Train de nuit pour Berlin (Oeuvre réservée à un public adulte)

Train de nuit pour Berlin

 

 

 

 

 

À cette époque nous n’avions pas encore le T.G.V., mais les wagons-lits étaient restés confortables. Plutôt chers pour les étudiants, surtout entre Toulouse et l’Allemagne où mon fiancé avait été muté. Le mur se dressait toujours à Berlin, sans que personne y fasse grand cas, mais l’amour aussi. J’allais bientôt me marier, mais en attendant je devais achever mon Master. Un si long voyage m’obligerait sans doute à travailler pour combler l’ennui, d’autant que je me retrouvais seule dans le compartiment.

La nuit tombait, les veilleuses bleues s’allumaient déjà dans les couloirs. Nous étions en mai, et je pensais qu’en cette saison les jours étaient déjà sans fin dans le Nord. J’attendais avec impatience les retrouvailles avec mon chéri, mais j’avais beau imaginer des scènes torrides, avec son problème d’éjaculation précoce je doutais de pouvoir jouir.

La magie des préparatifs allait peut-être s’avérer payante : j’avais rasé les aisselles, mais aussi le pubis, et avant de descendre je passerais mon Rouge Rubis 04, et peut-être une lichette de ce produit en vogue qui faisait briller les tétons.

Je portais une jupe à la mode, courte, sans être vraiment « mini », de celles qui à l’époque s’ouvraient sur le devant avec une simple boucle. Afin de ne pas tomber enceinte j’avais bien calculé la période de mes règles, car avec la maladresse de mon chéri il était hors de question de lui faire enfiler un préservatif. J’étais toujours heureuse de le revoir après deux mois de séparation, mais tout de même pas au point d’espérer un orgasme à même le quai de la gare, lorsque tout chaleureux il me prendrait dans ses bras. Mon plaisir était plutôt cérébral, car pour ce qui est du ventre j’étais le plus souvent frustrée. L’amour a du bon, mais il a tout de même besoin d’un organe.

 

A bien y penser je me dis que l’époque était plutôt libre, avec les cendriers jusque dans les coursives, et les vitres que l’on pouvait baisser pour prendre l’air en plein visage, pendant que le train file dans la nuit. On risquait bien d’attraper une otite au passage, mais c’était bien plus excitant que les fusées design des trains aseptisés d’aujourd’hui.

Je ne fumais pas, mais j’aimais faire claquer les couvercles des cendriers et relire sans arrêt les messages gravés sur les barrettes d’aluminium en bas des vitres : « Nicht hinauslehnen, Do not lean out of the window. E pericoloso sporgersi. Il est interdit de se pencher au-dehors. »

La lecture de ces fragments me faisait penser à tous ces beaux messieurs, chacun dans sa langue, une cigarette au bec, qui avaient dû méditer cet avertissement en regardant défiler les paysages de notre Europe en construction.

Comme j’avais commencé dès mon plus jeune âge à prendre régulièrement le train, cette opportune initiation aux langues étrangères m’avait sagement évité la décapitation. Je n’en appréciais que mieux mon plaisir à baisser la vitre et à passer le buste au-dehors, pratiquement à tous les arrêts. J’avais toujours senti un frisson sur les jambes en entendant la vitre rentrer dans sa gaine, pendant que l’air frais du quai me montait au visage avec son parfum de métro. Dans le compartiment bien clos sur le couloir mes compagnons de voyage pouvaient en profiter pour admirer mon cul.

C’est sans doute à cause de ces petits poèmes gravés sur aluminium, répétés à toutes les fenêtres du couloir et des compartiments, que j’ai fini par devenir une abonnée des lignes vers l’Allemagne. Avec une seule phrase apprise par cœur on est déjà moins dépaysé. J’aimais écouter les grincements des roues sur l’acier, juste avant l’arrêt, et regarder le ballast défiler sous la cuvette des W-C lorsque le train était lancé à pleine vitesse. J’éprouvais alors un malin plaisir à me déculotter, puis je prenais tout mon temps pour laisser l’air de la campagne entrer en moi.

Ce jour-là, accoudée à ma fenêtre pour regarder le printemps défiler, je dois dire que le mouvement du train me branlait un peu. Je me sentais toute chose, et j’hésitais à faire passer ma main sous la ceinture, comme ça, en public, quoique en étant appuyée tout contre la cloison personne ne s’apercevrait de rien. J’attendais la pleine nuit pour enlever mes chaussures malgré le tangage, et plaquer mes pieds sur le plancher des vaches. Les vibrations remonteraient le long de mes mollets, puis entre mes cuisses et jusque dans mon ventre en passant par mon sexe offert.

 

Nous étions encore dans le Sud quand le train tout entier commença à grincer atrocement des roues en entrant dans une gare quasi déserte. Les panneaux bagages et sortie étaient déjà allumés au néon, avec leurs insectes en fond de caisse. Autour d’eux la nuit paraissait encore plus noire, et inquiétante. J’aurais tout mon temps pour parcourir les journaux et avoir mal aux fesses, avant de pouvoir lire Ausgang et sortir dans une rue de Berlin.

J’étais rassurée en déchiffrant tous ces vieux panneaux français plantés aux quatre coins des carrefours obscurs, car je savais qu’ils ne me concernaient déjà plus. Je regardais avec plaisir les rues sombres aux alentours de la gare, avec leurs voitures et leurs piétons anonymes, autant d’ombres que je ne reverrais sans doute jamais et qui auraient pu me faire n’importe quoi. En suspension pneumatique dans une île de rêve mon corps ne faisait plus partie de ce monde. Je filais vers mon fiancé en anticipant un hypothétique plaisir, pendant que de toutes ses roues et avec tous ses rails le train voulait me faire participer au rythme de ses plus suspectes vibrations.

J’étais sortie côté couloir, ma poitrine collée à la vitre froide baissée à demi, afin d’exciter mes tétons et capter les derniers soubresauts avant l’arrêt total devant salle d’attente. Lorsque le train s’immobilisa dans un soupir de décompression j’eus la sensation d’avoir mouillé. Sous le soutien-gorge rendu serré je sentis mes tétons pointer atrocement, et lorsqu’une douleur tança mon ventre je faillis m’enfuir aux toilettes. Mais je préférai garder pour moi toute cette tension qui subjuguait mon pauvre corps.

A défaut de jouir sur le champ j’essayais de tirer du train le plaisir que je savais ne pas pouvoir prendre avec mon fiancé, qui non seulement n’était pas un maître-queux mais n’avait rien d’un chef en érotisme. Pour le reste il n’était pas très tactile, pendant que sa langue s’usait dans ma bouche avec tout son amour. C’est à peine s’il osait me peloter les seins et me sucer les bouts. Pour ce qui est de m’enfiler avec sa langue, en regardant l’enseigne toilettes grésiller sur le quai je ne pouvais même pas y compter en rêve. Non seulement il n’osait pas grand-chose, mais ses manœuvres tournaient bien souvent au fiasco.

 

Les wagons furent envahis par un invraisemblable raffut, le chant de guerre des ivrognes : « eh ! hoyé ! hoyé-hoyé-hoyé ! », et les quais résonnèrent d’un bruit de pas qui n’avait rien d’une marche. Il s’agissait plutôt d’une bande de jeunes appelés que d’une troupe d’élite en uniforme, la plupart avec un béret rouge négligemment fixé à l’épaulette, dans le genre Steve McQueen ; d’autres avec le même, mais sur la tête, très incliné jusque sur l’œil avec des airs d’Humphry Bogart.

Une autre bande portait un calot gris avec sa pliure extérieure béante et rouge, comme un croissant suspect ouvert sur sa confiture. En laissant vaquer mon imagination et en oubliant la fonction de la coiffe je n’y vis plus qu’un sexe de femme amplifié par quelque beau talent. Cette évidence me sauta pour la première fois au visage, pendant que les portes de la gare claquaient et que celles des wagons décompressaient dans mes narines leur parfum de renfermé.

Comme j’observais les fameux calots je ressentis une forte émotion jusque dans mon ventre, qui n’était pas du tout apparentée aux sensations que j’éprouvais lors des prémices de mes règles, sans toutefois présenter un signe patent de désir. Plutôt une faible crainte, qui ressemblait étrangement à ces moments où se découvrait pour moi quelque vérité, de celles que l’on voudrait refuser de toute force mais qui s’imposent avec une certaine douleur.

J’étais sexuellement frustrée par mon fiancé, militaire à képi de son état, alors que mon train mettait tout un régiment de calots à ma disposition. Le désagrément suscité par cette union entre espoir déçu et excitation coupable s’accrut jusqu’à la nausée, lorsque je vis ressortir sous le panneau défectueux des toilettes un autre groupe d’hommes.

Je crus aussitôt respirer l’ambiance des tinettes, alors qu’il était physiquement difficile que cette odeur parvienne jusqu’à moi. Ceux-là portaient des képis, qui appartenaient sans doute à l’armée de métier. Je me dis que je n’avais vraiment pas eu de chance, car c’était la première fois que je me retrouvais avec autant de militaires autour du train. J’espérais qu’ils ne s’engouffrent pas tous dans mon wagon, mais je sentais bien que mon corps désirait le contraire.

C’est à croire que la guerre est déclarée quelque part, pensai-je brusquement, comme pour me défendre, tout en portant une main sur mon ventre qui commençait à me faire mal. Mes tétons durcirent sans raison apparente au moment où dans un froissement d’air s’ouvrit la porte de mon wagon. Par réflexe je rajustai mon soutien-gorge et fis remonter mes jarretières. Déjà qu’à l’habitude je ne m’aimais pas vraiment, là je commençais sérieusement à détester mon corps. En fait j’aurais parfaitement pu me replier dans mon compartiment, afin de laisser passer tout ce beau monde.

 

Tout d’abord un groupe d’hommes en bérets est monté difficilement dans mon wagon. Les militaires trop chargés glissaient sur les marches métalliques et se prenaient avec leur barda dans la porte qui donnait accès à mon couloir. Comme une idiote je me tenais au bastingage, et pour me donner davantage d’espace je fis difficilement descendre la vitre aux deux tiers. L’impulsion que je lui imprimai sembla se communiquer à mon slip, comme si deux mains déterminées le faisaient glisser le long de mes jambes lisses.

Décontenancée, pour cacher mon visage empourpré je me penchai par-dessus bord tout en laissant mon cul dans le couloir. Stupidement je portai aussitôt une main sur mon bas-ventre, pour m’assurer que le slip était toujours là. Je sentais bien qu’ainsi penchée je me présenterais cambrée, mais je maintins ma décision têtue : pas question de me déranger à la moindre manœuvre, à chaque vague montante de passagers ! Alors que ma vie se pliait déjà au règlement de la cité universitaire, à la queue devant le restaurant, aux horaires des cours et aux caprices des professeurs ; non, là vraiment c’était marre, je n’allais pas bouger d’un poil ! Même la Grande Armée ne m’obligerait pas à déguerpir.

Le premier qui s’est engagé dans mon dos est passé assez facilement. En levant son sac vers le plafond il a failli emporter la loupiote. C’était un grand échalas, propre sur lui, avec une esquisse de moustache, très poli de surcroît, un jeunot qui ne devait pas avoir vingt ans : « Excusez-moi, Ma’ âme. »

Alors que j’étais penchée à la fenêtre ce jouvenceau rendu plus grand que moi laissa glisser ses deux cuisses sur mon cul. Je ne pouvais pas lui en vouloir, et cet effleurement me fit un effet des plus bizarres, un mélange de répugnance et d’envie qui n’était pas en proportion de cette rencontre inopinée. Mon troufion s’est tout de même retourné pour essayer de m’apercevoir. J’ai rentré la tête dans le wagon pour le remercier par un signe du menton, ce qui reste la moindre des politesses. Il faut dire que la jeunesse était plutôt bien éduquée à cette époque-là, mais pour un militaire on aurait pu citer celui-ci en exemple. S’il avait été cantonné en Allemagne j’aurais pu le présenter à mon fiancé, pour qu’il lui pistonne une promotion.

 

Le second a été plus difficile à faire passer. Comme il était plus épais j’ai été repoussée contre la carlingue froide du wagon. Malgré ce gain d’espace il s’est calé entre mes fesses. Son ceinturon m’a bien ferrée, et le renflement de son sexe s’est encastré sous mon pubis. L’homme était trop petit pour moi mais il a poussé, et je l’ai senti qui bandait obliquement.

Sous le choc je ne pus réprimer un « ah ! » qui me sembla bien coupable. J’ai mouillé aussitôt, tout en me traitant de garce. L’homme m’a poussée davantage en faisant semblant de se dégager. J’ai tourné mon visage vers lui, sans me rendre compte que j’avais ouvert grand la bouche. Il m’a donné un autre coup tout en fixant mes amygdales. Je l’ai trouvé assez mignon, avec ses grands yeux bleus ébahis et sa bouche plutôt ironique.

« Faites quand même attention ! », voilà tout ce que je lui ai dit pour briser ma stupeur avec un petit air méchant. Ce sont des paroles qui peuvent s’interpréter. Tout en lançant un gentil « excusez-moi Mam’selle » il s’est appuyé doucement pour bien me faire sentir sa queue, qui glissa sur ma cuisse gauche.

Je me suis retournée vers le quai sans rien dire, et au passage j’ai bien senti le dos de sa main passer sur mes fesses. Celui qui le suivait commençait à s’impatienter, et il lui a lâché quelque chose comme : « Allez, vas-y, avance mon gros ! Je crois que nous ne sommes pas dans le bon wagon, va falloir remonter la rame. »

Pour éviter tout malentendu j’ai dégagé le passage en me dressant sur la pointe des pieds, mais notre soldat en a profité pour me plaquer. Ma poitrine est passée par-dessus la vitre et j’ai entendu la voix émue de l’un de ses acolytes, assez loin derrière : « Visez-moi ça ! »

L’homme avait sans doute aperçu ma poitrine en se penchant à une fenêtre du wagon prochain. Je fus surprise de m’entendre énoncer presque à voix haute l’injonction inscrite le long de la rainure qui avait avalé le panneau vitré : « Nicht hinauslehnen ». Ma fente s’ouvrit nettement lorsque je m’appuyai jusqu’à me faire mal sur le tranchant du verre froid, mais malgré l’avertissement je restais penchée au-dehors, les doigts nerveusement crispés sur les froids pommeaux chromés qui m’avaient aidée à rabaisser la vitre. Je ne pus refouler le désir qu’elle emprunte ma glissière.

Le passant sur mon cul n’a pas vraiment insisté, mais sa ceinture m’a tout de même raclé les fesses et j’ai senti son souffle sur ma nuque. J’eus soudain l’impression qu’il respirait mon parfum, et la racine de ma queue de cheval me fit mal. Je ne me suis même pas retournée, et il m’a remerciée pour mes bonnes dispositions. Lorsqu’il eut remonté assez loin le wagon je l’entendis qui disait à un autre : « Moi je crois qu’y a du rabiot !

— T’as qu’à refaire un tour à la cantine ! » lui fut-il répondu en riant.

Je me suis dit que ça tombait à point, puisque le haut-parleur venait d’annoncer « dix minutes d’arrêt buffet ». À l’époque cet interlude se pratiquait encore dans les grandes gares, sans doute une astuce pour attendre les correspondances. C’était donc une bonne occasion pour mes soldats de redescendre par les quais et remonter dans le wagon, histoire de me repasser un coup de fer. Je dois reconnaître que je me sentais toute chiffonnée, malgré une petite honte qui me donnait la nausée. On a beau aimer son fiancé, la frustration ça rend parfois salope.

 

Tout s’est compliqué lorsque les militaires, qui étaient montés dans le train en file indienne, informés par le bouche à oreille, regardèrent à travers la première fenêtre dans le but de m’apercevoir penchée au-dessus du quai. Ils visaient surtout ma poitrine, mais mon minois semblait les rassurer. Je crois pouvoir affirmer qu’ils me trouvaient jolie. D’autant qu’en revenant vers notre wagon ils pourraient évaluer mon cul. Côté quai ils disposeraient de mes seins, et de mon cul côté couloir. De surcroît les premiers passages avaient dû leur démontrer que j’étais peu rétive.

De mon côté cette division des tâches imparties à mon corps avait fini par effacer ma honte, car je ne faisais que sentir les hommes frôler mon cul, alors que depuis le quai ma poitrine était seule visée. Je ne pouvais donc pas être tenue pour responsable des regards braqués sur elle, mais je me décidai à envoyer un signal fort en l’exposant bien davantage qu’elle ne l’était déjà. En fait je me sentais coupée en deux : ma tête n’était pas plus responsable de mon cul que ce dernier aurait pu l’être de ma poitrine. En étant découpée en tranches je pourrais vaincre la morale et les remords. Comme il ne s’agissait pas d’hommes ordinaires mais de militaires, l’uniforme me conférait une sorte d’immunité en me les rendant anonymes. Ils n’étaient décidément que des ersatz de mon fiancé, qui toutefois gardait sa position de totem.

Je me dis que je pouvais bien commencer ici ce qui se terminerait à Berlin : un uniforme en vaut bien un autre, et dans un demi-sommeil je me sentais capable de confondre leurs contenus. Par malheur je ne pouvais guère espérer que le sexe de mon fiancé soit la cerise sur le gâteau. Garantir mon plaisir avec lui revenait à souscrire une assurance d’orgasme.

Chaque homme qui passait derrière moi calquait son attitude sur son prédécesseur. Vous connaissez la mimétique : l’homme est un singe vicieux, et l’uniforme n’arrange pas l’affaire. Ceux-là n’étaient pas méchants, mais malgré mon ambition de devenir top-modèle je ne leur avais pas donné le bon exemple !

C’est vrai, dès le départ j’aurais dû balancer une belle gifle morale et bien sonnante, afin que mon éclat résonne jusqu’en queue de train. Mais l’initiation avait été mal faite, la file allait prendre ses aises avec moi, qui passais déjà pour une délurée. Mais nous étions malgré tout bien loin de l’attentat à la pudeur, et finalement je trouvais assez juste de compenser ma frustration prochaine par le vice partagé avec ces anonymes, qui de surcroît n’étaient que des homonymes de mon fiancé.

Lorsque le candidat se présenta à l’orée de mes fesses, tout fier de ses galons de caporal il dit fermement : « s’il vous plaît », comme si je lui étais redevable du passage. Le ton sous-entendait que je n’aurais pas dû me trouver là, et qu’en échange je devrais payer un droit de douane. Son attitude m’a énervée, et je me suis cambrée tout exprès pour l’empêcher de se faufiler.

Il s’est alors glissé entre mes fesses, mais au lieu de passer il a attendu d’être bandé droit avant de pousser. Ma jupe étant assez souple j’ai bien senti son bout sur ma culotte. J’ai essayé de me dégager, mais sans conviction. Plus je me plaquais contre la paroi du wagon, plus l’homme s’avançait, et quand j’ai poussé dans l’autre sens j’ai senti son membre à l’orée de mon pubis.

Sans rien dire on a fait plusieurs va-et-vient, comme si nous étions coincés. Il se trouvait juste dans l’axe, et je sentis mon slip rentrer lentement. Je me suis alors retournée comme une jument belliqueuse, et j’ai essayé de prendre un air méchant. Mais il a appuyé encore plus fort en me regardant durement. Je lui ai tout de même lancé un timide « non mais dites donc ! » 

Il était mignon, rasé de près, avec des joues rouges, le nez trop écrasé, des oreilles trop petites. Ses lèvres plutôt fines me souriaient. Les dents bien alignées me paraissaient trop larges, comme s’il portait un dentier, et légèrement poussées en avant. L’homme regarda l’échancrure de mon corsage rebondi, bien exposé à la fenêtre. « Je crois que nous sommes coincés », dit-il, en me poussant de sa queue.

Au lieu de protester j’ouvris la bouche sans dire mot. Il me prit carrément par les hanches, puis remonta jusqu’à la taille en faisant mine de me pousser latéralement. Mais ce mouvement eut pour seul effet de m’imposer sa queue, et je me dégageai violemment en risquant un torticolis. L’homme laissa enfin glisser son ventre sur mon cul, non sans caresser mes fesses au passage en appuyant fermement de sa paume.

 

Je voulus m’en prendre à ce militaire trop hardi, mais je fus aussitôt bousculée par son collègue plus costaud, qui tout en me lançant un « s’il vous plaît » assez brusque me plaqua fermement contre la paroi. Il s’était arrangé pour faire remonter ma jupe, et je sentis l’air du couloir passer sur ma peau nue. En butant contre mes pieds avec ses grosses chaussures il m’obligea à écarter les jambes.

Cette fois je sentis parfaitement la moiteur de sa main sur ma fesse gauche, à même la peau. Ce mécréant s’en prenait déjà à mon slip, quand je parvins à me retourner pour lui faire face – ce qui eut pour seul effet de plaquer sa braguette pile à l’endroit du cratère.

Je sentis aussitôt son sexe enflé. Je n’en revenais pas, car j’avais imaginé un simple appui sibyllin contre ma jupe, alors qu’elle avait été carrément relevée à mon insu. L’homme allait fatalement trouver mon sexe et se faufiler en épousant le tissu de mon slip comme un précieux condom.

Il faut reconnaître que ma jupe était tellement courte qu’elle pouvait se trousser facilement : il s’en fallait d’un coup de vent pour que tout le monde découvre mes cuisses. Reste que je me sentis complètement désemparée, car ma tentative de dégagement n’avait fait qu’aggraver la situation : ma poitrine était maintenant plaquée tout contre les décorations du militaire, qui s’enfoncèrent dans mon sein gauche : Il était sergent.

Nous nous trouvions front contre front, et il n’eut aucun mal à passer ses deux jambes bien droites entre les miennes, qui avaient été très écartées. Pour ne pas gêner son passage je levai les bras au ciel, mais il interpréta ce dégagement comme un signe de reddition et en profita pour prendre mes hanches à deux mains et me ramener vers lui. Je fis alors revenir mes bras pour le repousser de toutes mes forces en m’appuyant sur ses épaules, mais il était tellement plaqué contre mes seins que je ne pus obtenir aucun effet de levier. En pleine confusion je voulus lui décocher quelques coups de pieds au hasard, mais je me heurtai à ses bagages et y perdis un escarpin. J’entendis son camarade qui le suivait s’adresser au reste de la colonne : « faut redescendre, c’est pas le bon wagon. »

Il ne m’apprenait rien, puisque j’avais déjà capté cette information, mais je compris que ce brave serviteur faisait la circulation dans le seul but de rester seul avec son comparse. Je le reconnus pourtant : il s’était déjà pointé dans le couloir mais comptait maintenant reprendre un tour de garde ou plus simplement « rechercher son rabiot », comme il l’avait annoncé au moment de son premier passage.

 

Pendant ce temps le caporal qui m’avait quittée à cause du sergent était revenu sur ses pas. De son côté le préposé au rabiot qui faisait la circulation accompagna ses camarades jusqu’à la porte, et je compris qu’il la verrouillait de l’intérieur. Puis il bloqua le passage entre les deux wagons et revint vers nous, accompagné du grand jeune très poli qui m’avait heurtée en début de colonne, et du trapu aux yeux bleus qui tout en me donnant du « Mam’selle » m’avait savamment tripotée. Il me regarda pour forcer mon ressouvenir, mais je ne clignai même pas des yeux.

Je sus que désormais le wagon resterait pratiquement vide, hormis nous six, des étudiants à deux compartiments plus loin, et quelques personnes âgées au fond du couloir. Que les militaires voyagent dans ce wagon ou dans un autre ne posait pas vraiment de problème : ce n’était sans doute qu’une simple question de regroupement de leur compagnie. Par ailleurs le train était toujours en gare, et le contrôleur ne passerait pas de sitôt.

Le sergent qui m’entreprenait me laissa tout le loisir de prendre la mesure de la situation, et observa attentivement mes réactions dès le moment où cessèrent tous les bruits de porte et de pas dans les couloirs. Il scruta mes traits d’un air soucieux, pour s’assurer que mes timides gesticulations ne s’accompagneraient pas d’un appel au secours. Non, et il prit la mesure de sa victoire, alors que je tentais une nouvelle fois de le repousser. Comme pour me contredire mon pied nu glissa, et l’homme me retint par les hanches. L’une des étoiles acérées de sa barrette de décorations me piqua un téton, et l’aréole me fit délicieusement mal. Mon sexe s’ouvrit, je commençais largement à mouiller.

Au lieu de crier je me contentai de protester à mi-voix : « Salaud ! Salaud ! » comme pour le rendre responsable de mon émoi. Non seulement le souffle de ma voix contredisait l’injure, mais le ton n’allait pas de pair avec mes tentatives de dégagement.

 

Le caporal et le soldat trapu remontèrent la vitre derrière moi, et je sentis le contact du verre froid sur mon dos nu. J’eus soudain la sensation délicieuse que la vitre liquéfiée passait ma fente. Comme mes bras restaient impuissants à repousser mon premier assaillant je tentai de m’en servir contre le dangereux rapprochement des deux lascars. Mais aussitôt chacun me bloqua un poignet, de sorte que je me retrouvai crucifiée sur la vitre, en contact direct avec la nuit visqueuse et fraîche. Comme une idiote je répétais salauds ! à voix basse, par crainte de me faire comprendre.

Je devinais que ma jupe était maintenant relevée, puisque mes fesses ripaient sur la paroi métallique du couloir. Mon slip se trouvait donc exposé à la discrétion du premier passager malvenu.

Le sergent qui me plaquait contre la vitre passa lentement une main sous ma jupe, et se contenta de me regarder d’un air interrogateur, sans doute pour vérifier que je ne m’apprêtais pas à crier. Il ne tenait déjà plus compte de mes timides injures de « salauds ! » que je ne cessais pas de répéter en les ponctuant par des « laissez-moi ! » plus timides encore. Son visage à deux doigts de mes joues ressemblait à un tableau de Picasso, les yeux très bleus presque en contact, les poils grossis d’une barbe mal rasée à la Van Gogh sur une peau très pâle, des cheveux quasi rouquins et des oreilles décollées qui me semblaient entées loin en arrière. Son front trop proche me parut soudain si bombé que je crus y deviner des ébauches de cornes. Je remarquai ses mâchoires assez fortes, car il ruminait un reste de chewing-gum. Son souffle court se signalait par un zeste de menthe.

 

Lorsque le pouce de l’homme glissa sur le mont je ne pus m’empêcher d’ouvrir la bouche.

« Eh là ! Je vois que l’on s’est rasée ! dit-il en me palpant.

— Laissez-moi, je suis fiancée ! »

Voilà tout ce que je trouvai stupidement à redire en guise de protestation, comme s’il venait de me prendre la main. En fait je ne cherchais qu’à justifier par un prochain mariage mes bonnes dispositions organiques, comme si le fait d’être rasée m’interdisait d’être montée par le premier venu. Mais le sergent dut parfaitement comprendre que cette opération esthétique ne s’adressait pas qu’à mon seul promis.

« Il en a de la chance, ce type ! dit-il en écartant mes lèvres, d’avoir une femme comme toi qui se rase pour lui ! »

Je lui fais alors : « Allez, enlevez vos sales pattes, c’est pas fait pour vous ! »

J’essayai d’accompagner ma timide colère par un mouvement des bras, mais ses deux complices les maintenaient contre la vitre. J’eus l’impression d’avoir mouillé mes aisselles sur le verre froid. Le pouce passa ma fente et j’eus soudain honte, car mon militaire allait s’apercevoir que j’étais trempée.

« Eh là ! Eh là ! Dites-moi, c’est que je commence à y croire, moi ! » lança l’homme, en faisant descendre mon slip très doucement. J’essayai de refermer mes jambes, mais de gros sabots les maintenaient fermement bloquées.

Comme mon slip était descendu à mi-cuisse l’homme plaqua sa main et me força de ses doigts. Pour comble de honte il s’en vint me barbouiller avec mes glaires, et fit mine de me moucher jusqu’à contraindre ma bouche à s’ouvrir pour reprendre l’air. Je sentis alors que l’un de ses acolytes profitait de ma gêne pour faire descendre le slip le long de mes jambes, tout en les lissant de ses doigts. Pour l’ôter il demanda au sergent de débloquer mes mollets, et me fit relever un pied après l’autre. Je tentai de profiter de la situation, mais les grosses chaussures de mon bourreau m’écartèrent davantage. On m’enleva l’autre escarpin, de sorte qu’avec l’ébranlement du train je ressentis durement les vibrations des boggies à travers mes chevilles. Une crampe assez vive se déclara dans mon mollet gauche et la froidure de la vitre courut le long de mon dos nu.

 

L’homme qui m’avait ôté le slip se redressa pour me montrer son trophée, qu’il empocha fiévreusement. Je voulus détourner mon visage pour éviter son regard victorieux, mais je reconnus le jeune-homme qui avait été si poli avec moi. Il me plaisait bien, et sa timidité m’excita. Il devait s’en vouloir de participer à l’opération, et garda longtemps sa main dans la poche qui avait avalé mon slip. Il me regarda en rougissant, et je baissai les yeux pour ne pas le gêner davantage. Je n’étais pas vraiment contre le fait qu’il veuille s’amuser avec moi et profite de l’effet de bande pour perdre son pucelage. C’est sans doute à cause de lui que malgré mes bras désormais libres je n’essayais pas de me débattre ou de récupérer mon slip.

« Eh ben voilà ! » dit le sergent, qui se satisfaisait de ma sagesse, tout en retenant mes bonnes dispositions.

Je sentis aussitôt des doigts qui enroulaient le collant de ma jambe gauche sur sa jarretière, jusqu’à lui faire quitter mon pied. Deux mains moites remontèrent depuis mes mollets jusqu’en haut des cuisses. Une bouche avide suça mon gros orteil. La crampe de mon mollet s’accentua, et la douleur força ma bouche à s’ouvrir. Ma grimace fut aussitôt interprétée comme un signe de désir coupable.

« Oh là ! mais c’est qu’on est bien équipée ! » lança une voix, où je crus reconnaître notre préposé au rabiot, pendant que des doigts faisaient claquer violemment la jarretière de l’autre cuisse, qui provoqua sur ma peau fragile une sensation de brûlure. Puis mon bas fut ôté, mais avec moins de précaution que le premier. Mes pieds nus touchèrent enfin le sol du couloir. Je frissonnai, à cause des vibrations et de la froidure du linoléum, qui vint s’allier à celle que m’injectait la vitre dans le dos.

Le préposé aux jambes m’écarta les cuisses, en s’attardant pour me caresser. Ne sachant que faire de mes bras je me décidai enfin à croiser mes mains toujours crispées derrière le dos, tout en serrant la barre chromée qui courait depuis le fond du couloir jusque sous ma fenêtre. Il s’agissait sans doute là pour un militaire d’un signe de reddition, puisque aussitôt les doigts tremblants du jeune s’en prirent à mon chemisier. Le caporal l’aida gentiment dans cette tâche assez difficile.

Je voulus réagir, mais le gros replaça fermement mes mains derrière mon dos. Je me dis froidement que j’avais trouvé là une excuse pour ne plus rien tenter.

Aussitôt la langue du sergent entra dans ma bouche et rechercha la mienne, que je ne lui donnai pas. Toutefois il s’aperçut que je n’étais pas rétive, et me pénétra brusquement de ses doigts. Suite aux mouvements assidus qui accompagnèrent sa langue dans ma bouche je commençais de mauvaise grâce à remuer la mienne.

Mon chemisier était déboutonné, et les seins m’étaient douloureux autour des tétons qui pointaient effrontément. Le caporal découvrit que mon soutien-gorge pouvait se dégrafer entre les bonnets.

« Sésame ouvre-toi ! » dit-il, et aussitôt mes seins nus apparurent luminescents sous la lumière bleue de la veilleuse, comme s’ils passaient au détecteur de faux billets. Je fis semblant de vouloir me dégager, et soudain la crampe au mollet disparut pour remonter jusqu’en moi dans une contraction. Je mouillai, mes mâchoires se crispèrent et ma langue se durcit sur celle du sergent.

Des doigts frais et timides effleurèrent mes tétons, qui se dressèrent. Puis une bouche lippue et chaude s’exerça à me sucer. Comme je gardais les yeux fermés je crus deviner que le caporal guidait le grand jeune. Je n’étais pas mécontente qu’il puisse profiter de moi, pendant que ma bouche était occupée par la langue épaisse du sergent. Sous le coup du plaisir accumulé sur les tétons je ne pus m’empêcher de lui donner ma langue ramollie. Ma bouche s’emplit de salive, pendant que l’on me branlait lestement.

Cette application cessa soudain, alors que je commençais à jouir. Je n’osais pas reconnaître que je me refusais à être frustrée comme en Allemagne, et pour cacher ma honte j’évoquais en aparté ma situation dans le couloir : N’importe qui pouvait venir à tout moment, mais comme les militaires bloquaient le passage ma position me procurait une sorte d’intimité, et je finis par reconnaître sans mauvaise conscience mon besoin de jouir tranquille, alors que des doigts sauvages s’évertuaient méchamment à me frustrer.

 

Je sentis la main du sergent quitter ma chatte pour s’en aller déboutonner sa braguette. Je voulus dire « non ! » de la tête, mais je me trouvais bâillonnée par une langue. Malgré mes yeux décidément fermés je crus deviner qu’il ne s’agissait plus du même organe. Ma bouche était devenue accessible à n’importe qui, et des salives diverses aux goûts distincts s’y mélangeaient sans me répugner vraiment.

Le sergent prit aussitôt position et commença à me titiller le bouton avec la pointe de son gland. Il explora l’entrée par des mouvements concentriques, mais au lieu de me pénétrer directement le voilà qui reprenait ma bouche. Je me refusais à ouvrir les yeux pour vérifier qu’il s’agissait bien de lui. J’en oubliai de protester, en pensant à la frustration qui m’avait submergée lors du branlage.

En fait je n’étais pas bien placée pour être enfilée, et le sergent demanda à ses hommes de me positionner comme à l’exercice. Je compris alors que ce groupe de choc n’en était pas à sa première mission.

Les hommes répondirent de concert : « bien, sergent ! », puis ils me soulevèrent les jambes tout en maintenant mes genoux de manière à bien écarter les cuisses, pendant que mes pieds nus pendaient ballants.

La langue me quitta. J’ouvris les yeux, comme pour effacer ma honte par une preuve de courage. Puisque je n’essayais pas de me refermer et que je ne protestais pas le sergent m’enfila d’un trait après m’avoir bien regardée en face. Sous le choc le plaisir qui avait reflué revint d’un coup. Ma bouche emplie de salive s’ouvrit en grand et fut aussitôt assaillie par l’un des hommes, pendant qu’un autre reprenait possession de mon sein gauche.

 

Je lâchai un « ha ! » de surprise lorsque la queue du sergent vint buter au plus profond de moi. Je donnai aussitôt ma langue à la bouche du jeune, qui se fit un devoir de la sucer.

« Elle est bien dans l’axe ! Merci les gars, je vous laisserai un peu de soupe ! »

En manœuvrant mon menton d’une main ferme le sergent m’obligea à tourner mon visage vers lui. Mes lèvres glissèrent sur celles du jeune appelé, et sa langue baveuse balaya toute ma joue.

« Bon, maintenant ça suffit ! Comment est-ce que tu t’appelles ? » questionna le sergent.

Je lui répondis que je m’appelais Sonia. Il fit mine de se retirer, mais reprit aussitôt position à l’entrée.

« Et où donc t’en vas-tu comme ça, toute seule comme une grande, Sonia ? 

— À Berlin ! »

Il s’enfonça derechef jusqu’au fond, en m’adressant une grimace obscène.

« Et qu’est-ce que tu vas foutre à Berlin, hein, salope ? me demanda-t-il, comme si nous étions installés pour un interrogatoire.

— Je vais voir mon fiancé, ser… sergent. »

Pendant ma tentative de réponse il m’enfonça encore. Je sentis alors son sexe s’épaissir le long du couloir. L’homme me posait des questions pour mieux s’exciter.

« Et qu’est-ce qu’il fait donc à Berlin-hein, ton fiancé ? 

— Il… il est dans la… dans l’a… dans l’armée, sergent !

— Ah ! c’est un comble, elle est bonne celle-là ! T’es habituée à l’uniforme, alors ? »

À ces mots il se retira une nouvelle fois, revint, se retira, revint. Sa queue à présent était bien raide ; le gland avait enflé et elle me prenait de toute son épaisseur. Je ne parvenais plus très bien à parler. Le sergent se servait sans doute de ce test pour mesurer mon plaisir. À chaque fois qu’il me posait une question son complice retirait sa langue de ma bouche pour m’accorder la liberté de parole. Mais il laissa bientôt ma tête pour s’attaquer à mes orteils.

Symétriquement son compère lâcha mon sein, et tous deux s’en prirent à mes jambes pendant que ceux qui me soutenaient par les genoux suivaient ce mouvement en m’écartelant. Une langue chaude et vive s’attaqua à mon autre pied ballant.

Sous le choc je me cambrai davantage, malgré une douleur lancinante à l’aine induite par le grand écart, jusqu’à me présenter au désir du sergent. Il commença à donner des coups de reins à chaque fois qu’il se trouvait à moitié en moi. Je sentais son gland venir sur ma butée, et je poussais des « ah ! » qui se transformèrent peu à peu en râles.

« Mais c’est que ça lui plaît, mais c’est que t’es une vraie putain !

— Je… je ne vois pas pourquoi vous m’insultez ! »

Je reconnus volontiers que ma remarque n’était pas bien maligne.

Tout en me baisant régulièrement le sergent s’occupait de mes seins. Parfois il s’attardait au fond de moi, afin de bien me faire sentir sa queue. À ces moments-là il s’attaquait vivement à mes pointes, suçait les tétons et aspirait jusqu’aux aréoles. Avec mes bras placés dans le dos je me tenais à la rampe. Les épaules commençaient à me faire mal. Le sergent maintenant poussait des « han ! » à chaque fois qu’il parvenait au fond de moi.

Sous la pression ma chatte rendait l’air, qui résonnait comme des pets dans le silence du couloir. Les vaillants camarades du sergent se relayaient pour prendre mes orteils dans leurs bouches ; ils les suçaient et les léchaient, et leurs langues s’attardaient en passant dans les intervalles.

Ils commencèrent à remonter le long de mes jambes, jusqu’à l’intérieur des cuisses, qu’ils caressèrent d’abord de leurs mains chaudes, puis avec leurs langues, qui laissèrent sur ma peau frissonnante leur bave d’escargot.

Emportée par le plaisir je m’entendis répéter comme une machine : « Ah non ! Ah non pas ça ! Ah non pas comme ça ! » pendant que les deux vicelards se servaient de mes jambes comme de flûtes, sans oublier de passer sous mes genoux, qui à chaque coup de langue me faisaient cambrer violemment les reins.

Sans m’en rendre vraiment compte je commençais à participer activement à l’action du sergent, en allant à sa rencontre avant qu’il n’atteigne le fond. Afin de pouvoir assister ses mouvements les autres durent abandonner mes jambes après m’avoir lancé un frisson qui me secoua depuis le cul jusqu’aux cervicales.

 

Le train maintenant filait dans la nuit, et m’emplissait de ses vibrations. La vitre massait mon dos, pendant que mes reins appuyés sur la paroi métallique captaient le tac-a-tac des rails. Le sergent avait trouvé son rythme. Il allait et venait en moi en marquant la cadence avec des « han ! » et des « ha ! », pendant que retenue par mes bras je l’aidais à aller jusqu’au fond en poussant mon ventre vers lui. Il me regardait comme si nous participions à un même exercice, et guettait dans mes soupirs les prémices de la jouissance. Puis les deux derniers soldats qui avaient passé ma douane avant le caporal revinrent depuis le wagon suivant, sans doute pour rechercher notre sergent. Ils restèrent ébahis en découvrant ma position : jambes écartées et poitrine dehors.

« Eh là ! eh là ! mais qu’est-ce que c’est ? Mais qu’est-ce que vous faites ? Oh là-là ! »

Leurs interrogations effarées résorbaient ma panique.

« Ben tu le vois bien, dit l’un des aides, on la baise baise baise !

— Profitez-en, profitez, sucez-la, connards ! C’est pas tous les jours que se présente une occasion pareille ! »

Le premier passa sous moi pour atteindre l’autre bord. Il s’attaqua à mon sein, d’abord timidement, puis commença à me sucer sans ménagement. De l’autre côté son camarade en fit de même. Ils étaient obligés de maintenir mes seins à pleines mains, pour compenser le tangage que le train et la baise nous imposaient. Enfin, malgré le mouvement de mes reins et le ballottement de ma poitrine mes tétons furent sévèrement sucés. Je commençais à me tordre sous le plaisir.

En aidant les premiers à maintenir mon corps les deux nouveaux leur permirent de revenir s’occuper de mes cuisses et de mes orteils avec leurs mains, leurs doigts, leurs bouches, le tout en suivant les mouvements de baise.

« Ben dis donc ! Il l’a bien enfilée ! » remarqua finement l’un des nouveaux.

Désormais ma bouche, mes tétons, mes orteils étaient assaillis par les langues. Puis mon ventre fut découvert et léché. Une bouche suçait mon nombril, du moins quand une accalmie le permettait. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à jouir. Au début je fus tellement emportée que je faillis vomir ; mais ce qui m’en empêcha, curieusement, ce furent les suçons quasi douloureux et les violentes aspirations des aréoles, ensemble avec les mains nombreuses qui trituraient et pressuraient mes seins.

« J’espère qu’on n’aura pas de problèmes avec la police militaire, sergent ! » lança l’un de mes nourrissons entre deux suçons.

Mais le sergent s’était trop impliqué avec moi pour s’autoriser une réponse. J’avais affaire à un homme très appliqué qui se souciait beaucoup de mon plaisir. Je compris qu’il voulait me soumettre par ce biais, mais au fond je n’y trouvais pas d’inconvénient majeur, car mon fiancé n’avait su me mater que par son amour. Mais je me demandais ce que ces cinq salopards allaient bien pouvoir tirer de moi, si déjà je prenais mon pied en plein couloir !

 

Tous les mouvements furent bientôt coordonnés : sur mes seins, mes orteils, mon ventre, et jusque dans moi. Soudain je fus prise en râlant dans le tourbillon d’un violent orgasme. Le sergent n’avait pas encore gagné son plaisir, et il ralentit son rythme pour me permettre de reprendre mon souffle. Je restais un moment en suspens, la bouche grand ouverte pour aspirer l’air, et je vis le visage du sergent, si proche de moi qu’il s’en trouvait affreusement déformé.

Il lécha la sueur qui coulait sur mon front et mes joues, puis lentement redémarra son travail. J’essayais de me défendre avec des « non ! » en remuant violemment la tête, mais des doigts secs me saisirent aux tempes, et une langue au goût de tabac vint à bout de mes protestations.

On me malaxa les seins, puis un nouvel assaut fut donné sur mes tétons irrités. J’essayais de me rebeller contre le plaisir, mais le sergent commença à me caresser l’intérieur des cuisses, tout en me pénétrant avec une grande application. Il commençait à transpirer, mais je devinais qu’il n’était pas encore prêt à gicler.

Je tentai de me dégager, car je commençais à comprendre qu’à force de prendre du plaisir je deviendrais sa chienne. Comme l’Allemagne était encore loin j’aurais tout le temps de me faire baiser à mort. Mais je me fis aussitôt empaler par le sergent, qui tenait absolument à profiter de moi.

« Eh ! reste avec nous, espèce d’égoïste, crois pas que tu vas t’en tirer comme ça… je m’en vais te bourrer, moi, t’es pas encore en Allemagne, je te dis !

— Ah non ! Mon fiancé va s’en apercevoir !

— Et comment ! Je m’en vais te mettre une bonne giclée, et bien à fond encore !

— On va te remplir, nous autres ! » dit l’un des assistants, en soufflant sur mes orteils.

J’essayai de protester, mais je fus reprise sans tarder par le plaisir. Ma contestation s’embrouilla tellement, que les militaires éclatèrent de rire.

Le sergent m’avait reprise de plus belle, et je voyais qu’il s’efforçait de décharger, sans y parvenir. Les autres avaient abandonné mes seins et ma bouche : ils se contentaient de me dévisager pour surprendre l’instant de l’orgasme.

Voyant combien les traits du sergent s’étaient crispés, l’un d’eux lui demanda : « Est-ce que ça va aller, sergent ?

— Ça vient pas encore les gars, c’est une difficile !

— Vous devriez vous déboutonner, sergent, le prochain arrêt n’est que dans une heure, personne ne passera par ici ! »

Le sergent se retira afin de pouvoir défaire sa ceinture et abaisser son pantalon. Je m’aperçus alors que son sexe n’était pas vraiment plus long ou plus gros que celui de mon fiancé, mais parfaitement bandé et zébré de veines bleues bien gonflées. Je ne pus m’empêcher de penser en bonne ménagère que son sperme ne pouvait qu’être bon. Je regrettais honteusement de ne pas être fécondable. Alors il eût déchargé sans stress dès la première passe, et il ne me resterait plus qu’à préparer mon avortement dès ma descente en Allemagne. Je me sentis soudain prise de fièvre, comme si mon corps enfin libéré était parvenu au sommet du pic d’ovulation.

 

Le gland bavait déjà de tous mes produits, et je le trouvais tendu comme une grosse prune. Le foutre épais et fécond du sergent allait sortir par là, et serait irrémédiablement perdu. Je ne répugnais pourtant pas à ce qu’il m’ensemence. Le col se décontracta. J’aperçus les parties plutôt rouges, la racine du mât couverte de poils. L’homme était plat sous le nombril, un brin épaissi au-dessus, les côtes légèrement saillantes sur le sternum. À cause du débrayage vestimentaire son sexe avait perdu en raideur, toutefois suffisante pour me pénétrer.

L’un de ses hommes se positionna entre mon dos et la vitre afin d’encadrer mes épaules de ses bras, de sorte que déséquilibrée je battis l’air de mes mains, qui trouvèrent enfin des ceintures où s’accrocher.

Comme il ne restait guère de place pour les préposés à mes jambes le sergent prit en charge l’opération en me saisissant par les cuisses. Il m’obligea à lui ceinturer les reins puis me demanda de replier les jambes dans son dos. Ainsi placée il n’avait plus besoin de me soutenir, et je compris que si me prenait l’envie de le lâcher il me ferait subir les pires outrages.

Son pantalon était déjà retombé sur ses chaussures rangers, et son slip fut bientôt descendu à mi-cuisse. Puis il s’astiqua en deux ou trois passes en lâchant : « regarde ça ! » En effet je crus voir que sa bite avait dépassé la longueur de la hampe si fièrement portée par mon fiancé lors de ses rares performances. Il se frotta le long de mon ventre, entre pubis et nombril, puis me demanda de relâcher légèrement mon étreinte autour de ses reins. Il se positionna décidément à l’entrée puis glissa à l’intérieur sur quelques centimètres, s’arrêta et me demanda de lui enserrer de nouveau les reins.

Cet effort l’attira vers mon ventre et je m’enferrai moi-même, lentement mais sûrement. Cette fois je sentis ses poils sur mes lèvres, preuve qu’il venait de m’empaler avec mon active participation. Désormais nous étions attelés l’un à l’autre en travers du couloir.

Comme je commençais à transpirer le sergent s’exclama : « Allez-y donc ! Léchez-moi tout ça, connards ! »

Aussitôt mes seins furent léchés, sucés, pressurés, pendant que le sergent me prenait par les hanches pour m’imposer son rythme. Déjà je ne contrôlais plus mon corps, qui essayait de se passer de moi.

Au début les rythmes se contrarièrent, mais bientôt les deux machines trouvèrent à s’harmoniser. Comme je manquais d’air ma bouche s’ouvrait en grand, et sous les coups du plaisir je faillis me décrocher la mâchoire.

 

Profitant de ma langue tirée l’un des soldats laissa glisser sa salive jusque dans moi. J’essayai de recracher, mais il revint à la charge jusqu’à me remplir à satiété. J’en fus tellement écœurée que des spasmes de vomissement me subjuguèrent. Mais l’autre homme lâcha mon sein pour cracher à son tour, de sorte que je fus obligée de déglutir ce dégoûtant cocktail. Je me rengorgeai de honte, car pour moi cette prise était bien plus humiliante que le sperme fécond qu’allait bientôt m’injecter le sergent. Je sentis ma gorge se transformer en simple bonde. Je me demandais si tous ces méchants sucs n’allaient pas me causer quelque ulcère, mais tout au contraire je sentis que ce surprenant digestif avait mis ma chatte en appétit. Je me surpris à accepter non seulement le sexe du sergent, mais aussi sa personne, comme s’il avait été mon amant depuis toujours.

Alors que je commençais derechef à jouir ma langue fut prise en otage, et je pouvais entendre le souffle du sergent, avec le « han ! » rauque qu’il lâchait à chaque butée au fond de moi. De mon côté je ne jouissais que timidement, car lorsque ma langue n’était pas sucée j’étais méticuleusement observée. Non seulement ces gars voulaient me baiser, mais aussi s’assurer de ma soumission, puisqu’en ne pouvant pas leur cacher mon plaisir je leur prouverais avec mon acceptation une certaine reconnaissance.

Je me sentais trahie par mes expressions, plutôt que par mes vêtements pris en défaut. Quoi qu’il en soit il est plus facile de simuler l’orgasme que de dissimuler que l’on prend son pied. Croyez m’en, quand on vous prend pour une salope et comme une salope alors que vous ne dites rien, il est difficile de cacher ce que l’on est, car le plaisir pris confirme le jugement des autres.

Je ne ressentais cependant pas vraiment de honte, car je ne connaissais pas ces soldats, qui sans polluer ma réputation descendraient bientôt pour se perdre dans la nuit anonyme. Par contre pour ce qui est de l’amour-propre et du contrôle de soi j’étais plutôt marron, et comme à l’évidence je ne gouvernais ni mon corps ni mon plaisir je me persuadai n’être plus qu’une esclave exportée à Berlin. Je compris que mon calvaire était loin d’être achevé, maintenant que mon caractère forcé avait exposé mon vice à ciel ouvert. Lorsque des hommes vous aperçoivent ainsi livrée, leur imagination ne manque plus de sujet ; non sans raison, car vous leur avez joui en plein visage. Dès lors il n’est plus possible de jouer la mijaurée quand leur viennent d’autres projets plus féconds. Une fois leur lot remporté ils ne comprennent plus très bien vos raisons de résister. Pourquoi une salope ne se donnerait-elle pas à n’importe qui ? C’est à ce moment-là que vous passez pour une snob, puisque vous cédez à un sergent en négligeant les simples soldats. Ceux-là n’avaient pas besoin de boussole pour explorer mes vallées, et ils attendaient sans doute que le sergent désarme pour prendre leur tour de garde et m’imposer des saloperies bien plus grosses. Quand les fayots ont trouvé leur trou ils ne perdent plus le nord.

 

Bref je restais ainsi à la disposition du sergent, qui m’utilisait à sa guise en manœuvrant mes hanches, mais je dois avouer que je participais à la fête en enserrant sa taille. Je fus prise d’un mouvement réflexe, qui à chaque fois que le sexe s’éloignait me faisait étreindre le sergent. Ainsi accompagné il revenait en moi de son propre mouvement, et à chaque fois j’expulsais un « nicht » qui le faisait sourire.

Après une dizaine de minutes je m’aperçus qu’il commençait à jouir, et sans pouvoir me retenir je m’enfonçais dans le plaisir, rien qu’en le regardant. Je pensai alors à me laisser aller doucement sous le train, quand je fus emportée par un orgasme si violent que l’homme de tête ne fut pas de trop pour aider le sergent à me tenir. Pour ne pas couler je murmurais sans cesse : « nicht, nicht hinaus - nicht, nicht hinaus », en m’alignant sur le rythme des rails, comme une machine à vapeur sur le point de crever.

Malgré l’orgueil vaincu et le plaisir qui me submergeait, malgré quelques larmes de honte d’avoir joui sans dissimulation devant des étrangers, j’eus la présence d’esprit de souhaiter, afin de renier mon vice, que le sergent décharge à cet instant même, où tout à fait subjuguée je ne me serais aperçue de rien. Je me dis qu’au fond l’orgasme m’aiderait à faire passer le foutre.

Le sergent qui ne déchargeait toujours pas me regardait d’un air hébété, au bord de la jouissance, mais cependant satisfait de m’avoir infligé un deuxième orgasme. Alors que je revenais lentement à moi je sentis qu’il se présentait sur l’autre voie. Il s’engagea puissamment, comme s’il avait voulu se venger de n’avoir pas déchargé pendant mon orgasme, mais je refusai violemment cette proposition à grands renforts de « nicht », et il n’insista pas.

« Vous inquiétez pas, sergent, pour l’instant elle est trop concentrée, mais confiez-nous cette bonne bouteille, et nous la déboucherons.

— Moi je veux forcer personne ! » affirma sagement le sergent, qui rentra de nouveau en moi par la voie naturelle.

Non seulement je me sentais condamnée à assister de sang froid à son orgasme, mais j’étais désormais fixée sur la suite des événements : ses aides de camp allaient bientôt se payer avec moi des efforts engagés au service de leur chef. Mais ils devaient être déjà comblés en tant que voyeurs, tellement je me trouvais exposée. En me regardant jouir en gros plan ils pourraient dessiner la carte de mon plaisir et briffer leurs prochaines missions.

 

Je voulus me dégager pour ne pas assister à l’orgasme obscène de l’homme, car j’avais retrouvé toute ma lucidité, bien que je fusse parcourue par de longs frissons sur l’échine. Je transpirais encore, et dans le léger courant d’air je me couvris de chair de poule. J’éternuai violemment, et jointe à ma tentative de démission cette secousse fit dévisser le sergent.

« Eh ! dis donc ! Je crois que t’es qu’une égoïste ! Mais voyez donc celle-là : elle ne dit rien tant qu’elle prend son pied, et maintenant la voilà devenue pucelle ! Et la réciprocité alors ? Et l’échange, qu’est-ce que t’en fais ? Si c’est pas malheureux, cet égoïsme ! Tu me prends peut-être pour une queue, hein ? Ça t’arrangerait bien que je me finisse dehors ! Ah ! Mais non alors ! Tiens et tiens ! Je m’en vais te bourrer, moi ! Tu vas me payer le travail, et en liquide s’il vous plaît ! »

Il m’enfonça si profondément qu’il me fit mal. Mais l’audition de ses insultes m’avait excitée, et bien malgré moi je poussai un cri, tout en ramenant le bassin de l’homme en m’aidant de mes jambes.

Le sergent m’apparut presque souffrant, alors même qu’il s’apprêtait à décharger. Comme il pensait non sans raison que j’étais prête à redémarrer, pour démontrer sa mainmise il fit appel à ses aides, qui me dénouèrent les jambes toujours enlacées sur ses reins. Puis ils m’écartèrent, afin de bien me présenter.

Le sergent me montra sa queue avec un petit air narquois et je compris qu’il désirait maintenant prendre possession de sa muse. Il fit d’abord plusieurs passes, et dans un premier râle déchargea à environ un tiers, comme pour mieux me faire ressentir la chaleur de son foutre ; puis il s’enfonça et en petits coups brefs s’acheva au fond de moi. Désormais je pourrais difficilement nier avoir été baisée, possédée, et ensemencée en règle.

« Prends toujours ça ! » dit l’homme en se déhanchant.

Aussitôt je sentis que mon visage se couvrait de larmes, car je venais d’encaisser sans déplaisir le foutre d’un homme que je n’aimais pas. Je pensai tout simplement : « E pericoloso sporgersi ». Je ne parvenais même plus à réfléchir en bon français.

 

J’essayai stupidement de me refermer, mais pour ne me laisser aucun doute mon fiancé de fortune déchargea de nouveau, tout en continuant de m’astiquer. Puis il se retira brusquement, et ses hommes me remirent sur pied.

« Hinaus, sporgersi, do not, nicht, au-dehors, dangereux » : voilà quelles furent toutes mes pensées à ce moment-là !

Complètement décontenancée, pour me recomposer une attitude j’essuyais la sueur qui coulait sur mon front, tout en essayant de réajuster mon chemisier « out ». À force d’avoir été sucées les pointes étaient endolories, comme effacées, alors qu’entre mes jambes je ressentais encore les élancements provoqués par la bite du sergent Pericoloso.

Le foutre que j’avais reçu proche du bord commença à redescendre, pendant que je recherchais en tâtonnant mes escarpins abandonnés au couloir ; mais je ne rencontrai que les pieds des hommes qui m’entouraient.

Le caporal se mit à rire et me dit : « Eh là ! Ne va pas croire que c’est fini, t’es à nous maintenant ! »

Il me mit les escarpins sous les yeux, pendant que le jeune lui tendait mon slip qu’il avait ressorti de sa poche. Le caporal me fit comprendre qu’il me les rendrait, à condition que je sois sage. Sans slip et sans chaussures je me sentis totalement à la merci de ses hommes.

Après m’avoir aidée à rajuster mon corsage le jeune reboutonna mon chemisier, arrangea mes cheveux avec l’élastique de ma queue de cheval, et me rendit mon sac qui était tombé pendant l’assaut.

 

Le contrôleur se présenta dans l’instant, comme par un fait exprès. Je me dis alors que les salauds ont vraiment toutes les chances de leur côté, ou bien ces militaires connaissaient notre ligne ferroviaire pour l’avoir souvent empruntée, ce qui avait rendu prévisible le passage du contrôleur et facilité l’opération de ma capture.

Le sergent rajusta ma jupe en me regardant d’un air cynique, puis il essuya les restes de salive qui dégouttaient aux commissures, acheva de mettre de l’ordre dans mon corsage tout en me pinçant les tétons, puis passa un bras autour de mon cou, comme si je n’avais été qu’un flirt de permission. J’essayai de me dégager, mais il me retint.

« Tickets, s’il vous plaît ! » s’enquit le contrôleur, sans prêter attention aux autres, qui décidément devaient avoir quelque arrangement avec la Compagnie. J’étais assurément la seule à payer cash.

Le contrôleur remarqua mes jambes et mes pieds nus. À cette heure de la nuit j’étais sans doute sortie de ma cabine, prise par un début de sommeil. Cependant il parut étonné de me voir encerclée par tout un peloton.

« En principe votre escadron est cantonné dans les voitures de seconde classe », suggéra-t-il au sergent, tout en observant sévèrement sa réaction. Mais en m’adressant un sourire langoureux ce gros malin prétexta une visite à sa jolie fiancée : Malgré les consignes ses hommes lui avaient emboîté le pas, mettant en avant leur curiosité pour se faufiler en première classe. Le contrôleur exprima sa désapprobation, tout en me laissant entendre qu’il ne pouvait pas intervenir contre l’armée. Il se contenta de vérifier placidement le ticket que j’avais sorti de mon sac, et se rendit compte que mon compartiment se trouvait situé à deux mètres de moi.

« Bon, c’est vrai que le train est pratiquement vide.

— Heureusement qu’il y a l’armée pour remplir les caisses, releva le sergent en me regardant crânement.

— Oui, vous pouvez le dire », lui répondit le contrôleur, qui avait remarqué mon corsage en désordre. « Merci Madame, vous avez encore un long voyage, à ce que je vois…. Faites tout de même attention à vos bagages, ne vous éloignez pas de votre compartiment, et surtout, ne vous penchez pas au-dehors ! »

Il regarda les hommes d’un air marqué au coin de la complicité, avec un zeste de suspicion, toutefois sans fixer le sergent, qui avait passé autoritairement son bras autour de ma taille.

« Ne vous inquiétez pas, dit le caporal, elle est bien gardée. » 

Tous se mirent à rire, mais dans mon dos je sentis une main passer sous ma jupe pour descendre la raie de mon cul. Un pouce entra dans le trou, et je compris qu’il me fallait rire avec les autres afin de garder bonne contenance. Je me contentai de sourire au contrôleur, pendant que le pouce rentrait doucement dans mon cul et que le foutre glissait hors de mon ventre.

Je voulus retenir le contrôleur et lui demander de me trouver un autre compartiment, mais quand j’ouvris la bouche le pouce s’enfonça complètement dans mon cul, pendant que le sergent me serrait puissamment la taille. Je ne pus émettre qu’un « nicht ! » qui évoquait à la fois la surprise et la douleur.

« Êtes-vous sûre que tout va bien ? demanda le contrôleur, bien conscient que j’avais tenté de lui parler. Je compris que sous couvert de sa casquette il comptait bien marquer mon cul du sceau de son autorité.

— Mais oui, pas de problème.

— Alors, au revoir mademoiselle. Au plaisir peut-être. »

Comme pour m’inspecter il regarda avec dédain mon chemisier défait, qui trahissait mes tétons dressés. C’est alors que je me vis assaillie par une escouade de contrôleurs, et lorsqu’on me poussa sans ménagement dans mon compartiment je me dis qu’après tout les militaires n’étaient peut-être pas les pires des hommes.

 


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