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Guerre contre les Majors V 1.9913

Par Fredleborgne

Œuvre publiée sous licence Licence Art Libre (LAL 1.3)

Date de publication sur Atramenta : 25 février 2013 à 21h02

Dernière modification : 7 avril 2013 à 20h23

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Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Bombannes

03/05/2006, 21:57 ‭‭‭ 

Franck n’ose pas se lever. Véra dort à son côté. Et aujourd’hui, sa mission n’est pas de perturber son sommeil et de la faire arriver en retard. Il ne le fait plus d’ailleurs depuis qu’il la sait enceinte. Personne ne lui en a fait la remarque, ni coupé le crédit des sorties, bien que celles-ci ne soient plus aussi folles que les premières.

Bernard a prévenu Franck de laisser autant que possible l’homme à la sucette hors du coup. Il ne doit surtout pas gêner Véra, sauf si un enlèvement est prévu. En effet, tant qu’ils fixeront leur attention sur l’homme à la sucette, une autre équipe pourra déterminer ce qui se passe dans le coin. Celle-ci est d’ailleurs déjà en place, et Franck ne doit pas chercher à prendre contact avec eux. Ses anges gardiens essaieront au maximum de l’aider et de l’informer quand il sera sans Véra.

Il n’a pas son « équipement‭ » habituel. En effet, il n’y a pas de bornes wi-fi grande distance dans le Médoc, à cause des troubles. Néanmoins, une liaison radio par satellite international est possible, mais seulement en cas de besoin, ou aux heures prévues durant un temps très court. Le prix à la minute est très élevé car il a fallu passer par des intermédiaires étrangers pour l’abonnement et un même accès est partagé par plusieurs agents. Cet équipement résiste aussi mieux à l’eau et au sable, est moins performant, a un aspect plus « rustique‭ ». C’est pour le cas où il se ferait prendre. Les dernières technologies n’y sont pas. Cela pourrait désinformer.

Véra dort, apaisée. Franck se retient de l’embrasser. Il ne sait de quoi le futur sera fait pour eux. Le temps presse et ils n’en discutent pas. Ils vivent le temps présent avec intensité, évitent le sujet. La grossesse se passe bien. Il va bien falloir à un moment envisager les conséquences. Depuis le début, Véra n’a pas laissé le choix à Franck. Oui, il avait vu que le préservatif avait cédé. Elle avait bien senti la différence aussi, tout ergonomique et discret qu’il fut. Et bien non justement, c’était trop fort. Et l’avortement ? Pas question. Elle ne voulait pas faire de mal à son enfant, surtout aussi petit, innocent…

Pour Franck, les familles nombreuses étaient synonymes de pauvreté et il fallait une régulation. Pour Véra, c’était son premier, peut-être le seul qu’elle pourrait avoir, alors pourquoi refuser la providence quand on sait l’incertitude de la vie ? Et puis, il n’avait aucune obligation envers elle. Ce serait un petit américain heureux…Heureux ? Un noir peut-il être heureux en général aux États-Unis ? Et c’est elle qui lui avait répondu « Tu crois que la place des noirs n’est qu’en Afrique ?‭ »

Il n’avait su que répondre. En tout cas, c’était sûr. Cet enfant serait attendu et aimé comme n’importe quel enfant. Il lui restait, à lui, à savoir ce qu’il devait faire. Leurs rapports tout aussi intenses en avait été quand même modifiés. Il contrôlait ses pulsions pour ne pas risquer d’être brutal avec Véra et redoublait de caresses et d’attentions. Il l’aimait, et il savait que ça ne pouvait pas durer, que les bases étaient faussées dès le départ…

Un petit regard sur Véra, et précautionneusement, Franck se lève et part à l’épicerie intérieure de la base. Il y prend de quoi faire un copieux petit déjeuner. Franck reconnaît l’homme en train de s’approvisionner entre autre en confiseries mais fait mine de l’ignorer. Il sait par contre que lui le connaît, par dossier interposé. Il doit donc prétendre être en vacances avec sa dulcinée. L’homme le reconnaît en effet, mais ne s’intéresse pas à lui pour autant.

Franck prend aussi une serviette de plage et un maillot de bain résistant à la javel, car il y a une piscine aussi sur la base, avec petit bar et chaise longue. Il pourra l’air de rien rester près du bord…

À son retour, il trouve une Véra réveillée et souriante qui l’aide à préparer le petit déjeuner. Que vont-ils faire aujourd’hui ?

— Visitons le coin. Nous avons le choix entre mer, lac et piscine, commence Véra

— Je te propose de faire le tour de la base voir pour les activités planifiées et éventuellement s’inscrire, puis d’aller voir la mer. Il doit y avoir des restos près de la plage.‭

— Ils sont peut-être encore fermés. Sinon, nous retournerons à Maubuisson. J’ai vu hier en passant des locations de planche à voile et même de bateaux, à voile ou à moteur.‭

— Je ne sais pas en faire‭, avoue Franck.

— Moi si. Je t’apprendrai. Tu vas voir, c’est facile‭.

— Tu vas me donner des leçons particulières ?‭

— Tout de suite si tu veux‭.

— Et que penses-tu encore pouvoir m’apprendre ?‭

— Crois-tu que je ne puisse encore te surprendre ?

— …‭

Avec tout ça, lorsque ils arrivèrent à l’accueil pour les stages sportifs, celui-ci était fermé (heure repas+sieste). Ils décidèrent donc d’aller à Maubuisson pour faire de la voile.

Ils avisèrent une enseigne sympathique‭ :‭ « Le petit Mousse‭ » (Ndla‭ :‭ Même si cette enseigne vous rappelle quelque chose, cette entreprise familiale de location existe vraiment et j’en profite pour en faire une publicité sincère.). Ayant dépassé l’entrée, plutôt que de refaire un tour de Maubuisson à cause du sens unique, Franck enclenche la marche arrière et accroche une voiture en stationnement. Celle-ci se plaint bruyamment et toute la plage alertée par l’alarme remarque l’incident. Un allemand blanc et rouge en maillot short surgit alors fort mécontent et même contenant sa rage, conserve un ton coupant malgré les excuses présentées par Franck et Véra. Pascal, sortant de son jardin pour se rendre à son cabanon en bord de lac (là où il range les planches à voile le soir) les aperçoit et reconnaît Véra.

— A priori, vous avez pris un abonnement pour la voiture Pipo, plaisante-t-il. Franck grimace.

— Ce n’est pas grand-chose‭ » jauge t-il. Deux trois petits coups de marteau, un léger voile de peinture… J’ai l’habitude de dépanner, depuis l’avènement des voitures collectives‭.

Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il a été contraint, cinq ans plus tôt, à cause de la World Company, de vendre son garage de Bordeaux, garage qu’il tenait de son père. Et qu’il est carrossier depuis son adolescence.

Aujourd’hui quinquagénaire, entre son travail « officiel‭ » pour l’entretien du parc automobile de Carcans, et sa « petite entreprise de location‭ », il vit très bien et dépanne les amis avec le matériel récupéré de son ancien garage.

La tension retombe donc et Pascal est surpris de l’accent américain de Véra. Alors que l’allemand retourne à la plage avec l’assurance que sa voiture sera réparée dans l’après-midi, Pascal invite Franck et Véra à partager quelques frites et merguez dans le jardin.

Franck, sensible finalement à la sympathie de Pascal, accepte volontiers mais tient à aller chercher le vin. Pendant ce temps, Véra accompagne Pascal au bord du lac.

Celui-ci prépare un vieux « 420‭ » pour une sortie l’après-midi, fait le plein du gros bateau à moteur. Il demande à Véra si elle veut qu’il l’envoie en l’air cet après-midi. Elle connaît l’expression grivoise et rougit. Pascal sourit.

— Je parle bien de parachute ascensionnel‭.

Soulagée, elle ne peut qu’accepter cette proposition tout à fait honnête. Elle fixe la ligne d’horizon du lac, reste songeuse face à ce calme bleu écrasé sous le soleil de midi. Sa mission est mal partie pour aujourd’hui. Elle doit nouer le contact au plus tôt. D’un autre côté, elle cède au confort du moment et se centre sur elle et son enfant.

Pascal la sort de sa torpeur.

— Allons déjeuner, si vous le voulez bien‭.

Franck vient d’arriver lui aussi. Il a mis le rosé au frais, le rouge à l’ombre et la bière à portée. Il a dû payer en liquide et a été étonné de la disponibilité de l’alcool en magasin, par rapport à Lyon, où une seule bouteille d’un litre est toléré par jour et est vendue dix fois plus cher. Pascal reconnaît là l’attitude classique du touriste en vacances dans le Médoc. La Net république ne devrait pas être si rigoriste. D’un autre côté, entre les voitures collectives, la gestion informatisée de la vitesse, et la lutte contre toutes les drogues, y compris l’alcool et le tabac, il y a moins de décès sur les routes. Mais la vie sans certains plaisirs manque d’intérêt.

Pour juger statistiquement des conséquences sur la santé, il va falloir attendre. Mais imaginons que le désinfecteur de voiture soit cancérigène, et le gain sur l’alcool et le tabac peut être réduit à néant. Modération oui. Interdiction non. Toujours un juste milieu à trouver.

Car les gens ne changent pas. Dans le Médoc, les touristes boivent plus que de raison, parce que c’est possible ici, et pas ailleurs. L’éducation, même avec l’aide de l’informatique, ne produit pas encore des gens parfaits…

Pascal allume le barbecue. C’est nouveau pour Franck. « On ne fait pas cuire de suite ? Quand est-ce que les braises sont prêtes ? On mange quand ? Pascal sourit. « Le temps de trois bières et on passera à table‭ ». Bien sûr, Véra est à l’eau plate. Et ces deux français un peu échauffés sont à ses pieds.

Son instinct d’espionne reprend le dessus. Pour une fois, elle est en présence de deux français qui ne se méfient pas d’elle et qui sont au naturel.

Pascal explique à Franck que si lui a un tuteur, les autres ont tous un manager. Il a un manager et lui-même est manager pour l’atelier de réparation de Maubuisson. En fonction des besoins, il recrute chaque matin parmi une vingtaine de mécanos et gère aussi une dizaine de bûcherons pour soulager son collègue de la voirie. Il a passé des examens pour ça.

Et Pascal enchaîne, sans que Franck puisse faire quoi que ce soit. — Dans la défense civile, je dois quarante jours par an et je suis chef de section. À mon âge, je sers quand même à la remise à niveau des infrastructures après une attaque, à la surveillance des abords des dépôts et à l’encadrement militaire des « novices volontaires‭ » de dix-sept ans. On m’appelle et un quart d’heure après, je suis sur le pied de guerre avec ma section‭.

Véra sait que les Français n’ont ni arme ni paquetage chez eux. Les perquisitions effectuées n’ont rien donné. Il faut donc que leur lieu de rassemblement soit proche.

Franck passe du coq à l’âne pour noyer le poisson.

— Et la pêche dans le lac ?‭

— On trouve de tout. Carpe, tanche, goujon, poisson chat, brochet, sandre… c’est le plus grand lac d’Europe en superficie, bien qu’il soit peu profond. Pour la chasse, il y a aussi beaucoup de gibier d’eau migrateur et les tourterelles. Depuis peu, on trouve même parmi la population de canards des « cols kakis‭ », car les Américains se sont installés au Contaut, dans l’ancienne base marine… Mais pour ceux-là, on attend encore la date de l’ouverture de la chasse même si l’envie de braconner est assez forte‭, rajoute Pascal en clignant de l’œil.

Véra manque s’étouffer. Franck toussote. Pascal réalise enfin que Véra n’est pas une touriste. Il lui pose la main sur l’épaule.

— Ne vaut-il pas mieux être ainsi autour d’une table pour discuter ? C’est ainsi qu’on peut trouver des arrangements entre gens de bonne compagnie. Vous vous y connaissez en diplomatie ?‭

— Assez pour vous dire que ces saucisses sont excellentes. Et il faut autre chose qu’une langue de bois pour bien les apprécier. Je vous comprends croyez-moi. Et votre accueil n’en a que plus de valeur.

— Il n’y a pas d’officier pour tout gâcher‭, rajoute le maladroit.

Aucun des deux hôtes ne relève car aucun des deux n’est censé relever.

Vers 15 h 30, Pascal propose la balade en parachute ascensionnel. Il a loué quelques planches à ceux qui sont venus l’interrompre durant le repas et ceux qui avaient réservé le « 420‭ » ne reviendront pas avant 18 h. Enfin, il y a peu de monde en cette saison.

Pendant que Véra plane au bout de son fil, protégé par le bruit des 240 chevaux, Pascal profite d’être seul avec Franck pour le jauger.

— Mon garçon, que fais-tu avec une militaire américaine dans le coin ?‭

— Nous venons de Lyon. Elle a prétexté des vacances mais c’est faux. Je dois réussir à en savoir plus.‭

— Mais tu as l’air si amoureux… ?‭

— L’enfant est de moi et je l’aime vraiment. Pour l’instant, je concilie les deux pour rester avec elle. Et j’évite les confidences sous l’oreiller. Elle me ment de la même façon, donc je n’ai pas de scrupules, même si je crois qu’elle m’aime elle-aussi.‭

— Pas de doute là-dessus mon gars. Écoute. Il y a de drôles de bruits qui circulent sur la base du Contaut. Il y a des accostages de matériel la nuit sur Hourtin Plage, qui sont extrêmement surveillés. Ça ne doit pas être du matériel de bureau ou des plumards pour les piaules.‭

— Que savez-vous d’autre ?‭ fait Franck en branchant sa liaison satellite avec la base.

— Le camp du Contaut fait l’objet d’une surveillance permanente depuis sa réoccupation il y a un mois et demi. Une souris ne passerait pas. Et les soldats tirent à vue. Enfin, à la différence des soldats stationnés à Lesparre ou Montalivet, ceux-ci ne sortent pas du camp et ne s’occupent pas de la gestion de l’occupation. Nous avons allumé un feu de forêt il y a quinze jours, pour essayer de prendre leurs défenses en défaut côté terre. Ils sont intervenus trop vite et depuis, les arbres jouxtant la clôture ont été abattus. Côté lac, nous faisons exprès d’aller pêcher un peu près malgré les bouées de signalisation pour arracher régulièrement les filets anti-plongeurs. Ils en remettent à chaque fois, preuve qu’il y a bien quelque chose à protéger.‭

— Le problème, c’est que nous avons perdu notre satellite d’observation. Ma liaison passe par satellite étranger‭.

— Ils en profitent pour monter de grandes oreilles ici. Comme quoi, ils doivent en avoir besoin, malgré leur suprématie aérienne.‭

Et un petit virage pour Véra qui aimerait bien descendre mais les deux autres ne la regardent déjà plus. Elle coince un peu, suspendue là- haut tandis qu’ils discutent.

— En cas de problème, préviens-moi‭, dit Pascal.

— Ils verront‭, fait Franck en désignant son « portable‭ ».

En effet, les militaires du Médoc, comme les services publics ont fait sécession au plus haut niveau avec le reste du pays. Le camp du Contaut était inconnu jusqu’à maintenant des services centraux.

— Je ne suis pas un sécessionniste. J’habite Bordeaux en hiver. Et j’ai quelques amis ici, sur lesquels je pense pouvoir compter…‭

— Merci dit Franck. Dis, il faudrait peut-être la redescendre. Elle s’agite beaucoup et j’ai peur qu’elle prenne froid.‭

— Ça va être ton tour.‭

— Je peux te prendre une combi néoprène ?‭

— Pas de problème‭.

Véra boit un peu le bouillon à l’allacage. Pascal ne l’a pas fait exprès même s’il en rit. Il le ferait bien boire avec plaisir à tous ses congénères. Franck l’aide à monter à bord, l’embrasse. Véra le pousse hors du bateau. Il coule, remonte et tousse sa tasse en s’affolant. Puis il constate que la néo fait bien son ouvrage et il brasse un peu bizarrement vers le bord. Il a très vite pied, car le lac est peu profond et pascal avait stoppé au niveau du chenal pour l’arrivée sans heurt de Véra. Nouveau départ, assez comique, d’un Franck plutôt raide.

Une fois Franck en l’air, Pascal lutine gentiment Véra. Celle-ci ne s’en offense pas comprenant le jeu. « Oui, ils sont là en vacances. Elle travaille dans la communication avec les civils au profit des armées. Elle n’est pas vraiment militaire et elle adore les Français qui sont les plus grands séducteurs du monde.

Elle a entendu parler de Bombannes par des amis qui y sont déjà allés et voulait profiter d’un peu de vacances sportives avant que son état ne lui interdise tout‭ ».

Pascal reconnaît son professionnalisme, avec la touche féminine pour se tirer des questions les plus délicates. Et lui-même est un peu sous le charme, même si aucune idée libidineuse ne vient gâcher cette « harmonie‭ ». C’est au tour de Franck d’être un peu oublié et laissé à la traîne.

Plongeon et retour sur la berge. Franck et Véra se prélassent. Tandis que Véra bronze, Franck lit « Le Médoc libre‭ ».

Un article sur deux tourne autour de « Chasse, pêche et partition‭ » De grandes photos, de grands titres mais finalement peu de contenu. On y parle d’événements très locaux. Il y a quand même beaucoup de fraternisation avec les troupes américaines. Des incendies de résidences secondaires de Bordelais aussi. Mais la gendarmerie piétine, les coupables courent toujours et les journalistes ne conjoncturent pas trop.

La pub de 4x4 marche bien aussi. Tous les modèles sont bien représentés. De l’utilitaire deux places avec benne au rutilant space wagon méga truck, l’éventail est large…

Franck irait bien consulter les infos chez Pascal mais si Véra voulait le suivre…

Vers 17 h 30, le temps fraîchit et Franck propose d’aller voir Carcans Océan. Ils prennent congé de Pascal, sachant qu’ils le reverront pour la voiture dans deux jours. Le trajet est agréable et la rencontre avec l’océan est un choc pour Franck qui ne l’a jamais vu.

Du haut de la dune, Franck peut voir dans les deux sens le littoral s’étirer à l’infini. Face à lui, après une maigre bande de sable (c’est marée haute), les vagues se fracassent comme pour mordre dans le sable avant de s’étaler en de larges demi-cercles d’écume qui se chevauchent dans un bouillonnement d’écume rectiligne sur les côtés. Sur l’eau, il peut voir jusqu’à une succession de trois rouleaux en simultané. Encore plus loin, de multiples reflets dans le bleu jusqu’à l’horizon, à perte de vue. L’odeur de l’iode, les embruns, le souffle et la voix du ressac lui tournent la tête. Véra observe en lui serrant fort le bras. Face à elle, il y a l’Amérique, si lointaine…Perdus dans leur contemplation, ils ne voient pas l’homme à la sucette, sur la terrasse du bar, seul à sa table. Deux autres couples consomment distraitement.

L’un des deux est le binôme de surveillance médocain affecté à la plage qui joue « les habitués‭ ». L’autre est composé d’une fille quelconque et d’un petit brun au visage peu avenant. Il porte des lunettes métalliques et observe à la dérobée l’homme à la sucette. Un rictus de haine lui déforme un peu plus le visage. Il lui doit un an et deux mois d’internement à Mourmelon. Il n’est sorti que pour se « repentir‭ ». Mais en fait, il désire sa vengeance. Et il sait que l’homme à la sucette veut la sienne. À travers les questions que celui-ci lui a posées, avant sa libération, il se sait recherché, pour son double crime.

Mais comment a-t-il fait pour le retrouver ? En tout cas, il va lui régler son compte, avant qu’il ne lui tombe dessus. En attendant, se croyant repéré, il essaie d’être le plus naturel possible pour ne pas paraître aux abois.

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Table des matières
  1. Préface de Jack Minier
  2. Présentation par l’auteur (mars 2013)
  3. D. Day Two
  4. Veille d’élection
  5. Un enlisement perceptible
  6. Fuite à Varennes
  7. L’Appel du petit Kaporal
  8. La Net Révolution
  9. La cache aux serveurs
  10. La Campagne de France
  11. Franck
  12. Manifestation tragique
  13. Une défaite sans combat
  14. Contre-Attaque
  15. Brian
  16. Chantage en chanson ou ratage en rançon ?
  17. Véra S.
  18. Nuit d’amour
  19. L’homme de l’ombre
  20. Le Site Assassiné (Elsa et Christian)
  21. Fusions chaudes
  22. 14 juillet en berne
  23. Expulsion
  24. Fils de héros
  25. Prise du Net pouvoir
  26. Épuration idéologique
  27. Supra Net
  28. Enrôlé
  29. Derrière les barreaux
  30. Alain
  31. Puces motos à Niort
  32. Bienvenue Major DAD
  33. Camps de redressement
  34. Les DRM passent dans les mœurs
  35. Honneur et décadence
  36. Manifestations
  37. Dure journée
  38. Triste conjoncture
  39. Captivante captivactivité
  40. Die Hard 2
  41. Un scénario pour l’été 2007
  42. Avis de tempête
  43. La voiture qu’il nous faut
  44. Installation
  45. Le mariage d’Elsa et Christian
  46. Jasmine
  47. Souriez, vous êtes filmés
  48. Die Hard 3
  49. Night hard too
  50. Rafle au réveil
  51. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Préambule
  52. Escapade
  53. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ D’est en Ouest
  54. Incarcérations
  55. Palpitations
  56. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Bombannes
  57. Le Pouilleux
  58. Interrogatoires
  59. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Promenade au bord du lac
  60. Contre espionnage
  61. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Tourisme
  62. La plus belle des prisons ?
  63. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Commando malgré lui
  64. Cœurs froids banlieues chaudes
  65. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ retour précipité
  66. Les horreurs de la guerre
  67. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Dernier jour de plage
  68. Au bout du monde
  69. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Odyssée Épilogue
  70. Un nouveau départ
  71. La Boite de Nuit‭ :‭ Acte 1
  72. Sombres prémices
  73. La Boite de Nuit‭ :‭ acte 2
  74. Pour toujours
  75. Musique de guerre
  76. Postface
  77. Les Bonus
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