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L'Ecole des femmes

Par Molière

Œuvre du domaine public.

Date de publication sur Atramenta : 10 mars 2011 à 13h29

Dernière modification : 25 octobre 2016 à 11h05

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Acte II

Scène I

ARNOLPHE

Il m’est, lorsque j’y pense, avantageux sans doute

D’avoir perdu mes pas et pu manquer sa route ;

Car enfin de mon cœur le trouble impérieux

N’eût pu se renfermer tout entier à ses yeux :

Il eût fait éclater l’ennui qui me dévore,

Et je ne voudrois pas qu’il sût ce qu’il ignore.

Mais je ne suis pas homme à gober le morceau,

Et laisser un champ libre aux vœux du damoiseau :

J’en veux rompre le cours et, sans tarder, apprendre

Jusqu’où l’intelligence entre eux a pu s’étendre.

J’y prends pour mon honneur un notable intérêt :

Je la regarde en femme, aux termes qu’elle en est ;

Elle n’a pu faillir sans me couvrir de honte,

Et tout ce qu’elle a fait enfin est sur mon compte.

Éloignement fatal ! voyage malheureux !

(Frappant à la porte.)

Scène II

ALAIN, GEORGETTE, ARNOLPHE

 

ALAIN

Ah ! Monsieur, cette fois…

 

ARNOLPHE

Paix. Venez çà tous deux.

Passez là ? passez là. Venez là, venez dis-je.

 

GEORGETTE

Ah ! vous me faites peur, et tout mon sang se fige.

 

ARNOLPHE

C’est donc ainsi qu’absent vous m’avez obéi ?

Et tous deux de concert vous m’avez donc trahi ?

 

GEORGETTE

Eh ! ne me mangez pas, Monsieur, je vous conjure.

 

ALAIN, à part.

Quelque chien enragé l’a mordu, je m’assure.

 

ARNOLPHE

Ouf ! Je ne puis parler, tant je suis prévenu :

Je suffoque, et voudrois me pouvoir mettre nu.

Vous avez donc souffert, ô canaille maudite,

Qu’un homme soit venu ? … Tu veux prendre la fuite !

Il faut que sur-le-champ… Si tu bouges… ! Je veux

Que vous me disiez… Euh ! Oui, je veux que tous deux…

Quiconque remûra, par la mort ! je l’assomme.

Comme est-ce que chez moi s’est introduit cet homme ?

Eh ! parlez, dépêchez, vite, promptement, tôt,

Sans rêver. Veut-on dire ?

 

ALAIN et GEORGETTE

Ah ! Ah !

 

GEORGETTE

Le cœur me faut.

 

ALAIN

Je meurs.

 

ARNOLPHE

Je suis en eau : prenons un peu d’haleine ;

Il faut que je m’évente, et que je me promène.

Aurois-je deviné quand je l’ai vu petit

Qu’il croîtroit pour cela ? Ciel ! que mon cœur pâtit !

Je pense qu’il vaut mieux que de sa propre bouche

Je tire avec douceur l’affaire qui me touche.

Tâchons de modérer notre ressentiment.

Patience, mon cœur, doucement, doucement.

Levez-vous, et rentrant, faites qu’Agnès descende.

Arrêtez. Sa surprise en deviendroit moins grande :

Du chagrin qui me trouble ils iroient l’avertir,

Et moi-même je veux l’aller faire sortir.

Que l’on m’attende ici.

Scène III

ALAIN, GEORGETTE

 

GEORGETTE

Mon Dieu ! qu’il est terrible !

Ses regards m’ont fait peur, mais une peur horrible ;

Et jamais je ne vis un plus hideux chrétien.

 

ALAIN

Ce Monsieur l’a fâché : je te le disois bien.

 

GEORGETTE

Mais que diantre est-ce là, qu’avec tant de rudesse

Il nous fait au logis garder notre maîtresse ?

D’où vient qu’à tout le monde il veut tant la cacher.

Et qu’il ne sauroit voir personne en approcher ?

 

ALAIN

C’est que cette action le met en jalousie.

 

GEORGETTE

Mais d’où vient qu’il est pris de cette fantaisie ?

 

ALAIN

Cela vient… cela vient de ce qu’il est jaloux.

 

GEORGETTE

Oui ; mais pourquoi l’est-il ? et pourquoi ce courroux ?

 

ALAIN

C’est que la jalousie… entends-tu bien, Georgette,

Est une chose… là… qui fait qu’on s’inquiète…

Et qui chasse les gens d’autour d’une maison.

Je m’en vais te bailler une comparaison,

Afin de concevoir la chose davantage.

Dis-moi, n’est-il pas vrai, quand tu tiens ton potage,

Que si quelque affamé venoit pour en manger,

Tu serois en colère, et voudrois le charger ?

 

GEORGETTE

Oui, je comprends cela.

 

ALAIN

C’est justement tout comme :

La femme est en effet le potage de l’homme ;

Et quand un homme voit d’autres hommes parfois

Qui veulent dans sa soupe aller tremper leurs doigts,

Il en montre aussitôt une colère extrême.

 

GEORGETTE

Oui ; mais pourquoi chacun n’en fait-il pas de même,

Et que nous en voyons qui paroissent joyeux

Lorsque leurs femmes sont avec les biaux Monsieux.

 

ALAIN

C’est que chacun n’a pas cette amitié goulue

Qui n’en veut que pour soi.

 

GEORGETTE

Si je n’ai la berlue,

Je le vois qui revient.

 

ALAIN

Tes yeux sont bons, c’est lui.

 

GEORGETTE

Vois comme il est chagrin.

 

ALAIN

C’est qu’il a de l’ennui.

Scène IV

ARNOLPHE, AGNÈS, ALAIN, GEORGETTE

 

ARNOLPHE

Un certain Grec disoit à l’empereur Auguste,

Comme une instruction utile autant que juste,

Que lorsqu’une aventure en colère nous met,

Nous devons, avant tout, dire notre alphabet,

Afin que dans ce temps la bile se tempère,

Et qu’on ne fasse rien que l’on ne doive faire.

J’ai suivi sa leçon sur le sujet d’Agnès,

Et je la fais venir en ce lieu tout exprès,

Sous prétexte d’y faire un tour de promenade,

Afin que les soupçons de mon esprit malade

Puissent sur le discours la mettre adroitement,

Et lui sondant le cœur, s’éclaircir doucement.

Venez, Agnès. Rentrez.

Scène V

ARNOLPHE, AGNÈS

 

ARNOLPHE

La promenade est belle.

 

AGNÈS

Fort belle.

 

ARNOLPHE

Le beau jour !

 

AGNÈS

Fort beau.

 

ARNOLPHE

Quelle nouvelle ?

 

AGNÈS

Le petit chat est mort.

 

ARNOLPHE

C’est dommage ; mais quoi ?

Nous sommes tous mortels, et chacun est pour soi.

Lorsque j’étois aux champs, n’a-t-il point fait de pluie ?

 

AGNÈS

Non.

 

ARNOLPHE

Vous ennuyoit-il ?

 

AGNÈS

Jamais je ne m’ennuie.

 

ARNOLPHE

Qu’avez-vous fait encor ces neuf ou dix jours-ci ?

 

AGNÈS

Six chemises, je pense, et six coiffes aussi.

 

ARNOLPHE, ayant un peu rêvé.

Le monde, chère Agnès, est une étrange chose.

Voyez la médisance, et comme chacun cause :

Quelques voisins m’ont dit qu’un jeune homme inconnu

Étoit en mon absence à la maison venu,

Que vous aviez souffert sa vue et ses harangues ;

Mais je n’ai point pris foi sur ces méchantes langues,

Et j’ai voulu gager que c’étoit faussement…

 

AGNÈS

Mon Dieu, ne gagez pas : vous perdriez vraiment.

 

ARNOLPHE

Quoi ? c’est la vérité qu’un homme… ?

 

AGNÈS

Chose sûre.

Il n’a presque bougé de chez nous, je vous jure.

 

ARNOLPHE, à part.

Cet aveu qu’elle fait avec sincérité.

Me marque pour le moins son ingénuité.

Mais il me semble, Agnès, si ma mémoire est bonne,

Que j’avois défendu que vous vissiez personne.

 

AGNÈS

Oui ; mais quand je l’ai vu, vous ignorez pourquoi ;

Et vous en auriez fait, sans doute, autant que moi.

 

ARNOLPHE

Peut-être. Mais enfin contez-moi cette histoire.

 

AGNÈS

Elle est fort étonnante, et difficile à croire.

J’étois sur le balcon à travailler au frais,

Lorsque je vis passer sous les arbres d’auprès

Un jeune homme bien fait, qui rencontrant ma vue,

D’une humble révérence aussitôt me salue :

Moi pour ne point manquer à la civilité,

Je fis la révérence aussi de mon côté.

Soudain il me refait une autre révérence :

Moi, j’en refais de même une autre en diligence ;

Et lui d’une troisième aussitôt repartant,

D’une troisième aussi j’y repars à l’instant.

Il passe, vient, repasse, et toujours de plus belle

Me fait à chaque fois révérence nouvelle ;

Et moi, qui tous ces tours fixement regardois,

Nouvelle révérence aussi je lui rendois :

Tant que, si sur ce point la nuit ne fût venue,

Toujours comme cela je me serois tenue,

Ne voulant point céder, et recevoir l’ennui

Qu’il me pût estimer moins civile que lui.

 

ARNOLPHE

Fort bien.

 

AGNÈS

Le lendemain, étant sur notre porte,

Une vieille m’aborde, en parlant de la sorte :

« Mon enfant, le bon Dieu puisse-t-il vous bénir,

Et dans tous vos attraits longtemps vous maintenir !

Il ne vous a pas faite une belle personne

Afin de mal user des choses qu’il vous donne ;

Et vous devez savoir que vous avez blessé

Un cœur qui de s’en plaindre est aujourd’hui forcé. »

 

ARNOLPHE, à part.

Ah ! suppôt de Satan ! exécrable damnée !

 

AGNÈS

« Moi, j’ai blessé quelqu’un ! fis-je toute étonnée.

— Oui, dit-elle, blessé, mais blessé tout de bon ;

Et c’est l’homme qu’hier vous vîtes du balcon.

— Hélas ! qui pourroit, dis-je, en avoir été cause ?

Sur lui, sans y penser, fis-je choir quelque chose ?

— Non, dit-elle, vos yeux ont fait ce coup fatal,

Et c’est de leurs regards qu’est venu tout son mal.

— Hé ! mon Dieu ! ma surprise est, fis-je, sans seconde :

Mes yeux ont-ils du mal, pour en donner au monde ?

— Oui, fit-elle, vos yeux, pour causer le trépas,

Ma fille, ont un venin que vous ne savez pas.

En un mot, il languit, le pauvre misérable ;

Et s’il faut, poursuivit la vieille charitable,

Que votre cruauté lui refuse un secours,

C’est un homme à porter en terre dans deux jours.

— Mon Dieu ! j’en aurois, dis-je, une douleur bien grande.

Mais pour le secourir qu’est-ce qu’il me demande ?

— Mon enfant, me dit-elle, il ne veut obtenir

Que le bien de vous voir et vous entretenir :

Vos yeux peuvent eux seuls empêcher sa ruine

Et du mal qu’ils ont fait être la médecine.

— Hélas ! volontiers, dis-je ; et puisqu’il est ainsi,

Il peut, tant qu’il voudra, me venir voir ici. »

 

ARNOLPHE, à part.

Ah ! sorcière maudite, empoisonneuse d’âmes,

Puisse l’enfer payer tes charitables trames !

 

AGNÈS

Voilà comme il me vit, et reçut guérison.

Vous-même, à votre avis, n’ai-je pas eu raison ?

Et pouvois-je, après tout, avoir la conscience

De le laisser mourir faute d’une assistance,

Moi qui compatis tant aux gens qu’on fait souffrir

Et ne puis, sans pleurer, voir un poulet mourir ?

 

ARNOLPHE, bas.

Tout cela n’est parti que d’une âme innocente ;

Et j’en dois accuser mon absence imprudente,

Qui sans guide a laissé cette bonté de mœurs

Exposée aux aguets des rusés séducteurs.

Je crains que le pendard, dans ses vœux téméraires,

Un peu plus fort que jeu n’ait poussé les affaires.

 

AGNÈS

Qu’avez-vous ? Vous grondez, ce me semble, un petit ?

Est-ce que c’est mal fait ce que je vous ai dit ?

 

ARNOLPHE

Non. Mais de cette vue apprenez-moi les suites,

Et comme le jeune homme a passé ses visites.

 

AGNÈS

Hélas ! si vous saviez comme il étoit ravi,

Comme il perdit son mal sitôt que je le vi,

Le présent qu’il m’a fait d’une belle cassette,

Et l’argent qu’en ont eu notre Alain et Georgette,

Vous l’aimeriez sans doute et diriez comme nous…

 

ARNOLPHE

Oui. Mais que faisoit-il étant seul avec vous ?

 

AGNÈS

Il juroit qu’il m’aimoit d’une amour sans seconde,

Et me disoit des mots les plus gentils du monde,

Des choses que jamais rien ne peut égaler,

Et dont, toutes les fois que je l’entends parler,

La douceur me chatouille et là dedans remue

Certain je ne sais quoi dont je suis toute émue.

 

ARNOLPHE, à part.

Ô fâcheux examen d’un mystère fatal,

Où l’examinateur souffre seul tout le mal !

(À Agnès.)

Outre tous ces discours, toutes ces gentillesses.

Ne vous faisoit-il point aussi quelques caresses ?

 

AGNÈS

Oh tant ! Il me prenoit et les mains et les bras,

Et de me les baiser il n’étoit jamais las.

 

ARNOLPHE

Ne vous a-t-il point pris, Agnès, quelque autre chose ?

(La voyant interdite.)

Ouf !

 

AGNÈS

Hé ! il m’a…

 

ARNOLPHE

Quoi ?

 

AGNÈS

Pris…

 

ARNOLPHE

Euh !

 

AGNÈS

Le…

 

ARNOLPHE

Plaît-il ?

 

AGNÈS

Je n’ose,

Et vous vous fâcherez peut-être contre moi.

 

ARNOLPHE

Non.

 

AGNÈS

Si fait.

 

ARNOLPHE

Mon Dieu, non !

 

AGNÈS

Jurez donc votre foi.

 

ARNOLPHE

Ma foi, soit.

 

AGNÈS

Il m’a pris… Vous serez en colère.

 

ARNOLPHE

Non.

 

AGNÈS

Si.

 

ARNOLPHE

Non, non, non, non. Diantre, que de mystère !

Qu’est-ce qu’il vous a pris ?

 

AGNÈS

Il…

 

ARNOLPHE, à part.

Je souffre en damné.

 

AGNÈS

Il m’a pris le ruban que vous m’aviez donné.

À vous dire le vrai, je n’ai pu m’en défendre.

 

ARNOLPHE, reprenant haleine.

Passe pour le ruban. Mais je voulois apprendre

S’il ne vous a rien fait que vous baiser les bras.

 

AGNÈS

Comment ? est-ce qu’on fait d’autres choses ?

 

ARNOLPHE

Non pas.

Mais pour guérir du mal qu’il dit qui le possède,

N’a-t-il point exigé de vous d’autre remède ?

 

AGNÈS

Non. Vous pouvez juger, s’il en eût demandé,

Que pour le secourir j’aurois tout accordé.

 

ARNOLPHE

Grâce aux bontés du Ciel, j’en suis quitte à bon compte ;

Si j’y retombe plus, je veux bien qu’on m’affronte.

Chut. De votre innocence, Agnès, c’est un effet.

Je ne vous en dis mot : ce qui s’est fait est fait.

Je sais qu’en vous flattant le galant ne desire

Que de vous abuser, et puis après s’en rire.

 

AGNÈS

Oh ! point : il me l’a dit plus de vingt fois à moi.

 

ARNOLPHE

Ah ! vous ne savez pas ce que c’est que sa foi.

Mais enfin apprenez qu’accepter des cassettes,

Et de ces beaux blondins écouter les sornettes,

Que se laisser par eux, à force de langueur,

Baiser ainsi les mains et chatouiller le cœur,

Est un péché mortel des plus gros qu’il se fasse.

 

AGNÈS

Un péché, dites-vous ? Et la raison, de grâce ?

 

ARNOLPHE

La raison ? La raison est l’arrêt prononcé

Que par ces actions le Ciel est courroucé.

 

AGNÈS

Courroucé ! Mais pourquoi faut-il qu’il s’en courrouce ?

C’est une chose, hélas ! si plaisante et si douce !

J’admire quelle joie on goûte à tout cela,

Et je ne savois point encor ces choses-là.

 

ARNOLPHE

Oui, c’est un grand plaisir que toutes ces tendresses,

Ces propos si gentils et ces douces caresses ;

Mais il faut le goûter en toute honnêteté,

Et qu’en se mariant le crime en soit ôté.

 

AGNÈS

N’est-ce plus un péché lorsque l’on se marie ?

 

ARNOLPHE

Non.

 

AGNÈS

Mariez-moi donc promptement, je vous prie.

 

ARNOLPHE

Si vous le souhaitez, je le souhaite aussi,

Et pour vous marier on me revoit ici.

 

AGNÈS

Est-il possible ?

 

ARNOLPHE

Oui.

 

AGNÈS

Que vous me ferez aise !

 

ARNOLPHE

Oui, je ne doute point que l’hymen ne vous plaise.

 

AGNÈS

Vous nous voulez, nous deux…

 

ARNOLPHE

Rien de plus assuré.

 

AGNÈS

Que, si cela se fait, je vous caresserai !

 

ARNOLPHE

Hé ! la chose sera de ma part réciproque.

 

AGNÈS

Je ne reconnois point, pour moi, quand on se moque.

Parlez-vous tout de bon ?

 

ARNOLPHE

Oui, vous le pourrez voir.

 

AGNÈS

Nous serons mariés ?

 

ARNOLPHE

Oui.

 

AGNÈS

Mais quand ?

 

ARNOLPHE

Dès ce soir.

 

AGNÈS, riant.

Dès ce soir ?

 

ARNOLPHE

Dès ce soir. Cela vous fait donc rire ?

 

AGNÈS

Oui.

 

ARNOLPHE

Vous voir bien contente est ce que je desire.

 

AGNÈS

Hélas ! que je vous ai grande obligation,

Et qu’avec lui j’aurai de satisfaction !

 

ARNOLPHE

Avec qui ?

 

AGNÈS

Avec…, là.

 

ARNOLPHE

Là… : là n’est pas mon compte.

À choisir un mari vous êtes un peu prompte.

C’est un autre, en un mot, que je vous tiens tout prêt,

Et quant au Monsieur, là, je prétends, s’il vous plaît,

Dût le mettre au tombeau le mal dont il vous berce,

Qu’avec lui désormais vous rompiez tout commerce ;

Que, venant au logis, pour votre compliment

Vous lui fermiez au nez la porte honnêtement,

Et lui jetant, s’il heurte, un grès par la fenêtre,

L’obligiez tout de bon à ne plus y paroître.

M’entendez-vous, Agnès ? Moi, caché dans un coin,

De votre procédé je serai le témoin.

 

AGNÈS

Las ! il est si bien fait ! C’est…

 

ARNOLPHE

Ah ! que de langage !

 

AGNÈS

Je n’aurai pas le cœur…

 

ARNOLPHE

Point de bruit davantage.

Montez là-haut.

 

AGNÈS

Mais quoi ? voulez-vous… ?

 

ARNOLPHE

C’est assez.

Je suis maître, je parle : allez, obéissez.

Chapitre suivant : Acte III

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Table des matières
  1. Adresse
  2. Préface
  3. Introduction
  4. Acte I
  5. Acte II
  6. Acte III
  7. Acte IV
  8. Acte V
  9. Remerciement au roi
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