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Guerre contre les Majors V 1.9913

Par Fredleborgne

Œuvre publiée sous licence Licence Art Libre (LAL 1.3)

Date de publication sur Atramenta : 25 février 2013 à 21h02

Dernière modification : 7 avril 2013 à 20h23

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Manifestation tragique

24/02/2006, 00:39

Avertissement avant lecture

J’ai longuement hésité à mettre en ligne ce texte. Et puis, je le trouve tout de même indispensable pour expliquer « jusqu’où peut aller la guerre contre les majors‭ ».

La date n’est pas innocente, comme la plupart de celles que j’utilise.

Elle rappelle bien sûr un fait similaire. Néanmoins, ce rappel n’est pas pour donner un avis sur ce qui s’est passé alors, mais juste pour dire que certains dérapages peuvent se produire, et que quelqu’un, venu manifester même correctement son opinion, prend un risque qui n’est pas anodin. J’espère parvenir à rendre un hommage à tous les Gavroches passés et futurs sans encourager de vocation. (À ce moment- là, il y avait appel des collégiens pour aller manifester contre le CPE)‭.

J’ai aussi choisi de ne pas trop coller à la réalité du fait divers « inspirateur‭ » afin de ne pas rentrer dans la polémique du racisme, polémique inutile dans un sujet sur le DADvSI. De plus, un individu a beau appartenir à un groupe, le meilleur moyen de le respecter est toujours de le considérer comme un individu. En ces jours où la bêtise et l’horreur n’ont épargné aucune communauté dans l’actualité, je tiens à dire que la réduction d’une personne à sa couleur politique, sa couleur de peau, sa religion, son uniforme, son sexe ou même ses habitudes sexuelles est une négation de cette personne car elle est fondue dans une catégorie qui ne tient pas compte de son unicité. En cas de drame, cette réduction peut occulter l’hommage dû à la personne elle-même et à ses proches.

Le débat doit être différé par respect et pour qu’il puisse se tenir posément et efficacement.

Même lorsque je critique un groupe politique, les Américains etc.etc., je critique des actes ou des opinions que je juge contestables, mais je ne juge pas des personnes. J’ai aussi choisi 2008 au lieu de 2006 car on connaît le nom des responsables politiques d’aujourd’hui et non ceux de demain. Je ne peux pas accuser des personnes réelles d’actes futurs plus ou moins reluisants imaginaires, ni prétendre ou laisser supposer qu’elles en seraient capables.

Néanmoins, si des personnes se sentent choquées par ce texte, je leur demande de me le faire savoir. Avec honnêteté de part et d’autre, il peut être possible de retoucher sans en changer le sens voulu, qui en aucun cas ne veut nuire à quelqu’un.



5 décembre 2008.

Tribunal de Versailles. Vingt-sept internautes sont inculpés de « copie illégale‭ » de fichiers copyrightés. Le plaignant, Home Vidéo a la part belle. À partir de 3 Goct de données mises à disposition sur le net, l’amende encourue est de 3750 euros. Ce texte, initialement prévu pour des fichiers audio parle ainsi de « diffusion massive‭ », alors qu’il s’agit de même pas la taille d’un DVD.

‭‭‭Ce texte n’a pas évolué depuis 2006, date à laquelle la majorité de droite l’a fait passer de force face à l’opposition générale.

Depuis, les internautes en demandent la révision, mais le gouvernement de gauche préfère s’occuper de la lutte contre le déficit. Et, par erreur de calcul lui aussi, assimile le piratage à un manque de rentrée fiscale (TVA 22.6)‭.

Les associations d’internautes se sont mobilisées et cette fois ne se contentent pas de faire du remue-méninges sur le Net. Le gouvernement n’en a plus rien à faire de ces discussions stériles où des petits merdeux se montent le bourrichon. Toutes les manifestations en faveur de la licence globale antérieures à 2007 étaient un prétexte à récupérer des voix. D’ailleurs, la licence globale n’est pas une idée uniquement de gauche. Enfin, certains n’en veulent même pas de cette licence, qu’ils appellent « la redevance bis‭ ».

Ils sont près de trente-mille entre la gare de Versailles-Rive Gauche et le tribunal. Pour seulement trois-cents gendarmes mobiles et cent-cinquante CRS. Les mobiles ont des sections sur les grands axes, tandis que les CRS sont assiégés et font rempart autour du tribunal. Les noms d’oiseaux commencent à pleuvoir. Un peu différents que d’habitude. « Suppôts des majors !‭ » ça les a surpris. « DRMerdes !‭ » ils n’ont compris que la fin. « P2PD‭ », c’était homophobe, mais ça marche toujours pour exciter la troupe. « Les mules du PAF‭ » ils ont bien compris de travers.. Et puis les manifestants usent tout de même de l’assortiment d’insultes de base auquel à droit tout service d’ordre confronté à une foule en colère : celle-ci est bloquée cent mètres avant le tribunal alors qu’elle voulait se faire entendre dans la salle d’audience.

Dans les rues adjacentes, des manifestants, non internautes, mais bien décidés à en découdre, puis à profiter ensuite du désordre pour piller quelques boutiques, commencent à desceller les beaux pavés décoratifs des allées piétonnes.

Informé du désordre, le juge décide de reporter la séance. Les prévenus conduits à la sortie peuvent constater leur popularité. Le chef d’escadron décide de les évacuer afin que la foule se disperse. Il les fait monter dans un fourgon… C’est la méprise et l’explosion. Les premiers rangs sont poussés sur les barrières retenues par les CRS. Il y a danger de mort à les retenir plus longtemps et il est inutile de les matraquer‭ :‭ ils ne peuvent pas reculer. À l’arrière, les CRS mettent les masques et tirent en catastrophe des grenades lacrymogènes un peu partout sur la foule pour la disperser, et surtout pour qu’elle cesse sa pression en avant. Mais le premier rang de CRS, non équipé de masques, lâche les barrières, victime lui-aussi de l’effet des gaz. Celles-ci s’affaissent. Chute des premiers rangs de manifestants, puis bousculades vers l’avant, autre direction de fuite. Des dizaines de personnes ne parviennent pas à se relever et sont piétinées.

Les CRS les plus exposés se replient en désordre derrière les rangs de leurs camarades tandis qu’une première salve de balles en caoutchouc mitraille les manifestants. Les premiers pavés commencent à tomber sur les casques et boucliers et une centaine de jeunes cagoulés et casqués enfonce les rangs. Les manifestants non agressifs essaient de trouver refuge dans le tribunal, dont les portes n’ont pas été verrouillées. Ils sont repoussés par des CRS aux yeux rouges, ceux qui ont tout pris dans la gu…les insultes, le gaz puis les pavés.

Un jeune homme s’appuie sur un mur dans le hall. Trois maousses costauds l’entourent. On ne voit rien.

Deux heures plus tard, le calme est revenu… dans la rue. Devant les nombreux micros, un colonel de gendarmerie explique qu’un jeune garçon de vingt-deux ans environ est mort, et qu’il y a de nombreux blessés (cent-trente-sept dont quarante-deux graves).

L’enquête a déjà commencé. Rien ne permet pour l’instant de dire que les traces de coups retrouvées sur le corps soient de la responsabilité des fonctionnaires de police qui l’ont entouré lors de son arrivée dans le hall. Il aurait pu aussi se faire ces contusions graves contre les barrières.

On recherche aussi des responsabilités parmi les organisateurs de la sécurité du tribunal pour cette journée qu’on aurait dû savoir « à haut risque‭ ».

Entre cette date et la fin de la présence des majors en France, aucune autre plainte de téléchargement illégal ne sera prise en compte devant un tribunal.

Chapitre suivant : Une défaite sans combat

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Table des matières
  1. Préface de Jack Minier
  2. Présentation par l’auteur (mars 2013)
  3. D. Day Two
  4. Veille d’élection
  5. Un enlisement perceptible
  6. Fuite à Varennes
  7. L’Appel du petit Kaporal
  8. La Net Révolution
  9. La cache aux serveurs
  10. La Campagne de France
  11. Franck
  12. Manifestation tragique
  13. Une défaite sans combat
  14. Contre-Attaque
  15. Brian
  16. Chantage en chanson ou ratage en rançon ?
  17. Véra S.
  18. Nuit d’amour
  19. L’homme de l’ombre
  20. Le Site Assassiné (Elsa et Christian)
  21. Fusions chaudes
  22. 14 juillet en berne
  23. Expulsion
  24. Fils de héros
  25. Prise du Net pouvoir
  26. Épuration idéologique
  27. Supra Net
  28. Enrôlé
  29. Derrière les barreaux
  30. Alain
  31. Puces motos à Niort
  32. Bienvenue Major DAD
  33. Camps de redressement
  34. Les DRM passent dans les mœurs
  35. Honneur et décadence
  36. Manifestations
  37. Dure journée
  38. Triste conjoncture
  39. Captivante captivactivité
  40. Die Hard 2
  41. Un scénario pour l’été 2007
  42. Avis de tempête
  43. La voiture qu’il nous faut
  44. Installation
  45. Le mariage d’Elsa et Christian
  46. Jasmine
  47. Souriez, vous êtes filmés
  48. Die Hard 3
  49. Night hard too
  50. Rafle au réveil
  51. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Préambule
  52. Escapade
  53. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ D’est en Ouest
  54. Incarcérations
  55. Palpitations
  56. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Bombannes
  57. Le Pouilleux
  58. Interrogatoires
  59. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Promenade au bord du lac
  60. Contre espionnage
  61. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Tourisme
  62. La plus belle des prisons ?
  63. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Commando malgré lui
  64. Cœurs froids banlieues chaudes
  65. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ retour précipité
  66. Les horreurs de la guerre
  67. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Dernier jour de plage
  68. Au bout du monde
  69. Du rififi dans le Médoc‭ :‭ Odyssée Épilogue
  70. Un nouveau départ
  71. La Boite de Nuit‭ :‭ Acte 1
  72. Sombres prémices
  73. La Boite de Nuit‭ :‭ acte 2
  74. Pour toujours
  75. Musique de guerre
  76. Postface
  77. Les Bonus
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