BDSM (Oeuvre réservée à un public adulte)

Lockheed

 

 

 

Ma main droite ne resta pas longtemps serrée à l’embout, car je me sentis tirée vers le haut jusqu’à ce que mon pied droit ne touche plus le sol qu’au moyen des orteils, qui aussitôt me firent très mal. Mais quand je relâchais leur tension mon poignet droit se retrouvait lacéré par le câble tiré vers le haut et attaché au capuchon de la prise d’air. C’est du moins ce que je supposai, pour avoir depuis longtemps étudié ce tracteur.

Je fus prise par un violent tour de reins, car mon corps avait été plié en arc pour lui faire épouser la courbure de la roue depuis l’aisselle jusqu’à la hanche. Tout mon côté droit adhérait au caoutchouc, et dans mon dos la barre de direction me blessait durement. Lorsque Rasmussen attacha mon poignet gauche au garde-boue de la roue arrière je me retrouvai durement écartelée sur le tracteur. Pour soulager les orteils de mon pied droit je n’avais pour solution que de tirer sur les suspentes – mais les câbles à demi dénudés s’en vinrent scier mes poignets au point que par réflexe j’ouvris les mains pour m’agripper à une branche fantôme. Je fis alors porter tout mon poids sur le marchepied, où Rasmussen retint ma cheville par un collet passé à travers les trous d’égouttage de la tôle.

« Notre guenon fait moins la maligne, hein ?

— Vous m’avez fait mal.

— Je pense bien, mais sous peu je vais te faire du bien.

— Non.

— Quoi, non ?

— Puisque vous m’avez frappée, je ne veux plus que vous me baisiez.

— Voyez-vous ça ?

— Oui je vois ça, et si vous essayez je me mets à hurler !

— Vas-y donc pour voir ! fit Rasmussen, en levant une main sur moi.

— Non, ne me frappez pas !

— Tu es d’accord, alors ?

— Je n’ai pas dit ça !

— Je vois !

— Et quoi donc ?

— Que tu es maso.

— J’ai mal aux poignets, et au cou, et aux orteils de ce pied-là, dis-je, afin de sortir du sujet.

— Tiens donc ! Je n’avais pas remarqué.

— Et la roue va abîmer ma peau !

— Ça va seulement te gratter à mort, et justement, je te conseille de te tenir tranquille, si tu ne veux pas masturber ta couenne pendant un mois entier et finir ta course chez le dermato ! »

 

Rasmussen qui semblait avoir compris mon cas ne fit même plus attention à moi, et tant bien que mal j’essayais de compenser la douleur sur les orteils droits en poussant de mon pied gauche sur le marchepied. Je compris alors qu’en prenant la juste mesure de ma révolte ce gros vicieux me réservait un sort bien plus raffiné, et bien malgré moi je commençais visiblement à mouiller.

« Tu aimes souffrir, hein ? » Sans que je puisse me défendre une main passa entre mes cuisses pour s’attarder le long des traces laissées par les lanières. « Qui t’a fait ça ?

— Björn, avec le martinet de son père !

— Et ça t’a plu ?

— Je ne sais pas. Peut-être bien.

— Ça ne m’étonne pas de toi.

— Ce n’est quand même pas un crime », dis-je fièrement, en essayant de le tester du regard pour vérifier s’il aurait été capable de m’infliger la même raclée. Et soudain je pensai à sa durite toujours bandée, qui en pointant vers moi se lia aussitôt d’amitié avec le manche du martinet. Quand Rasmussen en me regardant fixement lia mes cheveux en queue de cheval je compris qu’il serait capable de me battre tout autrement, plus cruellement peut-être.

« Je vais te bâillonner, salope ! », dit-il fermement, tout en me menaçant de sa queue.

Comme je ne protestais pas, histoire de laisser entendre que je craignais les gifles mais que j’espérais être battue, Rasmussen me devina et se contenta de dire : « Je vois ça ! »

Avec le ton affable d’un dentiste il me demanda d’ouvrir la bouche, aussitôt étouffée par un chiffon maculé de graisse ; puis je me retrouvai bâillonnée par plusieurs tours de ruban adhésif gluant et sale, de ceux qui trainent pendant des années dans la boîte à gants pour prévenir les petits bobos. À cause de la chaleur des étés accumulés sa colle formait une pellicule de mélasse qui prouvait à l’évidence que je ne méritais même pas un ruban neuf. Comme notre vilain chauffeur venait de réaliser un fantasme entretenu depuis trop longtemps, je me demandai tout de même si ce ruban-là n’avait pas déjà servi d’autres méfaits, et si sa colle dégoûtante ne s’était pas mélangée à la bave de la dernière victime. Tout de même, je ne pus retenir ma satisfaction, en constatant que je ne risquais plus d’être envahie par les guêpes, qui cependant tournicotaient toujours autour de mon ruban.

 

Rasmussen attacha ma queue de cheval à l’un de ses vilains fils électriques, et quand il le tira je devinai que mes beaux cheveux étaient maintenant reliés à quelque levier situé là-haut, à proximité du volant. Dans cette position je pouvais à peine remuer la tête, mais je parvins à la baisser suffisamment au risque de me blesser sur le tranchant du collier, pour apercevoir mon sexe impunément offert à Rasmussen, qui sans crier gare déchira complètement mon T-shirt en l’étirant vers le bas.

« Voilà, putain », lâcha violemment ce monsieur, en m’assénant une autre paire de gifles, comme ça, pour rien. Puis il baffa mes seins jusqu’à m’entendre gémir : « Je vois que tu fais moins la maligne, à présent ? » ajouta-t-il, en me triturant les tétins comme de vulgaires bouts de gras, pour faire remonter mon désir jusqu’au seuil de la douleur.

Comme je ne pouvais répondre à son insulte, en me titillant durement il attendit de moi que je lui adresse un signe de la tête qui à cause du collier ne vint pas, et je reçus une autre paire de gifles, juste pour vérifier que je ne pourrais plus crier. Comme à cause du bâillon je ne répondais toujours pas à son insidieuse question, Rasmussen la réitéra, si oui ou non sa pute faisait encore la maligne, mais cette fois en me pinçant atrocement les bouts ; et à travers le bâillon je fis signe que oui, je suis une putain, puis malgré ma langue captive je marmonnais en bon français : « Je suis une poupée de cire, une poupée de son, je suis partout à la fois, brisée en mille éclats de voix, suis-je meilleure, suis-je pire qu’une poupée de salon ? »

Certes je ne risquais pas de contrarier Rasmussen avec des paroles qu’il ne pouvait ni entendre ni comprendre, mais sans rien capter de mon chant de cygne il estima que ma chansonnette n’avait rien contre lui, bien au contraire, puisqu’au fil des vers je savais que j’allais m’ouvrir tout à fait, ce qui fut fait.

« T’auras beau chantonner comme les grenouilles frenchies, je te baise quand je veux, moi, comme la belle au bois chiendent que t’es ! »

De nouveau j’acquiesçais à son humour de patachon, et pour m’aider à soulager la douleur sur les orteils et le prurit autour du cou j’essayais de me remémorer les paroles de ma chanson tout en pensant à son foutre : « Annie aime les sucettes à l’anis, lorsque le sucre d’orge parfumé à l’anis coule dans la gorge d’Annie, elle est au paradis. Les sucettes à l’anis d’Annie donnent à ses baisers un goût anisé ». Oui, pour qu’il me soulage les pieds j’étais enfin prête à céder ma langue à Rasmussen, maintenant que le bâillon m’avait cloué le bec ! Après tout, rien ne m’obligerait à explorer plus avant sa bouche de chiqueur. Mais comme je commençais à craindre une crampe sur cette jambe-là Rasmussen pour m’achever s’empara du bidon de lockheed fixé sous le siège, et enduisit mes seins puis mon ventre, mes aisselles, mes cuisses, et enfin mes pieds. Puis il m’enfonça l’anus de son pouce et se mit à rire en constatant que je ne pouvais pas retenir les spasmes qui me prenaient de ce côté-là, alors même que mes orteils me faisaient tellement mal. Rasmussen hésita à verser son huile sur le pubis, car je n’étais pas rasée. Pour le moins, pensai-je, j’ai vu le bon bidon, et si je n’en trouve pas ailleurs eh bien je pourrais me contenter de m’en aller voler celui-ci avec la participation de Liv, qui devrait détenir un double des clefs de la porte secrète qui permettait de passer de ses appartements à ceux alloués au beau tracteur de son papa chéri.

 

Rasmussen continua à baratter mon cul jusqu’à lire sur mon visage une flagrante envie de déféquer. « Tu vas voir comment je m’en vais te nettoyer, moi, sale putain ! » Soudain je ne me sentis plus en mesure de supporter ni ses injures ni ses doigts, cela parce que mon ventre avait saisi malgré moi ce que le monsieur venait de dire. C’est depuis ce jour que j’ai soupçonné nos corps de comprendre mieux que nous ces vilains mots qui ont été forgés depuis si longtemps dans les salles de torture. Non, je n’avais pas envie de faire sous moi et devant Rasmussen, mais je me trouvais horriblement excitée car j’avais toujours pensé que la défécation était à la fois la pire des solitudes et la meilleure intimité qui soit. En effet quand on est au plus mal il reste toujours la possibilité de s’enfermer dans les cabinets, qui en Suède étaient souvent situés au-dehors et en plein froid. Là il faut faire vite sous soi si l’on ne veut pas que notre bel étron se transforme en stalactite. C’est dans ces moments-là que j’avais estimé la dureté d’une queue entre l’étron et le glaçon. Le gars qui me ferait chier mériterait mon cul, et c’est en pensant trop souvent à cette scène culte qu’à cheval sur le vieux tracteur de papa par un matin d’hiver j’avais fini par m’enfiler un glaçon. Bref je ne voulais pas exposer mon vice à Rasmussen, car ce plaisir même au plus froid du cabinet n’avait jamais appartenu qu’à moi. Mais sans être vraiment offerte j’étais ouverte aux compromis, puisque au fil de mes films X j’avais remplacé mon glaçon par une durite, pour enfin m’interroger sur la température des queues. À tort ou à raison je l’avais évaluée entre le glaçon et le bâton, puis pensé à mes propres étrons et enfin à la chaleur amicale des messieurs qui passait en moi quand ils me prenaient par la main. Puisque mon cul de toute évidence était sensible à la température et que j’avais déjà tâté Eriksson, je me demandai si le thermomètre de mon androïde serait à la hauteur de mes étrons.

Je dois avouer que ce malpropre savait s’y prendre pour me vider. Habitué à son tracteur peut-être s’y entendait-il mieux que moi pour vidanger mon corps de tout ce que j’avais bâfré. Ses doigts me donnaient un vif plaisir avec l’envie de le laisser continuer pour voir où il voulait en venir. Donc je restai curieuse de ses façons, ne serait-ce que pour voir comment il allait suppléer à mes contractions. Il était pour moi hors de question que je lui lâche tout le paquet, et je fournis les plus extravagants efforts pour me retenir, car je savais qu’une fois vidée Rasmussen pourrait remonter mon canal comme un saumon. D’autant que je m’inquiétais de savoir si après de telles émotions je n’allais pas faire sous moi une belle diarrhée qui giclerait jusque sur ses jambes.

 

Je tentai de deviner la nature de mes entrailles jusqu’au moment où des doigts experts déclenchèrent une compulsion que je ne pus maîtriser, comme si toute volonté de me retenir m’avait soudain été retirée. Mot à mot je ne me tenais plus, et Rasmussen ricana en constatant que j’avais relâché ce damné sphincter dont il testait les contractions du bout des doigts ; puis il remonta plus loin en se moquant franchement de moi qui gloussait d’humiliation sous mon bâillon. Voilà le comble, me dis-je, de ne même plus pouvoir décider du moment de chier. En fait je sentais malgré moi la chaleur d’un énorme étron descendre lentement mon colon. Je ne pus m’empêcher de penser que contrairement à d’autres Rasmussen n’avait pas peur de se salir les mains, et sur le coup je me sentis émue jusqu’aux larmes, avant de m’apercevoir que cela ne représentait rien à ses yeux ; bien au contraire, puisqu’en tant que chasseur il avait dû prendre l’habitude de vider les intestins de nos élans. Soudain en pensant à leurs quatre cents kilos je n’osais même pas imaginer la masse de merde à nettoyer. Donc la mienne n’était rien pour Rasmussen, qui n’avait pas d’autre but que de substituer sa bite à mon étron. Ce n’est qu’après m’avoir vidée qu’il remonterait mon colon. S’il était capable de me faire chier il pourrait d’autant plus facilement me sodomiser et remplacer la douce chaleur de mon étron par celle de son bâton. Non seulement il voulait prendre le contrôle de mes instincts mais inverser mon plaisir dans les intestins. Le bonheur que j’avais pris à chier ce serait lui qui me le donnerait, de sorte que chaque fois que j’irais aux cabinets renaîtrait le désir qu’il m’encule.

C’est alors que sans que je puisse rien y faire mon étron commença par emprunter le passage que les doigts de Rasmussen avaient ouvert pour lui. Lorsque ma merde se pointa contre ma volonté il ne me resta plus qu’à pousser pour accompagner ce que de toute façon je ne pouvais plus retenir.

Rasmussen après avoir retiré ses doigts venait d’acquérir l’insigne privilège d’examiner la scybale qui pointait son nez. Donc l’affaire se présentait plutôt bien pour lui, qui me demanda en rigolant ce que j’avais bien pu manger « pour lui en faire un aussi dur ». Il observait les traits de mon visage, qui malgré le bâillon devaient manifester une satisfaction que personne hormis ma mère n’avait jamais contemplée. Je ne pus m’empêcher de penser sans forcer : « heureusement que c’est bien ferme », sans me rendre compte que se révélait par là mon intention de plaire à Rasmussen.

« Vas-y, sors-le », lâcha ce gros cochon sur un ton cynique, comme un spectateur autour d’un ring, pendant qu’il passait sa bite sur mes paupières et que je pensais au moment où il s’était déboutonné tout en m’examinant pour vérifier mon envie. Une fois que j’aurais chassé mon engin le sien viendrait prendre sa place. De fait quand il fut assuré que j’irais jusqu’au bout il affirma qu’il saurait remonter jusqu’à ma source, et maintenant que je peux rouvrir les yeux je le devine posté à l’orée de mon cul pour assister mon accouchement.

Qu’il puisse me faire chier aussi longtemps en retournant mes intestins d’un bout à l’autre m’avait humiliée complètement, car je tenais enfin la preuve que ma volonté pouvait être largement contournée. Comme je ne contrôlais plus du tout mon sphincter je compris que le meilleur gardien au monde ne pourrait parer l’introduction de Rasmussen, et pour me venger de lui je me rappelai ce souvenir, qu’en certaines provinces reculées de la Chine on donne la merde à manger aux cochons.

 

Rasmussen avait pris ma merde en main, et voilà qu’il la brandissait comme un trophée. Je craignis que ne lui vienne à l’esprit la mauvaise idée de m’en barbouiller victorieusement le visage, mais il jeta mon étron avec un signe manifeste de dégoût. « Tu n’es même pas capable de te retenir », me fit-il remarquer comme un reproche, alors que manifestement il jouissait de m’avoir infligé une telle humiliation. De fait en pensant que ce voyeur avait supervisé mon étron je ne pus que détourner la tête, car je voulais cacher à Rasmussen le plaisir qui m’avait subjuguée. J’avais beau me dire qu’en tant que chasseur et paysan la merde ne lui faisait pas peur ; reste que non seulement ce monsieur avait pris ses aises avec moi, mais il avait su me surprendre en forçant mon petit cabinet.

Alors que Rasmussen me torchait avec son mouchoir sale je revécus le moment odieux où j’avais sucé le nez de sa fille, et je ne pus retenir cette pensée, que tout en me vengeant d’elle il avait bien mérité mon cul. Pour me rassurer je me complus dans la comparaison de sa bite bandée avec mon bel étron laqué. Manifestement elle était plus grosse et plus longue, et avec une bien étrange déception je me dis que je ne pourrais jamais en chier une comme ça. Mais un monsieur n’est pas plus maître de sa queue que je ne l’étais de ma merde, et s’il entrait dans mon cul je pourrais me persuader que sa queue était à moi. Je me demandais comment la prendre, car mon sphincter s’était habitué à mes seules défécations. Restait donc à savoir s’il pourrait fonctionner à l’envers. En y réfléchissant je me souvins qu’étant petite je m’étais entraînée à me retenir, jusqu’à ce jour béni où malgré maman au lieu de me lâcher je pris un réel plaisir à faire tout remonter. Après tout la bite de Rasmussen ne me ferait peut-être pas plus de mal qu’une constipation à l’envers. De toute façon en me concentrant sur la douleur j’aspirerais tout le pouvoir de sa queue. J’avais déjà soupçonné Liv de me fournir en biologique pour qu’en chiant je sois à la hauteur de ses amibtions, mais je m’étais trompée en pensant qu’elle voulait me réarmer. C’est pourtant sous sa gouverne que sans comprendre pourquoi j’avais appris à chier ferme et droit. Simplement, elle n’avait fait que préparer l’entrée en scène de son père, et ne pouvant le prendre sur elle le voilà qui se rabattait sur moi. Cette vilaine garce était allée jusqu’à me demander de déféquer dans sa bouche mais j’avais refusé, certes pour ne pas l’humilier, mais surtout par crainte de ses futurs baisers. Alors que j’étais livrée sur le tracteur je n’eus pas de difficulté à comprendre l’attitude de son père, mi sérieux mi crémeux quand il me laissa entendre que si je n’étais même plus capable de me torcher il ne lui resterait plus qu’à m’enculer.

« Tiens, renifle donc ça ! » me lança Rasmussen en me mouchant, pour m’infliger l’odeur de ma propre merde. Puis après avoir jeté son mouchoir il me gifla violemment en me reprochant de le lui avoir salopé. De fait je me surpris honteuse de l’avoir poussé à me faire ça, alors que jusque là il avait dû entretenir une meilleure idée de moi. Sans doute ne m’avait-il jamais surestimée, mais j’étais désormais convaincue que tout en ne m’aimant pas il m’honorerait assez pour ne pas négliger cette merde qui malgré leur amour avait toujours débouté mes prétendants. En fait à travers leurs beaux discours nos amants n’adulent que notre image et se fichent pas mal de ce qu’il y a dedans. Pourtant je m’étais toujours dit que celui qui m’aimerait devrait être capable de manger ma merde, qui jusqu’à preuve du contraire faisait partie de moi. C’est à croire, me dis-je, en constatant non sans émoi que Rasmussen ne craignait pas de se salir, que tous ces petits papas s’imaginent que leurs mouflets sont sortis tout droit du cul de la Piéta.

Cependant j’avais trouvé le moyen d’annuler la virulence de Rasmussen, qui en mélangeant sans le moindre dégoût son foutre à ma merde tout en se croyant vainqueur en ressortirait diminué. En un sens je le tenais bien, puisqu’en m’inséminant par cette voie sa queue n’aurait pas plus de dignité qu’un étron. Même si ma merde ne lui inspirait pas confiance je pensais qu’en refluant par l’urètre son âme en serait toute peinturlurée. J’espérais seulement qu’après m’avoir fait ça il ne reviendrait pas m’attaquer de front pour m’inséminer d’un seul staphylocoque.

 

Rasmussen prit une certaine distance pour observer son forfait humilié, tout luisant et bâillonné, le visage barbouillé de sang mais le cul bien propre. Je grommelais très fort sous mon bâillon, comme pour chasser la cuisante dégradation que je venais de subir là. D’accord, je me vengeais de Liv, mais à présent son père ne faisait que renforcer tout ce qu’elle m’avait fait subir, et je ne pourrais l’annuler qu’au moment où son foutre perdu prendrait contact avec ma merde. Au lieu de me féconder ses spermatozoïdes seraient phagocytés par mes globules blancs. À moins qu’en me reprenant par devant il ne me refile foutre et merde pour me faire accoucher d’un braillard syphilitique au chocolat. Tout en larmes j’observais courageusement Rasmussen qui se moquait de moi. Comme je n’avais même pas su retenir ma merde il savait à présent que je ne pourrais pas empêcher de monter en moi l’envie de son étron.

En attendant mieux j’avais très mal aux orteils de mon pied droit, et au terme de plusieurs minutes (le temps pour Rasmussen d’apprécier sa cigarette), je fus prise d’une douleur au mollet gauche, et ma jambe céda sans quitter le marchepied qui la retenait attachée. Je me retrouvai donc suspendue aux câbles électriques, qui s’enfoncèrent dans la chair maigre de mes poignets, pendant que le collier soudain resserré me faisait déjà râler. Pour cacher que j’aimais être enferrée je tentai de me reprendre en chantonnant sous le bâillon graisseux qui me rivait le clou, pendant que Rasmussen s’astiquait : « Lorsqu’elle n’a sur la langue que le petit bâton, Annie prend ses jambes à son corps et retourne au drugstore. »

Cigarette au bec Rasmussen sans faire cas de ma chanson pénétra mon sexe violemment en plein inconfort, seulement pour me démontrer que la bandaison de sa queue ne dépendait nullement de mes caprices. C’est ce moment que choisit une vielle Volvo pour emprunter notre route poussiéreuse. Je fus conquise par le calme royal de mon hardeur, qui s’apprêtait pourtant à disposer d’une mineure. Mais s’il ne s’inquiétait pas outre mesure c’était pour la raison simple qu’on ne pouvait nullement m’apercevoir depuis la route. Quant à mes grognements sourds, ils seraient facilement couverts par le ronronnement du tracteur que Rasmussen s’était bien gardé d’arrêter – comme s’il avait voulu malgré tout accompagner ma chanson.

« T’es en panne ? » dit une voix lointaine que je ne parvins pas à identifier. « Non, merci quand même, pas du tout, juste une petite pose, le temps de s’en fumer une », fit Rasmussen, qui s’arrêta au fond de moi tout en laissant négligemment tomber les cendres de sa cigarette à même mon ventre. Puis comme on lui faisait remarquer que mon sac de plage (qui pour notre importun n’était qu’une pauvre chose anonyme qui ne pouvait qu’appartenir à Rasmussen) se trouvait presque sur la route, Rasmussen remercia et ajouta que le sac avait certainement dû tomber au moment où il avait braqué pour quitter la piste. Je tentai de grogner sous mon bâillon en me représentant pour me venger Rasmussen simplement vêtu de mon maillot, en train de nager comme un phoque dans notre lac. Mais rien n’y fit : à cause du bâillon et du bruit du moteur l’inconnu ne risquait pas de m’entendre. Et puis, avais-je vraiment le désir de me faire remarquer ? De toute façon le mal était presque fait, et pour me retenir à ma réputation je me dis qu’il valait mieux se faire sodomiser plutôt que d’être surprise dans une telle imposture.

Quand le bruit du moteur s’éloigna, malgré la douleur lancinante qui maintenant sciait mes poignets je parvins à conclure que non, on ne m’apercevrait pas de la route. Sur le coup je fus prise de panique, puis j’abandonnais toute mauvaise conscience : certes j’allais pouvoir me faire salement baiser, que je le veuille ou non, et surtout, surtout, j’étais contente de savoir qu’à présent Rasmussen savait que j’aimais être torturée. Je commençais à comprendre qu’il allait me faire payer le fait avéré que pendant longtemps il avait été dupe de mes petits airs innocents, bien qu’après m’avoir mon installation chez Liv il avait sûrement nourri quelques doutes à propos de notre relation. Soudain me vint cette idée farfelue, que ce blondin rougeaud et bien armé avait peut-être placé des caméras cachées chez sa chère fille, et qu’il avait assisté en sourdine à tout ce que j’avais subi.

 

Quand il revint en moi après une courte débandade je vis que Rasmussen avait allumé une autre cigarette. Manifestement il prenait tout son temps et se réservait mon cul. Comme je me débattais avec les suspentes et que les orteils de mon pied droit ne me soutenaient plus, il me caressa les aisselles, souffla la fumée de sa cigarette en plein sur mon visage et cracha dans sa main. Puis il m’enduisit l’aisselle droite de salive qu’il mélangea au lockheed, et me demanda de fermer les yeux sur mon dégoût. Soudain toujours planté en moi sans crier gare il écrasa sa cigarette sur mon aisselle, et sous le coup de la douleur je faillis m’étrangler sous mon bâillon. Comme je plissai les yeux je ne vis pas venir la bouche de Rasmussen sur mes seins, qu’il se mit à sucer sans ménagement jusqu’à engloutir aréoles et tétons. « Te voilà marquée ! », dit-il fermement, comme je me débattais pour me dégager, prise à la fois par la douleur sur mon aisselle brûlée et mes tétons mordillés.

Rasmussen me gifla et me demanda de lui laisser prendre ma jambe droite sans regimber, autrement il m’enfoncerait aussitôt on ne sait quoi dans le cul. Prise par tant de douleurs et d’invectives je me laissais aller aux larmes, mais j’abandonnais ma jambe droite aux paluches de Rasmussen, qui fit tourner la roue gauche vers la gauche du tracteur. Après avoir soulevé ma jambe droite jusqu’au sommet de la roue il l’y attacha au niveau du mollet, afin que ma jambe puisse bien y reposer. Puis je le vis de nouveau, qui grimpait sur son tracteur. J’imaginai que depuis son siège il pourrait parfaitement contrôler sa manœuvre, puisqu’il fit lentement tourner la roue gauche, celle-là même qui supportait maintenant ma cheville et mon mollet droits, au point de m’écarteler à sa convenance. Quoi qu’il en fût mes bras avaient été soulagés et je me sentais moins stressée de ce côté-là. Le moins que l’on puisse dire c’est que je m’étais offerte, puisque mes jambes grâce au tournant qu’avait pris la roue étaient maintenant ouvertes jusqu’au grand écart.

Rasmussen donna un peu de lest à ma queue de cheval, toujours attachée à son damné tracteur, afin que je puisse assister, malgré le collier qui me sciait le cou, impuissante, au spectacle offert par mes jambes écartées.

« Ça se présente bien, dit Rasmussen en ricanant, et comme nous avons tout notre temps je m’en vais te raser de près. »

À l’audition de ces mots si crus je déglutis sous l’effet de la honte, mais non sans un certain plaisir, et Rasmussen s’en aperçut, sans être surpris cependant : il me savait donc très « bizarre », et l’espace d’un éclair je me demandai si Liv ne lui avait pas tout révélé avec photos et vidéos à l’appui. À bien y réfléchir je me dis que cela restait possible, puisque cette idée m’était venue et que je ne l’avais pas trouvée absurde. Après tout c’était peut-être Liv qui après m’avoir privée de volonté avait livré mon cul à son père.

Reste que s’il ne prenait pas grand soin de mon corps son petit papa chéri se préoccupait de mon sort, puisqu’il bourra mon sac avec mes affaires : T-shirt déchiré, jupette craquée… seules mes sandales que j’avais trimballées pendant que je marchais pieds nus avaient été épargnées par ce jobard.

« Eh oui, c’est comme ça, me lâcha-t-il, en observant combien j’étais résignée, tout en chargeant mon barda sur son tracteur qui m’échauffait.

« Tu aimes être torturée, c’est vraiment ça, hein ? Ben voilà ça va être complet pour toi aujourd’hui, avec moi t’es tombée sur le bon pote, parce que, comprends-moi bien, après ça tu pourras pas dire que t’auras pris seulement un petit pied ! »

Je compris vraiment qu’il n’y avait là aucune métaphore, quand après avoir gratté sur son tracteur une allumette au phosphore il me demanda de jouer avec mes orteils, puis me rassura en lâchant qu’il n’y avait rien à craindre, puisque ça ne se verrait pas. Puis il me lécha les pieds déjà enduits de lookheed jusqu’à ce que je me torde de plaisir, cracha entre le gros orteil et son voisin, dit « le grec », puis sans me prévenir me brûla atrocement. Après avoir brièvement ricané en me regardant m’étouffer dans mon chiffon il procéda de même sur l’autre pied en éclatant de rire : « puisque tu aimes être torturée… »

De fait je ne savais pas encore que j’aimais ça, mais la douleur rentra si profondément en moi qu’elle m’ouvrit le ventre au point de me faire de nouveau gicler. J’eus soudain envie d’être violemment baisée, afin que la queue poursuive cette douleur jusque au centre de mon plaisir. Cet assaut de douleur imprévu m’avait excitée comme jamais Liv n’avait su le faire, qui avait toujours craint de me maltraiter vraiment en remplaçant par un instrument de torture l’outil qu’elle n’avait pas. Ne pouvant être soi elle voulait tout me donner d’elle. Même en me torturant rien de Liv ne serait jamais entré en moi pour m’imposer le plaisir, alors que Rasmussen après avoir marqué mon corps à l’extérieur avait le pouvoir de se prolonger jusque dans mon avenir.

 

Rasmussen qui venait d’éteindre sa cigarette juste à la racine de l’hallux de mon autre pied la jeta avec rage, comme s’il m’accusait de la lui avoir gâchée. Après avoir essuyé le sang qui m’empêchait de respirer librement et qui depuis les gifles encaissées n’avait pas cessé de s’épancher de mes narines boursouflées, il essuya ses mains à même ma chatte, tira sur les poils pubiens jusqu’à me faire mal et s’en fut en bougonnant jusqu’au petit lac qui jouxtait la route. Je me sentis soudain complètement abandonnée à la douleur contre laquelle je ne pouvais même par réagir. Pour éteindre cet atroce prurit je me mis à mouiller abondamment afin de stopper les contractions du vagin, mais je ne fus pas seule longtemps, puisque Rasmussen après avoir fait provision d’eau revint vers moi pour essuyer sang et larmes et vérifier ses marques sur mes pieds. Puis il alla fouiller dans le coffre de son tracteur pour en retirer un rasoir à lame, un blaireau et une boîte à savon. Jamais je n’aurais pu imaginer que l’on puisse trouver tout cet attirail de barbier à bord d’un tracteur agricole, mais je me dis que cela pouvait être utile à Rasmussen, qui à l’occasion ne devait pas se priver de rendre une petite visite de courtoisie dans les fermes isolées, quand sa femme en visite chez sa mère à Göteborg s’absentait pour plusieurs jours. À l’allure que devait prendre son tracteur notre raseur devait avoir tout le temps de méditer ses petits coups. Mais tout en essayant de me raconter des histoires je fus prise d’une soudaine suée en me demandant si après m’avoir marquée il ne lui viendrait pas l’idée de m’égorger. Puis je me calmai en me persuadant que s’il pensait à Liv mon boucher n’irait jamais jusque là.

Rasmussen entreprit savamment de me raser, lentement, très lentement, comme pour mieux apprécier mon supplice, et surtout pour mieux réaliser combien il me tenait à sa disposition. Tout comme les héros de nos westerns exposent leur gorge au barbier je confiais ma chatte à ce raseur. Je suais d’angoisse, qu’il ne me plante son instrument et qu’en bon légiste il ne découpe mon vagin afin d’identifier le crime. Au regard d’une telle atrocité que m’importait de prendre une bite, car même en s’y mettant à deux jamais les hommes ne déchireraient mon ventre comme risquait de le faire cet impétueux rasoir. Je ne pouvais rien contre cela, sinon subir activement les passages répétés de la lame sur ma peau offerte. Force fut d’avouer que non seulement j’aimais ça, mais encore, tout ce que j’avais subi jusqu’à ce jour sous la coupe de Liv n’était rien en comparaison, car cette garce sans queue ni tête n’avait même pas pensé à me marquer de son sceau génétique. Je me dis que si à tout hasard le fruit de mes entrailles se révélait sans pépin, eh bien ma poupée de chair ne manquerait pas de ressembler à Liv, qui réaliserait ainsi son vœu d’être partout avec moi. De mon côté bien que craignant le pire du rasoir j’aspirais déjà à être dépossédée, dissociée de mon corps par ablation. Après m’avoir fécondée notre nouveau Frankenstein grefferait peut-être la matrice sur le corps de sa fille. Alors même que je venais implicitement d’admettre que j’aspirais à être torturée plutôt que baisée, voilà que je protestais comme une vulgaire greluche contre le rasoir qui écorchait ma peau. Au fond j’espérais qu’il ne s’agisse là que d’une préparation en vue de tortures plus raffinées, qui marieraient enfin par l’humiliation ma jouissance sexuelle à la souffrance physique.

 

Comme je faisais mine de protester par de violents déhanchements qui me faisaient risquer une blessure, Rasmussen voulut empêcher que ma rébellion ne dégénère en crise, car visiblement il hésitait à m’abîmer. Il ne tenait vraiment qu’à me raser, estimant non sans raison qu’une pareille humiliation serait aussi douloureuse que les brûlures qu’il venait de m’infliger. Donc il remonta sur son foutu tracteur pour tourner un peu plus loin le volant, ce qui eut pour effet de m’écarteler davantage et de tendre à mort les liens qui entravaient mes pieds. Puis campé sur le capot Rasmussen entreprit de tendre les fils électriques qui attachaient mes poignets, de sorte qu’à présent mon corps privé de moi se retrouva écartelé. Ma rage était aussi un plaisir, et je m’étouffais sous le désir de voir bientôt mon intérieur ravagé par une bite coupante. Je me dis en pouffant que celle de Rasmussen avait peut-être hérité des couteaux suisses ses multiples fonctions. Donc après m’avoir écartelée il resserra mon collier presque à m’étrangler, puis il s’assura de la bonne tenue du bâillon, comme s’il s’apprêtait à me faire très mal.

Rasmussen revint enfin vers moi pour constater par mes grimaces combien mes bras et jambes devaient être atrocement tendus, et il se fit un devoir de bien cercler la base de mes seins avec du fil électrique qu’il fit également passer autour de mon cou désormais très irrité. Je faillis m’étrangler sous le réconfort de ce nouveau Soutien, jusqu’à lâcher une belle grimace. Puis Rasmussen tout en jubilant enduisit de salive mes tétins qui pointaient : « ils ne perdent rien pour attendre », dit-il en les baffant.

En voyant mes seins liés de cette façon pour la deuxième fois je pensai à Liv et voulus me débattre ; mais devant ma tentative infructueuse Rasmussen éclata d’un rire nerveux. Oui, sa fille avait déjà trafiqué mes seins avec la même technique, et je me dis qu’avec son père ils avaient peut-être breveté leur invention en famille. Je voulus crier que oui, elle n’était qu’une salope semblable à son dieu. J’étais sûre que s’il apprenait ça Rasmussen se vengerait atrocement sur moi, mais comme j’étais bâillonnée je ne pus rien lui dire.

Comme promis Rasmussen acheva consciencieusement de me raser et vérifia son travail à coups de langue, en me demandant de faire un effort en tirant sur ma queue de cheval pour permettre à mes beaux yeux de le regarder enduire toute ma surface de lockheed. Dès que je réalisai ma situation moyennant d’atroces picotements sur ma chair à vif, mon vagin mis à la question fut pris de spasmes, et à ma honte en me massant Rasmussen me fit de nouveau gicler. À l’évidence ce corps qui ne m’appartenait pas n’était plus qu’un support publicitaire pour le lockheed de nos si beaux tracteurs.

Soudain en écartant mes lèvres Rasmussen exposa ma chair comme pour m’étriper, et laissa tomber comme par inadvertance une larme d’huile depuis le bidon jusque dans moi ; et moi je fus émue jusqu’aux larmes en constatant que les fonctions de mon corps se confondaient lentement avec celles du tracteur. Après s’être assuré que j’avais réellement pris conscience de mon nouvel état d’abjection Rasmussen m’écarta mieux les lèvres, et en me montrant combien il s’appliquait à l’entretien de son nouveau moteur il laissa glisser en moi un filet de ce liquide odieux que depuis toute petite j’avais toujours eu envie de sucer en regardant papa s’occuper du tracteur.

Tout en me lutinant les tétins et malgré le lockheed dont il m’avait lubrifiée Rasmussen entreprit sauvagement mon sexe de sa langue, qui selon moi laissait loin derrière elle les prétentions de sa chérie. Oui, Liv avait beau savoir y faire, elle n’avait eu pour moi qu’une langue de fille, à laquelle ne correspondait aucune queue – alors que l’organe actif de Rasmussen m’avait déjà préparée au pire tant espéré. Comme il m’était strictement impossible de remuer les jambes je me sentis libre de jouir, car je n’étais plus responsable de rien : la faute en incombait au tracteur de Rasmussen, et non à lui. C’était facile pour moi de penser ainsi, puisque j’avais fini par assimiler certains messieurs à leur tracteur, au point qu’à la préadolescence je m’étais montrée fort étonnée d’en apercevoir certains en plein champ sur leurs deux jambes. Reste que Rasmussen devait bien sentir que je me donnais avec satisfaction, comme pour confier mon corps à son désir. Oui, contrairement à sa fille j’avais avec lui une promesse de queue, mais en le voyant apprêter mon corps je réalisais enfin son intention de me torturer. Il me trafiquerait comme un moteur inversé et me ferait rendre jusqu’au dégoût l’essence de mon plaisir.

 

« Pourvu qu’il n’éjacule pas dedans » pensai-je amèrement avec le ton de maman, alors que je ne pouvais plus rien contre ça : pour la première fois un flux de foutre allait peut-être rentrer en moi contre mon gré. Voilà pourtant ce qui m’excitait plus que tout et qui me prouvait que je venais de me livrer tout entière. Dès lors, me dis-je, autant abandonner la ville basse. Je crois que Rasmussen était encore tout étonné de pouvoir fouiller ma chatte avec sa langue de chiqueur, alors même qu’en tout début de carrière je commençais déjà à être remarquée dans tous les concours de beauté.

Liv lui avait sûrement dit que j’allais sous peu partir pour Stockholm, de sorte qu’à présent il appréciait cet honneur de pouvoir farfouiller dans une chatte bientôt renommée. Je voudrais ici lui rendre cet hommage, qu’il faisait ça d’une manière technique très appliquée, contrairement à sa fille qui y avait mis trop du sien et bien plus de salive. Par ailleurs en me tripotant ainsi il jouissait d’avoir la primeur sur tous les voyeurs de pacotille qui se contentaient de mon image de bazar. Alors que j’étais léchée force fut de reconnaître que les brûlures prises sur mes pieds commençaient à remonter jusque dans mon ventre et à me donner un plaisir qui s’accordait à la fréquence de cette langue si crue. C’était sans doute la même langue de bourreau qui déjà au moyen-âge de retour de la chasse se gavait de racines et de saumon, et qui après avoir embrassé les catins me gratifiait à présent de ses câlins.

Je remarquai au passage que cette langue du père avait remarqué le piercing que la fille avait fixé en moi, et en ne cessant pas de titiller son anneau d’or il me fit grimper jusqu’au seuil de l’orgasme. Puis il me laissa toute haletante, m’ôta le bâillon, et après avoir constaté que je ne criais pas il m’autorisa à reprendre l’air, puis me demanda de tirer « ma belle langue de pipelette putain pouët-pouët », et vérifia que j’y portais bien un autre piercing, le même que Liv m’avait imposé là. Le lui avait-elle dit, ou bien l’avait-il seulement aperçu lorsque nous avions parlé de son tracteur ?

« C’est dommage que tu n’en aies pas aussi aux tétins, mais je vais arranger ça, et en attendant j’ai trouvé un autre moyen pour te faire taire – d’ailleurs tu peux bien beugler, il est trop tard pour toi, plus personne ne passera. »

C’est à ce moment-là que j’aurais dû parler, mais ma bouche trop endolorie ne s’y prêtait guère, et je me contentai de détourner la tête devant celui qui venait de me lécher aussi profondément. Puis il fouilla dans sa poche, grommela et s’en fut vers son tracteur après m’avoir demandé de l’attendre, comme s’il était encore en mon pouvoir de m’évader.

Il me montra alors un élastique très sale, mais qui me paraissait bien épais et puissant, me demanda de tirer la langue à fond, coupa l’élastique au couteau de façon à obtenir une sorte de ver répugnant, et sans crier gare, avant même que je ne comprisse ce qui allait se passer il passa l’autre extrémité de ce ver synthétique dans l’anneau du piercing clitoridien, et régla son système en faisant en sorte qu’à la fois ma langue et mon bouton restassent tendus à mort. La langue me fit mal, alors que mon sexe s’excitait : dès que j’eus compris ce qui s’y passait mon vagin fut pris de spasmes, comme si en manque d’air il cherchait à happer un tuba.

Puis je vis Rasmussen tout ragaillardi, qui dénudait un fil électrique multibrins pour en prélever quelques uns et tisser un nouveau conducteur, avec lequel il relia le piercing clitoridien à celui de ma langue. En bon électricien il décortiqua son câble jusqu’à obtenir deux fils beaucoup plus longs qu’il entortilla à mes tétons dressés, un de chaque côté « pour ne pas faire de jaloux ».

« Bon, maintenant attention : puisque tu es une gentille petite garce, regarde bien, c’est une aubaine que tu as là. Heureusement que j’ai tout ce qu’il faut dans mon sac à puces ! C’est comme si je t’avais prévue, et c’est vrai que t’es une affaire, toi. Je te savais intelligente de réputation, mais là je dois dire que tu m’en mets plein la vue, et tu me donnes des tas d’idées. Sais-tu que je n’en ai jamais eu autant dans ma tête brouillonne ? »

Je voulus lui demander si par hasard il n’était pas psychotique, mais ma langue de cochonne bafouilla sur l’élastique sale, et ma tentative de parole eut pour seul écho d’exciter mon clito.

Content de lui Rasmussen toujours plein d’allant sans crier gare força mon anus de ses doigts trempés de lockheed. Comme une fois la surprise passée je ne me montrais guère rétive de ce côté-là, il me dit simplement, comme le chirurgien qui s’apprête à vous arracher un ongle : « t’inquiètes pas poulette, tu verras que ça va bien se passer. » Après avoir récupéré sur le tracteur la burette d’huile il me la montra ostensiblement afin que je réalise pleinement le sort qui m’était réservé. Lorsqu’il me l’eut enfilée dans le cul je sentis le flux d’huile tiède remonter mon colon comme un lavement. Je me dis que décidément je devenais sa chose, mais puisqu’il aimait son tracteur il saurait prendre soin de moi. Cependant je commençais à deviner ce qu’il comptait faire de mon cul, et j’en fus émue jusqu’aux larmes, car je n’avais pas vraiment prévu d’être torturée par le mauvais côté. Aussi bien je crois que tout ce qui m’importait c’était que l’on s’occupe de moi jusqu’à prendre mon corps en charge. Et que m’importait, après tout, si celui-ci était assimilé à un tracteur et mon cul à un carter, puisque les hommes de chez nous s’occupent bien davantage de leurs machines que de nous ? S’il fallait pour cela fonctionner comme un tracteur, eh bien soit, d’autant que les hommes qui n’étaient pas pervers ne faisaient que semblant de s’intéresser à moi. Toutes leurs pensées tournaient autour de mon cul sans se préoccuper des miennes, qui d’ailleurs ne les regardaient pas. Mais qui donc songerait à le leur reprocher, puisque personne ne peut savoir comment fonctionne un être humain ? Je me surpris à tenir de tels raisonnements dans une situation que d’autre eussent jugée bien difficile, et je me dis qu’au fond un être humain ne sait même pas ce qu’il veut, alors qu’une machine pourvue qu’on l’étudie à fond retrouve toujours son mode d’emploi.

 

 

 

 

 

 

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