Fessée (Oeuvre réservée à un public adulte)

Fessée

 

 

D’un seul mouvement Björn remonta ma robe jusque sur mes épaules, et fut stupéfait de s’apercevoir que mon corps de femme était pratiquement formé. En effet pendant tout l’hiver il n’avait aperçu que mes jambes nues et mes jolis pieds, alors que j’étais assise avec mon biberon devant la TV, poussée par l’idée douceâtre mais insistante de sucer son père. Cette année-là nous ne nous étions pas encore baignés dans le lac, et comme Björn logeait à l’internat de son lycée je n’avais guère eu l’occasion de le rencontrer dans le sauna. Il n’avait donc gardé de mon corps qu’une version qui datait de la dernière saison, mais j’avais beaucoup changé pendant l’hiver. Le pire dans tout ça, c’est que cet idiot ne s’étonnait même pas de pouvoir me tripoter sans même rencontrer l’ombre d’une protestation. Il était loin d’imaginer que son père l’avait précédé à l’office, et semblait prendre mon comportement pour un instinct naturel, à moins qu’il ne fût depuis longtemps convaincu que je n’étais qu’une salope de laquelle il pourrait impunément profiter sous le couvert d’un petit amour. De mon côté je voulais rendre ma faute si profonde que je ne pourrais même pas contester lorsque Eriksson viendrait me demander des comptes. Je jouissais déjà à l’idée d’être salement baisée par ce monsieur pour avoir commis l’irréparable en me laissant battre par son martinet napoléonien, et je me persuadai que maman partagerait cet avis. Si Eriksson m’engrossait ce serait bien fait pour moi et tant pis pour elle.

 

Björn me fit écarter les jambes et resta admiratif devant mon cul si bien cambré. Il en profita pour me tripoter les fesses et les hanches, et je le laissai faire tout en imaginant les mains innombrables qui avaient brandi le martinet. Je me récitais les commentaires que l’on ferait en apprenant que comme une idiote j’avais été fouettée sans aucun souci pour mes belles jambes assurées à prix d’or, au risque de sacrifier ma carrière à un puceau. À vrai dire les caresses de Björn ne me dérangeaient pas. Bien au contraire, puisque je fus prise aussitôt de frissons en pensant que je n’étais qu’une chose vulgaire en voie de réparation. Puisque j’acceptais le mal je devais en payer le prix. Je devinais qu’en me présentant ainsi cambrée ma chatte allait être parfaitement exposée au regard inquisiteur de Björn, et avec un peu de chance à d’autre queues avides de me punir. Björn dut comprendre que mon désir de martinet était en partie une excuse pour exposer mon cul à son attention savante. Il n’avait pas tort, mais ne se doutait pas que mon imagination était déjà allée beaucoup plus loin.

En fait je venais d’offrir mon cul pour la première fois et sans honte, puisque je comptais pour nulles mes expositions au bord du lac et le délicat doigté d’Eriksson. En effet je considérais désormais Björn comme un jouvenceau relativement expert, ou du moins capable de poser un cul dans un atelier. J’avais tellement joué avec lui jusque sous les draps, que je trouvais maintenant normal qu’il me tripote avec des intentions nouvelles.

« C’est bien, allez, relève ta jambe. »

Je m’exécutai sans broncher, et Björn présenta mon pied.

« Attention, Sonia, ça va brûler ! Je commence par là, pour t’habituer. Tu vas comprendre à tes dépens qu’il ne s’agit pas d’un jouet, et que la morale n’est pas faite pour tout le monde ! »

Aussitôt dans un claquement de cuir sec un éclair traversa comme une crampe aiguë la plante de mon pied gauche, avec des éclaboussures acides sur les mollets. La douleur et la surprise poussèrent mon cri jusqu’au bord de mes lèvres closes par le ruban. Si Björn ne m’avait pas muselée je crois bien que j’eusse crié jusqu’à m’en décrocher la mâchoire, tellement la peine était forte et le coup violent. Pourtant je me maintins courageusement dans cette position de cloche-pied, sans même me retourner une seule fois pour protester.

Je reçus un autre coup encore plus violent, et je crispai les mâchoires tout en pensant à une queue qui rentrerait en moi aussi facilement, et qui me donnerait un plaisir égal à cette douleur. Mon sexe s’en émut, et mon sphincter se décontracta. Puis Björn me dit simplement : « l’autre », comme ma mère lorsqu’elle me chaussait avant mon départ pour l’école. J’obéis, et mon autre pied reçut sa part. Lorsque je le reposai au sol je crus avoir perdu toute sensibilité, et je dus attendre de longues secondes avant de sentir de nouveau la terre froide et humide, qui sembla remonter le long de mes mollets brûlés.

 

Björn me força à écarter les jambes en m’empoignant par les chevilles. Bien que je fusse habituée à pratiquer le même exercice pendant mes cours de danse, je n’avais ici qu’un établi en guise de miroir.

« Attention à tes mollets, maintenant ! »

J’eus à peine le temps de crisper mon cul, que mes mollets furent consciencieusement frappés, et je sentis mes muscles se tendre comme pendant mes exercices à la barre. La tête penchée sur mon établi je pouvais apercevoir mes jambes flagellées, et le fait de les tenir à portée de regard me donnait je ne sais quel courage, malgré la douleur que je sentais monter jusque dans mon ventre. Curieusement je notais une certaine accumulation de plaisir, sans pouvoir le localiser. Mes mollets et mes plantes étaient douloureux et brûlants, et j’eus la sensation d’avoir enfilé une paire de bottes arrachée à la forge du musée vivant, ou de marcher dans la mélasse bitumineuse de la route en plein mois d’août.

« Allez, ouvre bien, au tour des cuisses maintenant, Sonia ! Tu vas te souvenir de cette journée, je te le prédis. »

Je voulus le traiter de salaud, mais le bâillon me retint. Décidément, il ne me restait que mes yeux pour pleurer de rage, et accuser Björn de mon propre vice. Cependant j’appréciai pour la première fois de vouloir lancer une insulte sans pouvoir parler et sans la penser vraiment. Curieusement je me demandai ce que j’aurais pu ressentir en étant frappée par certains copains de Björn qui ne me plaisaient pas, et je pensai surtout à cet Andréas que je détestais et qui me le rendait bien en me traitant de garce. Je m’en voulus aussitôt, d’être excitée par de telles idées, mais en évoquant mes films X je me demandai si j’aurais assez de courage pour lui céder mon cul.

 

Björn me cravacha violemment, mais une bonne part des coups fut empêchée par ma robe. Je me retournai pour lui montrer que j’étais en train de pleurer, mais il n’en tint pas compte, et mes cuisses furent sauvagement cinglées. Par endroits les traces de la douleur me firent penser aux traînées de vapeur que les avions laissent sur le ciel bleu. Je compris alors sans ciller que Björn voulait m’ouvrir, et que j’aurais tout intérêt à me concentrer sur cet exercice, si je voulais m’en souvenir au moment opportun. Pour l’heure la queue de Björn ne me faisait pas peur, mais je me dis que tout de même il restait maître du martinet.

« Rapproche tes jambes, maintenant, Sonia, je vais te déculotter. »

Tout d’abord je voulus refuser en prononçant un « non » bien franc, mais le bâillon m’en empêcha. Björn me rapprocha les jambes d’autorité et fit descendre ma culotte. Sagement je soulevai un pied puis l’autre pour qu’il puisse la retirer, et je me persuadai que des étrangers pourraient en faire autant. C’est une question de confiance, disait maman. Aussitôt je sentis les paumes lisses passer sur mes fesses. Ces mains-là appartenaient à Björn, mais je pensais déjà à d’autres. Au fond, quelle différence cela ferait, à condition que monsieur Eriksson me punisse à propos, surtout par le derrière ?

Quand un doigt rentra dans mon cul je voulus crier. J’eus soudain l’impression qu’avec le martinet pour prétexte Björn prenait livraison de moi comme d’un paquet. Mais il ne savait trop qu’en faire, de son cadeau embarrassant, et je n’espérais qu’une chose : qu’il me livre à ses amis pendant une partie de bières.

Je ne tardai pas à sentir ses doigts rentrer plus profondément, mais cela ne m’affligea pas davantage, puisque selon les dires de maman les doigts n’ont jamais engrossé personne ; d’autant que je n’avais plus peur d’être déflorée, puisque je savais par ma professeure de danse que les exercices du grand écart avaient déchiré l’hymen depuis longtemps. En outre ce n’était pas la première fois que Björn rentrait ses doigts, pour être venu souvent s’asseoir à côté de moi sur mon canapé à l’heure de mes Tex. À cause de mon obsession inavouable Björn m’avait surnommée Maggie, le personnage qui dans le dessin animé des Simpson tète sans cesse son biberon. Reste qu’il avait su tirer parti de la situation, et surtout de mes leçons. Depuis ce jour inaugural ce qui n’avait été qu’occasionnel sur mon canapé ne tarda pas à devenir une manie dans le sauna.

 

Björn me montra ma culotte comme un trophée, et sans plus de manières la jeta directement dans la poubelle du garage, qui ne contenait pas d’ordures ménagères mais seulement des « déchets techniques », comme papa les appelait avec une sorte de fierté que je m’étais toujours efforcée de comprendre. Je pensais que dans un garage on ne peut rien faire de « sale », car non seulement tout est recyclable, mais l’huile et la graisse n’ont aucun rapport avec la cuisine ou les toilettes. Le corps se trouve ainsi dissocié de ses fonctions vitales et peut être soumis à une mécanique de précision.

Comme je protestais vivement de voir comment avait été traitée ma culotte, Björn me remit en position et me força à fixer l’établi, pendant qu’il m’écartait de nouveau les jambes et remontait ma robe jusque sur les épaules. Je sentis l’air frais passer sur mon cul et mon échine, et soudain je frissonnai de crainte, ainsi exposée au bon vouloir de Björn. Mais j’éprouvai aussi un grand plaisir à penser que n’importe qui pourrait me baiser dans cette position-là. Il suffirait que je m’abaisse et me laisse faire comme une simple pièce de bois que l’on travaille en atelier, d’autant plus facilement que mon cul aurait été bien préparé. Hélas, je n’avais affaire qu’à Björn. Heureusement qu’il m’avait déjà testée sur la plante des pieds, autrement je serais partie en courant malgré le bâillon et ma tenue dévergondée. En fait je n’avais peur que de mes fantasmes, d’être punie par des queues de mécanos pour m’être laissé fouetter par un idiot.

Comme s’il avait deviné ce que je pensais de lui, Björn me commanda de décontracter mon cul, et je compris aussitôt qu’il voulait m’humilier afin de pouvoir me dominer. Je crois qu’il escomptait surtout s’affirmer en me prouvant que je n’étais qu’une salope, et quand je sentis le manche s’engager je l’entendis qui bégayait, avec le ton d’un évident dépit : « je le savais, je le savais ! »

Björn vérifia que j’étais mouillée, et je convoquais aussitôt l’épreuve des suppositoires que maman m’avait infligée souvent. Puis je me concentrai sur la queue d’Eriksson. Lentement mais sûrement, comme pour nettoyer un fusil à la brosse, Björn m’enfila sans trop de peine le manche rugueux du martinet. Je l’encourageais mentalement à pousser toujours plus haut dans le canon, tout en me demandant si la queue de son père pourrait jamais être aussi dure pour explorer mon cul. Je pensai que pour l’y aider j’avais tout intérêt à m’entraîner dès maintenant aux mauvais coups que j’espérais tantôt recevoir, de sorte que je laissai Björn me pénétrer avec une certaine rage, au point d’en être émue jusque dans l’estomac. Je savais déjà que dès le lendemain il menacerait de tout dire, et que je serais peut-être obligée de lui obéir sans protester. Cela m’ennuyait un peu, mais me rassurait plutôt, car je savais qu’après m’avoir fait ça il ne me nuirait plus avec ses demandes d’amour. Je me dis qu’au fond le manche n’était guère plus long que deux bons doigts de son grossier papa.

Björn manœuvra l’engin jusqu’à faire remonter dans mes seins un plaisir pervers, au point de me donner envie de vomir, mais je ne fis rien pour éjecter l’étron de bois qui soumettait mon cul. J’espère que je ne vais pas le salir, pensai-je stupidement, en me rappelant la menace d’Eriksson si je persistais à traîner par là. Mais au lieu d’avoir honte, tout en me laissant aller je trouvai à cette situation scabreuse un bon motif pour être sauvagement punie.

« Et voilà », dit Björn, avec le ton du petit bonhomme qui a résolu un problème d’algèbre, comme pour me signifier que désormais j’étais à lui. Je tins la pose, tout en sachant qu’il prenait conscience de m’avoir humiliée, et ce n’est pas sans éprouver une pleine satisfaction que je sentis les crins pendre mollement le long de mes cuisses ouvertes, alors que j’essayai de retenir l’instrument par lequel je serai torturée. « Ah ! Ah ! on se croirait au Crazy Horse », s’esclaffa Björn, qui manifestement de tout le spectacle n’avait retenu que les cordons coloriés autour des reins des danseuses qu’il jugeait folles, pendant que je pensais au sexe bandé de notre cheval. « J’espère bien que ça t’aura fait mal, bougre d’ânesse ! », ajouta-il, comme s’il avait deviné mes pensées, en me claquant violemment les fesses jusqu’à faire revenir le sang. Enfin il me pinça durement, et je sentis avec un certain soulagement le vieux manche ressortir de mon cul, comme pour me frustrer.

 

Björn me prévint juste avant la première volée, sans me laisser le temps de réagir à la profonde humiliation qu’il venait de m’infliger, et je devinai qu’il allait se venger de ce qu’il venait de découvrir à propos de mon caractère. Mes fesses furent cinglées si violemment que le cri étouffé par le bâillon faillit me faire vomir par le nez. Je compris alors que sous le coup de la douleur il ne faut pas essayer d’ouvrir grand la bouche, alors que l’on est bâillonnée. Non seulement cette précaution peut nous éviter certains spasmes, mais aussi une crispation des mâchoires.

La douleur faillit m’arracher un autre cri, mais cette fois-ci je ne tentai pas d’ouvrir la bouche, et je laissai glisser la brûlure depuis les fesses jusque dans mon cul meurtri, puis de là passer à mon sexe où elle se transforma en une sensation étrange, comme un glissement de miel visqueux et chaud, pendant que les larmes affluaient sur mes joues.

Björn me laissa le temps d’encaisser ma peine, puis me reprit de plus en plus fort jusqu’à changer mes fesses en champ d’orties. Je voulus me retourner pour qu’il arrête, mais il me remit autoritairement le nez sur l’établi, comme pour me prouver que je ne valais pas un clou. Je fus soudain envahie par l’odeur de graisse et d’huile rance du vieux bois imbibé, pendant que de mes yeux écarquillés je fixais le moindre outil, comme pour m’aider à digérer la douleur. C’est depuis ce jour fatal que Björn et ses amis purent facilement abuser de moi, pourvu que je sois transportée dans un atelier qui me rappellerait celui de mon premier bricolage.

 

Lorsque mes fesses furent rendues cuisantes sous l’effet des coups, Björn s’en prit à mon dos qu’il cingla progressivement, comme pour le graduer avec une échelle de douleur. Non seulement les espacements entre les traits de feu étaient respectés sur mon échine, mais au fur et à mesure que les flagellations remontaient vers mes épaules la douleur infligée par les coups allait croissant, pendant que mon sexe semblait grossir jusqu’aux dimensions fantastiques d’un énorme fruit prêt à choir. Il allait sans doute éclater prochainement dans mon ventre, et on trouverait des morceaux de viande jusqu’au plafond.

« Allez, le ventre, maintenant », me lança Björn, presque méchamment, tout en m’aidant à me retourner, les mains au-dessus de la tête. Je dus les maintenir fermement sur l’établi, et mes jambes extrêmement écartées. Je craignais que ma poitrine ne soit à son tour exposée, mais elle était couverte par ma robe, que Björn avait rabattue jusque sur mon nez. Mon ventre était parfaitement dégagé, ainsi que mon sexe qui déjà se faisait douloureux. Mes seins que je croyais déjà formés se mirent à enfler davantage, alors que les tétons pointaient atrocement. Jamais encore je n’avais senti en moi un tel bouleversement, et j’eus honte de l’envie qui me prit soudain, de vouloir livrer mes seins non seulement à Björn, mais surtout à son père.

 

« Dis donc, me fit remarquer Björn, tu as pris de la valeur, pendant l’hiver ! J’espère bien que tu as toujours l’intention de devenir top girl chez W… ! »

Je voulus lui répondre que je n’étais qu’une putain, mais le bâillon m’en empêcha. Aussi me contentai-je d’un hochement de tête, comme si les coups de martinet que je m’apprêtais à recevoir allaient conforter le choix de mon avenir. Ma chair serait sans doute plus ferme, ainsi pensai-je stupidement en présentant mon ventre nu tout en écartant les jambes pour mieux m’exposer. Björn y fit à peine attention, comme s’il vérifiait la bonne croissance d’une huître. J’eus l’impression étrange mais guère déplaisante qu’il considérait ma chatte comme un bien acquis, et moi avec, malgré tout le mystère de ma sexualité naissante. Assurément, la vue qu’il prenait sur mon sexe devait racheter les mauvaises pensées qu’il avait entretenues en dominant mon cul.

« Mince, Sonia, je crois que tu as tous tes poils, à présent ! Je n’avais pas vraiment remarqué ! »

Je voulus lui répondre qu’il y avait encore bien d’autres choses qu’il n’avait pas « vraiment » remarquées, mais le bâillon me rappela à l’ordre et je lui en sus gré, car mon silence forcé me permit de me concentrer sur la douleur qui allait venir en punition de la faute que j’hallucinais déjà. Je sentais qu’il se passait quelque chose en moi, un trouble profond que je ne parvenais pas à définir, mais qui allait certainement me subjuguer.

La douleur infligée par le martinet avait préparé mon sexe en ouvrant je ne sais quelle voie au-delà du maigre plaisir que j’avais tiré en me masturbant devant ma TV. Je voulais à la fois être flagellée puis de nouveau enfilée par le manche, à la fois giflée et baisée par Björn, par son père, et enfin par n’importe qui. Comme je ne pouvais pas encore supporter les images que m’imposait mon désir, voilà que je n’aspirais qu’à être violemment battue sans être pénétrée, rien que pour voir si mes fantasmes allaient résister à l’épreuve. C’est alors que j’émis le vœu, que si malgré la douleur persistait cette envie folle d’être baisée par monsieur Eriksson ou par un ami de papa, eh bien je ne rejetterais plus mes fantasmes. Pire encore, je me mettrais à l’avenir dans une situation telle, que je me ferais assurément baiser comme on se fait battre de la plus triviale façon.

Non seulement le plaisir ne dépendait pas de moi, mais il était produit par un engin bizarre, le martinet, qui vaporisait jusque dans mes organes une douleur diffuse. Par rapport à cette vague confusion de mes sens je sentais qu’un trouble s’accumulait comme un gros orage au-dessus du lac : les coups non seulement avaient libéré quelques remous, mais ils rameutaient le plaisir que je m’étais donné en tétant mon biberon au chocolat. Puis l’autre plaisir avait surgi, plus violent, qui m’envahissait souvent quand à la barbe de maman j’enfonçais la touche play de mon film X. Je remarquai que le plaisir pris aux biberons s’accumulait, pendant que la douleur levée par la violence des coups réchauffait mon corps plus qu’elle ne me faisait mal. Manifestement ma température augmentait, alors même que mes joues brûlantes n’avaient pas été excitées par la honte de me livrer à Björn, mais plutôt à son papa quand il daignerait repasser par là. Décidément la douleur n’effaçait pas mes fantasmes ; bien au contraire elle ne faisait que les rallumer, et je rêvais déjà d’une série de queues qui me feraient jouir jusqu’à me faire mal. En même temps que le plaisir s’accumulait sous les coups je ressentais dans mon ventre la pression insidieuse des liquides, pendant que dans ma bouche flottait le goût écœurant d’une indigestion d’huîtres.

 

Je me sentais d’autant plus exposée et offerte que ma position était inconfortable. Sans la fréquentation assidue de la salle de danse jamais je n’aurais pu la tenir : le dos orienté vers le sol mon corps formait une arche quasi parfaite, du moins jusqu’au nombril, pendant que mes mains retournées s’agrippaient au rebord de l’établi.

Ma tête était tellement penchée en arrière que je ne pouvais apercevoir Björn qu’au prix d’un effort épuisant, de sorte que prise par un torticolis je finis par y renoncer. En attendant les coups je me contentai de regarder la panoplie des outils affichés sur le mur, à l’endroit même où j’avais découvert le martinet suspendu à son clou.

J’eus soudain l’impression de me retrouver dans une salle de torture moyenâgeuse, et comme je fixais la photo de la pin-up mon sexe se relâcha. Björn en vanta les poils blonds, qui sans doute lui laissaient apercevoir ma peau si appétissante. Jusqu’alors je ne lui avais rien trouvé d’extraordinaire, mais à présent j’aimais l’idée de plaire à Björn, comme si toute ma surface si bien polie n’avait jamais eu d’autre destinataire que lui, alors même que mon cul préférait déjà son père et ma tête le grand Andréas, celui-là même qui à la moindre occasion parlait justement de moi comme d’une garce toujours vierge qui n’aspirait qu’à se faire déflorer par les vieux.

Comme par hasard ce fut le moment où cette pensée m’assaillait que Björn choisit pour m’écarter les jambes aussi largement qu’il put, ce qui augmenta de beaucoup ma position d’inconfort et le sentiment de me trouver dans un salon de torture. Je ne pus retenir l’envie d’être humiliée par monsieur Eriksson, puis punie par Andréas pour les désirs coupables qui m’assiégeaient maintenant. En fait je désirais qu’ils me baisent pour me punir, puis qu’ils me punissent pour m’être laissé baiser. Je me dis qu’Andréas étant un ami de Björn ils auraient dû s’y mettre à deux pour me fouetter, mais je ne m’estimais pas encore prête à accepter cela de la part d’Andréas. Pour vaincre ma fierté stupide il eût fallu non seulement me bâillonner mais surtout m’attacher, pour que je puisse simuler l’incapacité à me défendre.

 

Pour mieux me stabiliser Björn me fit écarter davantage les bras, m’enjoignit de mieux saisir la planche épaisse de l’établi, et enfin enfonça mes talons dans la terre meuble. Il vérifia ensuite la solidité du bâillon, pour s’assurer que je ne puisse pas crier. Puis il fit semblant de me peloter les seins, mais seulement par jeu, pour me faire bisquer, car il savait pertinemment que personne n’y était autorisé. Comme je protestais de la tête il se contenta de lisser tout mon corps à pleines mains, surtout mes fesses, que les coups de martinet avaient laissées brûlantes. Je sentis alors que le sang affluait à la fois dans mon sexe et en plein visage.

« Tiens, prends ça, méchante ! vilaine garce ! », dit Björn, en me cinglant le ventre.

Je me surpris à faire un effort pour compter les lanières en m’aidant de leurs traces sensibles sur la peau, mais la douleur laissée par chaque crin ne s’effaçait pas tout à fait, au point, parfois, de me paraître plus vive que celle infligée par le nouveau coup. Enfin je renonçai au comptage, et la douleur ramassée sur le pubis pénétra si profondément mon cul déjà irrité, qu’en souvenir du manche je serrai les dents sous le plaisir, tout en parvenant à imaginer qu’à l’avenir n’importe qui pourrait y passer les doigts.

 

Par rapport aux leçons de bonne conduite, et surtout à l’attitude des filles de mon âge dans les feuilletons, je commençais à trouver mon comportement suspect, au point que les assertions d’Andréas me parurent fondées : j’étais assurément une garce parmi les plus perverses et les plus cochonnes du marché. Par conséquent je méritais la punition que l’on m’infligeait là, tout comme les sévices que je devrais subir plus tard. Pour preuve, je me soumettais volontiers aux coups. Pire encore, une fois ma condition acceptée je constatai que la douleur commençait à provoquer mon plaisir, de sorte que cette transmutation fut portée au compte de mes vices, puisque j’étais devenue perverse au point de prendre plaisir à la punition – perversion qui à son tour appelait de nouveaux coups. Oui da, j’étais vraiment une méchante qui méritait les coups, mais d’autant plus perverse qu’elle y prenait plaisir. Je devais donc être punie par un méchant loup, par un vilain garçon comme Andréas qui ne voudrait pas mon bien. Certes pour l’heure je me contentais volontiers de Björn, mais je ne pus m’empêcher de tenir cette réflexion, qu’un garçon qui voudrait mon bien serait incapable de me punir et par conséquent de me guérir d’un mal. Par contre un vrai méchant comme Andréas, qui visiblement me détestait, ne se poserait même pas la question de me punir ou pas, puisqu’en étant persuadé de ma culpabilité il saurait m’infliger une authentique correction.

Puis ma petite tête poussa son raisonnement encore plus loin : certes Björn était parfaitement capable de me rosser, voire de me faire vraiment mal, mais comme je savais qu’au fond il ne me voulait aucun mal, ou pire encore souhaitait mon bien, il ne pouvait par conséquent pas réellement me punir et m’arracher au vice. Donc seul un méchant pourrait me punir et me guérir du mal, car il ne penserait pas à moi comme à une fille qui n’aurait pas commis de faute.

Je savais qu’Andréas non seulement me pensait comme la pire des garces, mais ne reconnaissait ni ma beauté, ni mon intelligence, ni mes prétentions à devenir mannequin de mode. Pour lui j’étais méchante de fond en comble, sans rémission possible. Je n’étais que nulle ou, pire encore, toute négative. Je ne faisais que gâter tout ce que je rencontrais, le lait tournait à mon approche et je réduisais le sexe des garçons à une vulgaire queue de cochon. Bien sûr Andréas inventait tout, mais il était si catégorique dans ses assertions qu’il avait fini par me déstabiliser. Selon lui je n’étais qu’une égoïste et une prétentieuse qui n’était même pas belle : Je voulais devenir mannequin de rang mondial, mais je ne savais même pas m’habiller ; je prétendais m’embarquer pour Paris, mais je ne savais même pas l’anglais.

Je finis par me demander vraiment ce qu’Andréas entendait par là, nommément, « sucer les glaces », « faire la planche », « branler le poireau », « traire le saumon », et toute naïve je recherchais cette signification de la garce dans beaucoup de films, surtout dans les rubriques fellation éjac, suivant en cela les indications plutôt sournoises de Björn, qui n’avait même pas idée qu’ainsi il me poussait vers le vice et m’écartait du peu d’amour que j’éprouvais encore pour lui. Comme mon caractère n’était pas encore formé je commençais par retenir par cœur les qualités de la garce, qui m’étaient demeurées obscures jusqu’à ce que je devine qu’en enregistrant les mimiques du X je pourrais régler très bientôt mon obsession d’être dépucelée. Non seulement Andréas avait réussi à me faire douter de mes projets de mannequinat, mais surtout à m’interroger sur ce que j’étais vraiment. Comme je ne trouvais rien de particulier en moi, sinon un vide écœurant qui n’appelait que des scènes de pénétrations violentes, je voulus remplir le rôle que ce méchant pervers avait inventé pour moi, sans me rendre compte qu’en étant ainsi préoccupée je me rapprocherais de lui en perdant toutes mes défenses.

En fait je ne pouvais supporter qu’Andréas ne s’intéresse pas davantage à moi, qu’il ne regarde jamais mes jambes remarquables, qu’il ne s’extasie jamais sur mes seins prometteurs, qu’il ne me dévisage ni avec timidité ni par avidité, et qu’il n’essaye même pas de voir ma chatte exposée au bord du lac. Prétendre que je lui étais indifférente était encore trop dire, puisqu’il m’avait apparemment jugée depuis longtemps. J’avais l’impression que j’étais pour lui le contraire de ce que j’étais pour les autres, et au lieu de me caractériser son jugement silencieux le rendait, lui, Andréas, exceptionnel, ce qui à son tour rendait mon obsession d’être encore vierge compatible avec le sentiment trouble que j’entretenais à son intention. Je crois qu’il ne se passait pas un jour, pas une heure, sans que je pense à lui, puisque dès le réveil mon état de vierge réclamait une solution que je ne parvenais pas à trouver dans mon comportement, pas même avec Björn ; de sorte que mes interrogations à propos d’Andréas, qui elles aussi étaient restées liées à l’image que j’entretenais de ma jolie personne, finirent par faire corps avec mon problème de dépucelage. Sans que je m’en aperçoive l’idée obsédante d’être violemment déflorée se trouva liée de façon indéfectible, sinon à Andréas lui-même, du moins à toutes les pensées qui se tendaient vers lui.

 

Andréas s’était souvent moqué de ses camarades amoureux de moi, en leur disant qu’en étant trop fascinés ils ne pourraient même pas m’embrasser. Il était convaincu que j’étais une fille facile, sans doute encore trop jeune, mais qui déjà recherchait les vieux : il suffirait d’attendre un an ou deux, mais peut-être pas. Il était pratiquement sûr que si l’on me coinçait dans quelque impasse je me laisserais faire. Bien entendu il ne me l’avait pas dit, mais certains parmi ses amis l’avaient laissé entendre, et force fut de constater que beaucoup de mes camarades commençaient à lui donner raison. Déjà ils me regardaient d’une façon plus insistante, sans même s’inquiéter de mon propre intérêt à leur égard, tellement ils s’étaient persuadés que je n’étais qu’une machine à pipes, de laquelle il suffirait de trouver le mode d’emploi. Je n’étais donc « difficile » que d’un point de vue technique : Peut-être n’y avait-il qu’un interrupteur à trouver, un geste simple à exécuter au bon moment pour dérégler la machine et me baiser par tous les trous.

 

Voilà quelles étaient mes pensées, sous les coups de Björn, au point que je commençais à donner raison à Andréas, tellement j’aimais la douleur qui s’engouffrait dans mon sexe depuis mon ventre incendié. Je commençais à en vouloir à Björn, de ne pas être à la hauteur de la méchanceté nécessaire pour me punir, et plus il me frappait, plus je lui reprochais d’entretenir de moi une image fausse.

Finalement je venais d’être punie pour une faute que je n’avais pas commise, mais le plaisir que je prenais aux coups me révélait l’impardonnable vice qui donnait raison à Andréas. Tout ce qu’il avait pensé et dit à mon propos se réalisait maintenant, comme si ses mots avaient eu le pouvoir de me transformer toute, d’effacer la sainte-nitouche au profit de ce qu’il y avait de plus sordide au fond de moi. Je compris alors que même en devenant mannequin je ne pourrais jamais effacer ce que j’étais vraiment (ou ce que je m’imaginais représenter aux yeux d’Andréas), et c’est depuis ce jour que j’ai sérieusement envisagé un avenir porno, si par malheur je ne réussissais pas dans la mode.

Je me dis alors non sans émoi qu’avec un peu de chance Andréas pourrait avoir le courage de me fouetter, voire de me déflorer pour me punir. Je ne saisissais pas encore la contradiction, puisque j’étais toujours vierge, d’être sauvagement maltraitée pour une faute majeure, alors que la sentence ne consisterait qu’à être déflorée par un méchant. Au fond il n’y aurait faute que moyennant la punition elle-même, puisque je ne consentais à être prise en défaut que dans le but d’être salement déflorée. Voilà donc jusqu’où m’avait poussée le fameux martinet de Björn ! Cette idée de commettre la faute suprême tout en étant punie par elle, ce cercle vicieux ne me quitta plus, et mon obsession d’être déflorée fut depuis ce jour associée à la punition que seul Andréas pourrait m’infliger. Il me punirait d’en avoir eu l’idée, et en me punissant validerait ma faute.

 

Alors que Björn continuait à me frapper, sans même tenter de le faire cesser je le remplaçais mentalement par Andréas, m’imaginant avec délice être fouettée par lui, puis déflorée par son manche. Puisqu’il avait plus de seize ans je le percevais déjà, sinon comme un monsieur, du moins comme un jeune homme qui pourrait avoir quelque autorité sur moi. Comme je venais d’admettre ses idées à mon propos il ne me resterait plus qu’à être punie par son sexe, comme si j’avais été la seule responsable de ses mauvaises pensées. De fait j’étais certaine qu’il avait deviné mon désir secret, de me faire baiser par Eriksson, car il savait que je m’efforçais de le rendre jaloux en me faisant tripoter par son fils. Et il n’avait pas tort, Andréas, sauf à dire que je voulais rendre Eriksson jaloux afin qu’il se venge à coups de queue, et qu’il me punisse sexuellement après avoir donné une raclée à Björn. Je sentais bien que j’étais la cause du délire de ce monsieur, quand je m’évertuais à l’effleurer au bain ou quand je lui demandais de me soutenir pour m’aider à réaliser une planche bien raide sur l’eau plate. Par contre j’étais sûre qu’Andréas n’était pas homme à rêver de moi, car il se montrait plutôt pratique, quoique bizarre avec sa moto. Je finis donc par me dire qu’il lui avait bien fallu tirer de moi ce qu’il en pensait, tout comme il n’avait pu designer sa moto qu’à partir d’un engin classique. Puisqu’il tenait mon corps pour rien il ne pouvait tirer ses mauvaises pensées que de mon âme, qui par analogie devait être tout aussi réelle que ses pièces de mécanique. On trouverait sûrement en moi une source réelle de matériaux viciés, puisque Andréas avait su construire une image de moi vicieuse. Tout comme il avait démonté sa moto pour la recomposer en apparence Gothique, il décèlerait assurément en moi quelques gadgets qui lui prouveraient mon attirance pour Eriksson. Puis il remonterait sa machine en salope design, afin de se satisfaire à son gré.

 

C’est en partant de cette certitude que je commençais à me penser comme m’imaginait Andréas, en salope sans talent, obsédée par la défloraison, qui ne rêvait de Stockholm que pour aller s’y faire prendre. Je ne doutais pas vraiment de moi, mais je sentais Andréas si sûr de lui que je finis par me demander s’il n’avait pas raison de penser que je ne pourrais pas éviter mon destin de salope. Avec l’impression que mon sexe se transformait je fus prise d’un profond émoi, en pensant que Björn allait peut-être s’apercevoir que je ne me destinais guère à lui, qui au fond ne me connaissait pas, et que je préférerais cent fois être déflorée par un méchant qui me penserait stupide, vicieuse et nulle. Dès lors certaine d’être punie par Andréas je saurais pousser Eriksson au vice. Déjà avec Björn je m’entraînais à ne pas me défendre, et pour qu’il ne nourrisse aucun soupçon j’avais accepté de lui accorder toute ma confiance, au point de me faire rosser tout en pensant à Andreas qui me déflorerait sûrement, et à son père qui me punirait bientôt.

 

Björn après quelques hésitations s’en prit aux boutons de ma robe, qui avait été retroussée, et voyant que je protestais, tout en ouvrant mon corsage il précisa pour me rassurer qu’il ne me toucherait pas, mais que c’était « juste pour voir », de sorte que ma poitrine se retrouva exposée nue. J’espérais ne pas être fouettée en cet endroit, mais au fond je n’avais rien contre, pourvu que personne n’y mette les mains. En outre j’estimais avoir ici une bonne occasion de tester la confiance que je pouvais avoir en Björn, d’autant que je désirais depuis quelques mois déjà qu’il regarde ma poitrine et l’estime à son juste prix. S’il n’y faisait aucun cas je me vengerais en autorisant son père à rentrer deux doigts lors de sa prochaine leçon de natation.

 

De fait, si ma poitrine n’avait pas encore atteint sa taille définitive, elle était déjà lourde de conséquences, et je comptais sur les appréciations de Björn pour encourager ma carrière de mannequin. Certes il ne me connaissait pas vraiment, mais justement il me permettrait de me faire passer pour une étrangère aux yeux de tous.

Björn eut un sifflement d’admiration, me dit que j’avais bien des raisons de prétendre à une carrière, et que je pouvais sans crainte regarder tous les défilés pour prendre des leçons de mode, mais qu’en revanche les meilleurs modèles n’avaient qu’à bien se tenir et prendre exemple sur moi. Je voulus protester du chef pour stopper le flot de ses compliments, en lui laissant entendre malgré le bâillon que j’étais encore trop jeune. Comme s’il avait surpris mes pensées Björn me dit que j’étais faite dans les proportions d’une œuvre d’art. Je trouvai non sans quelque raison qu’il exagérait tout de même, mais je fus flattée par ses propositions, qui contredisaient l’attitude d’Andréas. Celui-ci ne connaissait sans doute pas vraiment les femmes, mais je fis cette remarque qui m’excita, qu’il s’y entendait assurément, mais à la façon d’un biker passionné de mécanique.

Là-dessus Björn continua à me caresser et à me palper en tous sens, excepté la poitrine, ce qui tout en me donnant du plaisir confirma la confiance que j’avais placée en lui, mais aussi le sentiment de n’être qu’une garce qui serait bientôt punie par son père et déflorée par Andréas.

 

Voilà pourquoi quand Björn sortit sa verge je ne protestai pas, car côté orgueil j’étais satisfaite de l’effet produit par mon corps, et côté sexe je savais bien qu’il ne me pénétrerait pas. Je pus également constater non sans un certain étonnement combien je m’étais accoutumée à sa queue, depuis que nous fréquentions le même sauna. Bref il s’excita à deux doigts de mon visage afin de s’assurer que je le regardais sans paniquer. Il se caressait d’une main, pendant que de l’autre il laissait glisser sur mes seins les lanières du martinet, de sorte que je ne pus affirmer si je m’excitais à cause des lanières ou à la seule vue de son manche.

Pour échapper au supplice de cette vision j’aurais pu me redresser comme le cobra poché sur le tracteur d’Eriksson, mais curieusement j’avais envie du sexe de Björn, toutefois sans savoir où. La vision du pénis érigé me procurait un plaisir étrange, pendant que les leçons proférées par ma mère me revenaient en mémoire. Je savais pertinemment quelle était en principe la destination de cette franche érection, mais à cause de mon trop jeune âge je ne pouvais pas décemment l’admettre. D’ailleurs Björn n’insinuait rien dans ce sens là, mais il semblait avoir trouvé une solution en substituant le martinet à son sexe. Je crois qu’en l’exhibant il ne faisait que rechercher avec moi un accord tacite, afin de remplacer le plaisir sexuel par la douleur. Cela me paraissait d’autant plus évident que Björn aurait pu me rater par le plaisir, alors qu’il n’y avait aucun risque que je ne ressente aucune douleur avec le martinet, d’autant que j’en avais déjà eu la preuve avec les premiers coups. Mais comme j’avais décidé que Björn était incapable de me punir, je ne fus pas déçue qu’il s’arrête provisoirement de me frapper, et j’attendis qu’en guise de punition il s’en vienne m’humilier en déchargeant sur moi. Cependant je ne parvins même pas à imaginer cet acte comme une sentence, mais seulement comme un cadeau pour lui, alors que je me persuadais qu’Andréas seul aurait pu me punir avec sa queue pour les sévices subis dès à présent, qui confirmeraient l’opinion toute négative qu’il s’était formée de ma sublime personne. Afin de ne pas contredire cette image j’acceptais donc de Björn l’humiliation que m’infligeait sa queue.

Il me sembla alors que je devrais tout faire pour ne pas décevoir Andréas, et mériter son animosité. Tout faire pour confirmer l’idée qu’il se faisait de moi, afin qu’il daigne me punir. Cela me semblait d’autant plus nécessaire que Andréas me considérerait toujours comme une garce. Quoi que je puisse faire, ma vertu ne me rachèterait certainement pas aux yeux de ce salaud, qui ne pensait à moi que pour me punir sexuellement, de sorte que j’assimilais déjà sa queue au manche du martinet qui avait déjà pris la mesure de mon cul.

 

Le problème, me dis-je alors froidement, consiste à présenter la chose à Björn. Certes je pouvais lui demander d’être de nouveau punie dans l’atelier par le martinet, comme par jeu, comme aujourd’hui, mais je ne me voyais pas lui demander d’appeler Andréas à la rescousse pour qu’il me punisse avec sa verge. Pourtant je reconnus non sans effort mais en pleine conscience que je désirais à présent être déflorée, non par Björn, ni vraiment par son père qui était trop vieux pour ça, mais bien par Andréas, ce qui revenait curieusement à admettre que je voulais être baisée non seulement pour lever je ne sais quel mystère, mais surtout pour encaisser sa vengeance et confirmer les mauvaises pensées qu’il entretenait à mon propos.

Andréas était allé jusqu’à raconter à ses amis que je faisais des pipes à Eriksson, et que Björn avait cafté. C’était vraiment n’importe quoi, ou presque, mais cette fable sordide avait été assénée sur un ton si péremptoire que je faillis m’en convaincre. La farce d’Andréas eut pour seule conséquence de me laisser attendre passivement qu’Eriksson me le demande. Ce ne serait qu’un accident sans gravité, pratiquement impossible à éviter quand on prend des leçons de natation, surtout si elles sont gratuites. À force d’entendre les médisances d’Andréas sur mon compte j’achevais de me convaincre que je devrais faire la sourde oreille en même temps que je m’exercerais à la planche en prenant un petit air de chien battu.

Je me demandais surtout pourquoi au lieu de me draguer ce satané Andréas médisait sur mon compte, alors que je plaisais à tous les hommes ; par suite, si je ne pouvais le séduire en étant ce que j’étais, il ne me resterait qu’à devenir ce qu’il pensait de moi. À tout prendre cela valait mieux que rien, car j’avais besoin de réfléchir mon corps sur un miroir indépendant. Je ne tenais pas absolument à Andréas et ne l’aimais pas davantage que les autres, mais je ne pouvais pas supporter qu’il me trouve le moindre défaut, alors que j’étais parfaite aux yeux de tous.

Une chose était certaine : Andréas me baiserait par méchanceté, et pour me faire souffrir. Je me demandai alors si à l’inverse du martinet, qui me procurait un certain plaisir malgré les coups, le sexe d’Andréas à force de me baiser ne m’infligerait pas de la douleur. Je pensai alors que seul Andréas était capable de me corriger ou de m’humilier, non par la torture, mais simplement en me prouvant par des actes sexuels que je n’étais qu’une garce qui se ferait mettre par n’importe qui. Ainsi je me persuadais que lui seul serait capable de comprendre que pour moi le plaisir n’était qu’une punition. Malgré mon petit orgueil de future star je ne pourrais pas résister au plaisir qu’il m’infligerait. Voilà donc ce qu’il recherchait pour me punir, et voilà ce que je commençais à rechercher pour être punie : à le défier pour qu’il m’essaye, en prétendant que jamais il ne me ferait jouir à coups de queue. Je résisterais par orgueil jusqu’à la mort tout en espérant une punition, la même que Björn était maintenant incapable de m’infliger par la douleur. Je me demandai aussitôt quel émotion cela provoquerait, d’être sauvagement fouettée par un vrai méchant. Alors seulement je ressentirais une vraie douleur, et je finis par me convaincre qu’Andréas serait le seul habilité à me punir.

 

Bien qu’ayant respecté les consignes de maman je me dis que je méritais tout de même le fouet, car je n’avais pas manqué de courage, même si en compagnie de Björn je n’éprouvais aucun sentiment de danger. Contre l’insécurité du plaisir et la fermeté de l’interdit la douleur représentait pour moi une valeur sûre, et ce qui s’était passé dans mon corps en recevant le manche et les coups me laissait augurer de tout autres délices que les promesses de cette queue. Je me dis tout simplement que l’interdit de maman venait rencontrer cette évidence, que Björn et moi n’étions pas mûrs. Par conséquent mieux valait m’assurer de la situation en recevant ses coups.

Pourtant, si de mon côté j’apercevais déjà l’ombre portée de la satisfaction, je ne voulais pas frustrer Björn, car je ne comprenais pas comment il pouvait prendre du plaisir simplement à me fouetter. C’est pourquoi dans l’attente des coups que j’allais recevoir, quand je vis qu’il commençait à se branler, en pensant au manche du martinet qui m’avait si bien pénétrée je le regardai sans reproche ni répugnance, car je le trouvais plutôt désavantagé. Je me dis que si je voulais être vraiment punie par Andréas il me faudrait décidément commettre une très grande faute.

Non seulement je laissai Björn se branler à deux doigts de mon visage, mais je ne détournais pas les yeux, non pour affirmer ma curiosité, mais surtout pour entretenir ses fantasmes. Je voulais me persuader qu’il se branlait pour moi, au lieu d’accorder à son propre vice le plein contrôle de sa machine. La rencontre de sa masturbation avec mon visage gardait un côté accidentel qu’ensemble nous souhaitions abolir, comme pour sceller notre amitié par un pacte obscène qu’Andréas me reprocherait toujours.

 

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