Fessée (Oeuvre réservée à un public adulte)

Joystick

 

 

Je finis non seulement par me faire une raison, mais par m’offrir : Björn allait éjaculer sur moi et je l’accepterai, car rien ne m’empêchait de me redresser et de partir. Mais appuyée sur l’établi je finis par me convaincre que je n’étais qu’une danseuse bloquée dans un exercice à la barre. Curieusement je sus gré à Björn de se masturber sous mes yeux, et en quelque sorte de s’offrir, de me laisser voir absolument son intimité, bref de sacrifier sa pudeur à ma critique. Il aurait pu s’en aller éjaculer hors de ma vue sur une autre partie de mon corps, mais il voulait me montrer son sexe en fonction, afin d’obtenir un avis technique. Il fut satisfait de voir que non seulement je ne me détournais pas (il n’y avait là de ma part aucune preuve de curiosité malsaine) mais que je plissais les yeux en guise d’assentiment.

Björn sans doute ne me baiserait pas, mais j’allais lui donner une preuve de confiance qui cependant n’engagerait pas nos sexes. Non seulement sa queue de cochon ne me faisait pas peur, mais Björn savait à présent que j’accepterais sa sexualité sans rien lui demander en retour, et qu’il pourrait se servir de mon corps (sauf me baiser ou me tripoter les seins) pour assouvir ses fantasmes. Évidemment si j’acceptais sa décharge en plein visage il serait assuré de m’avoir à sa disposition, et ainsi deviendrait supérieur à tous les mâles de la région. En commençant par me maquiller de son foutre Björn était certain qu’il m’aurait toute, ce n’était pour lui qu’une question de temps. Il n’avait pas vraiment tort, car pour avoir accordé la primeur à Andréas à propos de ma défloraison prochaine, j’avais tout de même l’intention de céder tôt ou tard aux assauts plus conventionnels de Björn. Il apprécierait mon tact, de lui épargner la responsabilité de ma défloraison. Je voulais seulement lui éviter cette épreuve, qui pour un jeune ne me semblait pas si facile à assumer.

 

Le sexe de Björn était d’un blanc presque translucide, très long et mince, avec un gland bien dégagé et rouge, l’ouverture de l’urètre très étroite, l’attache du prépuce longue et vigoureuse, et irriguée. La racine de sa queue n’avait pas beaucoup de poils, et ses parties très lisses et rondes me firent soudain penser à des abricots bon marché. Comme j’étais bâillonnée je ne pouvais malheureusement m’en prendre ni à la queue ni à la pulpe, mais Björn dut comprendre ce qu’il pourrait me faire à l’avenir de ce côté-là, comme si le bâillon avait scellé entre nous une sorte de pacte. Alors que ma bouche était condamnée je venais de l’offrir à Björn en garantie, comme une traite sur l’avenir, pendant que ma poitrine lui était interdite et qu’il ne me déflorerait probablement pas.

Mon consentement celé par le bâillon avait une grande importance, car l’attribution de ma bouche à un individu particulier était selon moi plus grave qu’une défloraison. Celle-ci n’était qu’une obsession qui appelait l’usage d’un individu voué à cette seule tâche, et qui pour m’exciter devrait susciter en moi une violente aversion. J’entendais ma virginité comme un problème technique à traiter, pour lequel Björn ne m’était d’aucun secours. Maman lui avait accordé une telle confiance, que je le soupçonnais d’avoir accepté la mission de me surveiller. Je ne refusais pas pour autant mon sexe à Björn, mais grâce au pacte silencieux de ma bouche offerte je contournais celui qu’il avait dû passer avec ma mère pour me protéger. Grâce à son éjaculation précoce je libérerais de son urgence le problème de ma virginité, que je pourrais traiter plus tard en échappant au contrôle de maman.

 

Björn allait devenir pour moi une sorte de refuge, et je me dis que je me donnerais d’autant plus facilement à celui qui allait me dépuceler, que j’aurais confiance en Björn en le laissant prendre appui sur moi pour affirmer sa sexualité. Après tout, je ne le trahissais pas, car je lui évitais sa part de responsabilité dans mon dépucelage. Il pourrait me baiser d’autant plus facilement, une fois le sale travail exécuté par un autre. En effet je devinais que si je faisais porter la charge de me dépuceler sur un jeunot pour qui j’éprouvais une certaine affection, il finirait par saloper le travail, ce qui malheureusement aurait des conséquences irréversibles sur la suite de ma sexualité ; au lieu qu’en me faisant baiser par un vétéran de la dépravation j’aurais quelques chances de jouir sans scrupules du premier coup. Comme j’avais toujours souhaité obtenir un orgasme que je n’aurais pas voulu, je désirais qu’on me l’impose comme une douleur viscérale contre laquelle toutes mes réticences prises ensemble ne pourraient rien. Voilà pourquoi Björn ne m’était nullement indispensable dans ce domaine, sinon qu’il me permettait de penser à son père et à Andréas, qui j’en étais certaine sauraient me faire jouir malgré moi. Björn en attendant se montrait bien aimable, et c’est sans doute grâce à lui que j’ai commencé à rêver du poteau et des hommes comme des bourreaux qui pour me torturer ne feraient usage que de leurs bites. C’est grâce à Björn, alors que je tétais tranquillement mon biberon devant mes Tex, que j’ai tout doucement pensé à provoquer un vagabond, sachant que je ne pourrais jamais le supporter. Andréas n’était sans doute qu’un pis aller, puisque dans son genre il ne battait la cloche que dans la tendance design. Force fut d’admettre que jouir sans contrainte ne m’intéressait guère : je n’aspirais qu’à être salement travaillée par une douleur qui rentrerait en moi pour fracturer mon cerveau.

 

Donc il me sembla que livrer mon seul visage à Björn serait pour lui une preuve de confiance bien supérieure à celle de me faire baiser par ses soins. Je crois que je n’aurais autorisé personne d’autre que lui à décharger directement sur moi. Il n’aurait pu imaginer fille plus offerte, mieux disposée à prendre son foutre, d’autant qu’il savait très bien que le bâillon n’était nullement un signe de veto. Ainsi pourrait-il à la fois prendre le contrôle de ma parole et de ma bouche. Par ailleurs je préférais donner mes lèvres à un seul homme, mais sans lui céder mes organes, plutôt que de lui confier mon personnage esthétique pour qu’il s’en vante devant ses copains. Pour autant je n’avais rien contre le fait de céder toutes les parties de mon corps à Björn, mais je ne pouvais pas le faire en une seule fois. S’il devait remporter son lot ce ne serait que morceau par morceau, et je ne trouvai pas vraiment d’objection à m’entraîner avec d’autres.

Puisque j’acceptais d’être souillée je me rendais compte qu’Andréas avait peut-être raison : je n’étais qu’une garce. Alors même que Björn n’avait pas encore déchargé j’anticipais la punition nécessaire et me réjouissais prématurément de recevoir ses coups. Plus il s’avançait vers l’échéance fatale, plus je prenais plaisir à ce qu’il éjacule sur moi. Mieux il se branlerait, davantage il me punirait avec application. Je crois que ces pensées m’apportèrent directement la preuve de ma perversion, car elles me donnaient un plaisir sans inhibition : nulle part en moi je ne trouvais la honte de m’offrir ainsi au foutre. Au moindre soupçon de honte j’appelais déjà la punition, par laquelle j’anticipais un autre plaisir. Au cas où Björn me le demanderait j’avais pris le parti de sucer ses copains, simplement pour lui prouver que cela n’avait guère d’importance, puisqu’il était l’élu. Je ne voulais pas vraiment démontrer que j’aimais Björn, mais seulement lui offrir la primeur sur un bel objet, alors que mon corps et tous mes organes vitaux du sexe au cerveau appartiendraient à celui qui m’aurait imposé le plaisir. Sans l’aimer et sans lui appartenir je ne serais que le faire-valoir de Björn. J’étais persuadée qu’il m’aimait assez, non pas pour m’autoriser ça, mais pour démontrer à ses copains qu’il leur était supérieur, puisque jamais je ne me serais exhibée avec eux sur nos trottoirs, ce qui prouverait aux yeux de tous qu’il était le seul à partager l’intimité du futur mannequin.

 

Était-ce bien cela, qu’Andréas avait deviné en moi ; ou bien l’étais-je devenue pour ne pas le contredire ? Cette idée me fit frissonner, de m’apercevoir que l’on pouvait se construire en refusant de s’appartenir encore. En n’étant rien on est prête à se remplir de n’importe quoi. Finalement je me dis qu’Andréas était le seul homme de la région à ne pas se tromper sur mon compte. C’était donc à mon humble avis un original qui méritait ma défloraison. Pour me prouver ses raisons il ne lui restait qu’à me donner un plaisir forcé qui ne dépendrait guère de mes seins.

Voilà que Björn s’apprêtait à décharger sur moi, alors que le plaisir commençait à le défigurer. Non seulement j’espérais le fouet pour me punir, mais je me voyais déjà assaillie par Andréas, qui rentrerait en moi comme dans le moteur de sa première Husqvarna enduro. J’eus honte d’être la cause de cette déformation du visage de Björn, quand j’aperçus la sueur perler sur sa peau si blanche, pendant que sa bouche d’habitude trop petite s’ouvrait grand. Comme son regard commençait à perdre son expression coutumière, je me dis que jamais encore je n’avais observé pareil effet de dépossession, même sur papa pendant ses colères. L’idée que mon seul visage puisse induire de tels effets me donnerait, j’en étais sûre, un pouvoir absolu sur tous les hommes, sauf pour cet Andréas qui tenait ma beauté pour rien. À moins qu’il ne jouisse que de m’avoir vaincue et baisée et dominée et salie et engrossée, et de savoir que je savais que je n’étais pour lui qu’une pute.

Pourtant je sus gré à Björn de se laisser voir dans une expression qui n’était pas du tout à son avantage, puisqu’elle marquait tous les défauts de son visage : les joues trop creuses, le menton trop proéminent, les dents trop petites, les oreilles sans intérêt, la pomme d’Adam trop timide, tout comme la mâchoire inférieure qui à mon goût n’était pas assez marquée. D’habitude l’ensemble de ces défauts s’harmonisait et dissimulait l’absence de virilité de chaque trait particulier, pour donner au visage un aspect affable qui n’était pas si déplaisant, mais qui frisait le ridicule ou la fadeur écœurante. Je trouvais surtout dans le plaisir que Björn prenait sur moi je ne sais quel laisser-aller, comme disait maman à propos du ménage et au sujet de papa quand elle le jugeait trop languide. J’aurais préféré que Björn se branle avec un zeste de fierté, non pas pour m’honorer, mais au contraire pour me démontrer que je ne le dominais pas, alors même que je me montrais passive.

Pourvu, me dis-je, qu’Andréas ne lise pas dans mes pensées, lui qui m’avait sans doute anticipée. Il était tellement confiant qu’il ne s’apercevrait sans doute pas de mon désir, non pour sa perverse personne, mais pour qu’il me baise et me déflore pour me punir de ce que je faisais maintenant avec Björn. Oui, Andréas avait toujours été sûr de m’avoir, et c’était précisément cette pensée qui me désarçonnait au point que je pensais encore à lui en regardant Björn jouir de ma présence. Voilà encore un cercle vicieux, et je me pris à surveiller le sexe de Björn, dans l’attente qu’il décharge sur moi.

 

Dans quelques secondes mon destin aura changé, Björn ne me regardera plus de la même façon, et de mon côté je me rapprocherai définitivement de l’idée qu’Andréas s’était forgée de moi. Pendant que Björn commençait à râler et qu’il rapprochait son sexe de mes joues je me réjouissais à la pensée de la correction qu’il allait m’infliger, alors que parfaitement dissocié de lui mon sexe s’ouvrirait à la pensée d’Andréas.

Voilà donc comment je parvins définitivement à penser à deux hommes de façon indépendante, en attribuant à chacun une partie précise de mon corps. Je faisais la distinction, non seulement entre se faire baiser et être dépucelée, mais encore dévergondée, humiliée et salie. Björn avait bien commencé le travail : à son père reviendrait la charge de me baiser, et à Andréas celle de me dépuceler. Je dus m’avouer deux autres fonctions qui se distinguaient à la fois entre elles et des autres, savoir, être engrossée et être forcée, surtout par n’importe qui. Je pensai sans sourciller qu’Andréas outre me dépuceler pourrait bien remplir ces deux dernières missions, mais je le connaissais déjà trop bien pour envisager une relation de contrainte, puisque j’étais d’accord pour prendre sa queue sans désir ni amour, comme un outil qui serait enfin venu à bout de ma virginité. Quant à avoir de lui un enfant, la question ne s’était jamais posée ni le désir imposé, car en n’étant pas assez beau Andréas risquait fort de corrompre mes gènes. De même je me demandai soudain si je n’avais pas tout intérêt à être forcée par un autre, en attendant qu’Andréas ne me déflore. Un dépucelage ne devait selon moi s’accompagner d’aucun soucis portant sur la virulence du foutre, qui s’en irait jusqu’au bout sans tambour ni capote. Toutefois je réservais les premières places à un haut fonctionnaire, par exemple un beau Conseiller de province ou un Consul français, qui satisferaient sans faillir les exigences de maman ; mais tout aussi bien au maître d’hôtel du Swedish royal, que j’avais aperçu entre deux bains de mer. Je choisirais un homme bien bâti, duquel je contrôlerais l’ascendance par une enquête chez les Mormons, et je le préviendrais que je n’avais rien à faire de lui, hormis sa semence. J’étais donc certaine de ne vouloir d’enfant ni de Björn, ni de son père, et surtout pas d’Andréas. Non, je n’avais jamais eu envie de ça en me rapprochant d’eux, pas plus que d’épousailles. J’avais l’intention de mettre bas en secret avant de me marier, afin d’imposer le fruit de mes entrailles à un nouveau Joseph. Lorsqu’il aurait accepté mon contrat je consentirais peut-être à le gratifier de son petit Jésus luthérien.

Je commençais à me demander non sans angoisse si Andréas accepterait de me baiser, et plus exactement s’il me savait encore vierge. Puis, alors que Björn me prévenait de l’éminence de sa décharge, emportée dans une sorte d’ivresse je commençais à me demander quoi faire, pour qu’Andréas s’intéresse à mon cas. Curieusement je ne consentis aucune culpabilité à l’égard de Björn, car je n’aspirais guère à le tromper en fantasmant sur l’autre. À l’évocation d’Andréas mon sexe s’ouvrit à sa queue imaginaire, au point que je ressentis une grande déception, de n’être pas baisée pendant que Björn commençait à jouir de moi. Je pensai aussitôt aux lanières poisseuses qui étoufferaient assurément cette frustration, au point que je faillis jouir par l’anticipation prise à la douleur. Curieusement j’associais à mon fantasme le sexe d’Andréas, en espérant qu’il me force jusqu’à me blesser et qu’il me féconde pour me punir de la vision infernale que m’offrait Björn défiguré.

 

Lorsque je sentis le sperme tiédasse de Björn glisser sur ma joue j’avais déjà décidé de me faire déflorer par Andréas. Très lentement mais sûrement mon sexe se préparait à le recevoir. J’espérais d’Andréas tout à la fois, qu’il me bourre, me fasse jouir, me punisse et m’ensemence – alors que je m’offrais à Björn tout en l’estimant incapable de me dépuceler, non par défaut de puissance physique, mais parce qu’il croyait trop en mon avenir.

Le problème qui s’imposait à moi restait d’amener un garçon comme Andréas, qui apparemment ne s’intéressait pas du tout à ma petite personne, non seulement à me regarder comme une femme désirable, mais à me baiser. Ma seule chance, me dis-je alors, c’est qu’il sache que je suis vierge ; dès lors il pensera peut-être à se venger de moi en me déflorant. Il n’imaginerait sans doute pas me rendre service, mais chercherait à me punir pour mon orgueil, en me ramenant au même niveau que les autres filles de la région. Assurément Andréas s’appliquerait à me rabaisser en me prouvant qu’il avait eu raison de me considérer comme une garce, puisque j’étais prête à céder mon corps au premier homme qui n’afficherait à mon égard qu’un authentique mépris.

En effet je n’ai jamais pensé qu’Andréas feignait le dédain à mon encontre. Non, il me méprisait réellement, j’en étais bien sûre, il n’y avait là de sa part aucune manœuvre de séduction. Je m’expliquais d’autant moins mon envie d’être dépucelée par ses soins, qu’il n’était même pas beau et finalement moins séduisant que Björn. Seule sa maturité provocante avait fini par me convaincre qu’il ne me raterait pas. Bien au contraire, il ne mettrait pas de préservatif, ne serait-ce que pour le plaisir de m’ensemencer. J’étais même sûre qu’il avait l’intention de m’engrosser du premier coup, et de mon côté je me disais que l’on n’est pas vraiment déflorée, faute de trouver le bon moment pour se faire mettre avec le maximum de risques, quitte à noyer le bébé dans son bain. Au lieu qu’avec Björn nous serions rentrés dans une infinité de protections et de craintes, avec Andréas j’étais certaine d’avoir droit à un authentique dépucelage. Cela était pour moi plus important que d’être baisée par un homme qui m’aimerait, d’autant que j’étais persuadée que Björn ne m’appréciait pas davantage : il était seulement fasciné par ma beauté et mon ambition, et peut-être par mon intelligence. Nous avions été élevés ensemble comme des castors, et le reste en découlait facilement : je venais d’en recevoir la preuve sur mon visage.

 

Force fut de reconnaître que l’épreuve du plaisir de Björn ne me répugnait nullement, mais mon attitude ne sembla pas vraiment lui convenir. Certes il était visiblement content d’avoir joui, sinon de moi, du moins grâce à moi, mais il n’était pas satisfait de me trouver si compréhensive. Je reconnus alors que je l’avais non seulement déçu, mais que je le dégoûtais. Björn ne devait pas se faire une haute idée de lui, et par conséquent de son sperme, puisqu’il pensait m’avoir salie. Quelque chose qu’il avait idéalisé en moi avait été souillé. Que cette souillure me vînt de lui importait peu : ma beauté de future star avait trouvé ici sa limite. En outre il ne supportait pas mon air condescendant, comme si je l’avais accepté pour lui faire plaisir ou pour lui donner une satisfaction que j’estimais méritée, presque par amitié, peut-être par compassion, enfin par une sorte de devoir envers notre relation, ou plus banalement pour le remercier d’avoir bien voulu me fouetter avec son martinet de collection. Il me reprochait moins ma perversion que d’avoir fait aussi peu cas de lui, mais cette perversion à son tour abolissait l’idéal esthétique dans lequel il m’avait jusqu’alors maintenue. Ce qui lui déplaisait, cependant, ce n’était pas la preuve de mon vice, mais ma façon de l’assouvir en sa compagnie. Non seulement il ne supportait pas de me découvrir aussi vile, mais de voir combien il importait peu en tant qu’agent de ma dépravation. Je ne le craignais pas assez, tout en lui sachant gré de son application ; mais si je ne le craignais pas cela signifiait que je ne prenais pas son désir en considération.

J’avais adopté un comportement de gratitude, auquel correspondait son plaisir en remerciement des coups qu’il m’avait donnés, mais Björn avait compris que je ne le craignais pas au point de me soumettre. Il venait de recevoir la preuve de mon vice, mais je n’avais pas vraiment besoin de lui pour l’assouvir. En fait j’aspirais intensément à trouver le bourreau qui me manquait. Par conséquent Björn dut penser qu’il n’aurait pas à mes yeux une grande valeur, si son manque de caractère l’empêchait de me dominer. Comme j’étais la seule nécessitée pour définir ce caractère, l’image de sa jolie personne qu’il avait acquise grâce à moi commençait à s’étioler, alors que cette Sonia qu’il avait tenue pour idéale s’effondrait sous ses yeux en se révélant salope. En me faisant corriger par ses soins j’avais dégringolé sous lui depuis mon piédestal médiatique, alors qu’il s’était toujours senti inférieur à moi.

N’ayant pas une estime de soi suffisante, Björn tenait son foutre pour rien ou comme une déjection, un trop-plein de vice, et par conséquent moi-même comme avilie par ce produit que j’acceptais de lui. Que je pusse prendre son foutre en remerciement de ses coups avait aggravé mon cas, puisque cela lui avait révélé que je le considérais sans force, et en quelque sorte indigne de moi. Il aurait pu tout me faire subir, mais obnubilé par l’image de sa chérie il n’avait pas su en profiter. Il craignait qu’une attitude plus pressante de sa part ne lui révélât tout à fait mon vice et ne ternisse à jamais l’image qu’il s’était fait un devoir de former, celle du top-modèle natif qu’un naïf campagnard aurait soutenue vers la gloire.

 

Je venais de comprendre que l’image entretenue par Björn ne provenait pas de ce que j’étais réellement, mais de sa peur de ma sexualité montante. C’était par peur que Björn me voulait belle, et à son tour cette assurance qu’il me donnait me permettait de désirer le pire, d’être souillée et salie. Il ne se voulait l’artisan de ma réussite que pour me faire perdre mon ascendance sur les autres hommes ; au lieu que son ami Andréas avait débusqué la salope qui gîtait en moi. Il me poussait vers le sommet pour mieux me faire déchoir, alors que j’avais intérêt à lui prouver par ma réussite qu’il s’était trompé sur mon compte. Björn au contraire voulait abolir mes vices sous l’apparence proprette de mes shows. Il ne souhaitait obtenir de moi qu’une image conforme à l’opinion, certes désirée par tous, mais si brillante qu’aucun homme ne pourrait jamais la salir.

En fait je ne faisais que reprocher à Björn de n’avoir pas voulu me dominer en me fouettant ; il n’avait cédé qu’à contrecœur. Dès lors quoi d’étonnant à ce que je lui permisse de décharger sur moi simplement pour le remercier, et non pour honorer sa puissance ? Je me dis qu’après tout Björn n’avait gagné que ce qu’il méritait. S’il m’avait fouettée plus méchamment je l’eusse regardé avec plus de respect, maintenant que son sperme coulait sagement sur mes joues.

Lorsqu’il essuya sa queue sur mon visage avec une application suspecte, je n’y consentis que pour le remercier ; à peine, je dois le dire, pour le satisfaire, ce qui grava en lui l’assurance où il était déjà, que je n’éprouvais à son égard ni crainte ni respect. Ce fut dans le moment où je lui cédais davantage, que je lui échappais assurément, car je n’aurais accepté de nul autre qu’il essuie son sexe sur mes paupières. Je ne me donnais à Björn que pour lui faire plaisir, parce qu’il n’était pas maître de lui et moins encore de moi ; mais pour la première fois je compris qu’il me faudrait être méchamment dominée, pour réussir à supporter ça de n’importe qui.

 

Pour être tout à fait honnête je dois dire qu’il n’avait pas eu de chance, Björn, puisqu’en n’ayant pas été attachée je n’étais pas obligée de subir l’épreuve de sa queue sur mon visage : je n’y avais consenti que par éducation. Comme j’avais moi-même demandé à être fouettée, personne par conséquent n’en assumerait la contrainte, d’autant que je pouvais me dégager sans efforts de cette position gymnique, appuyée contre l’établi. J’aurais donc pu facilement échapper à Björn, m’ôter le bâillon, quitter les lieux. La seule chose qui m’en empêchait ce n’était pas des liens réels, mais le seul désir d’être fouettée encore et encore, jusqu’à faire éclater l’orgasme. C’est pourquoi Björn dut comprendre que je le laissais faire, non seulement pour le remercier, mais pour qu’il ne s’en aille pas sans me donner mon comptant de coups. Qu’était-ce donc, ce que je venais de subir là, si on le comparait au bénéfice que j’allais tirer du martinet, à profiter d’un objet qui en principe aurait dû finir dans quelque musée des bonnes mœurs ? Cette décharge n’était qu’un remerciement pour payer Björn de ses services, et elle ne m’humiliait pas, puisque depuis toute petite je m’étais habituée à prendre mon bain en sa compagnie dans le lac. Sans parler du sauna et de nos séances à poil devant nos TV respectives, lui venant chez moi jusque dans ma chambre ; moi allant chez lui jusque dans son lit. Entre lui et moi le foutre n’avait été qu’un lait de beauté tendance, qui assurément m’aiderait à lisser joliment mon doux visage de girl.

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