qui rebondirait sur un os ou deux et qui resterait à l’intérieur pourrait être extraite, elle ou les éclats seulement en tirant sur le tissu. En attendant, celui-ci prévient les hémorragies. Il peut d’ailleurs se faire des garrots au niveau des artères en tirant sur des anneaux pré installés dans le tissu aux points de compression. Bien sûr, pour atteindre ces anneaux, il faut les décoller avec un ongle ou un couteau en grattant la colle qui leur évite de dépasser et d’accrocher à la moindre épine.

Il a aussi un casque composite pare-éclat, très léger, équipé d’une visière. Il n’arrête pas une balle de fusil d’assaut, mais une balle de 9mm à cinquante mètres est inoffensive, même si elle « sonne » un peu. La visière présente à l’œil gauche un écran à cristaux liquides amovible qui affiche la vue de la caméra à dispositif amplificateur de lumière. Il a aussi micro intégré et écouteurs pour être en liaison permanente avec le sous-off coordinateur.

Il dispose aussi d’une arme de poing pour le combat rapproché, de deux grenades offensives, deux grenades fumigènes et irritantes, une grenade fumigène de couverture, trois grenades assourdissantes et aveuglantes simultanément, d’un couteau avec pince coupante et scie, et d’un bout de ficelle de trois mètres, très fin et très résistant. Il peut servir à étrangler une sentinelle, à bloquer une porte, à passer un obstacle… Il y a des endroits qui coupent, d’autres où on peut mettre les mains. Avec un peu d’imagination, c’est une sacrée panacée, mais il est un peu tard pour en apprendre toutes les finesses.

Surtout, il a un détecteur à puces. Une fois qu’il aura détecté les prisonniers, il devra le détruire en l’écrasant. Dans sa double coque, il y a l’acide nécessaire à sa destruction. Le détecteur peut aussi servir de laser aveuglant ou de lampe de poche. Mais pour un temps très court. Un espion qui s’infiltre ne doit pas être éclairé…

Premier coup de détecteur. Et déjà une direction, une distance. Trois-cent-cinquante mètres et une aire dégagée à contourner pour pouvoir raser les murs. Franck respire un bon coup. C’est parti.

Très vite, il s’aperçoit qu’il ne passera pas. Trop de mouvements. Impossible de ne pas être vu. Des soldats, en groupe, quittent leur chambre, manifestement pour se rendre au foyer. Franck s’y introduit et se passe un treillis par-dessus sa combinaison. Il prend un sac, met son casque à l’intérieur, endosse le sac. Puis il prend un extincteur à pleine main et se met à courir dans l’agitation générale. Personne ne songe alors à l’arrêter.

Au coin d’un bâtiment, il donne un nouveau « coup » de détecteur. Cinquante mètres pour l’un. Soixante-cinq mètres pour l’autre. Deux pièces différentes…donc deux gardes à déjouer. L’avantage. Le bâtiment actuel n’est pas une prison, mais un ensemble de bureaux. Ils doivent être en plein interrogatoire.

Franck entre, en pleine lumière. Sur un bureau, il prend une enveloppe jaune, qu’il ferme. Il prend son air le plus stupide. Il lit le panneau des personnes habilitées à entrer dans ce bâtiment. Il avise le nom d’un chef de bureau. Ce sera son prétexte.

Il monte au premier étage, fait le deuxième classe égaré. Il se rapproche du garde à la porte d’une première pièce.

— The Major Lawer’s office please‭.

— I don’t know. Go away.

— Come !‭‭‭ To the toilets‭, le menace Franck avec son arme.

Ce n’est pas un héros. Sans un mot, le soldat le précède. Franck lui fait avaler un mouchoir sale, qu’il fixe ensuite par trois tours d’un large ruban adhésif. De même pour les bras et jambes. « Don’t Worry‭ » et petite giclée de gaz anesthésique au niveau du nez.

Franck dissimule le corps derrière une porte, récupère le casque et l’arme. Il reprend la place de la sentinelle et écoute. Il doit y avoir deux américains pour l’interrogatoire. Un chef et un traducteur. Franck entend en effet la question en anglais, suivi d’une traduction en français approximatif. Un mutisme répond à cette stéréo.

Franck entre dans la pièce en saluant et en bredouillant un « Sorry‭ ». Les deux américains ne sont pas plus nombreux. Tout va bien. Franck les surprend quand il les menace de son arme.

« Quiet‭ » puis « Libère-la‭ ». L’homme s’exécute. La fille a reconnu Franck et lui adresse un large sourire. Il lui tend l’adhésif et le gaz, mais elle préfère éliminer ses tourmenteurs d’une bonne manchette derrière la nuque. Ils risquent avoir besoin de paracétamol durant quelques jours. — Juste retour des choses, sourit-elle, ça fait vingt-quatre heures que je les trouve assommants‭.

Elle s’empare de l’arme de l’officier. Puis elle reprend une attitude de prisonnière. Franck l’escorte ainsi devant la deuxième porte. La sentinelle s’écarte pour laisser passer la fille. Franck le distrait par un « You have a broken boot lace‭ » et mandale ticket direct pour le pays des songes administrée tout aussi efficacement par la fille.

Franck en est épaté même si lui-même pratique un peu les arts martiaux. Elle lui sourit modestement, puis l’invite d’un regard à refaire son petit numéro pour libérer son camarade. A priori, Franck est un bon acteur car le public est captivé de la même manière.

Cette fois, les deux hommes sont attachés et endormis au gaz après avoir été dépouillés de leur treillis. L’officier a dû céder sa tenue à l’homme, tandis que la fille nage dans le treillis du traducteur.

Franck prévient son contact.

— Ils sont libres. On rejoint le point de contact après avoir lancé « la réaction en chaîne‭ ».

Franck allume un ordinateur, y insère le CD-ROM tueur durant cinq minutes, puis le retire. A priori, le système informatique local ne va pas apprécier.

Cette fois, ils vont se diriger vers la forêt en feu, comme les autres américains qui abattent des pins pour faire un contre-feu, là où leurs véhicules incendie ne peuvent pas intervenir.

Ils se précipitent dans un couloir non enflammé, le troisième en partant de la droite. Au bout de celui-là, ils doivent trouver le contact qui doit les évacuer.

Franck aperçoit un véhicule de pompier, rouge, avec un gyrophare. Déjà ? L’homme veut « réquisitionner‭ » ce véhicule. En se rapprochant, ils sont éclairés par le « pompier‭ » qui les éblouit, puis leur dit « montez vite‭ ».

Franck vient de reconnaître le 4x4 rouge. Effectivement, de nuit, il est trompeur. Il sourit. D’autorité, il se place à l’avant pour pouvoir discuter avec Fred.

— Je croyais qu’on ne devait pas se voir…

— Crois-tu que je t’aurai laissé tomber ?‭

— C’est quoi la suite ?‭

— Je ne peux pas tout te raconter, tout de même… Bon, là, nous suivons la route des deux phares le plus longtemps possible. Dès que nous sommes repérés, je tourne dans le premier pare-feu. Vous dégagez du véhicule, et je les entraîne à ma poursuite. Quand ils me rattraperont, je vais payer un peu cher pour avoir braconné le mauvais soir. Ensuite, vous n’aurez pas grand-chose à marcher pour rejoindre Bombannes‭.

Effectivement, Fred, après avoir jeté la veste en cuir noir et le casque brillant est habillé comme un chasseur et une biche-alibi, ‭‭‭ morte, gît sur une bâche dans le coffre.

Un quart d’heure plus tard, au moment de sauter, Franck jette un « Bonne Chance‭ » à Fred.

« Bonne chance à toi aussi.‭ » répond-il en pensant que Franck en a bien plus besoin que lui.

Franck regarde s’éloigner le Patrol poursuivi par le hummer américain, encore plus gros et lourdement armé. Une demi-douzaine de rafales déchire la nuit au milieu des rugissements des moteurs. Puis, les moteurs s’arrêtent, des vociférations de soldats éclatent…

Franck suit les deux autres. Il est un peu perdu. Il est épuisé et il commence à trembler. La fille l’encourage.

— Ne t’inquiète pas. Son numéro est au point. Et toi, tu as été formidable. Allez, on aura certainement des nouvelles dans une heure ou deux.

À Bombannes, Pascal récupère les deux agents pour les « évacuer‭ ». Franck se change, avec ses vêtements que Pascal lui a rapportés et rend tout le matériel. Pascal le regarde d’un air méchant. Il a oublié de détruire le détecteur. Il l’écrase. Puis sourit. « Pas vu. Pas pris‭ ».

Mais Franck retient la leçon. Ce soir, ce n’était pas un jeu.

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Table des matières
  1. Préface de Jack Minier
  2. Présentation par l’auteur (mars 2013)
  3. D. Day Two
  4. Veille d’élection
  5. Un enlisement perceptible
  6. Fuite à Varennes
  7. L’Appel du petit Kaporal
  8. La Net Révolution
  9. La cache aux serveurs
  10. La Campagne de France
  11. Franck
  12. Manifestation tragique
  13. Une défaite sans combat
  14. Contre-Attaque
  15. Brian
  16. Chantage en chanson ou ratage en rançon ?
  17. Véra S.
  18. Nuit d’amour
  19. L’homme de l’ombre
  20. Le Site Assassiné (Elsa et Christian)
  21. Fusions chaudes
  22. 14 juillet en berne
  23. Expulsion
  24. Fils de héros
  25. Prise du Net pouvoir
  26. Épuration idéologique
  27. Supra Net
  28. Enrôlé
  29. Derrière les barreaux
  30. Alain
  31. Puces motos à Niort
  32. Bienvenue Major DAD
  33. Camps de redressement
  34. Les DRM passent dans les mœurs
  35. Honneur et décadence
  36. Manifestations
  37. Dure journée
  38. Triste conjoncture
  39. Captivante captivactivité
  40. Die Hard 2
  41. Un scénario pour l’été 2007
  42. Avis de tempête
  43. La voiture qu’il nous faut
  44. Installation
  45. Le mariage d’Elsa et Christian
  46. Jasmine
  47. Souriez, vous êtes filmés
  48. Die Hard 3
  49. Night hard too
  50. Rafle au réveil
  51. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Préambule
  52. Escapade
  53. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ D’est en Ouest
  54. Incarcérations
  55. Palpitations
  56. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Bombannes
  57. Le Pouilleux
  58. Interrogatoires
  59. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Promenade au bord du lac
  60. Contre espionnage
  61. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Tourisme
  62. La plus belle des prisons ?
  63. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Commando malgré lui
  64. Cœurs froids banlieues chaudes
  65. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ retour précipité
  66. Les horreurs de la guerre
  67. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Dernier jour de plage
  68. Au bout du monde
  69. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Odyssée Épilogue
  70. Un nouveau départ
  71. La Boite de Nuit‭ :‭ Acte 1
  72. Sombres prémices
  73. La Boite de Nuit‭ :‭ acte 2
  74. Pour toujours
  75. Musique de guerre
  76. Postface
  77. Les Bonus
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