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Guerre contre les Majors V 1.9913

Par Fredleborgne

Œuvre publiée sous licence Licence Art Libre (LAL 1.3)

Date de publication sur Atramenta : 25 février 2013 à 21h02

Dernière modification : 7 avril 2013 à 20h23

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Camps de redressement

21/03/2006, 22:40

Octobre 2012

En pleine forêt domaniale landaise, au bout de l’unique voie d’accès, on atteint un camp grillagé. Une triple rangée de barbelés et des mâts avec des caméras et des dispositifs de détection de mouvement en interdisent l’entrée ou la sortie. Entre les deux dernières barrières, un chemin de ronde assez large pour un véhicule peut permettre une intervention rapide des gardes. Entre les deux premières, un espace canin dissuade les plus courageux de se faire la belle ou de venir faire une visite.

À l’intérieur, sur une surface de cent-cinquante hectares, on y trouve une vraie ville avec différents quartiers. Chaque quartier correspond à un type de délinquant, sauf le quartier des gardiens et des éducateurs.

Le futur quartier de haute sécurité correspond pour l’instant au quartier des ouvriers bâtisseurs.

En France, cinq lieux ainsi isolés doivent permettre de loger les soixante-dix mille délinquants potentiels auxquels le pays est habitué depuis trois ans. Mais depuis le plein emploi, l’arrivée des euros-crédits et la certitude pour les condamnés d’avoir à travailler durant leur séjour, la délinquance a commencé à fortement baisser.

Néanmoins, il ne s’agit pas de camps de concentration, comme on put l’affirmer les détracteurs. Les caméras de surveillance, comme une dizaine d’autres spécifiquement installées pour la durée des travaux sont connectées sur le supra net.

Tout citoyen peut constater que personne n’est maltraité, ni encouragé à l’inaction.

Il y a un quartier témoin qui fonctionne déjà. C’est celui des petites peines. Chaque détenu est responsable de son studio avec commodités pour la durée de son séjour après état des lieux. Il est relié au ‭‭‭Supra-Net pour les loisirs et les cours. Car chaque détenu, s’il veut pouvoir sortir à la fin de la peine prononcée par le tribunal doit avoir « progressé‭ » au niveau imposé dès le départ avec un manager, manager qui sera ensuite relayé par un manager spécialisé à sa libération. Mais le manager, est présent sur le lieu de détention car on estime que les délinquants ont besoin, dans un premier temps d’être physiquement suivis. Il dispose d’un lit correct, d’un grand placard, et d’un coin douche-toilette. Il n’y a pas de coin cuisine, mais le micro-onde est autorisé après deux mois de présence sur autorisation du manager, surnommé ici tuteur.

Sinon, le quartier dispose d’un gymnase, d’une piscine, d’une piste d’athlétisme et d’un supermarché, au contenu approprié bien sûr. Les détenus doivent avoir une vie en un maximum de points semblable à la vie à l’extérieur. La punition de l’enfermement ne prive que des moments intimes avec le sexe opposé, et des fréquentations habituelles. Certaines pratiques ne peuvent non plus être exercées sur place, mais l’essentiel d’une vie sociale est maintenu. Cela fait partie de la rééducation pour les petits voyous des anciens quartiers dit défavorisés.

Un autre quartier n’est pas près d’être amélioré, c’est le quartier des racistes. On aurait pu l’appeler autrement, mais il permet d’y mettre tous les racistes. Actuellement en majorité blanche anti-tout sauf eux, les autres « communautaires‭ » renoncent à affirmer leur supériorité depuis qu’un musulman un peu violent a fait un vilain sourire fatal à un noir antillais. Déplacé dans ce quartier, il a permis à tout le monde de l’entendre crier durant la nuit, au milieu des rires gutturaux, mais personne dans l’encadrement n’est intervenu et la leçon a été bien retenue pour les autres.

Depuis, il n’y a pas d’incident car la consigne est soigneusement passée aux nouveaux. Les seuls heurts sont donc intra ethniques afin de ne pas être catalogué comme raciste, donc beaucoup moins fréquents.

Ce quartier-là est donc un ensemble de préfabriqués. Les détenus ne veulent pas travailler et ils se débrouillent avec la nourriture qu’on leur fournit tous les jours. Néanmoins, il est possible pour quelqu’un qui le désire de le faire savoir devant une des caméras blindées de surveillance. Il est alors extrait lors d’un difficile « rassemblement général‭ » et isolé de tout le monde durant un petit moment. Puis, une fois interrogé et orienté, il est changé de centre pour suivre une rééducation adaptée à son autre profil. Ainsi, le nombre d’extrémistes racistes baisse-t-il régulièrement.

Mais cette solution ne satisfait pas trop l’homme à la sucette, venu faire une inspection de visu. Il veut depuis longtemps mettre un nom sur les assassins de son frère et de son neveu. Chaque fois qu’un nazillon veut s’amender, il vient l’interroger à ce sujet.

De plus, il veut connaître les noms des anciens patrons qui prônaient le rétablissement d’un Reich. Car ce sont ceux-là qui contaminent encore à l’extérieur les couches défavorisées de la race blanche. Même s’ils sont exilés, ils seront inquiétés par les services de renseignements étrangers qui apprécient l’aide des Français en la matière.

Le type a pu se laver, et mettre une nouvelle tenue propre. Elle est blanche et non orange comme pour ses ex-congénères. Ils vivent dans des conditions de vie déplorables car ils veulent apitoyer les internautes sur leur sort. Pour cela, ils détruisent les installations sanitaires, mettent le feu quand ils peuvent, et souillent leurs vêtements. Le seul résultat probant obtenu est la capitulation de leurs éléments les plus faibles psychologiquement..

— Bonjour Hans‭, attaque l’homme à la sucette.

L’individu ne répond pas à la provocation. Il est brisé et il a peur de retourner dans « la cage aux fauves‭ »

— Pas très bavard, mon garçon. Pourtant, tu sais ce qu’on vous a dit par haut parleur. Pour pouvoir être rééduqué, il faut d’abord renier et participer à la lutte contre la barbarie, c’est-à-dire se mettre à table.‭

L’autre renifle. Il repère la caméra face à lui malgré son camouflage. Il sait qu’il est observé, que c’est sa dernière chance, qu’il a intérêt à ne rien oublier. Sinon, à court ou long terme, c’est le retour dans la cage et l’exécution réservée aux traîtres.

Alors, il raconte. Il raconte son frère qui l’a emmené dans son groupe. Il raconte les ratonnades, les chasses aux pédés, les dégradations dans les cimetières juifs, les agressions dans les manifs, les projectiles pour attiser les forces de l’ordre, les camps d’entraînement militaire. Il donne deux trois surnoms de commanditaires, reconnaît quelques photos, donne ses chefs. On tire le fil et le sac s’éventre. Il n’y a plus qu’à ramasser.

Mais manifestement, il n’est pas de la région pour ce qu’il recherche, et il n’est pas d’un niveau scolaire très élevé. Ce qu’il raconte sera analysé par les enquêteurs, mais il n’y a pas grand-chose à tirer.

— Et puis, avec tes amis, tu t’éclatais sur internet à insulter les autres ?‭

— Ah non, pas moi !‭‭‭ C’est du rayon des binoclards ça !‭

— Les binoclards ?

— Ouais, les crânes d’œuf, les tronches. Eux, ils passaient leur temps à ça.

— Et il y en a des binoclards ici ?‭

— Non, ils supportaient pas d’être ici. Ils ont été les premiers à partir en faisant mine de pleurer‭.

— Tu as des noms ?‭

Espoir et colère. Ils se sont fait abuser en beauté. À la lecture des dossiers, on a cru relâcher de pauvres types. Il s’agissait en fait des plus dangereux et ils sont dehors. Enfin, pas pour longtemps. Mais sous quel motif aussi pour les remettre en cage ? Ils ont passé des tests de « crédibilité‭ ». Ils ont déjà été enfermés sous prétexte de « dangerosité potentielle‭ », et n’ont jamais été jugés.

Et si en plus certains commençaient à acquérir des bases de supra net ? On croyait relâcher les imbéciles les plus timorés et on a relâché les informaticiens du mouvement. Ceux qui programmaient les jeux de « reconstitution historique‭ » ou « gestion de camp de la mort‭ » « art de la torture‭ »…et les utilitaires d’intrusion, de virus bloquants ou désorganisateurs, ou encore des logiciels de cryptographie.

L’homme à la sucette sort en déguster une dehors. Il a besoin de mettre de l’ordre dans ses idées. En sortant précipitamment, il renverse le seau d’un jeune en train de serpiller. Un petit mot d’excuse. Franck, encore en « rééducation‭ » prend sur lui pour ne pas éclater de rage et éponge le sol sans un mot.

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Table des matières
  1. Préface de Jack Minier
  2. Présentation par l’auteur (mars 2013)
  3. D. Day Two
  4. Veille d’élection
  5. Un enlisement perceptible
  6. Fuite à Varennes
  7. L’Appel du petit Kaporal
  8. La Net Révolution
  9. La cache aux serveurs
  10. La Campagne de France
  11. Franck
  12. Manifestation tragique
  13. Une défaite sans combat
  14. Contre-Attaque
  15. Brian
  16. Chantage en chanson ou ratage en rançon ?
  17. Véra S.
  18. Nuit d’amour
  19. L’homme de l’ombre
  20. Le Site Assassiné (Elsa et Christian)
  21. Fusions chaudes
  22. 14 juillet en berne
  23. Expulsion
  24. Fils de héros
  25. Prise du Net pouvoir
  26. Épuration idéologique
  27. Supra Net
  28. Enrôlé
  29. Derrière les barreaux
  30. Alain
  31. Puces motos à Niort
  32. Bienvenue Major DAD
  33. Camps de redressement
  34. Les DRM passent dans les mœurs
  35. Honneur et décadence
  36. Manifestations
  37. Dure journée
  38. Triste conjoncture
  39. Captivante captivactivité
  40. Die Hard 2
  41. Un scénario pour l’été 2007
  42. Avis de tempête
  43. La voiture qu’il nous faut
  44. Installation
  45. Le mariage d’Elsa et Christian
  46. Jasmine
  47. Souriez, vous êtes filmés
  48. Die Hard 3
  49. Night hard too
  50. Rafle au réveil
  51. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Préambule
  52. Escapade
  53. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ D’est en Ouest
  54. Incarcérations
  55. Palpitations
  56. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Bombannes
  57. Le Pouilleux
  58. Interrogatoires
  59. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Promenade au bord du lac
  60. Contre espionnage
  61. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Tourisme
  62. La plus belle des prisons ?
  63. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Commando malgré lui
  64. Cœurs froids banlieues chaudes
  65. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ retour précipité
  66. Les horreurs de la guerre
  67. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Dernier jour de plage
  68. Au bout du monde
  69. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Odyssée Épilogue
  70. Un nouveau départ
  71. La Boite de Nuit‭ :‭ Acte 1
  72. Sombres prémices
  73. La Boite de Nuit‭ :‭ acte 2
  74. Pour toujours
  75. Musique de guerre
  76. Postface
  77. Les Bonus
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