BDSM (Oeuvre réservée à un public adulte)

Rasmussen

 

 

 

Au premier jour de l’été polaire, alors que l’eau était encore fraîche, je m’étais aventurée sur le chemin qui conduit à l’autre lac, plus petit, moins profond que le nôtre et plus ensoleillé grâce à une grande trouée ouverte par les éléphants mécaniques au cœur de la forêt. Je portais encore sur les jambes les traces du martinet de Björn qui avaient perdu leurs croûtes, et je ne manquais pas de les exposer en lumière rasante afin de laisser courir un petit message à qui de droit.

Il avait plu, le sentier était bourbeux, et je l’abordais pieds nus pour barboter et jouir de l’ondée tiédasse qui stagnait dans les nids de poule remplis de café crème. Je me remémorais en chantonnant tout ce que Liv m’avait infligé d’humiliations, et pour tout dire j’avais encore son goût sur la langue, au point d’avoir envie de me mettre à quatre pattes pour me purifier en lapant l’eau boueuse à même la flaque où jouait mon pied. Mais je commençais lentement à comprendre qu’avec un peu de chance j’aurais peut-être à ma disposition un meilleur moyen de me débarrasser de cette garce, qui entretenait depuis trop longtemps l’ambition de m’exposer dans son salon.

Je n’étais vêtue que de ma jupette noire de tennis tout éclaboussée, et d’un T-shirt d’un blanc de zinc rayé marine, largement taché lors de ma récente goinfrée de myrtilles. Je ne portais pas de culotte, dans l’attente de me baigner nue selon mon habitude, et j’avais bien conscience que jamais je n’aurais pu remonter aussi impunément ma jupette sur un court, non pas à cause des traces laissées par le martinet, mais de ma cicatrice freudienne trop exposée. J’avais hésité cependant, car mes règles nʼallaient pas tarder à revenir, mais pour finir j’avais choisi de ne pas porter de tampon, puisque je commençais à maîtriser mes cycles sans pilule grâce à ma carrière ébauchée à Stockholm. Même rendue à la solitude je me sentais épaulée par mon manager, qui dès mes débuts avait envisagé ma promotion sous une belle étiquette absolute nature, et j’avais su profiter de ses conseils en les appliquant non seulement à mes séances photos mais surtout à mes relations avec les hommes. Ainsi vêtue, si je voulais éviter l’indécence j’aurais tout intérêt à tenir la tête bien droite en croisant un monsieur, à moins de la rentrer dans les épaules pour me rabaisser, ou de relever le menton par provocation. Mais voilà, je savais que personne ne fréquentait ce chemin-là, hormis, peut-être, comme l’indiquait aujourd’hui les empreintes digitales des pneus que le Ferguson avait laissées dans la boue, « notre bon vieux Rasmussen », qui comme les autres nains de jardin gardait le cours de son travail réglé comme une horloge, et balisait son bout de chemin par de menus mégots semés entre les sapins. Quant à moi ce n’était qu’un hasard, si armée de mon rasoir dissimulé entre mes fesses dans son étui pénien, en charmant chaperon je passais par là autour de cette heure-ci, sans culotte mais la tête haute, en pleine période d’ovulation, tout en évoquant presque à voix haute les durites de nos bons vieux tracteurs.

 

Je n’étais pourtant pas emballée par l’idée de me baigner là-bas, au bout du bout du sentier forestier, mais je mʼennuyais ; en outre je voulais profiter du soleil pour me mettre à poil, car lʼhiver à Stockholm avait été difficile, tant du point de vue du climat que de ma profession. Reste que pour passer le temps je pourrais me laver au savon sous les sapins grâce à l’eau tiédie qui dans cette partie de la forêt a une étrange odeur de soufre. C’était d’autant plus excitant que je m’étais imaginé qu’il y avait dans le bois autour du lac un vilain troll tout poilu qui se branlait sur mon image, depuis qu’en me réveillant après mes profondes siestes de midi j’avais trouvé à plusieurs reprises des traces suspectes sur mes seins naissants. Je les avais d’abord interprétées comme des gouttes de sève issues de l’épicéa maigrichon qui me protégeait bravement de son ombre, sans prêter la moindre attention aux quelques mégots éparpillés en évidence pour mieux signer le crime.

Liv m’avait tout de même prévenue : « ça ressemble à du foutre », mais je n’avais rien voulu entendre d’un produit duquel je connaissais à peine le nom – contrairement à la marque des cigarettes que je m’efforçais de relire sur chaque mégot collecté. Déjà toute petite j’adorais mettre tout en doute et échafauder des hypothèses ; puis je finis par me convaincre de l’innocence de Liv à propos du foutre, puisque étant aussi jeune que moi elle n’avait encore goûté à rien. Reste que dans mes rêves je confondais ce voyeur lacustre avec notre vétérinaire, qui au lieu de soigner les vaches serait venu m’examiner en toute impunité, alors que j’étais étendue sans défense sous le tracteur. Mais voilà qu’au bruit du même je m’efforçai dans un frisson de ne pas reconnaître son moteur. Pourtant je me sentis soudain plus gaie, au point de vouloir repousser mes règles très loin derrière moi, qu’on en finisse avec cette langueur qui mʼenvahissait au point de mʼenlever jusqu’à l’envie de piquer une tête, mais qui me poussait à me saouler de myrtilles et de fraises des bois.

Dès que le tracteur me dépassa je reconnus monsieur Rasmussen, qui prit aussitôt un air distrait en feignant d’ajuster sa grosse chevalière à son annulaire gauche, au lieu qu’en bon protestant il aurait dû légalement porter son alliance à sa main droite. Il venait sans doute de l’ôter pour me cacher sa vie de famille, car on pouvait encore deviner la trace de l’anneau sur fond de bronzage récent. En suivant mon regard il eut le réflexe de mettre son doigt à couvert, puis voyant que je faisais quand même un pas dans sa direction il ne se priva plus pour me dévisager, alors que je portai ma main gauche derrière mon dos, prête à dégainer le rasoir. Afin de me donner une contenance motrice je fis mine de chasser les mouches hargneuses avec ma belle serviette rouge, mais elles n’avaient de cesse de revenir entre mes jambes pour me défier. Je ne pus m’empêcher de penser que si j’avais été rasée elles m’auraient laissée tranquille, et aussitôt s’imposa la question de savoir si le phallus de ce monsieur avait été bagué. Mais sans tenir compte de leur cause pourtant visible Rasmussen interpréta mes mouvements désordonnés du bras comme des signaux dʼappel, puisqu’il gara son tracteur en bord de piste. Je feignis de me demander s’il était peut-être en panne ou s’inquiétait de ce que je pouvais bien trafiquer aussi peu vêtue, égarée sur une route perdue, avec ma peau d’oie blanche exposée au soleil de printemps.

 

Sans me démonter je relevai aussitôt ma poitrine tout en plaçant mes mains dans le dos pour dégrafer discrètement en bas des reins l’étui pénien de mon rasoir, qui offrit aussitôt à mes doigts crispés le vieil ivoire chaleureux de son manche délicat. Mais la chaleur dégagée par le moteur me prit aussitôt à la gorge, et l’odeur de caoutchouc chauffé me subjugua tellement, que tout en laissant libre le rabat je rengainais aussitôt ma lame de samouraï. Soudain je fus subjuguée par l’envie folle d’aspirer plein pot les gaz d’échappement qui nappaient encore de leurs volutes ce bout de chemin humide. « Échappe-toi putain, me dit le pot en papotant, ton popotin a encore tout son temps pour te tirer de là. » Mais voilà que j’étais emportée par les odeurs de terre mouillée et d’herbe saccagée, qui se mélangeaient à celles de l’huile et de l’essence. Je reconnus aussitôt l’écœurant bouquet du skaï imbibé de sueur et de vieux tabac, sur lequel reposait le fessier musclé de Rasmussen. Je fus prise d’un soudain maux de ventre, et sans que je puisse rien contrôler mon cul s’ouvrit, pendant qu’emportée par le fantasme d’être marquée du sceau de Renard je ne pus m’empêcher de remonter ma jupe pour présenter ma fesse au maquignon. « Voilà qu’il faut te décontracter, prendre ton courage à deux mains et te dire qu’en effet c’est possible », me dit intimement la voix de Liv, qui manifestement ne savait pas encore que je voulais effacer son pouvoir mortifère en séduisant son cher papa.

Tout dʼabord abasourdie par le bruit du moteur et sidérée par les énormes pneus couverts de cicatrices, en faisant semblant de me gratter pour maintenir ma fesse bien exposée je tournai mon regard vers la grosse durite crasseuse du radiateur, et lorsque jʼaperçus les vieilles godasses de Rasmussen toutes râpées et tachées de graisse, le vilain troll caché derrière le bosquet me dit qu’il était déjà trop tard pour dégainer.

Ce n’est qu’à contrecœur que sans rabattre ma jupette je laissai Rasmussen me deviner, car si je ne me décidais pas à jouer franc jeu, du moins lui laisserais-je entendre à demi-mot pourquoi je me retrouvais là. Officiellement pour me baigner dans son lac, ce qui expliquerait l’absence de culotte ; mais que ce papa puisse lire en moi à cerveau ouvert, voilà qui m’excitait beaucoup. Avait-il deviné que je ne me défendrais pas, si tant est que l’on puisse repousser les assauts d’un tel bison avec un simple rasoir ? C’est en fixant son annulaire récalcitrant que je pris soudain le pari que s’il se montrait entreprenant je me laisserais tripoter, sans perdre de vue que je n’étais pas là pour seulement lui voler quelques papouilles. Hélas même avec un gode jamais Liv n’aurait pu m’explorer jusqu’à me dominer par la parturition, puisqu’elle était sans bite. Et voilà que mon corps cherchait la vraie queue d’Ysengrin, non seulement pour m’inséminer mais surtout me mettre à mal. De nouveau je me vis marquée au fer, alors que mon cul se trémoussait déjà en se moquant de moi, car je savais que jamais Liv ne m’aurait cru capable d’envisager son gros papa. Mais voilà qu’au fil des ans j’avais appris beaucoup de lui grâce à elle, de sorte qu’à présent je pouvais courir le risque qu’il s’occupe de moi aussi.

 

Je vis dʼabord Rasmussen de dos, et tout en faisant mine de ne pas le reconnaître je faillis me persuader que ce gars-là n’était pas lui, afin d’afficher fièrement l’attitude de la fille qui craint d’être importunée sur un chemin domanial ouvert aux quatre vents. Rasmussen en bon bûcheron était vêtu comme trop souvent de son pantacourt rouge sale qui descendait jusqu’à laisser voir la raie de son cul envahie par quelques poils de sanglier, et d’un débardeur bleu acier taché d’huile qui dégageait ses épaules épaisses déjà brunies, parsemées de poils blonds et criblées de larges taches de rousseur. Quand Rasmussen descendit de sa machine jʼarrivais déjà à sa hauteur, et aussitôt je me sentis chose en pensant que ce même foutre qui remontait déjà vers moi avait déjà engendré le corps de Liv. Comme elle était assez bien faite j’en conclus que le produit de son papa pourrait convenir à un utérus qui n’aspirait qu’à se reproduire malgré moi. Pourvu que ce soit une fille ; et je fis semblant de vouloir passer mon chemin en tentant de me convaincre que tel était mon désir. Mais à cause de lʼémoi provoqué dans mon ventre par la chaleur qui émanait de la tôle égratignée, malgré la longueur extrêmement réduite de ma jupe je me baissai décidément pour soulager une piqûre de moustique, en profitant de ma position pour ramasser deux vieux mégots qui traînaient là.

C’est en relevant la tête que je regardai Rasmussen droit dans les yeux pour lui imposer mon autorité écologique, en prenant ce petit air anonyme de blâme qui mettrait l’accent sur ses mégots négligemment jetés et me ferait passer pour un agent forestier encore novice mais zélé. Mais en empochant comme pour le protéger les flagrantes preuves de son vice je me surpris à évoquer froidement la queue de mon Fuchs, puis par diversion je fixai mon attention sur ses cheveux filasse et sa barbe rousse clairsemée, qui à présent se rapprochaient de moi comme les détails d’une image confuse enfin examinée à la loupe. Aussitôt je pensai à Liv, qui m’avait promis de vendre ce même cul à des homos. Bien sûr je n’y croyais guère, mais la suite de l’histoire devait démontrer que j’avais eu bien tort de ne pas la prendre au sérieux. Reste que son gros délire me donna l’audace de dévisager son papa de haut en bas en lui laissant entendre qu’en insistant à peine il pourrait réussir à m’humilier. Je me demandai soudain s’il n’était pas homosexuel, et force fut de constater qu’il bandait pour quelque chose de moi qui n’était pas vraiment taillé aux normes. Cette pensée saugrenue faillit me faire rire effrontément, et je revis mon cul filmé par Björn pour le montrer à Liv. Puis je remarquai en pouffant qu’il manquait une canine à la mâchoire de ce monsieur. Curieusement mon bouton se dressa : « Hey, Monsieur Rasmussen ! » lançai-je, en jouant la bigleuse qui reconnaît à peine un voisin en lui adressant un signe de la main, qui dans ces circonstances spéciales resta suspendue en l’air comme pour faire signe à notre bus. « Hey, Sonia ! »

Rasmussen me dévisagea sans faire de manières, et après avoir jeté un mégot à mes pieds il alluma une autre cigarette sans se priver pour m’examiner tranquillement, tout étonné que je le regarde presque méchamment après avoir ramassé son mégot encore fumant. Mais il se rassura aussitôt en voyant que je gardais ma jupe relevée sur ma fesse, dans l’attente d’on ne sait quel vaccin. Il devait se demander qu’est-ce qui pouvait bien me mettre de si bonne humeur, malgré mon agacement d’écolo, et je vis sur son visage affleurer le soupçon que je me moquais peut-être des petits sous-entendus qui ces jours derniers avaient dénoncé ses revendications sur mes poils pubiens. Reste qu’il porta deux doigts à sa braguette pour vérifier que je ne protesterais pas s’il se décidait à avancer vers moi. Du coup sans trop savoir pourquoi je reportais son mégot à mes lèvres pour essayer de le raviver, et malgré la toux qui m’ébranlait je présentai mieux mon sein droit tout en regardant le bonhomme tirer plus fortement sur sa nouvelle cigarette.

Comme je ne m’esquivais pas Rasmussen tourna la tête pour contrôler les alentours, et lorsque j’eus éteint mon mégot dans une flaque pour réitérer ma leçon d’écolo, en dressant mon buste dans une attitude pleine de condescendance je pris l’air de la petite intelligente qui est capable en toute indulgence de relever les idées folles d’un pollueur impénitent. Mais je me ressouvins aussitôt de maman, qui conseillait à ses amies de prendre en considération les désirs d’un homme, car même s’il n’a aucune chance avec votre petit orgueil il pourrait fort bien tirer quelques avantages de votre appareil prêt à l’emploi.

 

Mais voilà qu’en absence de sermon émanant de sa soubrette écolo le regard de Rasmussen descend vers ma minijupe et sur mes jambes déjà assurées à prix d’or. Je crois que c’est à ce moment précis que j’eus l’impression qu’il s’était attendu à me trouver là pour me faire payer je ne sais quoi. Il remarqua aussitôt que j’étais pieds nus et releva sous ma jupette mes cuisses tachées par les myrtilles, avec sur mon visage bien exposé au soleil ma fascination pour son tracteur. De nouveau je portai une main, comme pour me gratter, à l’endroit précis où les marques laissées par les lanières du martinet étaient encore bien visibles. Du coin de l’œil je pus vérifier que Ramussen les avait aperçues, mais il ne dit rien, tout en souriant d’un air entendu comme s’il s’apprêtait à me gronder. Je voulus alors me persuader en toute bonne conscience que je n’avais rien voulu lui faire savoir qui pût nous rapprocher, mais je fus parcourue d’un frisson en pensant à Liv qui m’avait si longtemps léchée, alors que son papa chéri ignorait tout de son vice.

Je ne voulus pas vexer Rasmussen en lui laissant deviner que j’étais plutôt intéressée par son tracteur que par lui-même, mais comme il me parut flatté je poursuivis la visite du bel animal qu’il avait toujours été. Mais où diantre pouvait bien être logée sa queue, au beau milieu de ce fatras de tubes ? Je me repris cependant en me disant qu’il eût mieux valu éviter de mʼadresser franchement à un conducteur d’engin sur ce sentier perdu. Mais il n’avait jamais été question que du père de Liv, et je m’étais dit que pour avoir accès à son tracteur il me faudrait bien opter pour quelques concessions. Aussi je me réjouissais déjà en pensant au moment fabuleux où je pourrais raconter ma mésaventure à Liv, afin de la désarçonner. D’ailleurs j’étais persuadée que je n’empruntais régulièrement ce sentier isolé que dans l’espoir de me faire oublier, bien que j’eusse également compris le danger qu’il y aurait à se promener sans culotte. Je m’étais dit pour me rassurer que nos hommes ne sont pas de grands explorateurs, et que de mon côté en cas de besoin je pourrais toujours disposer de mon vieux rasoir rouillé.

 

Finalement je compris que le tracteur était toute la fierté de Rasmussen, comme un prolongement de sa force virale. Quand il se déboutonna je crus deviner qu’il aurait bien aimé la propager jusqu’en moi, d’autant qu’il m’avait aperçue toute nue sur le ponton pas plus tard que la veille ; mais après avoir pris en compte mon hésitation il estima profitable de brider son émoi pour mieux ajuster le tir. Comme j’étais encore mineure il lui fallait respecter le protocole des papas, mais je me rassurais en pensant qu’en me baisant régulièrement il ferait bien attention de ne laisser aucune trace dedans. Bien sûr on ne peut jamais s’appuyer sur ce côté-là, mais je ne pus réfréner ma curiosité à propos de ce que ce monsieur risquait de m’infliger par ailleurs.

Après avoir esquissé un simulacre de retrait, en me grattant au mauvais endroit je fixais sa demi-cigarette incandescente et je me dis que s’il l’appliquait au bon endroit ça ne se verrait pas, pourvu qu’il me devine sans me brusquer en faisant semblant de ne pas comprendre mon abandon. Voilà pourquoi quand il tira une nouvelle taffe tout en me regardant fixement je fis mine de présenter un sein ; et soudain sans me cacher, comme si je poursuivais ma leçon d’écologie, mue par une sourde impulsion j’introduisis pour le narguer son mégot directement dans ma chatte. Je gardai la bouche nerveusement ouverte en ignorant la présence du monsieur mais en me fixant sur son ombre portée, et sous l’affront que je venais de m’infliger il resta figé en vieux sapin prêt pour la coupe, comme s’il ne savait plus comment attaquer ce parasite planté en travers de son chemin. Le temps de se dégeler, et il essaya de se convaincre que je faisais sans doute partie de ces extrémistes écolos prêts à engager leur vie pour défendre la bonne cause, et qui pour marquer les esprits sont prêts à pécher par excès de zèle ou à lécher pour le succès. Aussi après l’avoir vicieusement ébranlé, afin de revenir à la réalité, en me décontractant depuis le vagin jusqu’aux pieds je m’efforçais de lui suggérer que je n’avais fait que préparer mon ventre pour cette occasion-là.

Quand il défit un autre bouton, tout en le regardant sans broncher allumer une nouvelle cigarette après avoir tenté de m’atteindre au mollet avec la dernière qui grésillait encore au bord de la flaque juste entre mes jambes, je faillis me convaincre que sans être homosexuel Rasmussen me prendrait facilement pour un garçon. Si je voulais assumer ma curiosité il ne me resterait qu’à ne pas le contredire, pourvu qu’il n’aille pas se confier à ses copains ou me confier à eux. Oui, je voulais être humiliée comme un mégot qu’on écrase, mais pas encore le cul à l’air devant témoins. J’avais pourtant compris que ce serait beaucoup plus excitant en public, mais qu’alors j’aurais du mal à tomber sous la domination d’un particulier. J’anticipai le moment délicieux où en croisant fièrement les messieurs je serais obligée de baisser la tête en reconnaissant mon Fuchs, et dans mon délire naissant je me plaisais à imaginer l’attitude qu’il adopterait face à mes parents, une fois qu’il m’aurait sodomisée.

« Dis donc Sonia », dit ce charmant monsieur en vérifiant que je ne protestais toujours pas en le regardant défaire le dernier bouton de sa braguette alors qu’il s’exerçait patiemment à enfumer ma peau nue d’écologiste, « j’ai vu que tu as très bien réussi à Stockholm ! C’est extraordinaire, ce que tu as pu évoluer, depuis tes premières photos à Malmö !

— O merci monsieur Rasmussen », dis-je en toussant franchement, mais sans râler, tout en bombant le torse pour mieux me présenter à la fumée, non sans avoir vérifié que l’autre mégot n’était pas ressorti de moi : « vraiment, vous êtes trop aimable ! »

Malheureusement je ne parvins pas à regarder en direction de sa braguette pendant qu’il examinait mes jambes et mon cul comme s’il ne m’avait jamais aperçue toute nue. Je réprimai un frisson, car j’eus soudain lʼimpression que sa langue passait sur mes cuisses aux endroits précis où le martinet de Björn m’avait marquée du sceau de la jeunesse. Je mouillais déjà en pensant au moment où je pourrais dire à Liv, pour me venger de toutes ses crasses : « Si tu ne m’obéis pas je dirais à ta mère ce que ton père m’a fait. » Mais voilà, cette garce était bien trop difficile pour être dominée, et finalement je me rendis compte que je préférerais de loin me laisser aller en pensant librement à autre chose, plutôt que de perdre mon temps dans des calculs sans fin.

Comme pour présenter des sous-vêtements je fis devant Rasmussen une petite démo privée en cambrant exagérément mon cul avec l’air badin de la fille locale qui a remporté le concours du samedi soir, histoire de lui rappeler le doux moment où il s’était rasé devant moi en suggérant qu’il m’en ferait autant si je persistais dans la provocation.

Rasmussen applaudit puis ricana en dénouant sa ceinture, et il commença à se dégager quand je le laissai soulever ma jupette en guise de plaisanterie. Comme il soulageait sa braguette sans se gêner, pour détourner son attention je feignis de mʼintéresser au tracteur, ou plus exactement je feignis de feindre cet intérêt pour laisser croire à ce monsieur qu’il accaparait à lui seul toute ma curiosité. En un sens c’était bien vrai, mais sans son tracteur jamais je n’aurais osé aller plus loin sur ce mauvais chemin. Je jouais donc à la timide qui ne sait pas comment soutenir une conversation pour aborder sans trop l’exciter un monsieur solitaire, et je me perdis parmi les formules de politesse que son regard inquisiteur faisait lever sur ma suspecte timidité. Sans prendre en compte mes hésitations, en observant ma jupette trop courte Rasmussen profitait manifestement de mes promesses de réussite professionnelle pour oser aborder sans préservatif la fille de son ami, et comme pour le conforter dans sa position, en tirant sur ma jupette je lui donnai aussitôt l’occasion d’apercevoir l’ébauche de ma toison. Seulement je me demandais s’il avait la moindre idée de ce que sa propre fille trafiquait avec moi entre mes défilés, et je finis par me persuader qu’elle n’avait peut-être préparé mon corps que pour assouvir le désir de son père.

 

Comme Rasmussen insistait du regard en direction de mes poils, je tentai de rallonger ma jupette en la tirant nerveusement, mais sans le moindre succès. Du coin de l’œil je le voyais qui préparait tout en fumant le petit air du monsieur qui vous demande ingénument si vous n’auriez pas des capotes. Je craignais seulement que mon Fuchs ne sʼaperçoive que je ne portais pas de culotte, maintenant qu’il savait de visu que je ne m’étais pas encore rasée ; mais il avait sans doute déjà tout vu lorsque je m’étais baissée pour chasser ce vilain moustique, d’autant qu’il devait penser à son mégot qui brillait en moi comme une base avancée. De mon côté force fut de m’avouer qu’après m’être infligé cette humiliation j’avais déjà grillé toutes mes défenses, puisqu’il suffirait à Rasmussen de regarder vers mon ventre pour se penser déjà en moi.

Pour me rendre présentable j’effaçais lentement de mes doigts mouillés de salive les taches de myrtilles qui maculaient mes cuisses, et en pensant à mon rasoir je me sentis obligée de me baisser une nouvelle fois avec un petit air innocent, afin de prouver à Rasmussen que je n’avais même pas besoin de ma jupette pour protéger mon cul. Quand je me relevai il m’inspecta patiemment en prenant l’air louche du connaisseur qui prépare son verdict, comme s’il m’avait soupçonnée d’on ne sait quelle abjection ; et de nouveau j’eus lʼimpression d’être léchée par sa langue rêche depuis les jambes jusqu’aux fesses. Cette pensée m’arracha un frisson, mais je tentais de me rassurer à l’idée saugrenue que n’étant pas rasée j’aurais peut-être la chance d’empêcher la langue de ce cochon de se faufiler entre mes lèvres. Mais je dus détourner mon visage pour empêcher Rasmussen de lire dans mes pensées, pendant qu’en observant ma bouche entrouverte il guidait lentement par le poignet ma main rebelle pour que j’entrouvre sa braguette. Puis il me laissa tout le temps de me décider à prendre la mesure de sa durite, qui répondit lentement à la curiosité de mes doigts, pendant que mon autre main crispée sur le rasoir caché à l’ombre de mes fesses pensait déjà à la trancher tout net.

À cette époque je ne m’envisageais pas encore comme une star, et j’avais honte d’avoir été surprise tachée par les myrtilles comme une gamine devant son instit, alors que j’avais depuis si longtemps souhaité que Rasmussen me salisse comme une grande. D’autant que mon T-shirt rentré dans la jupette mʼapparut soudain trop serré, car en moulant mes formes il laissait paraître mes tétons à travers le tissu trop léger. Comme je l’ai déjà décrit il était rayé à la mode « marine » en bleu outremer, blanc zinc et bleu roi, comme celui d’Emma Peel, notre héroïne aux bottes de cuir du feuilleton English The Avengers, sur laquelle j’avais si souvent fantasmé. Jamais, non jamais, bien qu’en se faisant très souvent surprendre elle ne se faisait prendre par son ami Steeve en chapeau melon – ni torturée dans les labos des savants fous. Mais comme mes règles n’allaient pas tarder, les rayures de mon T-shirt tendaient vers un velvet pourpre assorti à mon vernis à ongle, même si je savais que notre Rasmussen n’avait pas encore repéré mes couleurs. Tout comme la dame aux camélias je m’étais dit que ce code paraîtrait évident aux hommes qui auraient pris le temps de m’observer avec l’intention d’aller plus loin qu’une petite amourette. Reste que je comptais sur Rasmussen pour m’aider à pousser plus avant les expériences télévisées d’Emma Peel afin de prolonger en hardcore ses minauderies, car il y avait longtemps que j’avais rêvé d’être montée à sa place afin de lui faire éprouver ce que peut provoquer une réelle partie de baise sur une fille qui par principe n’est pas frigide. Aussi je pouvais bien imaginer la frustration de Rasmussen, si toutefois il avait vu les mêmes épisodes que moi au lieu de regarder chasse et pêche sur la nouvelle chaîne satellitaire. Oui, j’espérais de tous mes vœux qu’il reporte sur mon corps toute sa haine pour Emma, pendant que je me concentrerais sur son image de vilaine garce. Je voulais qu’il rompe avec ses hésitations pour lui faire comprendre que je n’étais passée par ici à pied à cheval et à vélo que pour guetter le vilain méchant loup, avec pour prétexte évident d’aller me baigner plusieurs fois par jour tout en collectant ses foutus mégots.

 

Il me faut cependant avouer ce que j’éprouvais depuis cette première fois où je m’étais rendue au lac à cheval plutôt qu’à pied, en me ressouvenant de toutes nos excursions avec papa sur notre vieux tracteur, alors que le bruit du moteur hoquetant hantait celui de l’animal hennissant. Après m’être déshabillée en évitant de me faire repérer par les voyeurs impénitents, j’avais pu toucher le cheval en appliquant à son gros vit ce que je savais des durites, en sorte que malgré la hargne des mouches j’obtins de sa part une franche érection. C’est une semblable réaction que je provoquai chez Fuchs après avoir promené ma main comme il se doit pour dégager la couenne de son vit, mais sans trop insister, jusqu’à ce qu’il se tienne bien droit. Surtout, qu’il n’aille pas croire que je veux le faire décharger pour m’en débarrasser. Et dire qu’il ne se doute pas que sa queue est à portée de rasoir, alors que par diversion mais sans paniquer je tente de chasser ces mêmes taons, chrysops, tabanus et autres saletés dont le seul nom vous fait gratter, qui tout comme aujourd’hui me firent prendre conscience en compagnie du cheval de ma nature animale. Mais à l’encontre des visiteurs urbanisés de longue date, pour lesquels la seule idée de voir l’une de ces grosses mouches suffit à susciter une angoisse extrême, tout en défendant la queue de Rasmussen contre leurs attaques j’avais plutôt envie de m’ouvrir pour sacrifier mon corps pourri aux asticots. Je me représentais déjà écorchée vive comme le mannequin de la salle d’anatomie, puis baisée le ventre à l’air et livrée aux mouches. Ou plus simplement j’imaginais tous les insectes de la forêt qui en rentrant en moi par la bouche le cul et le sexe me dévoreraient vivante. Pour mon malheur j’avais commis l’erreur de dévoiler à Liv ce délire, et le lecteur qui aura le courage de me suivre plus loin comprendra qu’il vaut mieux garder pour soi nos plus méchants desseins.

Donc Emma Peel me guidait jusqu’au seuil du vice, puisque je connaissais son film ; mais je devais afficher ma différence grâce au X dont je m’étais gavée. Surtout, bien signifier à Rasmussen que je n’étais pas venue à sa rencontre pour m’amuser comme une figurante mais pour rentrer dans l’un de ces rôles qu’il connaissait pour ne s’être nullement privé de regarder tous les films hard à sa disposition. Et puis dans mes studios j’avais pris l’habitude de me laisser tripoter ; donc pour me faire franchement baiser il me suffirait d’aller un poil plus loin que mes séances make-up. Au lieu de défiler en prenant le rôle d’Emma je me laisserais glisser dans des attitudes pornographiques jusqu’à déclencher chez celui-là quelques méchants réflexes de sadique. Tout comme le vieux tracteur s’était vidé de son huile Rasmussen perdrait enfin toute sa mauvaise conscience, puisque personne ne nous verrait et que je ne dirais rien. J’avais d’ailleurs bien compris, depuis que les actrices porno me prenaient la peau pendant les jeux de rôles avec Björn, l’intérêt qu’il y aurait de me livrer à Rasmussen. Je m’étais ainsi persuadée qu’il saurait m’attacher à lui plus sûrement qu’avec des menottes à son lit. Qu’il me pense garce ou putain ne me gênait guère, bien au contraire, cela m’aiderait à lui céder sans faire de manières avant même qu’il ait eu le temps de porter le moindre jugement sur ma civilité. Il s’arrêterait devant le panneau « putain » comme sa camionnette face à un stop, et de mon côté je serais libre de m’entraîner jusqu’à l’abjection. En mettant mes angoisses sur le compte de la prostitution je me dis pour me convaincre que personne au monde à part les orthodoxes juifs, les mormons américains et la droite papiste ne prenait plus les actrices porno pour des salopes. Tout cela restait presque trop clean, voilà pourquoi j’avais envie de m’égarer en dégageant ses couilles malgré l’assaut des mouches, bien consciente que la douleur et non le seul plaisir serait capable de faire renaître mon personnage dans la crèche de la réalité. J’avais déjà réalisé ce vieux fantasme, quand allongée sous ce même tracteur, après avoir reconnu sa chevalière j’avais vivement espéré que mon voyeur attitré me tire par les pieds. Je pris donc mon courage d’une main en appliquant la théorie de maman : Se faire baiser ce n’est rien, pourvu que le monsieur ne décharge pas directement dans le carburateur.

 

J’imaginais combien mes tétons devaient pointer bien davantage que ceux de notre Emma des Avengers, alors que je pensais à elle pour m’y conformer en mesurant la queue maintenant tendue entre pouce et index. Assurément cette affaire-là approchait les vingt-trois centimètres, de sorte que je n’étais pas sûre de pouvoir la prendre d’un seul coup. La proximité du tracteur m’avait douloureusement excitée en me rappelant le temps où presque nue je passais sous son bide, et aussi ce jour où arrivée sur son dos au bord du lac j’étais passée sous le cheval. Et voilà qu’aujourd’hui je ne réussissais plus à détourner mon regard des durites et tuyaux ! Je me fis cette remarque judicieuse, que les mouches n’aiment pas les tracteurs qui ne se grattent jamais. N’ayant pas vocation à houspiller celui-ci, en absence de cheval elles se rabattaient sur moi pendant que j’astiquais doucement le vit de Rasmussen qui se tenait coi, sans doute pour m’aider à prendre conscience de ma prostitution. Comme je n’avais guère envie d’être violemment forcée, autant lui donner l’assurance qu’il m’aurait facilement sans que je songe à protester. Donc, pourvu qu’il pense à me sonder avant d’y aller tout du long, car je n’étais pas encore bien lubrifiée. Aussi bien je voulais lui faire savoir qu’il pourrait tout décharger et peut-être me faire un môme, histoire d’ennuyer maman qui tout en acceptant que je me fasse baiser aurait très mal supporté de me voir engrossée par le dernier des péquenauds. Pour m’empêcher de passer directement à l’action, au lieu de me débattre je me figurais ma peau de jouvencelle déjà éraillée comme la peinture de notre vieux tracteur, et tatouée du signe « R » pour Rasmussen, avec mon numéro de série. D’ailleurs j’avais déclaré à sa fille que j’aimerais bien être marquée d’un code-barre comme dans certains films de science-fiction, et je me posai à présent la question, de savoir à qui elle avait vendu la mèche. Assurément, c’est grâce à elle que Rasmussen avait dressé une image de ma personne que j’espérais conforme à mes désirs secrets, de sorte qu’il ignorerait peut-être mes rebuffades et ne tiendrait pas compte de mes protestations. Donc pour ne pas perdre pied tout en me plaignant des mouches je retirai ma main de sa braguette pour lui montrer un bocal rempli d’un liquide au magnifique bleu de méthyle.

« Et cela, qu’est-ce que c’est ? » demandai-je ingénument, alors qu’en me grattant le ventre je m’en forgeais déjà quelque idée. J’émis en guise d’eurêka un « aï ! » sonore pour mieux laisser entendre que j’étais sensible aux piqûres des taons autant qu’à sa réponse ; mais en profitant de cette occasion pour enrouler le T-shirt et dégager mon nombril sous le regard inquisiteur de Rasmussen j’espérais qu’il prenne conscience de mes talents d’actrice porno.

« C’est lʼantigel, Sonia, mais il ne sert plus à rien en cette saison, dit-il, tout en reprenant doucement sa queue en main.

— Et ce bocal-ci, monsieur Rasmussen ? » demandai-je encore, en désignant un godet plus petit, qui cachait bien son huile.

— C’est le liquide des freins », répondit le malicieux Fuchs en me regardant fixement comme un professeur qui tient à vérifier que vous avez bien compris ses explications. C’était donc à son tour de me faire la leçon, mais en feignant de réajuster sa braguette je crois qu’il vérifiait surtout ma réaction d’écolo à sa musculation érotique.

Soudain sans crier gare il tire sur mon T-shirt et le brûle de son mégot pile poil à l’endroit du téton, puis après m’avoir durement pincée il fait de même avec le tissu du Soutien qu’il s’empresse de déchirer en profitant de la brèche encore fumante. Et voilà qu’il m’a devinée, puisque je ne dis rien quand il fait ressortir ma chair excitée par le trou qui s’agrandit jusqu’au diamètre de l’aréole qu’il s’en vient exposer comme un œuf au plat. Puisque je ne proteste que timidement, après avoir tiré sur son mégot le voilà qui s’enhardit jusqu’à exciter durement mon tétin par un début de brûlure. « Tu aimes ça, hein ? » dit-il en me serrant fortement le poignet et en vérifiant de l’autre main que je mouille pendant qu’il maintient contre mon gré sa cigarette incandescente toute proche de ma chair vive. Sur le coup de la douleur je me dis que Liv a dû encore cafter, mais en même temps je comprends enfin pourquoi j’ai révélé tous mes vices à cette folle. Toutefois, comme je crains les cloques, alors que je me mets d’instinct à pleurer mais sans crier, je préfère capituler en me cambrant pour mieux me présenter et laisser entendre à mon bourreau qu’il pourrait commencer par me mater au lieu de me brûler.

 

Après s’être assuré que j’ai bien capté la direction de son arc réflexe mais que je ne bronche pas pour autant tout en serrant les dents face à sa cigarette, Rasmussen ajoute durement, pendant qu’il pince derechef mon tétin brûlant en désignant du menton un tuyau graisseux qui affiche la couleur de l’urine : « Et ici, tu vois, c’est lʼarrivée d’essence. » Je craignis un instant qu’il ne veuille y brancher mon tétin, mais son regard insistant me fit rougir en s’appuyant sur la douleur pour m’obliger à baisser les yeux sur ce maudit tuyau translucide qui reliait le carburateur à la pompe. Mon ventre me fit mal, et en pensant au mégot que j’y avais introduit je dus me retenir pour ne pas y porter une main ; mais je ne pus mʼempêcher de la reporter sous un siphon couleur méduse, qui malgré la crasse accumulée laissait entrevoir un liquide d’un beau rouge aniline sombre. Aussitôt je pensai à un animal égorgé en pleine forêt, puis au cadavre de notre cheval à demi dévoré et grouillant d’asticots sous le soleil d’été. Enfin j’imaginais l’urètre des hommes, qui comme une durite branchée sur leur vessie pourrait ressortir du pénis pour venir se brancher sur mon clitoris. Du coup je me fixai sur le sexe du tracteur, duquel manifestement je nʼapercevais que les parties. De fait les machines ne sont pas montées comme nos hommes : leur organe de reproduction n’est pas toujours rassemblé en un seul point. Et de nouveau je me demandai où pouvait bien être cachée sa queue, parmi tous ces tubes.

« Et cela, demandai-je en rougissant plus fort, tout en présentant mon bassin dans une pose plus suggestive, qu’est-ce donc ?

— C’est le réservoir d’huile du carter », me répondit Rasmussen non sans fierté, en se rapprochant de moi jusqu’à toucher mon ventre de sa queue qui faillit me pénétrer alors qu’il attaquait ma poitrine par bâbord. Et comme je ne réagissais pas à la fumée lâchée par le tissu qui cramait il chassa une mouche de son nez, qui vint aussitôt se poser juste à la commissure de mes lèvres. Je me contentai de souffler pour la dégager, mais comme elle revint aussitôt j’hésitai à parler, surtout pour donner à Rasmussen l’occasion d’ajuster mon sein gauche dans le trou qui s’agrandissait toujours davantage, jusqu’à mettre le galbe complètement en valeur comme une coupole de mosquée. Puis il ne se priva pas pour l’étrangler en utilisant mon T-shirt comme collet. Soudain décontenancée je m’empressais de penser à ce qui se passerait si l’on m’obligeait à garder la bouche ouverte au caprice des mouches, pendant que mon sexe serait soumis à d’autres insectes plus malfaisants. Hélas je ne savais pas encore que c’est à force de telles pensées que les fantasmes deviennent réalité et que naissent les bébés. En regardant plus attentivement Rasmussen pratiquer doctement un « fond de l’œil », comme pour lire dans mes pensées, je connus que celui-là ne se priverait pas pour me torturer, et l’idée de lui donner quelques idées pour qu’il parvienne à ses fins me traversa l’esprit et surtout le ventre, lorsque cette fois-ci dans un souffle je chassai violemment la mouche en prenant un petit air méchant, comme pour reprocher à Rasmussen de l’avoir renvoyée sur moi. C’est alors qu’après avoir présuré mon sein gauche réduit à une grosse boule bien ferme il s’en vient le sucer jusqu’à obtenir une violente réaction qui me fait presque vomir, surtout lorsque sans prévenir le sexe en rut s’engage d’un bon tiers pour aussitôt revenir prendre position à l’entrée.

Lorsque Rasmussen se redressa je remarquai aussitôt le ventre rose et rebondi, dégagé jusqu’en bas, que le débardeur bleu ne parvenait plus à recouvrir à hauteur de nombril, et je pensai à sa mère, quand elle avait dû à grands renforts de spasmes et de cris se délivrer de son petit bûcheron. Je me dis qu’il y avait là un beau contraste de couleurs un peu sales, mais j’aperçus aussitôt les poils moins poétiques entortillés sur les jambes déjà brunes, que je comparai aux miennes, blanches et lisses comme un cachet de vitamines. Je ne pus mʼempêcher de regarder vers le panta pour mesurer l’ampleur du séisme que j’avais provoqué, le gland violacé et la verge boursouflée par de grosses varices, qui manifestement ramenaient tout le sang disponible sur le lieu du combat. En m’appuyant sur la durite pour reprendre courage je me demandais si les mouches allaient enfin se décider à se poser sur cette maudite queue déployée sous mes yeux comme celle de notre vieux cheval – et derechef je pensai à la lui trancher net d’un coup de rasoir. Mais je sentais surtout monter en moi l’envie de l’enfourner cul sec en rase campagne comme j’avais vu faire dans mon dernier film X, et sans me mettre à genoux je pensai surtout à être salement punie pour la liberté que je m’étais autorisée à force de mégots. Rasmussen qui avait sans doute suivi mes pensées depuis mes yeux jusqu’à ma chatte effleura ma main posée comme une jolie araignée sur le couvercle argenté du bocal des freins. Je ne la déplaçai pas, et il en profita pour la serrer lentement en prenant pour excuse de m’aider à débloquer le couvercle afin d’en révéler le contenu.

 

Il y eut un crissement d’aluminium sur verre qui me fit grincer des dents et mouiller sûrement, pendant que l’odeur rance du lockheed rentrait dans mes naseaux jusqu’à émouvoir mon ventre. Rasmussen avait remarqué ma grimace sous le coup de la douleur qu’il m’avait infligée en me serrant la main, qui trahissait un désir bien plus obscur qu’il ne parvenait pas encore à saisir. Voyant que je me crispais de tous mes doigts sur le couvercle, sans dire un mot il continua à comprimer les phalanges jusqu’à me faire crier. Mon sexe s’ouvrit plus grand et je me cambrai brusquement sans protester davantage lorsque Rasmussen sans se gêner plongea son regard dans mon large décolleté, comme pour vérifier un vulgaire joint de culasse. Quand il baffa mon sein gauche étranglé par le T-shirt je devinai qu’il venait de retenir le mouvement réflexe de me peloter, ensemble avec celui de me gifler. Je ne pus m’empêcher de penser à sa bite, quand pour me punir d’avoir baiser elle se présenterait pour m’enculer. Mais comment le convaincre que je suis une vraie salope, et qu’après avoir gobé tous ses spermatocytes je souhaiterais également lui voir prendre mon cul ? Pour me rassurer je me dis que les messieurs comprennent parfaitement les suggestions, et qu’en conséquence je n’aurais aucun intérêt à jouer la prude, si je voulais amener Rasmussen à penser que je n’étais pas venue jusque là pour me faire seulement baiser.

« Je vois que tu tʼintéresses à la mécanique, Sonia ? » me demande calmement ce monsieur, en relâchant soudain la pression sur ma main, puis en la resserrant derechef pour vérifier que j’aime avoir mal. Comme je ne réponds pas à son insidieuse question il tenaille l’index de plus en plus fortement, en guettant le moment où je serais obligée d’ouvrir grand la bouche sous le coup de la douleur. Alors que je plisse fortement les yeux pour m’empêcher de crier, il profite de ma confusion pour se coller tout contre mon ventre et réitérer plus doucement sa question. « Oui, monsieur Rasmussen, je m’y intéresse beaucoup », voilà tout ce que je répondis courageusement entre les dents, en essayant d’imiter Emma Peel pour m’encourager à pousser ma poitrine en avant, allant jusqu’à emprunter le petit air de la pimbêche imbaisable qui a pourtant tous les talents requis pour exciter les hommes.

« Si vous tenez à le savoir, ça mʼa toujours plu, la mécanique, monsieur Rasmussen, surtout les tracteurs, je ne sais pas pourquoi.

— Est-ce que tu voudrais lʼessayer ? » me lança-t-il brusquement en pointant sa machine du menton, pour aussitôt vérifier la bonne tenue de mes seins étranglés, avec les façons du palefrenier qui teste les réactions de son cheval.

Comme je ne protestais pas, Rasmussen ne put sʼempêcher de rajuster son panta tout en examinant ma taille, et j’hésitai quelques secondes pour vérifier s’il parlait bien du tracteur plutôt que de mon corps. Tout crûment je me représentais le piston d’acier trempé, qui en ce moment même battait et battait encore dans le moteur qui tout près de nous tournait au ralenti, et lentement je fis l’effort de tourner mes hanches dans l’axe de son manche, qui recommença à glisser sur mon ventre nu, puis à rentrer, à revenir, bref à s’amuser avec moi comme si je n’y étais pour rien. Cependant j’avais remarqué que ce faisant il enflait encore et encore, au point que j’en vins à craindre de me faire complètement déchirer, si lui prenait la soudaine envie de me pénétrer d’un coup. Mais pour l’heure Rasmussen semblait surtout s’appliquer à ce que je m’habitue à cette vilaine bête en prenant la bonne mesure de ce qui allait assurément m’arriver.

 

La paluche de Rasmussen s’était crispée sur ma menotte comme un gros crabe poilu. Puisque je ne disais toujours rien dans l’espoir de me faire comprendre, il nʼattendit pas ma réponse et libéra ma main avant que je ne me désengage de ma propre initiative. Puis il mʼinvita à dévisser complètement le couvercle maintenant débloqué grâce à son renfort.

« Je peux ? » Voilà tout ce que je trouvai à dire tout en décoinçant le couvercle crissant et crispant, avec une curiosité que je jugeai suspecte. Au fur et à mesure que je le dévissais en grinçant des dents mon sexe s’ouvrait davantage sous les assauts de cette queue de renard, et je sentis soudain couler un fluide suspect sur ma cuisse gauche, sans avoir le courage de vérifier. Stupidement je pensai au méthyle de l’antigel : j’avais le sang bleu, et je venais d’une autre planète. Mais d’après l’expression de Rasmussen je sus que ce n’était pas du tout mes règles qui se pointaient là. Quand j’en eus fini avec le couvercle je vis enfin la belle couleur ambrée du lockheed, qui se trouva ainsi mis à ma portée. Tout de même, après avoir éprouvé le fantasme de le gober j’hésitais à tremper mon doigt dans ce bénitier technologique.

« Alors, est-ce que tu veux lʼessayer ? répéta Rasmussen à propos de son tracteur, en me regardant d’un air amusé lisser de mon doigt le goulot du beau godet. Puis par cercles concentriques je m’insinuais timidement jusque dans le doux liquide, tout en regardant explicitement ses doigts. Je commençais à prendre franchement l’attitude d’une actrice porno qui joue la mijaurée alors qu’elle n’est là que pour baiser. Mais le spectateur n’est pas dupe, il sait très bien qu’il ne s’agit que d’une convention scénique et que la partie est près de commencer. « Je vous remercie, Monsieur Rasmussen, mais je ne sais pas si je dois… enfin, vous comprenez, par rapport à mes parents…

— Ah ! mais c’est que te voilà indépendante, maintenant que tu es presque une star ! » dit-il malicieusement, en m’obligeant à tourner mon visage vers lui, pendant qu’en faisant mine de rien il rajustait consciencieusement son gland à l’entrée.

Je relevai le mot « presque », qui laissait entendre que je n’étais pas encore protégée par mon statut social, et que je ferais bien d’en profiter avant d’être avalée par les bobos. Mon sexe frémit sous le compliment et au contact du gland, à l’instant même où je déposai d’une main le couvercle du bocal sur le capot, alors que le doigt de l’autre baignait dans le liquide tiédasse. L’odeur âcre rentra à plein dans mes narines avec la chaleur qui émanait du tracteur et les relents de sueur émis par la couenne de Rasmussen. Sans réfléchir à la portée de mes paroles je lâchai, tout en trifouillant le pot, après avoir vérifié que Rasmussen avait bien remarqué mon geste : « après tout, pourquoi pas ? », en ramenant la conversation sur le tracteur puis mon doigt entre mes lèvres pour tester le lockheed : « Oui, qu’est-ce que je risque ? »

 

Tout en me pourléchant sur l’horrible goût du liquide visqueux, craignant de m’empoisonner j’osai tout de même regarder Rasmussen droit dans les yeux pour vérifier qu’il ne me croyait pas folle, mais en prenant un petit air qui lui signifierait que peut-être il n’avait pas les moyens de m’entreprendre aussi méchamment qu’il semblait le prétendre. Sans répondre à ma provocation il se contenta de regarder ma langue lécher mon doigt, et je compris que s’il n’y avait pas de gros risques d’empoisonnement au lockheed j’étais certainement en train d’en prendre avec son foutre. Mais comme il me regardait d’un petit air méfiant je pris mon courage à deux doigts pour les glisser sous ma jupette, avec l’air naïf de la fille intimidée qui réajuste ses effets. Pour me redonner confiance je pensai fortement à Liv, si seulement elle me voyait en train de lui ravir son technicien de papa ! J’éprouvai soudain un violent plaisir en pensant que si elle bisquait encore de n’avoir pas pu séduire son père je tenais enfin l’occasion salace de me venger de tout ce qu’elle m’avait imposé. Mais j’anticipe, car je n’étais pas encore décidée à tout donner, mais seulement à réussir mon exploit d’allumer Rasmussen en rase campagne. Avant de céder je voulais connaître de vrais risques, car d’après les discours de maman je savais qu’une fois déclenché un pareil monsieur jamais ne renonce à sa proie. Mais voilà, Rasmussen s’était aperçu que j’étais allée jusqu’à me lubrifier au lockheed, et sans me faire prier je pris l’air de la fille perverse qui fait ça en cachette et reste persuadée que personne n’a pu l’apercevoir. C’est ainsi que de moi-même j’ajustai le gland tout en le lubrifiant, jusqu’à le laisser rentrer lorsque Rasmussen poussa modérément, comme s’il était bien décidé à ne me faire aucun mal ; puis il attendit patiemment que je lubrifie son piston de la même façon.

En me cambrant pour mieux le faire glisser je ne pus retenir l’envie de palper une durite encore chaude, tressée dans son tissu grossier mais si agréable au toucher, maculée de graisse, qui ne manqua pas de me rappeler dans un frisson celle de notre vieux tracteur. Rasmussen attendit que je le regarde pour entendre ma question, mais sans se gêner pour regarder ma poitrine désormais exposée selon mes goûts pornographiques. Je crois qu’en examinant crûment mes tétons qui pointaient sous les restes du T-shirt rayé velvet et de mon Soutien hyper allégé, il évaluait le travail à accomplir sans vraiment prêter attention à ma curiosité de garçon manqué. Je compris alors qu’il se demandait ce que je ferais, s’il exécutait brutalement son envie de m’arracher les restes du Soutien au lieu de gagner peu à peu du terrain par des méthodes débiles, comme s’il cherchait à récupérer le mégot que j’avais introduit en moi. Il maintiendrait mes bras dans le dos, et mes tétins seraient piqués par les taons. Je me remémorai soudain notre cheval, comment après avoir bandé pour moi il réagissait vivement à leurs insidieuses incursions, et aussitôt je ne pus empêcher mon sexe de s’ouvrir à la queue de Rasmussen quand il s’avança plus avant.

J’eus tout d’abord honte de nourrir de telles visions chevalines, puis je les transformai en pensées courageuses afin de ne pas contredire mon corps qui n’aspirait qu’à se faire monter. Rien ne m’empêchait de garder ma honte, car en passant pour une vicieuse je venais de comprendre que le monsieur m’eût violée de toute façon. Je n’avais donc pour seule issue que d’abonder dans son sens tout en dressant devant ses sarcasmes un simulacre de résistance qui sauverait peut-être une part de mon honneur. Mais Rasmussen déjà sûr de son coup après s’être adapté à mon diamètre se contentait tranquillement dʼétudier mon corps afin de prévoir comment il allait le travailler. C’est ainsi qu’afin d’auscultation je le laissai lentement me pénétrer, tout en prenant le petit air de la garce qui feint de ne pas être d’accord. L’idée que mes seins déjà bandés ou mes jambes bien musclées puissent n’être à ses yeux que de simples pièces de tracteur me fit mouiller davantage, et j’entrepris aussitôt de tâter savamment la durite avec une main trempée d’huile tiède et de cyprine, pendant qu’en profitant d’un imperceptible coup de reins la queue de Rasmussen s’installait en moi comme à demeure. Aussitôt je ressentis une vive douleur à l’entrée de l’utérus, et je devinai que le mégot essayait vainement de m’inséminer avec ses restes de nicotine. A cette pensée je me cambrai brusquement, et Rasmussen me donna méchamment quelques coups qui me firent crier, comme s’il tenait à m’enferrer. De fait je bafouillais quelques « oui, oui » en pleine confusion mentale, pendant que je sentais enfler mes seins assiégés à pleines mains.

 

« C’est lʼarrivée d’air », confirma Rasmussen en soufflant, avec le ton de celui qui élude une difficulté, tout en reluquant ma main luisante qui malaxait doucement le vieux tissu de la durite, pendant que son sexe maintenant déployé prenait possession de mon ventre. Puis après s’être assuré de ma soumission Rasmussen explora de ses doigts perspicaces ma jupette que j’avais repoussée vers le bas pour couvrir mes jambes largement écartées, mais qui descendait jusqu’aux premiers poils pubiens. Je me persuadais qu’il ne voulait pour l’instant que tester mon endurance à caresser mollement ce tuyau obscène, mais de toute évidence il se prenait au spectacle de mes joues, qui devaient lui paraître rouges de désir et de honte. Je mouillais à l’idée conséquente que ce renard entretenait l’envie de me violer plus loin, alors que j’avais déjà consenti à laisser entrer au fond de moi toute sa force barbare. Mais je n’avais rien contre l’idée qu’il m’oblige à faire ce que je ne voudrais pas, puisqu’en pensant à sa queue et à mon cheval je sentais monter la peur, maintenant que je m’étais trop avancée et qu’à l’évidence il venait de comprendre mes véritables obsessions, pourvu qu’il ne fasse pas reculer son beau tracteur.

J’ignore encore pourquoi, mais la surface rêche et crasseuse de la durite me donna aussitôt de vives démangeaisons, et tout en regardant Rasmussen à la dérobée je ne pus me retenir de me gratter effrontément le cul. J’en profitai pour vérifier la présence de mon rasoir, toujours planqué entre mes fesses dans son étui, et je me dis qu’en poursuivant l’exploration de mes limites Rasmussen ne tarderait pas à le découvrir. De nouveau je pensai à Liv, qui m’avait promis de vendre mon cul, et je me demandais si elle ne plaisantait pas, combien cela pourrait lui rapporter ? Je me plaçai donc de trois quarts, pour m’assurer que Rasmussen ne répugnerait pas à exploiter la source de mon Nil. Si oui, ce serait une preuve de son intérêt pour moi ou du moins pour cette partie de garçon manqué que je commençais à céder comme un capitaine qui le cœur brisé doit enfin consentir à quitter son navire qui coule. Pire encore, alors même que je me grattais d’une main tout en tâtant la durite, je pris sur moi de regarder Rasmussen du coin de l’œil pour lui signifier que j’attendais qu’il prenne pleinement conscience de mon accord pour l’autre bord. Donc je le laissai pénétrer jusqu’au rectum de tous ses doigts bien lubrifiés. Puis je me remis de face, et en feignant la gêne je fis descendre ma jupette à hauteur de queue, tout en prenant l’air dépité de la fille qui essaie en vain de se couvrir les jambes. « Ne faites pas attention à ma jupe », balbutiai-je en laissant son sexe prendre toute ma mesure et ses doigts inspecter mon cul comme s’il était encore besoin d’en vérifier la texture. « Excusez-moi », dis-je en frémissant et en revenant sur ma jupe, « mais elle est bien trop courte pour aller sur un tracteur. »

Rasmussen regarda la durite que je serrais nerveusement, puis mes jambes, et enfin il suivit le mouvement de mon bras lorsque je le ramenai depuis mon cul jusqu’au giron, comme si j’avais voulu par réflexe défendre l’entrée de ma personne. Mais au contraire je fis mine de vouloir couvrir mes cuisses plus avant, de sorte que lorsqu’il se retira brusquement ma jupe faillit glisser jusqu’au sol. Voilà, inutile de vérifier mon ouverture, car je sentais déjà l’air de la forêt passer en moi. Je me persuadai alors qu’il me manquait juste un peu de courage pour parvenir à mes fins : Si je laissais Rasmussen revenir en moi après m’avoir aussi vulgairement sondée, n’importe quel bouseux d’occasion pourrait m’aborder des deux côtés.

 

Voilà, je sens que mon corps se remet d’accord avec mon vice, et je me pense comme une bête. Je mouille, une grosse mouche bleue se pose à même ma chair offerte, et une autre sur mon sein gauche qui commence à rosir nettement sous l’effet de l’étranglement. Je ne fais même pas mine de les chasser, comme pour montrer combien je suis brave en faisant semblant d’ignorer que Rasmussen a bien vu celle qui pique mon tétin déjà brûlé. Je devine qu’il me prendrait volontiers pour une jument, et il me fait soudain penser à ces spécimen des westerns spaghetti, au début du film Il était une fois dans l’ouest, où un tueur désabusé et patibulaire s’amuse à piéger une mouche dans le canon de son revolver. Maintenant qu’elle s’est posée sur mon ventre, quand le cow-boy me regarde il sait que j’ai voulu vérifier son suivi, et je m’attends à ce qu’il déclare brutalement en sortant son arme : « Mains en l’air, et vite ! »

La source de mon sexe à présent bien lubrifié devrait apparaître entre les poils sous le regard inquisiteur de mon chauffeur, qui en faisant semblant de m’aider à rajuster ma jupe écrase du même coup sur mon ventre la mouche de cinéma. Il me regarde alors comme pour me reprocher de ne pas avoir pris sur moi de la chasser. Et voilà qu’il profite de mon silence coupable pour s’approcher et glisser lentement deux doigts en moi. J’hésite par réflexe en frémissant comme pour me dégager, mais il est déjà trop tard, car la queue de Rasmussen a ouvert la voie. Donc à présent que m’importent ses doigts ? Ma main s’avance pour l’empêcher d’aller plus loin, ma bouche s’ouvre pour le lui reprocher, puis je me laisse faire et je me tais. Rasmussen n’en espérait pas tant. Pour un peu il serait presque déçu que je ne défende pas davantage mon territoire, mais il a deviné que ce ne sera pas moi qui irait le dénoncer, si je veux sauver ma carrière. Aussi commence-t-il à prendre conscience de son immunité, à condition de ne pas trop m’abîmer en prévision de mes défilés.

Après m’avoir savamment tripotée Rasmussen me montre ses doigts rassemblés en forme de poisson, et comme je détourne la tête et baisse humblement les yeux vers le lieu du sinistre, le voilà qui m’écarte doucement les jambes pour ne pas trop me brusquer, mais en me laissant tout le temps de deviner ce que je vais subir. C’est le monde à l’envers, car il va m’avorter avant de m’avoir engrossée. A moins qu’il ne tienne à vérifier que je ne porte aucun micro mais seulement son mégot, ou bien à me démontrer que je suis vide et nulle. Donc voyant que je ne fais rien pour me défausser, après m’avoir obligée à regarder sa main ornée de sa grossière chevalière, il la pousse lentement en moi pour vérifier que je ne rechigne pas, et commence à me manœuvrer jusqu’à obtenir une plainte continue que je sens monter depuis les tréfonds de sa marionnette.

Je crois que c’est à ce moment-là que Rasmussen commença à prendre vraiment la mesure de sa chance, lorsque après m’avoir imposé de placer mes mains dans le dos il tourne son poignet vers le haut en me demandant de lire l’heure à son bracelet-montre qui dépasse de mon vagin écartelé. Assurément, mon heure a sonné, mais c’est en me cambrant docilement que je finis par avouer en bégayant que j’étais passée par ici tout exprès, et qu’il pourrait tout obtenir de moi, y compris me livrer à ses potes. Assurément, je m’étais entraînée depuis longtemps à cette petite scène porno, mais je ne m’étais jamais imaginée ainsi poussée jusqu’aux dernières extrémités, au point de m’avouer tout crûment que j’avais secrètement souhaité qu’il me tire par les pieds, le jour où toute nue sous son tracteur j’avais plaqué mes seins sur le carter encore tiède.

Maintenant sous la violence de l’humiliation sa main me force à jouir rapidement dans la douleur et me pousse vers le vide quand un doigt sans crier gare investit le col jusqu’à me faire crier. À ma honte je reconnus alors tout crûment que je m’étais laissé baiser sans tiquer, car j’avais toujours su à sa façon de me regarder que seul Rasmussen m’ouvrirait à l’hypothèse d’un bébé anonyme. Commence alors à courir en moi l’idée d’être carrément vendue à un webmaster sadomaso après avoir accouché de ce salaud qui venait de m’éviscérer comme on vide un saumon, exposée presque nue au-dessus des flaques à moustiques. Tel fille tel père, me dis-je dans un frisson, comme pour me rassurer en pensant que la main de Rasmussen me libérerait de Liv et des contraintes du mannequinat. Je brûlais d’envie de dénoncer sa fille dans le silence des bois, mais il me fallait veiller à ne pas couper la chique du bon monsieur, ni dévier sa queue de ma cible. C’est en observant sa montre comme une poule hypnotisée que je le laissais me dégorger jusqu’à faire ressortir son mégot, et quand il me poussa dans une flaque pour rincer ma honte je me promis de lui décocher en plein cœur les quatre vérités de sa petite garce, juste au moment où en se croyant victorieux il déchargerait tous les rejetons de sa haine au fond de mon corps martyrisé.

 

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