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Guerre contre les Majors V 1.9913

Par Fredleborgne

Œuvre publiée sous licence Licence Art Libre (LAL 1.3)

Date de publication sur Atramenta : 25 février 2013 à 21h02

Dernière modification : 7 avril 2013 à 20h23

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Du rififi dans le Médoc‭ :‭ D’est en Ouest

20/04/2006, 19:47

Encore un long trajet pour Franck et Véra. Cette fois, c’est elle qui fournit la voiture. C’est une classe trois, et au régime moteur, Franck appréhende. Les voitures réquisitionnées par les Américains passent à la « révision‭ » avant. Quelle panne va-t-il leur arriver ? Les américains croient que la France est un pays qui abandonne le système automobile et que le parc se dégrade petit à petit, et tout est fait pour les conforter dans cette opinion.

Les pneus ne sont pas de la première fraîcheur. Sûr que la clim ne fonctionne pas. Sinon, Franck ne s’inquiète ni pour les airbags, ni pour les freins. Malgré le manque de confort, le pot bruyant, les vibrations parasites, la voiture est parfaitement sûre au niveau sécurité.

Mais Franck s’inquiète pour rien. Quand Véra est venue chercher la voiture, le garagiste a reconnu la p’tite dame de la voiture pipo et constaté son état. « Une dernière vérification. Vous prendrez bien un café ?‭ » puis un de ses adjoints a resserré la fixation des carburateurs et remis des bougies neuves pendant ce temps-là.

Toutes les affaires de Franck tiennent dans une valise. Le reste du coffre est occupé par celles de Véra. Mais Franck devra acheter les affaires de plage sur place. Car c’est la première fois qu’il y va. Dans les landes, il n’a pas profité de la mer à seulement quatre kilomètres du camp. Réservée aux membres des familles de surveillant et d’instructeur.

Il sait d’ailleurs à peine nager et a un peu peur d’être ridicule.

Au départ, Véra lui cède le volant. Il apprécie. La route va être longue. Ils sont d’accord pour partager les temps de conduite afin de s’arrêter un minimum.

Des vacances. Pour Franck qui ne connaît que les vacances scolaires à traîner dans sa zone, ou de courtes période de repos à rester au lit ou à déambuler en ville, c’est un peu magique. C’est magique d’ailleurs depuis qu’il a rencontré Véra.

Il introduit la destination finale. L’ordinateur de bord lui indique les étapes à suivre, et les temps de repos obligatoires, même pour deux conducteurs. Il y a six-cent-cinquante kilomètres à parcourir et il n’arrivera pas avant ce soir 19h 30. Il peut arriver après (cause redémarrage tardif, mais pas beaucoup avant). Chaque étape fait environ deux heures. Puis il y a vingt minutes de repos.

La voiture ne repartira, à l’arrivée d’une étape, qu’après un quart d’heure d’arrêt, et pas avant l’heure programmée de redémarrage. Ainsi, il est inutile de vouloir gagner du temps en roulant plus vite que la vitesse moyenne autorisée.

C’est quand même plus agréable de rouler ainsi qu’avec une passagère avec un sac à papier sur la tête. La circulation est bonne et en cours de conversation, Franck trouve le temps de détailler Véra. Assise, son état commence à être plus visible au niveau du ventre. Son amour pour elle évolue ses derniers temps. Il ne s’agit plus d’une passion folle exacerbée par une excitation sexuelle à satisfaire immédiatement. Une forte tendresse l’étreint et il a envie de la protéger et de l’aimer pour toujours.

Il a envie de rester ainsi à la regarder, l’écouter…

« HEY !‭ » Coup de frein, ouf. D’où il venait ce…

— Are you crazy ? Stop sleeping now !‭‭‭ What the matter with you ? You want to kill us ?… I want driving. You’re dangerous.

— Du calme. Tout va bien !‭

Mais elle n’en démord pas. Quelle furie !‭‭‭ Qu’elle le prenne le volant. Il s’arrête et ils échangent leur place, en passant par l’extérieur. Véra conduit sans dire un mot. Lui, piqué au vif, se plonge dans la carte. Ils n’ont pas fait trente bornes. Ça va pas être gai le trajet maintenant. Il la plie sauvagement et regarde le bord de route, histoire de ne pas voir sa compagne.

C’est vrai que c’est pas passé loin et qu’il a été un peu distrait. Elle a eu peur, c’est tout. La colère retombe petit à petit. Ils s’en tirent pas mal pour leur premier accrochage, euh, l’accrochage, ils l’ont déjà eu, on va dire dispute. Véra est dans le même état d’esprit. Un petit quart d’heure plus tard, elle s’arrête à une station service, prétextant une envie pressante et lui demande de prendre deux cafés au distributeur automatique. Ceux-ci vont sceller leur réconciliation et Franck récupère le volant, plus attentif cette fois.

Ils passent Saint Étienne, la ville du numérique. Depuis l’explosion nocturne de la mairie en septembre 2006 et la démission de son Maire Sénateur, la ville a fait construire une nouvelle mairie ultra-moderne jouxtant un centre dédié à Internet (et aujourd’hui fermé par les Américains). Le centre devait initialement être consacré au logiciel et le Stade Geoffroy Guichard être rebaptisé « Bill GATES‭ », mais la fuite sous d’autres cieux plus cléments du Maire Sénateur a légèrement modifié la donne.

L’ASSE joue et gagne au Stade Michel Platini et les internautes se connectent sur ‭‭‭www-net-escapade-org, car un serveur clandestin subsiste.

Puis, ils prennent l’autoroute, pour plus de sécurité. La vitesse est limitée à 110 par endroits, à 130 ou 150 voire 180 à d’autres, en fonction du danger (Par exemple, une bretelle ou une aire d’autoroute). Cette vitesse variable permet d’éviter l’endormissement et de gagner du temps là où il n’y a aucune raison de traîner. Néanmoins, il est interdit de rouler à moins de dix kilomètres heures de la vitesse limite autorisée sur la voie de l’extrême gauche, sauf en cas de forte circulation. Les ordinateurs de bord sont donc informés de cette décision par émission radio-net, le réseau wi-fi prévu pour les longues distances. Cela a été rendu possible aussi par l’interdiction pour les camions de prendre l’autoroute. Remorques et caravanes sont aussi interdites. Pour eux, des nationales ont été aménagées, sur lesquelles on ne doit pas dépasser le 100 à l’heure.

Aux abords des grandes villes, ils sont contrôlés à des barrages américains, ce qui réduit de beaucoup l’intérêt des autoroutes en terme de vitesse.

À proximité de Clermont-Ferrand, ils font une première halte obligatoire sur une aire d’autoroute et en profitent pour déjeuner. Puis marcher car Véra se plaint du dos.

Comme tout le monde, ils ralentissent au passage du viaduc de la Sioule, ouvrage impressionnant, pour admirer un court instant la profonde vallée qui s’étale jusqu’à cent-quatre_vingt-douze mètres au-dessous d’eux. Sur près d’un kilomètre, Franck reste crispé au volant tout en suivant la légère courbure de l’ouvrage et souffle dès le retour « à la terre ferme‭ ».

Presque deux heures plus tard, ils choisissent de s’arrêter dans le centre de Brive la Gaillarde, qu’ils sont obligés de traverser. Ils en profitent un peu pour se promener dans le centre historique, achètent des Chocolats de monsieur Lamy. Et Véra insiste pour visiter le « musée d’art et d’histoire » qui présente, à travers dix-sept salles d’exposition permanente, l’histoire des Corréziens et de leur environnement sur cent-mille ans. Situé dans un bâtiment datant de la Renaissance, la visite du musée, au sein de l’Hôtel LABENCHE, marque profondément la mémoire de Véra, déjà passionnée par l’histoire de la société française (qu’elle a étudiée avant de s’engager). Franck s’impatiente. Ils vont devoir finir le trajet de nuit si ça continue.

Ou dormir à Bordeaux. Mais Véra se souvient de sa mission. « Promis, on ne fera plus que les haltes obligatoires maintenant‭ » lui dit-elle comme pour lui faire plaisir. Il est vrai que les Corréziens ne sont pas exactement les ancêtres de Franck. Et quelque part, le rejet de cette histoire dont il ne fait pas partie, alors que Véra le voit comme un Français, éveille en lui de nouvelles aspirations.

À Bordeaux, Franck est impressionné à nouveau par la traversée du pont d’Aquitaine. Car cette fois, l’ouvrage n’est pas posé, mais suspendu à de hautes colonnes, et il faut monter puis redescendre par- dessus la Garonne. Véra commence à apprécier le côté touristique du voyage, même si la fatigue se fait sentir.

Cette fois, ils s’arrêtent en bord de route et en profitent pour acheter melons, pêches et tomates à un maraîcher d’Eysines. Prenant la direction de Castelnau du Médoc, après la boîte de nuit récurrente « L’Écureuil‭ » ils voient leurs premiers pins maritimes.

Un kilomètre plus loin, check point. Il est tenu par une section de marines, appuyée par un vieux char Bradley M3 et les trois hommes nécessaires à son fonctionnement. C’est l’entrée « officielle‭ » du Médoc.

Il y a une guérite avec deux civils, 500 mètres plus loin. Ils enregistrent sur un cahier le passage du véhicule et de ses occupants. Le Médoc, enclavé entre la mer et l’estuaire de la Garonne ne reconnaît ni le gouvernement déchu par les Américains, ni le nouveau, et réclame son autonomie. En attendant, l’obtention d’un titre de séjour d’une semaine, établi sur un guichet en bord de route, pour une durée d’une semaine pour deux personnes est subordonnée au paiement immédiat d’une taxe, en liquide.

Toute personne non détentrice du « laissez-passer‭ » surprise dans les limites du Médoc, serait fortement taxée et surtout emprisonnée durant une semaine, ce qui peut rallonger désagréablement les vacances. Véra est outrée de la grossièreté des « préposés‭ » durant les formalités et choquée par la crasse du poste. Mais, c’est ça ou rebrousser chemin. L’air lubrique de l’un d’entre eux lorgnant les formes de Véra fait aussi serrer les poings à Franck mais le regard de celle-ci lui intime gentiment de se taire.

Quant aux fruits et légumes achetés un quart d’heure plus tôt, ils sont confisqués de fait car la taxe pour les faire entrer dans le Médoc est supérieure au prix d’achat d’un produit équivalent. « Consommez médocain‭ ». Heureusement pour eux, ils n’ont pas de vin dans leurs bagages.

Castelnau, Brach, Carcans, Maubuisson. Ces petites étapes d’une dizaine de minutes, malgré l’état déplorable de la chaussée, scandent la monotonie du trajet. Ils atteignent le lac, le longe, puis quittant Maubuisson, tournent à droite pour rallier la Base de Sports et Loisirs de Bombannes.

Les formalités d’accueil sont courtes et le personnel sympathique. On leur indique leur appartement, au nord de la base, en bordure de lac et leur long périple prend fin.

Franck décharge tout en dix minutes tandis que Véra prépare la chambre. Ce soir, ils iront dîner en ville et se coucheront tôt.

En sortant, Véra aperçoit déjà l’homme à la sucette, rentrant manifestement de la plage.

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Table des matières
  1. Préface de Jack Minier
  2. Présentation par l’auteur (mars 2013)
  3. D. Day Two
  4. Veille d’élection
  5. Un enlisement perceptible
  6. Fuite à Varennes
  7. L’Appel du petit Kaporal
  8. La Net Révolution
  9. La cache aux serveurs
  10. La Campagne de France
  11. Franck
  12. Manifestation tragique
  13. Une défaite sans combat
  14. Contre-Attaque
  15. Brian
  16. Chantage en chanson ou ratage en rançon ?
  17. Véra S.
  18. Nuit d’amour
  19. L’homme de l’ombre
  20. Le Site Assassiné (Elsa et Christian)
  21. Fusions chaudes
  22. 14 juillet en berne
  23. Expulsion
  24. Fils de héros
  25. Prise du Net pouvoir
  26. Épuration idéologique
  27. Supra Net
  28. Enrôlé
  29. Derrière les barreaux
  30. Alain
  31. Puces motos à Niort
  32. Bienvenue Major DAD
  33. Camps de redressement
  34. Les DRM passent dans les mœurs
  35. Honneur et décadence
  36. Manifestations
  37. Dure journée
  38. Triste conjoncture
  39. Captivante captivactivité
  40. Die Hard 2
  41. Un scénario pour l’été 2007
  42. Avis de tempête
  43. La voiture qu’il nous faut
  44. Installation
  45. Le mariage d’Elsa et Christian
  46. Jasmine
  47. Souriez, vous êtes filmés
  48. Die Hard 3
  49. Night hard too
  50. Rafle au réveil
  51. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Préambule
  52. Escapade
  53. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ D’est en Ouest
  54. Incarcérations
  55. Palpitations
  56. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Bombannes
  57. Le Pouilleux
  58. Interrogatoires
  59. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Promenade au bord du lac
  60. Contre espionnage
  61. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Tourisme
  62. La plus belle des prisons ?
  63. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Commando malgré lui
  64. Cœurs froids banlieues chaudes
  65. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ retour précipité
  66. Les horreurs de la guerre
  67. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Dernier jour de plage
  68. Au bout du monde
  69. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Odyssée Épilogue
  70. Un nouveau départ
  71. La Boite de Nuit‭ :‭ Acte 1
  72. Sombres prémices
  73. La Boite de Nuit‭ :‭ acte 2
  74. Pour toujours
  75. Musique de guerre
  76. Postface
  77. Les Bonus
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