Feu au train (Oeuvre réservée à un public adulte)

Feu au train

 

Train vers Genève.

 

Celui-là je peux dire qu’il a été direct : dès que je l’ai regardé il est venu tout de suite vers moi. Il s’est assis juste en face, alors que notre wagon fleurait le vide d’un train postal. À gauche de ma banquette, c’était libre. Devant et derrière aussi. En se décalant à peine il ne m’aurait même pas touchée.

Quand le monsieur a heurté mon genou j’ai réagi avec un « Aïe ! » plutôt agacé. Il s’est aussitôt excusé, et en fixant ma douleur j’ai dit poliment que ce n’était rien. Puis j’ai ajouté d’un air désinvolte, sans trop savoir pourquoi : « faites attention, quand même ! »

Méfiez-vous des phrases comme celle-là, leur air de rien en dit toujours trop. L’homme s’est assis sur le siège d’en face, genoux contre genoux.

Si vous poussez encore plus loin, « faites attention », ça peut vouloir dire : « allez-y, ne vous gênez pas, bourrez-moi en direct dans le train, mais gardez-vous de me faire un môme ! » Le monsieur a bien compris le message, sans se douter qu’il risquait vaillamment de m’engrosser à la place de mon mari. Avec les cheveux grisonnants de la quarantaine les hommes sont déjà moins timides. Ils savent quand on s’intéresse à eux, et de toute façon tentent leur chance.

C’est ainsi qu’une main droite s’est annoncée sur mon genou gauche, en passant sous ma jupe. Sur le coup je n’ai rien dit, et je n’ai pas retiré la main. Quand elle est remontée sur ma cuisse j’ai répété à l’homme de faire attention, en lui indiquant du regard que ma jambe empiétait sur le couloir. Il s’est retiré pour aussitôt investir mon genou droit, comme pour m’enferrer. Ça devait donc se passer côté fenêtre. À l’allure que prenait le train même un lapin assis sur le talus n’aurait pas pu nous apercevoir.

 

Je fis remarquer à l’inconnu qu’il s’était montré trop direct, bien que j’eusse accepté ses excuses pour avoir heurté mon genou. Pour toute réponse il m’a touchée à l’épaule en ajoutant qu’il me trouvait « sacrément canon ». J’ai avoué qu’il m’était plutôt agréable, mais à la façon dont nous étions partis il se figurait peut-être me baiser dans le train ? Il a répondu froidement « non », en m’assurant toutefois que les limites du wagon autorisaient d’autres débauches. Puis il s’est repris sèchement en déclarant un ton plus haut : « On ne sait jamais. »

Là je dois reconnaître que ce monsieur a marqué un point, car je commençais à m’interroger sur ses façons. J’aime les hommes dotés d’imagination, qui développent aussi un sens pratique. Ce n’est tout de même pas un hasard si les Suisses se sont spécialisés dans les montres. Mais dans le train et en plein jour, j’aurais bien voulu voir ça !

J’ai rabattu ma jupe sur la main du monsieur, afin de ne pas attirer l’attention d’improbables usagers. Sans rien dire il s’est penché vers moi et m’a embrassée franchement sur la bouche. Comme je n’ai pas protesté il a remonté ma cuisse en amont des jarretières, puis il a serré. J’ai essayé de le repousser, mais sans conviction, simplement pour voir s’il se montrerait habile. Et comment ! Il a tellement insisté que mes jambes se sont lentement écartées sous la pression de sa paume.

Sa main passait d’une cuisse à l’autre, et lentement j’ai fini par lui céder ma langue. J’ai remarqué au passage le goût mentholé de ces fumeurs qui ont fait vœu de s’arrêter par respect de leur femme. J’ai aussitôt revisité l’état de son cigare : L’enfant sera sain. Les situations brutales comme celle-là, ça vous accroche des wagons de pensées à la vitesse du train.

 

Pendant qu’il m’embrassait l’homme a libéré mes cuisses, pour s’en venir insister sur mon ventre fécond. J’ai vraiment essayé de brider sa prétention en dégageant ma bouche pour lui lancer un persiflant « ça suffit ! », mais je n’avais manifestement à ses yeux pas la moindre autorité.

Pour toute réponse il a bourré ma bouche de sa langue, pendant que sa main passait sous ma culotte. Il remarqua impunément que je m’étais rasée, sur un ton qui relevait de la simple pratique plutôt que de la flatterie : « Ah ! mais c’est très bien ! »

De mon côté je ne voyais pas encore comment cette petite opération pourrait lui faciliter la manœuvre, jusqu’à me baiser dans le train. Je fus prise d’un rire tout intérieur en murmurant en aparté : « Je voudrais bien voir ça ! »

Je me trouvais bien trop curieuse, au point que je finis par me demander s’il ne s’agissait pas d’une manœuvre de l’homme, qui sollicitait mon intérêt pour mettre son courage à l’épreuve. J’ai donc essayé de le repousser en tirant sur sa manche, mais il était plus fort que moi. Finalement j’ai laissé mes doigts refermés sur son poignet, sans plus rien tenter. Ma langue s’est aussitôt enroulée à la sienne, et je dus reconnaître que j’avais mouillé.

Du coin de l’œil je me suis alors aperçue qu’un couple avait traversé notre wagon sans trop nous prêter attention. Après tout nous étions assis comme des amoureux plutôt avides, et personne ne pouvait apercevoir le pouce de l’homme, qui caressait mon pubis glabre. Qui donc aurait pu m’entendre appeler, avec une bouche si bien remplie ? – Assurément, personne.

Le bâillon de sa langue m’étouffait presque, afin de bloquer mes gémissements, mais je suis certaine que vu de l’extérieur son baiser faisait tout à fait classe et digne d’un wagon de première. Personne ne se douterait que cet homme était pour moi un inconnu, d’autant que seuls d’intrépides mais rares marathoniens remontaient parfois notre wagon. Auraient-ils considéré mon challenger comme un intime, que rien n’eût transparu de ses manigances cochonnes.

 

Lorsque le train marqua un arrêt prolongé à la station principale l’homme fit calmement descendre le rideau, de sorte que personne ne risquerait de m’apercevoir depuis le quai. En effet un simple baiser ne vous met pas dans de tels états. Quand on commence à jouir en plein voyage ça se remarque aussitôt dans un train suisse, où vous devez tenir votre journal en respect. Vous pouvez donner un petit bec à votre ami en marge des petites annonces, mais en affichant un air propre et poli qui prouvera à l’évidence que vous ne vouliez choquer personne. Par conséquent j’avais tout intérêt à me tourner vers le rideau, et du côté wagon à prendre bien soin d’enlacer l’homme, afin de nous faire passer pour un couple de jeunes mariés. Si je m’appliquais à émettre quelques signes officiels les rares passagers de notre joli train excuseraient ce qu’ils prendraient à tort pour une passion. Seules les jambes de la promise frisaient l’indécence – surtout lorsque sous un assaut plus violent je perdis un mocassin.

Aussitôt l’homme me retira l’autre, et je crus tout d’abord qu’il voulait suggérer aux éventuels témoins un certain mal-être de mes pieds. Par conséquent une telle tenue paraîtrait excusable. Mais je compris aussitôt son intention lorsqu’il dégrafa mes jarretelles en me pinçant avec insistance. Soudain saisie par la douleur j’en éprouvai un plaisir coupable, comme si l’homme venait de me marquer au fer de sa virile détermination. Au besoin il n’hésiterait pas à me faire mal. J’en fus toute retournée, en pensant qu’ainsi je garderais comme un tatouage le souvenir de son assaut.

 

Après s’être assuré que personne ne remontait notre wagon, l’homme retira sa langue de ma bouche et se mit en devoir de dévider mes bas sans ménagement. Au lieu de protester je lui abandonnai mes jambes avec la même confiance que j’avais toujours accordée à mon chausseur de Zürich. En bon professionnel il laissa traîner négligemment mes bas noirs sur la moquette rouge, comme pour mieux attirer les photographes, et contrôla de nouveau le passage entre les fauteuils avant de rudoyer mes pieds par un massage qui n’avait rien de conventionnel. Puis il serra brusquement ma cheville droite en sachant pertinemment qu’il me faisait mal. Comme je ne protestais toujours pas il remonta de ses mains fermes le long de mes jambes, jusqu’à retrouver le territoire de peau nue qu’il avait déjà exploré entre mes cuisses en passant la douane des jarretières. Encore un petit coup d’œil dans le couloir, et il m’écarta davantage les jambes, baissa à peine mon slip et me pénétra de ses doigts d’un coup sec. Je ne pus éviter d’expectorer un spasme des plus vulgaires, et aussitôt il me bâillonna de son autre main. Puis sans se démonter il me branla fermement jusqu’à obtenir une légère plainte. Je me trouvais à présent dans un tel état, que n’importe qui aurait pu me baiser.

Voyant que je ne risquais plus de crier à cause de ma bouche trop serrée, le monsieur réalisa l’exploit de dégrafer mon soutien-gorge. Cependant il n’alla pas plus loin de ce côté-là et me fit comprendre que je devrais l’aider à retirer mon slip, déjà descendu à mi-cuisse. Je me sentais humiliée, mais avec un début de plaisir une certaine frustration s’en vint contrecarrer mon orgueil, alors que je commençais à envisager une rapide copulation. Si je tenais à jouir pour me libérer mieux valait aider l’homme, qui une fois réalisée sa performance achèverait de me branler.

Il m’enleva donc le slip et récupéra mes bas abandonnés au sol, puis sans me consulter ouvrit mon sac et y déposa son butin. Mais au lieu de s’appliquer il me laissa ouverte et poussa doucement mon buste vers l’avant, me fit plier la tête, passa ses mains dans mon dos pour libérer franchement mes seins de leurs bonnets. Comme le soutien-gorge avait été dégrafé il n’eut aucun mal à le faire glisser sous mon pull, puis sans prévention à le retirer d’un mouvement brusque.

Je sentis aussitôt la laine, qui adhérait aux aréoles. Mes tétons durcirent douloureusement, mes seins se bandèrent et mon pull vint en coiffer la forme. L’homme titilla mes tétons à travers les mailles, puis me pinça jusqu’à la douleur. Il me regarda avec insistance pour me confirmer qu’il le faisait volontairement, et que je n’avais aucun intérêt à protester, si je voulais éviter le pire. Je compris alors qu’il était prêt à prendre le risque de me faire crier en plein wagon, pourvu que je sois atrocement punie à la moindre résistance, mais il me demanda seulement de garder la bouche ouverte. Sur le moment je lui en voulus, d’avoir profité de mon émoi pour dépouiller mon buste, mais je lui obéis. Non seulement il n’avait pas froid aux yeux, mais savait s’y prendre pour me déshabiller et me préparer, tout en me réduisant au silence par la douleur.

 

Mon fauteuil était trempé et glissant, et mon ventre fut pris de spasmes. Force fut de constater qu’il n’appelait plus de simples doigts. Non seulement l’homme avait réussi à capter mon intérêt pour sa manœuvre, mais après avoir engendré une frustration insoutenable il avait substitué à ma curiosité une cruelle envie d’être foutue. J’avais honte, mais à chaque spasme la curiosité relançait mon désir, qui lentement prenait le pas sur la honte.

Je me posais toujours la question de savoir comment l’inconnu allait pouvoir s’y prendre pour me baiser là, dans le train ; mais cette interrogation était à présent très angoissée, car après avoir été honteusement frustrée par la partie de branle je craignais seulement que l’homme ne me refusât le plaisir. Il pouvait tout aussi bien m’abandonner après une rapide fellation, avec son foutre et mon humiliation, sans slip ni soutien-gorge, forcée de quitter le train sans même avoir joui. Je serais alors obligée de descendre, puis de traverser la gare jusqu’aux toilettes pour renfiler mes frusques et peut-être me faire sauter par le premier venu. De toute façon je ne pouvais tout de même pas reprendre mon travail ainsi vêtue, ou aussi dévêtue.

 

L’homme n’avait sans doute pas voulu me frustrer, ni me vexer, mais seulement me préparer à l’assaut. Par conséquent il n’avait nulle envie d’opérer avec ses doigts, et en manquant la prise directe j’aurais de fortes chances de rester sur ma faim. En attendant il rangea calmement le soutien-gorge dans mon sac, et malgré une fouille attentive ne trouva ni condom ni pilule d’aucune sorte. Lorsque je relevai son vif intérêt pour ma ceinture je voulus manifester ma réprobation pour le peu de soins qu’il portait à mon sac laissé béant : « Dites donc, vous ne travailleriez pas du chapeau ? »

Tout en refermant soigneusement le rabat il se mit à rire de cette expression vieillotte empruntée à ma mère, et attira mon attention pour mieux me faire entendre le déclic du fermoir. Si je refusais ses avances il jetterait toutes mes affaires par la fenêtre. Mais voilà qu’en actionnant de nouveau le fermoir pour m’agacer il me regarde droit dans les yeux après avoir jeté un œil entre mes cuisses : « Allez, enlevez donc ce damné porte-jarretelles… je ne vais pas faire tout le travail ! »

Comme il ne s’en prenait pas à ma ceinture je poussai un soupir de soulagement, qu’il interpréta comme un acquiescement blasé. Je m’exécutai pour son plaisir, tout en craignant qu’il ne me fasse crier en me pinçant. Déjà privée de bas le porte-jarretelles ne me servirait à rien. Toutefois je me sentis moins protégée sous le nombril, et mon ventre moins tenu se détendit. Comme le slip m’avait déjà quittée ma peau se retrouvait nue depuis les chevilles jusqu’à la taille, en passant par les cuisses. Je m’excitais tant, que j’en eus mal au bouton. L’homme introduisit son pouce dans ma bouche, et je le suçai béatement.

 

J’eus à peine le temps de déposer le porte-jarretelles dans mon sac, que le contrôleur se pointa. Je ne sais pas pourquoi, mais il remarqua aussitôt mes pieds nus, puis mes jambes, sans doute écartées au-delà des normes. Je lui présentai aussitôt mon ticket, mais en oubliant de refermer la bouche. Il me regarda avec suspicion puis se tourna vers l’homme, qui à son tour lui tendit son ticket en prenant un air supérieur qui ne fut pas sans m’agacer. Le contrôleur évita de me regarder et lui fit alors remarquer que son sac et sa veste étaient relégués loin devant. C’était assez inexplicable, puisque l’homme se trouvait en ma compagnie.

« Vous avez raison ! » répliqua l’autre, pour se le concilier, « je n’y ai même pas pensé… Dès que j’ai aperçu mon amie je me suis levé sans réfléchir. »

Le contrôleur regarda encore une fois mes jambes, puis mes joues rouges d’excitation et de honte, et il dit simplement à l’homme : « Oui, je vous comprends. Prenez garde à vos affaires : si la sécurité monte votre sac paraîtra aussitôt suspect ! »

Je décelai une certaine complicité entre les hommes, qui me déplut. Il faut savoir qu’en Suisse nous sommes des féministes convaincues, et dans mon délire j’en étais venue à me demander si les deux hommes n’allaient pas s’entendre pour me baiser de concert. Cette pensée baroque m’invita au plus trivial des cocktails, et sans que je puisse l’en empêcher ma bouche s’ouvrit plus grand. Je n’en pouvais manifestement plus, et il me sembla avoir été démasquée par le contrôleur, lorsque après avoir fixé sévèrement mes tétins dressés il me demanda sur un ton plutôt ironique, en montrant mes chaussures : « Madame a mal aux pieds ? Puis-je faire quelque chose pour vous ?

— Merci ! lui répondis-je, anormalement émue, vous êtes gentil, mais ce n’est pas grave, les nouvelles pointures, comprenez-vous, ne correspondent plus aux normes, et comme c’est un cadeau je n’ai pas essayé… »

Je me surpris en train de me raconter au contrôleur, comme pour justifier un vice imaginaire. J’achevai ma phrase en bredouillant. Le contrôleur nous laissa, après avoir lâché un « bon voyage » conventionnel, mais en prenant un drôle d’air rentré, comme s’il était content de se débarrasser de nous. Aussitôt l’étranger m’attaqua, en faisant mine de me pincer : « Allez, défais donc cette ceinture ! »

Alors même qu’il regardait précisément la boucle qui fermait ma taille je relevai honteusement qu’il venait de me tutoyer. Encore sous le coup du contrôle je continuais à bredouiller sans pouvoir répondre. Je me sentais toute hypnotisée, mais je me rassurais à l’idée que ma jupette tiendrait parfaitement son rôle, grâce à ses boutons : la ceinture n’était peut-être pas indispensable. Elle ne répondait qu’à l’esthétique, tout en me protégeant sur le devant. D’autant que j’avais perdu la bande stretch du porte-jarretelles, entre pubis et nombril. Sur le coup je regrettai de ne pas avoir passé ma guêpière. En ôtant ma ceinture je me sentirais sans doute plus ouverte, puisque mon corps ne serait plus divisé par le net marquage de la taille. Tout en m’exécutant je me suis tout de même demandé si mon entrepreneur n’avait pas l’intention de m’enlever carrément la jupe. À propos de solutions techniques il faisait plutôt montre d’un sacré toupet !

 

Une fois ma ceinture ôtée et sagement rangée dans mon sac avec le slip, le soutien-gorge, les bas, le porte-jarretelles, je compris que plus rien ne viendrait barrer mon corps. Comme le passage du contrôleur m’avait stressée, mes jambes s’étaient déjà refermées, et l’homme les écarta de nouveau. Lorsqu’un passager qui revenait des toilettes nous jeta un bref regard on me fit comprendre que je devais garder mes jambes écartées, et la bouche à demi ouverte. Mon cœur battait de peur, que l’on me demande de déboutonner ma jupe. « Voilà qu’il faut tout recommencer », me lança le monsieur, non sans une certaine colère bien contenue, comme s’il y allait de ma faute. Je fus soulagée en l’entendant pester contre les poinçonneurs, mais je crus deviner qu’il m’aurait bien volontiers giflée.

De nouveau l’homme me massa les pieds, mais plus nerveusement, en redoublant de force ; puis il remonta mes jambes en appuyant, passa ses mains entre mes cuisses et s’estima satisfait lorsque je fus secouée par un gros frisson. Les mains remontèrent plus haut, et je m’excitais en pensant aux doigts qui allaient entrer en moi. Sous le coup je me cambrai, mais l’homme se contenta de me caresser pour enfin glisser entre mes lèvres le thermomètre d’une phalange, qui fit le tour de l’entrée en dessinant un O. Après avoir remonté mon pull il s’essuya sur mon ventre. Je sentis les glaires qui barbouillaient mon nombril.

Les mains chaudes remontèrent sous le pull, cherchèrent les seins, qui furent aussitôt pelotés. Les tétons pointèrent et me firent mal. Le monsieur les pinça de nouveau en examinant ma réaction, jusqu’à m’arracher une grimace à la limite du cri ; puis il les branla en s’aidant des glaires qui mouillaient ses doigts. Décidément il voulait me marquer au fer de la douleur, et je pensai à un piercing endiamanté, qui eût commémoré ma reddition. Lorsque mon bourreau laissa ma chair contusionnée je ressentis un coup de frais sur les tétons, et mon souffle se fit court.

 

Mon sein droit fut soulevé d’une main, suivi de son jumeau, puis mon maquignon les soupesa pour en estimer les masses. Après les avoir remontés ensemble au plus haut il les relâcha brusquement. Je lançai un petit cri de souris, et un minet placé loin devant se retourna, mais n’aperçut que mon visage. Je me risquai à prendre un air impassible, comme si j’étais en train de lire mon journal.

Quand un nouveau candidat aux toilettes passa près de nous je n’eus même pas le réflexe de refermer mes jambes, qui cette fois ne laissèrent pas l’ombre d’un doute. Sans déplacer mes talons j’écartai davantage les genoux, comme pour offrir mon ventre à tous les passagers.

L’homme fit sortir mon pull, qui jusqu’alors était resté engagé dans ma jupe malgré le désordre de mes effets ; puis il l’enroula jusque sous les seins. Je me demandai alors s’il allait oser, pendant que le passant était toujours enfermé dans les toilettes. Mon amant d’un jour aurait-il le temps d’agir avant que l’autre ne revienne ?

Soudain, sans crier gare, il osa : mon pull fut remonté jusqu’au cou, et je sentis la langue de l’homme, puis ses dents sur mon téton gauche, déjà douloureux à force d’avoir été pincé. La bouche tiédasse aspira l’aréole et me fit un tel suçon que mon cul se leva du siège. Quand le poulpe se relâcha je retombai comme une masse.

Aussitôt le téton droit fut abondamment sucé, au point que je commençais à gémir, et surtout à espérer que l’homme me pénètre de ses doigts. Mais il n’en fit rien, et derechef l’autre aréole fut aspirée. Je distinguais nettement les dents de l’homme, qui me titillaient le téton. Aussitôt la douleur se mêla au plaisir, et descendit jusque dans mon ventre. Puis à force de suçons il me fit râler, et mon sexe s’ouvrit d’instinct.

 

L’homme me maintint ainsi les seins à l’air, et me suça jusqu’au moment où l’on entendit un bruit de chasse d’eau dans les toilettes, qui fort curieusement rendit mon sexe liquide. Je commençais à être prise par la peur d’être aperçue ainsi sucée, poitrine battante et jambes écartées, nombril à l’air, subjuguée par des spasmes qui remontaient depuis mon ventre jusqu’à me faire baver de plaisir.

L’homme continua de me sucer intensément, comme s’il avait voulu pousser mon angoisse jusque dans ses derniers retranchements. Il attendit le bruit du loquet pour relever mon pull au-dessus du nombril. Je voulus le couvrir et refermer les jambes, mais l’homme m’en empêcha d’un geste. Quand l’autre revint des toilettes et me regarda effrontément non seulement je ne refermai pas mes jambes, mais je n’eus même pas la force de maintenir mes lèvres closes, tellement le plaisir restait intense sur les tétons.

« C’est bien ! C’est très bien ! me dit l’homme doucement, tout en tapotant mes genoux. Au fait, comment est-ce que tu t’appelles ?

— Sonia.

— C’est bizarre, comme prénom.

— C’est plutôt suédois, monsieur. »

 

J’en demeurai coite de stupéfaction. Je venais de l’appeler « monsieur », comme pour m’adresser à mon vieux maître d’école ou au premier secrétaire de l’ambassade. Je lui étais donc soumise à ce point, suspendue à son bon vouloir ! Il m’avait si bien manœuvrée que je n’attendais plus que sa permission pour décharger les tensions de mon corps, si fortes que j’en avais la gorge nouée. Sous le coup du désir j’esquissais un mouvement pour aider mon plaisir, mais l’homme me retint d’un geste : « Voilà, c’est bien. » Il était conscient de m’avoir entendue l’appeler « monsieur » et se gardait bien de m’en faire la remarque.

« Ouvre donc la bouche, que l’on voie mieux les dents, là, comme ça, tire la langue, ouvre un peu plus… c’est parfait ! » Il n’avait rien contre le respect et le vouvoiement, mais à sens unique, et prenait insensiblement le ton du professeur qui commande à sa bonniche pour lui faire exécuter on ne sait quelles tâches de bureau.

« Bien ! Bien ! Maintenant, les mains derrière le dos, les épaules en avant… parfait. Écarte encore les jambes… c’est bien… On ne bouge plus… On bombe le torse, on se cambre… »

C’est alors qu’il sortit de sa poche un appareil numérique. Lorsqu’il le braqua ostensiblement sur moi j’ébauchai un geste de refus en dégageant mes bras de derrière mon dos, mais je repensai aussitôt aux pincements sur les tétons : soumise, je renonçai. Courageusement, je tins la pose.

Il y eut un flash aveuglant, puis l’inconnu souleva mon pull, recouvrit ma tête avec cette cagoule de fortune, et à travers les mailles me transperça de ses prises. Après avoir tranquillement replacé mon pull il s’accroupit sans dire mot, et je ne compris son intention qu’en ressentant la taille de ma jupe remonter sur mon ventre irrité. « Il va me la déchirer » murmura la voix de maman, toujours habillée sous moi.

Comme une idiote je restai transie, et un autre flash figea ma chatte dans la lueur de l’éternité. Puis l’homme rabattit ma jupe et me remercia en serrant mes joues entre deux doigts. J’espérais qu’il ne s’en aille pas, et que le petit oiseau de l’appareil ne remplacerait pas le gros, le seul vrai.

Je reçus un petit bec sur les lèvres, et au passage une langue fouilla mon oreille. L’homme me montra aussitôt à l’écran les photos qu’il venait de prendre. Curieusement on n’y voyait pas ma tête, mais seulement mon sexe et mes seins.

« Voilà, tu es contente, j’espère ?

— Tout à fait, monsieur. »

Je n’en revenais vraiment pas, hypnotisée comme une dinde par je ne sais quel sortilège. Transie, je ne pus m’empêcher d’exprimer ma peur : « C’est tout ? »

Je craignais en effet qu’il ne s’abstînt, sans me rendre compte que ma question posée sur ce ton-là revenait à admettre sans aucune pudeur que j’exigeais maintenant de lui bien davantage que des photos numériques. Les pixels c’est bien beau, mais ça ne fait pas jouir.

L’homme se mit franchement à rire, comme pour me rassurer : « Mais non, pas du tout, t’inquiète donc pas, ma poule ! Garde seulement tes mains dans le dos, et t’occupe pas des autres ! »

Je me sentis humiliée, d’être aussi vulgairement appelée « ma poule », mais ces mots me firent mouiller.

« Dis-toi seulement que le contrôleur ne repassera pas de sitôt, et que le prochain arrêt est dans une heure. Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ? Plus personne ne montera, et à l’arrière ce sont les secondes. Donc le wagon est bouclé. Verstehen ? »

Je répondis « oui » en hochant timidement la tête. Mon sort était donc scellé : ce prétentieux était bien décidé à profiter de moi jusqu’au dernier flash.

 

« Voyons donc cette jupe », dit l’homme, sur le ton du médecin qui s’apprête à réduire une entorse. Je craignis un instant qu’il ne veuille me l’ôter en plein wagon ; mais il se contenta de l’explorer dans ses moindres replis. Tout en gardant mes mains derrière le dos je ne pus m’empêcher de me cambrer, rien qu’à l’idée qu’il puisse avoir l’audace de me sucer. Imperceptiblement mon cul glissa sur le siège que j’avais mouillé.

Vous savez comment sont les hommes : ils jouent aux connaisseurs, mais ne s’y entendent guère en matière de jupons. Pourvu que ça les excite, ils se battent les flancs du reste. Le problème, c’est que celui-là s’apprêtait à me trousser au vu de tous, sans même s’être aperçu que ma jupe s’ouvrait sur le devant. La faille n’était pas bien visible, car le raccord opérait entre deux plis, parmi d’autres tout aussi nets. Craignant le pire je me sentis obligée de lui livrer mon secret.

« Suis-je donc bête ! dit-il.

— Ça vous guérira de l’obsession des ceintures ! » lançai-je, pour me venger. Je faisais la fière, mais je n’en pouvais plus. Ma gorge était nouée par l’angoisse d’être surprise par un passager, ainsi pâmée.

Dès que l’homme découvrit l’astuce avec un « ah ! » mon sexe s’emplit de glaires. Je trouvais très excitant de garder les mains derrière le dos, tout en donnant de précieuses indications, comme un vétérinaire qui oriente l’étalon pour une insémination naturelle. Je me dis qu’enfin les juments se mettaient à parler comme dans les mauvais films, mais pour une fois au moment opportun.

 

Ma jupe se divisa sur le devant, jusqu’au ventre, et en me penchant j’aperçus mon pubis rasé. Mon bouton douloureux pointa et devint dur comme jamais. Comme une idiote je me surpris à penser au fermoir de mon sac. L’homme me demanda d’écarter encore les jambes, afin de mieux m’ouvrir ; puis sa tête se cala entre mes cuisses. Sous la violence de l’attaque je me déhanchais, et poussai impunément mon ventre vers lui. Je ressentis un plaisir qui imita lestement la douleur que j’avais encaissée sur les tétons, et pour ne pas crier je m’agrippai à mon sac.

Désormais mon cul reposait à peine sur le siège ; quant à mon sexe, il se trouvait tout en dehors. Sans même réfléchir je me soulevai, afin de retrousser ma jupe. Je sentis que mes fesses épousaient la peau synthétique du fauteuil, délicieusement tiédasse et collante.

L’homme comprit le sens de la manœuvre en s’emparant à pleine poigne de mes fesses, pendant qu’un doigt rentrait dans mon cul. Aussitôt une langue dure pénétra jusqu’au fond de moi, et je recommençai à jouir. Je me dis que ma jupe n’avait pas été enlevée, mais c’était tout comme : mon cul n’était guère protégé que par le siège, et mes cuisses ouvertes jusqu’en haut. Seule la ceinture nourrissait mon illusion de ne pas être nue. Mais c’était mieux ainsi, car je me trouvais moins exposée aux regards, d’autant que ma poitrine n’était pas à découvert. Seul mon ventre était livré à la langue, mais je ressentais parfaitement les doigts qui tripotaient mon cul. Comme je me montrais docile l’homme s’enhardit et se moqua de moi. Tout comme ma bouche mon cul s’ouvrait aux investigations. Je me rassurai cependant, en me disant que dans ces conditions il serait difficile de me sodomiser.

 

Afin de contenir la jouissance qui montait je m’arc-boutais en poussant de mes pieds nus le fauteuil d’en face, les cuisses grand ouvertes de part et d’autre de la tête fichée en moi comme une grosse sangsue. Je poussai sur mes jambes pour éviter de jouir trop vite, et porter ainsi mon plaisir jusqu’au pinacle de la joie. Mais après plusieurs élans au lieu d’accoucher mon orgasme je brûlais de douleur : j’eus beau pousser, pousser, pousser encore sur mes jolis pieds nus, je n’obtins pas ma délivrance. Je pris alors la tête de l’homme entre mes mains, comme pour avorter à l’envers. Il avait beau s’appliquer de sa langue et fourrager mon cul avec ses doigts, j’étais transie par le plaisir, sans parvenir à le décharger dans l’orgasme. La jouissance qui se transformait lentement en douleur me remplit comme une immonde bonbonne.

L’homme refusa que je lui tienne la tête, et se recommanda d’un signe autoritaire pour que je replace les mains derrière mon dos. Si je n’obéissais pas il risquait de m’attacher. Aussi m’exécutai-je, bien que j’eusse aimé être livrée comme un paquet à toutes les volontés du train. Je réalisai alors que mes retards d’orgasme n’étaient pas de mon fait : à chaque fois que je me trouvais au bord le monsieur ralentissait, et me suçait plus doucement. Il ne tenait manifestement pas à ce que je prenne mon pied, tout en escomptant jouir en même temps que moi. Je devais donc l’attendre.

Je me tordais dans l’inconfort d’un orgasme qui décidément ne voulait pas venir. J’aurais voulu me finir, quitte à m’exposer définitivement à tout le wagon, pourvu que cesse ce douloureux plaisir, ou ce langoureux déplaisir ! Mais l’homme ne l’entendait pas ainsi : il me tortura jusqu’à satiété, m’interdisant l’orgasme, mais aussi l’illusion de redescendre, même frustrée, vers cet état insipide que nous appelons « normal », lors duquel nous sommes censées garder toute notre tête.

Je restais donc là, transie, au bord de la jouissance, jambes écartées, une tête inconnue entre les cuisses, quelques doigts dans le cul, mes mains dans le dos comme une condamnée, soumise au bon vouloir de ce perfide, lorsque tout-à-coup arriva ce qui devait arriver. Pas l’orgasme, non, non, mais une passagère du train, campée devant moi, qui assistait à mon supplice. Transie de honte je me surpris pourtant à lui faire des appels pour qu’elle vienne m’aider… non pas à me débarrasser de l’homme, mais à la lettre : m’aider à jouir, à décharger cette insoutenable tension.

Ma bouche béait à m’en décrocher la mâchoire : j’aurais été bien incapable de parler, et je suppliais l’inconnue du regard. Mais, me comprenait-elle ? J’espérais seulement qu’elle ne s’en aille pas tout de go appeler la police, car je n’avais pas envie de punir l’homme, sinon pour m’avoir ravi la même jouissance qu’il m’avait si généreusement procurée. Sans compter qu’une descente de police m’interdirait définitivement de jouir. Mais je contins mon délire, car je ne voyais pas comment la belle inconnue allait pouvoir voler à mon secours.

Elle appartenait sans doute à la dernière génération, shootée à la TV dès la naissance, transistorisée à mort par les films porno et l’écologie. C’est à peine si elle me regardait comme une bestiasse des reportages ou une branleuse des films X. Elle ne sembla même pas surprise de me trouver sur le chemin de ses chères toilettes, en train de me faire savamment sucer. Tout en s’approchant elle se contenta de tirer de son sac un téléphone, qui éclaboussa sans scrupules de son flash mon visage émacié. Toujours posément elle manipula le clavier de son appareil, sans doute pour envoyer un message à son petit ami affalé dans son fauteuil un wagon plus loin. L’affaire se présentait donc assez mal.

 

La jeune femme s’en fut vers les toilettes après s’être retournée une dernière fois, et l’homme émergea de la cale. Le plaisir accumulé me rendait malade à vomir. Mon nez coulait, ma chatte rendait ses glaires, mon cul s’offrait impunément au premier venu. Ma langue sortait de ma bouche entrouverte et mon visage congestionné me rappelait les grandes fièvres de ma jeunesse.

L’homme me regarda autoritairement, en me laissant entendre qu’il avait pénétré tous mes trous sans que je ne dise rien, de sorte que je n’avais pas de raison de jouer la pimbêche. Il rechercha jusque dans mon regard mon désir d’être baisée, et m’annonça de but en blanc qu’il allait me retirer la jupe. Je voulus protester, mais ma langue dérailla. Les tétons me faisaient mal, comme s’ils avaient été pincés beaucoup plus durement. Pour les porter en avant en guise d’offrande je voulus dégager mes mains toujours coincées entre mon dos et le siège, mais l’homme les remit en place et rentra violemment ses doigts dans mon cul, pour mieux me démontrer combien j’étais servile, et qu’il n’avait nullement l’intention de me ménager.

Aussitôt je sentis ses paumes sur mon ventre. J’espérais qu’il ne trouve pas les agrafes, qui seules maintenaient ma jupe au-dessus des hanches. Dans mon délire je ne cessais de dire : « Non ! Non ! Laissez-moi ! » Mais je n’étais obsédée que par une seule chose : jouir, décharger cette tension inouïe qui avait assailli mon pauvre corps.

Enfin l’homme trouva les agrafes, pourtant très discrètes, et fit glisser ma jupe sous mon cul, jusqu’à la coincer entre ma peau irritée et le cuir synthétique du fauteuil. Comme il me regardait avec autorité je compris qu’il m’enjoignait de décoller mes fesses.

Je voulus m’y opposer, mais je craignais qu’il ne s’en vienne aussitôt forcer le passage en tirant, jusqu’à déchirer ma jupe. Mieux valait obéir, d’autant que je n’en pouvais plus : ce salaud pourrait bien faire de moi tout ce qui lui semblerait bon, pourvu qu’il m’enfile, qu’il me pompe jusqu’à me faire définitivement jouir !

 

La robe glissa et je me retrouvai à demi nue : ma chatte était maintenant parfaitement visible, ainsi que mon ventre, mes hanches, mes cuisses dessus et dessous. Seul le siège protégeait encore la raie de mon cul et le bas de mes reins, le haut de mes fesses contre le dossier.

Finalement j’allais me faire tirer en plein jour, à même le wagon. Pire encore, je ne demandais plus que ça, mon corps n’aspirait qu’à ça, et il ne restait en moi plus une once de curiosité envers la stratégie de l’homme. Même la honte avait disparu, puisque les rares passagers du train ne me jugeaient pas vraiment : ils se contenteraient, comme la fille, de faire un petit reportage pour me présenter à leurs amis.

Des femmes qui se faisaient baiser, c’en était plein sur le Net, et leurs chattes bourrées sautaient d’un téléphone à l’autre à la vitesse de la lumière. Qui plus est, je me dis que je ne reverrais sans doute plus jamais, ni l’homme, ni les passagers de ce wagon. Je n’étais qu’un poisson anonyme dans un aquarium géant qui filait vers le lac de Genève.

Décidément, depuis ma Suède natale les choses avaient bien mal tourné, mais que pouvais-je y faire ? Pour une fois que je me trouvais du bon côté de l’écran, autant en profiter. Désormais je n’avais qu’une hâte : que l’homme m’enfile. Pourvu qu’il ne me rate pas, pensai-je, soudain angoissée. J’étais prête à demander de l’aide, mais pas du tout pour que l’on me délivre : je m’inquiétais seulement de savoir si un seul homme suffirait pour me faire jouir tout mon saoul, et vider jusqu’à la dernière goutte cette tension qui m’accablait.

Cependant les mains agiles s’occupaient de moi : parties de mes pieds elles remontaient mes jambes en les massant, empoignaient mes fesses, enfilaient leurs doigts dans mon cul, me saisissaient par la taille, serraient mon buste en passant sous le pull, malaxaient mes seins et allaient jusqu’à ressortir sous ma gorge ! Il n’y avait plus une seule ceinture pour arrêter ces paluches qui me massaient sans ménagement.

Sans prévention mon pull fut soudain remonté, de sorte que je me retrouvais avec une écharpe chauffante autour du cou. Je voulus protester en ramenant mes mains, mais l’homme m’en empêcha en les retenant derrière mon dos. Puis il me suça savamment les pointes, soupesa ma poitrine, sépara les collines. Je compris alors qu’il cherchait moins à m’exciter qu’à m’exhiber en foire. Mes tétons s’étaient dressés, et je me sentais coupable.

En revenant des toilettes notre passagère s’arrêta à bonne hauteur et me regarda franchement. Je baissai les yeux, mais je n’eus pas la force de faire le moindre mouvement pour me couvrir la poitrine. Bien au contraire, quand l’homme se remit à me sucer je me présentai effrontément, et la fille prit une autre photo au moment où je commençais à céder sous les coups du plaisir. J’eus alors ce fantasme sauvage : qu’elle vienne aussitôt m’embrasser et me sucer jusqu’à tirer mon lait !

Je ne me rendais plus compte que je me trouvais exposée dans un train, prête à me faire engrosser, complètement nue, à l’exception de mon pull en guise d’écharpe. Je dus regarder la fille avec un air évocateur, car elle fit un pas vers nous. Mais elle n’osa pas, et pendant que je me faisais sucer se contenta de regarder ma poitrine offerte ; puis elle passa une main sous son pantalon.

Cette salope prit tout son temps, et finit pas jouir à ma place. C’en était trop ! Non seulement je m’étais livrée à poil, mais je ne parvenais pas à jouir, alors que la première venue s’envoyait en l’air grâce à la scène que je lui proposais gratuitement, et cela sans prendre le moindre risque. Ça avait été bien facile pour elle, de me voler mon orgasme !

 

À force de me sucer l’homme me ramena sur le seuil du gouffre où il m’avait quittée lors de la première passe. De nouveau il me laissa pantelante. Pour mieux m’exposer à notre visiteuse il écarta mes jambes, décolla les lèvres et me demanda de tirer la langue. Puis il m’obligea à me cambrer tout en poussant ma poitrine vers lui, mes mains toujours croisées dans le dos. Il me titilla durement, sans doute pour s’assurer de ma réaction sous la menace, mais il avait déjà deviné que je brûlais sans pilule sous le pic de fièvre.

Tout en me regardant la passagère s’acheva sans faire de manières, puis s’abandonna à sa banquette pour se remettre de ses émotions. Lorsque l’homme se débonda et positionna mon bassin sur le rebord du siège elle eut comme un sursaut, mais se laissa retomber. Décidément, elle voulait voir ça ! C’était une aubaine qui ne se représenterait pas de sitôt. Avait-elle deviné que j’étais prête à prendre le mâle dans l’express du soir ? Sur le coup elle en oublia son appareil. D’ailleurs elle était moins intriguée par le sexe en action que par mon attitude. En somme, ce qui l’intéressait, c’était bien moi. Je dois reconnaître qu’elle n’était pas mal du tout. Blonde comme moi, mais en version suisse : les cheveux moins raides, qui ne descendaient pas sur le front. Belle poitrine, et des fesses bien pleines, prises dans une jupe très simple. J’eusse aimé qu’elle m’embrassât de ses lèvres nature, mais j’étais fascinée par l’idée du priape qui s’apprêtait à m’engrosser.

 

L’homme s’accroupit juste devant moi, à hauteur de siège. Il exhiba sa queue bien raide, avec un air voulant signifier qu’il consentait à ma grâce. Il se montrait bienveillant, puisqu’il acceptait de voler à mon secours, là, alors que je me trouvais juste au-dessus du gouffre, et à deux doigts d’un moufflet ! Mais il allait peut-être prendre mon cul d’assaut pour les beaux yeux de notre passagère.

Je dus admettre que l’orgasme ne pourrait venir que de son fait, et il y allait de ma faute, de ne pouvoir supporter la moindre frustration. Je comprends que d’avoir été allumée n’implique pas qu’il faut accepter de se faire mettre, ou pire encore courir après le tison d’amadou. Mais les natures faibles sont souvent heureuses de rencontrer un homme si compatissant. Voilà, en somme, le message qu’il essayait de faire passer à maman, toujours obsédée par mon mari stérile.

Imaginez la générosité de cet homme, qui acceptait de me venir en aide, alors qu’il n’avait rien à y gagner ! C’est pourquoi je n’eus aucun motif de me plaindre en l’observant à la manœuvre. Il faut reconnaître que ça ne devait pas être facile : un vrai exercice de yogi, pour m’enfiler dans cette position-là et se mettre à ma portée en réglant son bassin au niveau du siège.

 

Il me prit quasiment de bas en haut, de sorte qu’en rentrant en moi le sexe bien raide dut cependant négocier une légère courbe. Reste que je le sentis parfaitement bien ; je ne pouvais pas feindre d’ignorer ce qui m’arrivait là, baisée impunément en pleine ovulation sur le fauteuil d’un train. Notez que je me tenais bien sage, les mains derrière le dos comme à l’école primaire : quand le grand maître est à l’œuvre, gardons-nous de le déranger ! Je m’en serais voulu, de corrompre sa technique, d’autant que j’avais tout à attendre de lui, et beaucoup à apprendre. Je n’avais qu’une chose à faire : me concentrer sur l’utérus pour accuser le coup.

L’homme me travailla doucement, pour me faire prendre conscience qu’il était en moi. De ses mains il tenait mes fesses, afin de mieux me présenter et manœuvrer mon cul sur le siège glissant. Comme j’étais déjà excitée il obtint de moi un orgasme assez doux, qui se répandit en balayant mes dernières résistances.

Je regardai la passagère, qui d’ailleurs m’observait depuis de longues minutes, afin de bien lui faire comprendre que j’avais joui, sinon davantage qu’elle, du moins plus subtilement. Quand on veut prendre son pied il ne suffit pas de regarder les autres et se branler dessus. L’orgasme n’est que le remerciement du corps, un vrai soulagement au regard des risques consentis.

Force fut de reconnaître que ma peur et ma honte vaincues contribuaient pour beaucoup à mon plaisir, alors que pour cette mijaurée nous n’étions que deux poissons qui brillaient à travers l’écran de sa névrose, tout comme si elle était en train de regarder un film porno, bien calée dans son fauteuil. Il est vrai que personne n’a encore songé à en proposer dans nos jolis trains, ce qui serait pourtant une bonne affaire.

 

L’étranger m’autorisa à retirer les mains de mon dos, si je voulais ôter mon pull. Pour formuler sa demande il prit un ton étrange, qui signifiait calmement que je n’y étais pas obligée. Je trouvais qu’il ne manquait pas de toupet, en parlant de cette opération symbolique comme si je commençais à être exposée nue, alors que tout mon corps était déjà à l’air, des seins jusqu’au sexe en passant par mes fesses, mon ventre et mon dos, bouche et nombril offerts, avec pour seul vêtement un pull grotesque en guise d’écharpe. Au fond, que je retire mon pull, ou que je ne le retire pas, cela ne changerait aucunement l’état de ma nudité. Comme si j’allais mourir de honte à la seule idée de découvrir mon cou, pour m’offrir à quelque obscur sacrifice ! Étais-je donc devenue une jeune vierge offerte au courroux d’un dieu ? Où donc pointait le couteau que je devrais craindre, pour que l’on prît un tel soin à présenter ma gorge ?

En fait, mon pull enroulé autour du cou était pour moi d’un grand désagrément : j’en étouffais presque, prise par les bouffées de chaleur émises par le dernier orgasme. Je me dis alors que la partie de baise n’étant pas terminée, enveloppée dans cette fourrure protectrice je risquais de mourir d’un coup de chaud, alors que mon corps était déjà trempé !

Comme j’hésitais l’inconnu s’en prit à la passagère, qui me clouait toujours du regard : « Eh bien ! Qu’attendez-vous pour l’aider, au lieu de rester plantée là comme une cruche ? » Il lui posa cette question avec le ton du sauveteur qui demande à l’assistance de réagir dans l’urgence d’un drame ferroviaire ou d’un accouchement sur l’autoroute. Il parlait de moi comme d’une blessée, qui sans doute avait besoin d’aide respiratoire. En fait il ne manquait pas d’air, alors que je me sentais plutôt suroxygénée !

Tout en hésitant la fille s’approcha de moi, qui me trouvais gênée d’être vulgairement baisée devant elle. Je supportais difficilement qu’elle me regarde si crûment, presque indifférente à ma personne, avec une expression d’assistante anonyme, pendant que de mon côté je me trouvais nue en plein wagon, enfilée à même mon siège par un monsieur que je n’aurais quitté pour rien au monde. Le train pouvait bien dérailler, j’étais décidée à prendre mon pied. Ayant supporté le pire je pris avec rage le parti du meilleur, lorsque enfilée à fond je crus devoir accepter la langue chaude de la fille, en pleine bouche.


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