Atramenta

Retour à l'accueil Atramenta

Guerre contre les Majors V 1.9913

Par Fredleborgne

Œuvre publiée sous licence Licence Art Libre (LAL 1.3)

Date de publication sur Atramenta : 25 février 2013 à 21h02

Dernière modification : 7 avril 2013 à 20h23

Vous êtes en mode "plein écran". Lire en mode normal (façon ereader)

Véra S.

28/02/2006, 20:53

Le lieutenant Véra Sanders se prépare pour sa soirée. Elle dispose d’un petit appartement réquisitionné en ville, duquel elle doit « comprendre‭ » la vie des Français. En effet, les Américains ne comprennent pas cette passivité face à l’envahisseur.

Ce job est agréable mais il n’est pas vraiment couronné de succès. Les français vaquent à leurs occupations mais ne parlent pas de politique, ni d’argent.

« Tout va bien‭ » semble être leur maître mot.

Elle a pu constater que tous les cafés ont leur espace internet, mais qu’il est impossible d’être à deux pour consulter un écran. En effet, leur gestion bancaire, leurs achats de petits et gros matériels, tout cela passe par internet et ils doivent pouvoir accéder à leur courrier de façon confidentielle à n’importe quelle heure de la journée.

(Rajout 2013 : je suis désolé. En 2006, je n’ai pas prévu les smartphones et la 4G pour tous, et qui en plus se vendraient malgré la crise)

Il y a aussi peu de magasins avec du matériel a vendre. Il est plutôt en exposition, et tout est vendu « livré‭ » après consultation sur internet avec le vendeur. Puis, le vendeur-conseiller touche sa commission payée par le site de mise en ligne.

Tout ce qui est encombrant est livré. En effet, et c’est flagrant, les français n’ont pas de voiture individuelle. Il faut prendre une location automatisée, avec tarif en fonction du modèle de la voiture. C’est assez onéreux. En contrepartie, il y a beaucoup de transports en commun et les livraisons, plus montage avec enlèvement de l’ancien donne du travail, permet le recyclage et évite la pollution.

Il y a aussi un service bancaire d’état. Les salaires sont versés de compte à compte (entreprise vers salarié) ainsi que les achats (acheteurs - entreprise). Les taux de crédits sont les mêmes partout (pas de concurrence) et l’État rémunère les comptes en fonction de la durée minimale d’économie. Les conditions d’attribution de prêt sont équitables, voire renégociables et l’État n’a pas besoin d’aller en justice pour rentrer dans son argent.

En nationalisant toutes les banques, l’État « joue‭ » à l ‘étranger avec l’argent des français et n’a plus de dette à rembourser. Les impôts collectés ne servent dont pas à payer des intérêts mais les travaux réellement effectués. Comme c’est du compte à compte, l’argent sort d’un côté pour être disponible de l’autre. Que ferait l’entreprise de son crédit papier hors de la banque d’état ? Alors que placé, son argent rapporte un peu. En fait, son argent sert à prêter à d’autres et c’est lui qui récupère les intérêts. Car l’État ne peut faire comme bénéfice issu de son travail bancaire que le montant de la paie des employés et de l’entretien des immeubles (réduits au nombre minimal grâce au télétravail). Avec un bon équilibre crédits et comptes rémunérés, les Français ne savent même plus ce que sont les frais bancaires.

L’armée ? Non vue. L’État ? Non vu. Il existe un site mairie-préfecture pour les problèmes d’habitation et d’état civil. Pas de site sur l’assemblée nationale depuis 2011.

L’État ne possède plus aucune entreprise dans le domaine de l’énergie, des télécommunications, de l’eau… alors que la peur de celles-ci avait été d’être nationalisées. Mais ces industries n’ont pas le droit de vendre leur production en France, hormis à l’État. Le citoyen de droit bénéficie donc de tout, et l’État lui facture directement en se servant sur son compte au tarif national. Par contre, il paie le prix de gros directement au « producteur‭ ».

Encore une fois « compte à compte‭ ». Mais l’entreprise a le droit de vendre à l’extérieur et peut demander des crédits très avantageux pour se moderniser au lieu de lever des capitaux en bourse. À condition d’avoir le siège social en France, ‭‭‭80% de ses avoirs financiers en France et d’employer au total 50% de personnels français. EDF, GDF, Lyonnaise des eaux font donc toujours des bénéfices… à l’extérieur. Mais aussi Air France International, Atlantique Ferries et Méditerranée Voyages. La SNCF comme les autres transporteurs intérieurs touchent une enveloppe pour le marché annuel et l’État s’occupe de la vente des billets sur internet. Gros avantage : leur trésorerie n’est plus ponctionnée par les dirigeants actionnaires de la World Company.

Par ce « compte à compte‭ », l’État dispose de la masse monétaire globale, pouvant créditer les gens en fonction de leur travail et acheter à des entreprises…tout en gardant l’argent. Il s’agit de jeux d’« écriture‭ » que personne ne remet en cause puisque chacun à la possibilité de retirer la totalité de son argent, s’il le désire. Mais qui voit les bilans ? Qui prend les décisions ? Impossible à déterminer.

En tout cas, la confiance fonctionne. Depuis trois ans et pour encore deux ans, les marins pêcheurs sont salariés et ne pêchent plus. Ils ont obligation de sortir en mer afin d’éviter que des pêcheurs étrangers viennent pêcher dans les eaux françaises. En effet, les petits poissons plus nombreux attirent les gros et les eaux françaises sont devenues les plus poissonneuses d’Europe. Des pêcheurs britanniques, alliés des Américains ont, comme les Espagnols, tenté leur chance après l’invasion. Ils ont sombré et on ne sait pas où mouillent les sous-marins français. Pas de victime, car les pêcheurs français sont allés repêcher les braconniers, mais la leçon a été bien retenue.

Véra est prête. Petit resto sympa, mais de standing, loin de la troupe. La présence américaine hormis elle est nulle ce soir et elle peut observer les clients français. La moitié a des vêtements de standing, mais manifestement une autre moitié ne devrait pas avoir les moyens de s’offrir ce genre de prestation. Le garçon lui glisse qu’ils ont des « chèques cadeaux uniquement valables ici‭ ». C’est à la fois une aide de l’État pour le restaurant et une récompense pour les classes laborieuses. C’est moralement mieux que des aides directes puisque les salaires et les revenus du patron sont justifiés par du travail et que les payeurs des aides (l’État c’est nous) en profitent aussi.

Manifestement, c’est le cas aussi en boîte de nuit. Là, il y a beaucoup de compatriotes, mais Véra est venue pour faire connaissance avec un Français. (« Joignons l’utile à l’agréable‭ »). Seule à sa table, Véra attire les regards, tandis qu’elle sirote lentement son cocktail sans alcool. Elle repère un beau mâle, un peu timide mais qu’elle semble intéresser, adossé au bar, seul lui aussi. Elle vide son verre d’un trait et le ramène au bar, comptant l’aborder sous un prétexte fallacieux. Mais il se jette à l’eau tout seul en premier

— Bonsoir !‭‭‭ Dîtes, vous ne seriez pas américaine vous ?‭

Un silence.

— Glad to meet you, moi c’est Franck‭.

Chapitre suivant : Nuit d’amour

Couverture
Couverture de "Guerre contre les Majors V 1.9913"
Etat
Cette oeuvre est complète, mais a besoin de relecteurs.
L'auteur vous invite à lui signaler les éventuelles fautes ou passages à retravailler.
Mode d'affichage
L'avis des lecteurs
  • 2 aiment
Fond : 3 coeurs sur 5
Intéressant : 1 lecteur
Forme : 3 plumes sur 5
Correcte : 1 lecteur
Table des matières
  1. Préface de Jack Minier
  2. Présentation par l’auteur (mars 2013)
  3. D. Day Two
  4. Veille d’élection
  5. Un enlisement perceptible
  6. Fuite à Varennes
  7. L’Appel du petit Kaporal
  8. La Net Révolution
  9. La cache aux serveurs
  10. La Campagne de France
  11. Franck
  12. Manifestation tragique
  13. Une défaite sans combat
  14. Contre-Attaque
  15. Brian
  16. Chantage en chanson ou ratage en rançon ?
  17. Véra S.
  18. Nuit d’amour
  19. L’homme de l’ombre
  20. Le Site Assassiné (Elsa et Christian)
  21. Fusions chaudes
  22. 14 juillet en berne
  23. Expulsion
  24. Fils de héros
  25. Prise du Net pouvoir
  26. Épuration idéologique
  27. Supra Net
  28. Enrôlé
  29. Derrière les barreaux
  30. Alain
  31. Puces motos à Niort
  32. Bienvenue Major DAD
  33. Camps de redressement
  34. Les DRM passent dans les mœurs
  35. Honneur et décadence
  36. Manifestations
  37. Dure journée
  38. Triste conjoncture
  39. Captivante captivactivité
  40. Die Hard 2
  41. Un scénario pour l’été 2007
  42. Avis de tempête
  43. La voiture qu’il nous faut
  44. Installation
  45. Le mariage d’Elsa et Christian
  46. Jasmine
  47. Souriez, vous êtes filmés
  48. Die Hard 3
  49. Night hard too
  50. Rafle au réveil
  51. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Préambule
  52. Escapade
  53. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ D’est en Ouest
  54. Incarcérations
  55. Palpitations
  56. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Bombannes
  57. Le Pouilleux
  58. Interrogatoires
  59. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Promenade au bord du lac
  60. Contre espionnage
  61. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Tourisme
  62. La plus belle des prisons ?
  63. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Commando malgré lui
  64. Cœurs froids banlieues chaudes
  65. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ retour précipité
  66. Les horreurs de la guerre
  67. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Dernier jour de plage
  68. Au bout du monde
  69. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Odyssée Épilogue
  70. Un nouveau départ
  71. La Boite de Nuit‭ :‭ Acte 1
  72. Sombres prémices
  73. La Boite de Nuit‭ :‭ acte 2
  74. Pour toujours
  75. Musique de guerre
  76. Postface
  77. Les Bonus
Que pensez vous de cette oeuvre ?